Psychothérapies
Médecine & Hygiène

I.S.B.N.sans
120 pages

p. 198 à 199
doi: en cours

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Volume 27 2007/3

Figures du groupe psychanalytique, Sous la direction de Luc MICHEL, Genève, Médecine et Hygiène, 2006, 159 pp., ISBN 2-88049-221-1

Ce livre constitue un ouvrage collectif qui rassemble des textes d’analystes de groupe présentés dans le cadre de la formation dispensée par l’Association Romande pour la Psychothérapie de Groupe (ARPAG). Leurs auteurs sont des praticiens expérimentés dans la conduite de groupe, tous inscrits et participants actifs de diverses Sociétés Psychanalytiques, et ont tous de près ou de loin contribué au développement et à la pratique de la psychothérapie de groupe ainsi qu’à la création de l’Association Romande pour la Psychothérapie de Groupe (ARPAG).
De fait, au-delà d’une simple initiation aux pratiques psychothérapeutiques de groupe, la lecture de ce livre nous ramène aussi aux débuts des pratiques groupales en Suisse romande et fait place aux contributions des psychanalystes romands sur le groupe. Comme l’évoque René Kaës dans sa préface, celles-ci ont jusqu’à présent été plutôt méconnues.
Ainsi, dans sa première partie dédiée au contexte romand de la psychothérapie de groupe, L. Michel nous remémore les débuts, les moments fondateurs et les temps forts des premières pratiques groupales, tout en les situant en regard des courants théoriques psychanalytiques différents qui l’ont inspirée. De même, les attaches qui relient les formations groupales suisses-romandes aux formations suisses-alémaniques et françaises sont rappelées.
Après avoir resitué le contexte, place est faite dans une deuxième partie au cadre et à la technique en groupe. En premier lieu, à ce qui relève du psychanalytique dans le processus groupal ; pour V. Bizzozero, c’est lorsque le travail du groupe se convertit en récit, conduit à une créativité, dépassant la répétition induite par le cadre ; en deuxième lieu, aux différentes fonctions du cadre et de ses constituants présentées par P. Ruffieux ainsi qu’aux différentes expressions de la temporalité par N. de Coulon. Enfin, des aspects techniques plus spécifiques quant à la conduite d’un groupe sont abordés. D’abord, la problématique de la cothérapie présentée par G. Costoulas, ensuite, avec L. Michel, les différents types d’interventions utilisés en groupe, notamment la question de l’interprétation, et plus particulièrement les effets recherchés de celle-ci – centrée sur le sujet en groupe ou centrée sur le phénomène groupal – selon les écoles théoriques.
Les parties trois et quatre sont consacrées à la présentation de fondements théoriques à partir de la clinique de groupe d’enfants ainsi que de groupes d’adultes. R. Rodriguez, d’abord, nous éclaire sur la fonction organisatrice des imagos et l’aide qu’elles apportent à la capacité de représentation du groupe lorsqu’elles sont suffisamment perlaborées par le processus groupal. O. Bonard décrit les différents contours de l’angoisse en groupe et leurs effets sur les psychothérapeutes et A.L. von Siebenthal évoque les cheminements empruntés par des groupes d’enfants pour atteindre la représentation d’une bisexualité. Enfin, dans les groupes d’adultes, R. Rodriguez démontre comment certains événements traumatiques peuvent être perlaborés par la technique de groupe. Sa présentation des développements élaboratifs de son groupe sur les traumatismes de certains des participants se révèle d’ailleurs pleine de suspense et son dénouement quasi cathartique. Le dernier chapitre, de L. Michel, fait office d’« espace transitionnel », permettant au lecteur de se déprendre progressivement de l’ouvrage. D’ailleurs, est-ce un hasard si le sujet choisi pour ce dernier chapitre est celui de l’étranger dans le groupe ?
En conclusion, cet ouvrage ou plutôt ce recueil de présentations est de lecture aisée et intriguant. Il se démarque des autres publications sur le groupe car il ne cède pas aux tentations de la voix univoque et traduit les courants actuels qui animent la pratique de groupe. Les présentations sont indéniablement riches, certainement inégales dans leur apport théorique, quelques-unes étant plus abouties que d’autres. Néanmoins, chaque contribution éclaire à sa manière des aspects différents de la pratique du groupe et constitue une source d’inspiration et de renouveau pour les praticiens. En fait, mises ainsi l’une à côté de l’autre, elles convergent dans une dynamique qui, à l’instar de la dynamique groupale, conflue en un souffle qui reflète bien l’esprit qui a animé l’ARPAG à ses débuts et qui l’entoure actuellement encore lors de l’anniversaire de ses vingt ans. Puisse ce souffle continuer à inspirer nos pratiques cliniques quotidiennes de groupe et nous permettre de les poursuivre !
Corinne Devaud Cornaz

Das Unbewusste in Zürich. Literatur und Tiefenpsychologie um 1900, [L’inconscient à Zurich. Littérature et psychologie des profondeurs autour de 1900], Thomas SPRECHER (Hg), Zurich, NZZ Verlag, 2000, 274 pp. ISBN 3-85823-834-1

Dans l’histoire de la psychanalyse, après Vienne et Budapest, Zurich fut un troisième haut lieu d’enracinement de cette nouvelle façon de penser et de pratiquer. C’est là que cette nouvelle perspective s’intéressa aux psychoses, fécondant et renouvelant ainsi la psychiatrie (Bleuler). C’est là aussi que naquit une école originale de psychologie analytique (celle de Jung).
Dans ce livre, centré sur la littérature et en particulier sur Thomas Mann, nous sommes conduits dans un tour d’horizon du monde littéraire et de ses liens avec la pensée de la psychologie des profondeurs. L’approche reste incomplète. Sur James Joyce, nous n’apprenons rien en dehors de deux renvois. La découverte de Klages en revanche pourrait être une surprise agréable pour celles et ceux qui ne connaissaient pas de façon approfondie cette personnalité ayant marqué cette époque zurichoise. Et quid au sujet de Tristan Tsara et du dadaïsme ? En outre, les recherches biologiques sur l’instinct – fondateur de l’inconscient dans la perspective freudienne – dans les travaux de Brun (suite à Forel) auraient également mérité un renvoi. Ce livre, miroir d’un congrès, gagnerait à une suite plus élargie, plus largement synthétique.
A.H.

Mensonges sur le divan, Irvin-D. YALOM, Paris, Editions Galaade, 2006, 500 pp., ISBN 978-2351760208

Professeur de psychiatrie à l’Université de Stanford (Californie), psychanalyste et thérapeute de groupe, Irvin Yalom s’avère aussi être un écrivain original, profond et en même temps amusant, comme nous le constatons à l’occasion de la parution de certains de ses ouvrages en français. Ses premiers livres reflètent des anecdotes surprenantes, intéressantes – peut-être en partie des fantasmes comme les petites histoires dans Le bourreau de l’amour : histoires de psychothérapie (Paris, Editions Galaade, 2005, 301 pp., ISBN 978-2351760017). Dans un roman expérimental, il fait réémerger un passé historique – en partie fantasmatique – dans un récit intitulé When Nietzsche Wept, qui sera de façon imminente publié en français par Galaade (encore cette année, probablement sous le titre Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche), au sujet de la relation entre Lou Andreas-Salomé, Friedrich Nietzsche, Freud et d’autres. L’ouvrage le plus fantastique, en même temps touchant des problèmes authentiques de la psychanalyse et de la « vérité » en elle, est celui des Mensonges sur le divan. Non seulement avec des imbroglios fantastiques fascinants, mais aussi un reflet de la pensée du psychanalyste dans la situation de la cure, avec le cortège des problèmes d’intersubjectivité et d’éthique qu’il soulève. Même si ce pavé-roman de cinq cents pages paraît trop long et verbeux, à la lecture il se révèle un ouvrage que celui qu’intéresse la pensée psychanalytique aura des difficultés à poser. En effet, même si ce n’est pas le monologue intérieur de Virginia Woolf, le style de ce dernier ouvrage se situe dans les traditions anglaises d’Alice au pays des merveilles, allant jusqu’aux ouvrages du cercle Bloomsbury (n’oublions pas la famille Strachey symbolisant le lien entre Freud et ce mouvement littéraire). Comme Pontalis et Anzieu en français, nos collègues magiciens du verbe nous apportent parfois davantage sur ce qui se passe en psychanalyse que les scolaires « transcriptions » de séances, de récits de vie et de « présentations de cas » que nous trouvons dans la littérature dite scientifique de la psychanalyse.
A.H.
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