Psychothérapies
Médecine & Hygiène

I.S.B.N.sans
78 pages

p. 141 à 144
doi: en cours

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Volume 28 2008/2

Les premiers entretiens thérapeutiques avec l’enfant et sa famille, Sous la direction de J.-P. MATOT et C. FRISCH-DESMAREZ, Paris, Dunod, 2007, 274 pp., ISBN 978-2-10-051376-5

Cet ouvrage collectif, sous la direction de J.-P. Matot et C. Frisch Desmarez, a été écrit par un groupe de cliniciens en santé mentale : pédopsychiatres, psychologues, assistante sociale et orthophoniste, qui ont réalisé pendant quelques années une formation post-universitaire pour les jeunes praticiens du champ pédopsychiatrique.
Cette formation, le GEPPIJ (Groupe d’Etude en Psychiatrie et Psychothérapie Infanto-Juvénile), intégrait des modèles théoriques systémiques et analytiques. Les réflexions menées à partir de leurs expériences ont donné naissance à ce livre clair, rigoureux et montrant bien l’intrication, dès les premières consultations, des démarches diagnostiques et thérapeutiques.
Ce recueil a le mérite de remettre en avant la dialectique subtile entre les démarches diagnostiques indispensables et préalables à toute prise en charge pédopsychiatrique et l’établissement progressif de l’espace thérapeutique. Ceci sous-entend l’intégration de ces différentes variables : l’évaluation du fonctionnement psychique individuel de l’enfant et de chacun de ses parents, les aptitudes intellectuelles cognitives et instrumentales du jeune, le contexte social et le mandat du thérapeute, l’évaluation du fonctionnement familial et des possibilités évolutives des protagonistes et du système.
Ce premier volet « diagnostic de la situation », au sens large du terme, permet la mise en place des premiers jalons thérapeutiques et les auteurs nous livrent ainsi leurs réflexions sur l’indispensable formation des jeunes cliniciens avec notamment l’élaboration transféro-contre-transférentielle incontournable que cela recouvre.
L’ouvrage est structuré en trois parties :
  1. le cadre de l’entretien ;
  2. les instruments du clinicien ;
  3. la construction de l’espace thérapeutique.
Dans la première partie, consacrée au cadre de l’entretien, nous trouvons quatre chapitres différents. Les auteurs nous rappellent l’utilité de se pencher sur le contexte systémique dans lequel s’inscrit la consultation. Ils définissent la position du clinicien en soulignant la nécessité d’identifier les aspects contre-transférentiels pour en user à bon escient. L’itinéraire de la demande reflétant les vicissitudes de l’étayage parental et de ses défaillances est examiné de façon dynamique. Les objectifs de l’entretien sont repris en termes d’accueil de la souffrance narcissique et de l’étayage objectal possible par la rencontre avec un thérapeute disponible à l’ajustement de ses modèles à cette famille-là. L’aspect contenant de la rencontre est théorisé en référence aux aspects masculins du cadre tiers et structurant, assimilé à la fonction paternelle, et à la dimension féminine, maternelle, d’accueil et de soin de la blessure narcissique. Les auteurs étayent leurs réflexions sur les concepts développés par D. Houzel et D.W. Winnicott.
La deuxième partie est dédiée aux instruments du clinicien. Ils abordent la place et la fonction de l’anamnèse dans sa perspective dynamique de dégagement d’un espace d’intelligibilité intersubjective, de reconstruction narrative et d’anticipation du processus thérapeutique. La présence et l’observation de l’enfant lors des premiers entretiens est conceptualisée à la suite de réflexions de B. Golse sur la relance de la narrativité familiale et de la symbolisation, rétablissant les liens générationnels au travers des activités de l’enfant. Le chapitre 9 traitant de l’utilisation des bilans psychologiques, orthophoniques et psychomoteurs resitue ces démarches dans une perspective tant diagnostique que thérapeutique dans l’optique de M. Berger, B. Gibello et A. Rey.
La troisième partie traite de la construction de l’espace thérapeutique. Leur conceptualisation des effets thérapeutiques des premiers entretiens se réfère aux théories de D. Winnicott, M. Berger, E. Gilliéron et G. Bleandonu. Nous retrouvons : la création d’un espace transitionnel, le travail du cadre, le jeu complexe des identifications avec ses différents niveaux d’interventions dans ce travail groupal avec les familles. Ils se basent sur l’analyse des familles catégorisées par Maurice Berger en névrotiques et prénévrotiques.
Dans les chapitres 11 et 12, les auteurs formalisent leurs réflexions sur la formation des jeunes cliniciens et c’est bien là l’originalité de cet ouvrage. Partant de la notion d’expérience émotionnelle fondamentale dans le processus de formation, ils décrivent les différents dispositifs mis en place pour sensibiliser les participants à cette interaction entre réalité interne et réalité externe. L’accent est mis sur le travail groupal des formateurs et des participants dans la lignée de D. Anzieu et R. Kaës. C’est la suite d’une longue tradition de formation développée en Belgique depuis de très nombreuses années (à l’Institut de Formation en Interventions en Santé Mentale, Ifisam). Elle se base sur un ensemble d’activités : stage clinique en santé mentale avec intervision interne, supervision dans le cadre de la formation, groupe de jeux de rôles psychodramatiques comme paradigme des premiers entretiens et groupe de réflexion sur les enjeux contextuels de la relation clinique pour le volet clinique.
Pour les aspects théoriques, ils ont institué un groupe de lecture encadré par deux formateurs, un temps consacré à la technique des tests (dans une dialectique entre technique et clinique) et des exposés théorico-cliniques par deux formateurs dont un assure une fonction de liaison durant toute l’année.
Cet ensemble d’activités permet aux participants de sentir progressivement l’orientation théorique qui convient le mieux à sa propre évolution personnelle vécue en miroir de ses expériences cliniques.
Les deux derniers chapitres sont consacrés à la pluridisciplinarité du travail en santé mentale et à l’utilisation du réseau comme système vivant et évolutif d’articulations des différentes fonctions.
Ce livre s’adresse principalement aux jeunes cliniciens mais la rigueur de la conceptualisation de la formation intéressera tout un chacun.
Adresse de l’auteur :
Dr Françoise Labbé
Dwersbos 14
1630 Linkebeek
Belgique
Courriel : frlabbe@ hotmail. com

Alchimists of Human Nature :, Psychological Utopianism in Gross, Jung, Reich and Fromm, [Les alchimistes de la nature humaine :, « utopisme » psychologique chez Gross, Jung, Reich et Fromm]

Petteri PIETIKAINEN
London, Pickering & Chatto, 2007, 290 pp., ISBN 13-9781851969234
Les théories et les mouvements de libération humaine ont tendance à devenir eux-mêmes répressifs. Plus grande est la vision d’une libération totale de l’humanité, plus ferme la conviction d’avoir trouvé la « Vérité », et plus terribles sont les conséquences pour ceux qui ne souscrivent pas à cette Vérité. Personne n’interroge les simples vérités (l’eau coule dans le sens de la pente, le soleil dispense de la lumière), alors que des millions de gens ont été tués au nom de prétendues Vérités suprêmes. Aussi est-il rafraîchissant de lire un livre essayant de démystifier les grands concepts prétendument libérateurs de quatre importants psychologues du XXe siècle. Mais il est aussi décevant de voir que l’ouvrage n’atteint pas ses promesses.
Son message de base est que Gross, Jung, Reich et Fromm, ces « psycho-alchimistes des temps modernes » (p. 30), étaient les créateurs de mythes erronés, mais « bons » ou « curatifs » (pp. 126, 209, et passim) tournant autour de l’assertion que l’homme est essentiellement bon, et que cette bonté est enfouie à l’intérieur de nous, mais empêchée d’émerger par des causes variées (la société moderne, par exemple). Si nous modifions ces conditions, l’utopie apparaîtra. Ainsi serait-il possible « de créer une société où les gens s’identifieraient avec leur prétendu Authentique Self (la source originelle intacte du Bon) » (p. 6). Ces auteurs croyaient respectivement que les problèmes de l’homme moderne pourraient être résolus par « le Communisme Matriarcal de Gross, le Cosmos Archétypal de Jung, le Fonctionnalisme Orgonomique de Reich et l’Humanisme Socialiste de Fromm » (ibid.). Cependant, selon Pietikainen, ce sont des vues fausses, « erronées », un peu de Bon peut venir de telles croyances psycho-utopiques en ce qu’elles peuvent créer des « self-fulfilling prophecies », de telle sorte que ces illusions positives peuvent après tout être bénéfiques pour la santé mentale et le bien-être, et aider à éviter un « réalisme déprimant » (p. 211). « Ainsi, vivre dans un monde de faits n’est pas suffisant, parce que nous avons besoin de mensonges curatifs pour donner de l’éclat à notre existence et, par là, éviter un jour une souffrance mentale insupportable » (p. 127).
Il ne fait aucun doute que de tels systèmes de pensée existent. La question est de savoir si les théories développées par ces quatre auteurs satisfont vraiment ces préalables, voire se réduisent à eux. A mes yeux, c’est là que gît la faiblesse de ce livre. Dans sa tentative d’appliquer son hypothèse de base à quatre penseurs si divergents et si différents, l’auteur doit parfois présenter leurs théories d’une manière unilatérale, ou même complètement distordue. C’est le plus manifeste dans le cas de Jung. Il n’est tout simplement pas vrai que Jung « fondait [son] utopisme sur l’idéal de la nature intérieure en tant que Bon constitutif » (p. 29). Au contraire, il a souligné à maintes reprises que l’inconscient collectif, tout comme la nature elle-même, n’est intrinsèquement ni « bon », ni « mauvais ». Il a dit par exemple qu’attribuer la bonté à l’inconscient ou à la nature est « une manière de penser anthropomorphe… La Nature est bonne et généreuse, mais aussi absolument cruelle. C’est sa caractéristique » (Jung, 1987, p. 159). Selon Jung, c’est en se confrontant et en prenant contact avec l’inconscient (ou les archétypes) que l’on peut mûrir. « Si nous sommes avisés, nous pouvons en tirer profit » (ibid.). Cependant, une telle confrontation – toujours selon Jung – n’est en aucun cas une partie de plaisir, mais est effrayante, ou peut même être mortelle. Il est également inexact qu’il a écrit sur « la fausse identification avec son propre rôle social (persona)… en faisant référence aux résultats de [l’]aliénation ou la “ dé-naturalisation ” de l’homme [occidental] » (p. 29). Pour Jung, la persona est absolument nécessaire. A ses yeux, nous ne serions pas capables de survivre sans elle. Pour son interprétation du caractère prétendument utopiste et cultuel du travail de Jung, l’auteur, de façon révélatrice, s’appuie sur le livre de Richard Noll The Jung Cult (1994), alors qu’il omet de citer le Cult Fictions de Sonu Shamdasani (1998), qui déchire à belles dents l’hypothèse de Noll.
On peut aussi se demander s’il est nécessaire de raconter une fois de plus la vie de ces quatre auteurs, qui ont déjà été le sujet de nombreuses biographies. Nous n’apprenons rien de nouveau des résumés de leur vie et de leur Å“uvre. Ils sont presque exclusivement basés sur la littérature déjà publiée et les sources d’archives citées occasionnellement (par exemple, les interviews de Nameche détenues par la Countway Library, ou la Collection Freud à la Library of Congress) ont déjà été utilisées par de nombreux auteurs. De temps en temps, de nouvelles erreurs sont introduites. La « connaissance de soi psychanalytique » n’implique pas qu’à travers « le fait de parvenir à connaître vos désirs les plus profonds… vous pourriez simultanément minimiser les conflits psychiques à l’intérieur de vous » (p. 14). C’est une conception erronée de tout l’effort psychanalytique. En fait, le but de la psychanalyse est l’exact opposé : ne pas minimiser les conflits intrapsychiques, mais les exposer en les rendant conscients et en les confrontant. La dementia praecox (qui est aujourd’hui appelée schizophrénie) est décrite comme une maladie qui « souvent se terminait en démence prématurée » (p. 56). En fait, ce terme indique que la démence prématurée était considérée comme la caractéristique propre de cette maladie (praecox = prématuré) » (p. 56). En 1908, pendant qu’il traitait Gross, Jung ne pouvait pas avoir « théorisé au sujet du puissant archétype de la mère et de la “Grande Mère” » (p. 83), puisqu’il a développé ces concepts beaucoup plus tard (« il introduit le terme “Archétype” en 1919 », comme l’auteur lui-même le note plus loin [p. 103]). Pietikainen tourne Gross en dérision pour avoir proclamé une telle « vérité simple et évidente qu’“ un enfant ne peut pas vivre sans amour ” » (p. 89). C’était une affirmation plutôt originale et provocante à l’époque où Gross l’a émise, des décennies avant les études bousculant les bases établies de René Spitz, John Bowlby et d’autres. Ce n’était pas la relation de Jung avec Spielrein qui « très probablement a poussé Jung à concevoir l’idée du “ contre-transfert ” », idée en outre décrite de façon tout à fait inadéquate ainsi : « L’analyste développe des sentiments forts envers le patient » (p. 97). C’est Freud, et non Jung, qui a pris l’implication de ce dernier avec Spielrein comme une occasion d’introduire la notion de contre-transfert. Il est aussi faux de dire que « Freud voulait limiter » le « domaine [de la psychanalyse] à l’analyse de l’homme moderne et de la culture moderne » – pensons simplement à des travaux tels que Totem et tabou, ou à ses études sur Moïse, Michel-Ange ou Goethe, ou à sa fascination pour le lamarckisme, la philogenèse et le Thalassa de Ferenczi (1924). Et ainsi de suite.
Les épreuves du livre ont été mal corrigées. Il y a de fréquentes fautes concernant l’anglais et le contenu, frôlant parfois le ridicule : « Même s’ils mouraient (Gross), … leur imagination utopique mérite la considération » (p. 30). L’auteur utilise aussi maintes fois des mots allemands en italiques pour des raisons non évidentes ; cela n’aide pas le lecteur anglophone, et ne plaît pas au germanophone puisque souvent ces mots sont déclinés de manière erronée, mal orthographiés, ou simplement n’ont pas de sens, comme « “ Gesellschaft ” society » (Gesellschaft est le mot allemand pour société).
L’auteur est aussi en désaccord avec le diagnostic de Jung sur Gross, son patient, comme schizophrène. « Jung n’a pas consacré une seule pensée à la question de savoir si Gross était content de la manière dont il était traité au Burghölzli… ou quelles possibles conséquences le diagnostic de dementia praecox pourrait avoir sur la future carrière du Dr Gross ». On peut se demander comment Pietikainen sait que Jung n’a pas dédié une seule pensée à cela. En fait, la Correspondance Freud/Jung nous apprend que Jung pensait à l’origine que Gross souffrait d’une « névrose obsessionnelle » (Freud & Jung, 1974, lettres des 14.5.1908 et 25.5.1908), et a été ensuite « consumé au sens le plus plein du mot » en arrivant à la conclusion que Gross était un cas de schizophrénie (« Le diagnostic auquel je ne voulais malgré tout jamais croire et que maintenant pourtant je vois devant moi avec une netteté effrayante : dementia praecox » [ibid., lettre du 19.6.1908). L’auteur omet aussi de noter qu’à l’époque Jung était en fait une autorité mondiale en matière de schizophrénie (il ne mentionne qu’en passant le livre marquant de Jung (1907) sur le sujet). Si comme éminent expert, et à contrecÅ“ur, Jung était parvenu à ce diagnostic, l’aurait-il passé sous silence ?
Dans sa passion de renverser les mythes, l’auteur, à mon avis, va quelquefois trop loin. Selon lui, « le mythe du matriarcat a fait un retour dans les cercles féministes et il y des adhérents même [sic] aujourd’hui » (p. 79). Qu’un matriarcat existât à un certain moment et dans certaines régions, c’est une hypothèse possible, légitime, qui peut naturellement être mise en question par d’autres découvertes, mais il est trop facile de simplement renoncer à une telle hypothèse comme étant un mythe. Il est aussi trop facile d’abandonner sans autre un mythe comme étant un « mensonge » (p. 127). Certainement, un mythe n’est pas une représentation 1: 1 de la réalité. Mais qu’est-ce qu’une telle représentation ? La science ?
En ce qui concerne Jung, le plus sérieux malentendu est que Pietikainen omet de prendre en considération, ou même de mentionner, la vision du monde bipolaire sous-jacente de Jung. Sans se soucier si Jung avait « raison » ou « tort » (ce qui en soi n’est pas la question qui intéresse l’historien intellectuel), il n’a certainement pas cru en l’essentielle bonté de l’homme. Au contraire, sa forte conviction était que les opposés s’impliquent mutuellement – qu’il n’y a pas de Bon sans démon, pas de lumière sans obscurité, etc.
Tout au long du livre, nous trouvons un ton condescendant et critique envers les « psycho-utopistes ». Il rappelle celui d’anciens vrais croyants qui ont été ensuite désillusionnés et déversent leur bile concernant leurs doutes sur leurs anciennes idoles. C’est comme si Gross, Jung, Reich et Fromm étaient en quelque sorte de piètres théoriciens et des caractères faibles qui ne pouvaient pas penser clairement et faire face à la dure réalité, et ainsi devinrent des prophètes autoproclamés de mythes mensongers, quoique apaisants, décevant ainsi eux-mêmes et des lecteurs à la recherche d’illusions – jusqu’à ce que Pietikainen vienne et révèle leurs supercheries. Citons juste un passage : « Fromm, qui n’avait pas d’enfants à lui, avait une vue négative et biaisée des dynamiques de la famille ». « Loin de voir la famille comme une forme naturelle de lien », il émit même « l’étonnante affirmation que les liens d’attachement entre la mère et son enfant sont potentiellement nocifs », voyant ainsi « avec suspicion les liens d’affection entre les membres de la famille (“ J’avais des parents très névrosés ”, disait Fromm dans une interview) » (p. 182). « Fromm fit aussi une allégation même encore plus étonnante : que l’impuissance et la faiblesse de l’enfant tendent à provoquer le mépris des parents envers lui et à renforcer les impulsions à l’humilier. Plus encore, l’amour du père pour l’enfant (le fils) n’est pas inconditionnel, mais est motivé par le besoin du père d’avoir un héritier pour ses biens et son rôle dans le monde » (p. 183). A part les insinuations implicites (pas d’enfant, parents névrotiques), je trouve que c’est là une affirmation plutôt surprenante en soi. Le prétendu anti-utopisme de l’auteur est remplacé par un autre plus criant encore, selon lequel aucun danger quel qu’il soit ne peut venir de la forme naturelle de lien dans la famille et la relation parents-enfants. Quel monde extraordinaire ce serait si c’était vrai !
Finalement, ce livre soulève la question de « Combien réelle est la réalité ? ». L’auteur prend définitivement le parti de « nous les sceptiques » (p. 217) envers quiconque essaie de donner des réponses sur le sens et le but de la vie. C’est évidemment parfaitement admissible. Mais dans son rejet de concepts qui cherchent à révéler ce qui gît « derrière » tout « fait » facilement observable (concepts dans lesquels il semble aussi inclure le concept de Freud de l’inconscient, bien qu’il voie ce dernier comme un « penseur anti-utopiste » [p. 13]), et à renvoyer à de meilleures manières de vivre, sa conviction est implicite qu’une telle adhésion à une science prétendument pure est libre de telles illusions. Mais « quand on se targue d’être sceptique, il convient parfois de douter de son propre scepticisme » (Freud, 1933, p. 73). Qui est dans une position de juger si oui ou non « le but “ utopique ” », comme Fromm le dit, est « plus réaliste que le “ réalisme ” non seulement des leaders d’aujourd’hui » (p. 207), mais aussi d’auteurs tels que Pietikainen ?
Adresse de l’auteur :
Dr Ernst Falzeder
4582 Spital-am-Pyhrn
Autriche
Courriel : falzeder@ gmail. com
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Ferenczi S. (1924) : Thalassa. Psychanalyse des origines de la vie sexuelle. Paris, Payot, 1969.
·  Freud S. (1933[1932]) : Nouvelles conférences sur la psychanalyse. Paris, Gallimard, 1971 ; rééd. OCF-P, XIX : 83-268.
·  Freud S., Jung C.G. (1974) : Correspondance. Paris, Gallimard, 1975.
·  Jung C.G. (1907) : The Psychology of Dementia Praecox. In The Collected Works of C. G. Jung, vol. 3. Princeton, Princeton University Press, 1979.
·  Jung C.G. (1987) : Children’s Dreams. Notes from the Seminar Given in 1936-1940. Princeton, Princeton University Press, 2008.
·  Noll R. (1994) : The Jung Cult: Origins of a Charismatic Movement. Princeton, Princeton University Press.
·  Shamdasani S. (1998) : Cult Fictions, C.G. Jung and the Founding of Analytical Psychology. London, Routledge.
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