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Volume 26 2006/1

2006 Psychothérapies

Éditorial

Pr François Ferrero Département Universitaire de Psychiatrie2, chemin du Petit-Bel-AirCH-1225 Chêne-Bourg
Le 18 mars prochain, notre revue fêtera ses 25 ans et nous espérons beaucoup vous accueillir à l’occasion du symposium organisé à Genève. Le numéro 2/2006 sera entièrement consacré à cet anniversaire.
Vingt-cinq ans, cela représente cent numéros et sans doute à peu près le même nombre de séances du comité de rédaction. Un travail de fond, pas toujours facile, mais souvent passionnant, rendu possible grâce aux auteurs, aux lecteurs et, ne l’oublions pas, à notre éditeur qui soutient la revue depuis le premier jour.
Psychothérapies, comme toute autre revue scientifique aujourd’hui, ne peut ignorer les contraintes économiques et, à chaque bilan annuel, c’est avec soulagement que nous apprenons que l’équilibre a été atteint. Espérons que la rigueur du travail du comité dans la sélection des articles, l’inlassable engagement de Mme Maud Struchen, secrétaire de rédaction, et sans doute d’autres caractéristiques nous permettront de poursuivre encore longtemps cette belle aventure.
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Rédiger l’éditorial du présent numéro représente un peu le rêve de tout rédacteur : en effet, les articles sont bien écrits, présentent différentes élaborations théoriques fondées sur la pratique et sont proposés par des auteurs travaillant aussi bien à Paris qu’à Genève, Louvain, Athènes ou encore Lausanne.
Jacqueline Girard-Frésard développe une analyse subtile de l’évolution des mécanismes de défense chez deux patientes, à travers leur investissement de la lecture.
Jean-Yves Hayez décrit deux entretiens familiaux prenant place dans un contexte de deuil maternel déjà ancien. Que s’est-il passé pendant les sept années qui séparent les premières rencontres du thérapeute avec cette famille et cette demande urgente ?
Michel Botbol et Tore Balkan traitent de psychothérapies en institution pour les patients « états-limites ». Ils montrent que l’environnement institutionnel est adapté à ce genre de pathologie pour des raisons propres à leur organisation psychopathologique. La présentation de leur travail institutionnel est d’un grand intérêt pour les collègues confrontés aux difficultés de prise en soins de ces patient(e)s.
Hélène Lazaratou et Dimitris Anagnostopoulos passent en revue la grande diversité du champ nosologique de l’anorexie mentale décrite par différents auteurs psychanalystes. Eux-mêmes la considèrent comme un trouble psychosomatique nécessitant des aménagements techniques afin de tenir compte d’un fonctionnement psychique « dominé par l’alexithymie et la pensée opératoire ».
Christèle Richard et François Borgeat tentent le pari d’établir des parallèles entre pratiques psychodynamique et cognitivo-comportementale. Quelles peuvent être les interfaces entre ces deux écoles de pensée ? Ils s’appuient sur deux traitements brefs ciblés avant tout sur les symptômes. Faut-il parler d’éclectisme, ou plutôt d’approche intégrative ? Ce dernier qualificatif nous paraît plus approprié si on l’aborde à la lumière de développements récents. On constate en effet un rapprochement de certains concepts propres à l’une ou l’autre école de pensée. Pensons par exemple, dans le traitement psychothérapique des troubles de la personnalité, à l’identification de schémas par les cognitivistes qui n’est pas sans ressemblance avec les caractéristiques des relations à un objet interne par les psychodynamiciens. Plus récemment, le concept d’« auto-schéma » proposé par McCullaugh (2000) ou le système d’« analyse cognitive comportementale » développé par le même auteur, intègre des éléments cognitifs, comportementaux, dynamiques et interpersonnels (Keller et al., 2000). Cette approche semble particulièrement adaptée au traitement de patients souffrant de dépression chronique et permet de mieux prendre en compte leurs difficultés à « apprendre de l’expérience ».
Enfin, Betty Goguikian et Francesca Suardi abordent les difficultés du travail thérapeutique avec un interprète, en soulignant les attentes et les représentations bien différentes chez chacun des protagonistes. La pratique des psychothérapies transculturelles nécessite sans doute de développer des approches spécifiques. Cela pose un problème de formation des psychothérapeutes, qui doivent acquérir de nouvelles compétences, ceci d’autant plus que l’on sait que les minorités culturelles et les migrants ont plus de difficultés à accéder à un traitement psychothérapique. Quelle psychothérapie, pour quel patient, dans quel contexte culturel ? Comment faire la part entre une psychopathologie d’une souffrance qui n’est pas entendue et une expérience bien réelle de discrimination, tout en étant conscient que les rôles de la famille, des valeurs, des croyances ou de la responsabilité individuelle varient avec chaque culture et n’ont pas de standards universels ?
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J’aimerais également recommander un ouvrage à maints égards exceptionnel : le Textbook of Psychoanalysis édité par Ethel S. Person, Arnold M. Cooper et Glen O. Gabbard, et publié par les presses de l’Association Américaine de Psychiatrie (2005). Cet ouvrage collectif remarquable passe en revue les concepts fondamentaux, les théories du développement, les questions techniques, la recherche, l’histoire de la psychanalyse et enfin les liens entre la psychanalyse et d’autres disciplines.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Keller M.B. et al. (2000) : A comparison of nefazodone, the cognitive behavioural-analysis system of psychotherapy, and their combination for the treatment of chronic depression. New England J. Med., 342 : 1462-1470.
·  McCullough J.P. (2000) : Treatment for chronic depression : cognitive behavioural analysis system of psychotherapy. New York, Guilford Press.
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