2001
Psychotropes
Articles
Interventions
Intervention auprès d’adultes ayant une double problématique de
troubles mentaux sévères et persistants et d’abus de substances : un projet
pilote
Brigitte Chassé
[*]
Claire Gagné
[**]
Francine Morin
[***]
Cet article présente une expérience d’intervention d’une durée
d’un trimestre auprès de 9 hommes ayant une double problématique de troubles
mentaux sévères et persistants et d’abus de substances dans une clinique
externe de santé mentale à Montréal. D’abord, les auteurs décrivent ce
phénomène et recensent les activités d’intervention existantes dans la
littérature. Parmi celles-ci, le modèle intégré a été choisi avec une
adaptation de l’intervention psychoéducative. Les résultats semblent concluants
puisqu’ils peuvent être mis en lien avec des résultats similaires retracés dans
la littérature. Principalement, les auteurs ont trouvé chez ces participants
une diminution du nombre de consultations dans les services d’urgence pendant
et après le programme, ainsi qu’un degré de satisfaction élevé à propos de ce
programme.
Mots-clés :
Cocaïne - Cannabis, Alcool, Abus, Intervention, Adulte, Comorbidité, Traitement ambulatoire, Schizophrénie.
This article presents the findings of a 3 month intervention
program with 9 male dual diagnosis patients, with severe mental illness and
substance abuse, treated in a mental health community clinic in Montreal. It
includes a review of the literature and a description of the different
intervention models with such patients, existing in the United States and
Canada. An adapted psychoeducational group approach was elaborated and tried.
The results obtained are similar to those already contained in the literature.
Essentially, a decrease in the number of visits to the emergency, during and
after the program, and a high level of satisfaction with the model of
intervention was noted.
La clientèle aux prises avec une double problématique de
troubles mentaux sévères et persistants et d’abus de substances reçoit peu de
services adaptés à sa situation particulière malgré l’ampleur du phénomène dans
le domaine de la santé et des services sociaux au Québec.
Au Centre de Santé Mentale Communautaire (CSMC) du Centre
Hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), Hôpital Saint-Luc, notre équipe
s’est intéressée à cette double problématique. L’équipe était constituée de
neuf intervenants dont un psychiatre, un médecin, deux infirmières, un
travailleur social, un ergothérapeute, une éducatrice et deux stagiaires de
niveau maîtrise (psychologie et service social). Notre préoccupation était
d’aider les personnes consommatrices de substances psychoactives dont la
maladie psychiatrique n’était pas stabilisée. Auparavant, divers intervenants
avaient déjà offert un groupe d’entraide ouvert à cette clientèle. L’attrition
graduelle du nombre de participants à ce groupe et la diminution des références
a nécessité une remise en question et un remaniement complet de cette
intervention conduisant à la création du présent projet pilote.
Dans le cet article, nous proposons d’abord une revue des
différents modèles d’intervention retrouvés dans la littérature. Nous
expliquons ensuite comment s’est créé notre programme. Ensuite, les objectifs,
les modalités d’intervention et le déroulement de notre projet pilote sont
présentés. Enfin, seront discutés les résultats de ce projet pilote.
Dans la littérature, le terme de double diagnostic fait
référence aux diagnostics posés selon les critères du DSM IV et comprend
habituellement un trouble mental à l’axe I ou à l’axe II et un problème d’abus
et/ou dépendance aux substances (El-Guebaly, 1990). Dans cet article, lorsque
nous parlons de double problématique, nous nous limitons aux troubles mentaux
sévères et persistants (symptomatologie psychotique : schizophrénies, troubles
schizoaffectifs et schizophréniformes) avec abus et/ou dépendance aux
substances (APA, 1994).
On ne connaît pas la prévalence réelle de ce double phénomène,
et ce pour plusieurs raisons. Les dossiers d’admissions signalent rarement
l’abus de substances (Albanese et al., 1994) car il peut exister une forte
résistance de la part des intervenants à questionner la consommation d’un
produit dont la possession est illégale (Currier et al., 1995; Drake et al.,
1996). Une autre raison est la difficulté pour les psychiatres de poser un
diagnostic puisqu’on observe une confusion des symptômes de chaque
problématique (Currier et al., 1995). Cette confusion empirerait par le fait
que, pour l’individu, la sous-culture de toxicomane apparaîtrait moins
stigmatisante que celle de malade mental (Ahrens, 1998).
Malgré l’incapacité d’évaluer l’étendue réelle de ce phénomène,
plusieurs auteurs ont retracé une forte association entre les deux
problématiques et ont tiré deux conclusions intéressantes : 1) parmi les
comorbidités en santé mentale, l’abus de substances est la plus fréquente, 2)
les gens souffrant de troubles mentaux sont plus vulnérables aux troubles
d’abus de substances que la population en général (Drake et al., 1996; Regier
et al., 1990 tiré de Mercier et al., 1997). À partir d’une recension d’études
américaines et européennes, El-Guebaly (1990) a constaté une prévalence d’abus
de substances chez la population psychiatrique variant de 20 à 75% selon la
méthode utilisée, les paramètres démographiques et l’accessibilité du
psychotrope.
Il apparaît que ce phénomène est aussi présent au Québec même
s’il n’a pas été étudié spécifiquement. Selon une estimation basée sur les
expériences cliniques d’intervenants rencontrés dans les milieux d’intervention
par Mercier et al. (1997), cette comorbidité serait présente dans 30 à 50% des
cas en milieu psychiatrique, dans 2 à 8% de ceux des centres publics pour
alcooliques et toxicomanes et dans 25% des cas des services de désintoxication
en milieu hospitalier. Ceci laisse croire, du moins d’après cette estimation
non vérifiée scientifiquement, que ces personnes présentant une comorbidité se
retrouveraient principalement dans le réseau de la santé mentale (Mercier et
al., 1997). Une tendance similaire a été observée dans une étude descriptive du
Département de Santé Communautaire de l’Hôpital Saint-Luc de Montréal (Bédard,
1989). Dans cette étude, 48% de la population psychiatrique de ce secteur,
fréquentant l’urgence ou les cliniques externes, présentaient des problèmes
liés à l’alcool ou aux drogues.
Les conséquences liées à ce phénomène sont d’ordre médical,
psychologique et financier. En ce qui a trait aux conséquences médicales, il
ressort de la littérature consultée (Buckley, 1998; Currier et al., 1995;
Ahrens, 1998) que l’apparition d’une symptomatologie psychotique chez des
personnes vulnérables au développement de la schizophrénie peut être précipitée
par la consommation de substances. De plus, le pronostic des patients
présentant des troubles mentaux est affecté négativement par l’abus ou la
dépendance aux substances. À cet égard, on mentionne que l’abus de substances
peut déclencher une schizophrénie latente et causer des rechutes psychotiques,
que le traitement avec des neuroleptiques le plus souvent classiques requiert
alors des doses plus élevées et qu’alors ces gens risquent davantage de
développer une dyskinésie tardive.
Selon Bradizza et al. (1997), les coûts psychologiques et
financiers de l’abus de substances chez les personnes présentant une double
problématique justifient le besoin de développer des services spécifiques. En
effet, ces gens sont sévèrement malades, leurs symptômes s’avèrent difficiles à
traiter et ils utilisent fréquemment les services d’urgence (Buckley, 1998;
Snow, 1997). Une étude menée auprès de 135 patients américains hospitalisés
dans un département de santé mentale pour désordres schizophréniques,
schizoaffectifs et affectifs, la non-observance du traitement, de même que les
réhospitalisations seraient liées à l’abus de substances dans cette population
(Haywood et al., 1995).
Jusqu’ici cette clientèle semble mal desservie par les services
offerts en abus de substances et en santé mentale (Ahrens, 1998). D’un côté, le
milieu de la réadaptation en toxicomanie s’avère souvent trop stressant et
confrontant pour ce type d’individu et incitant trop souvent à l’arrêt de la
médication neuroleptique. Une mauvaise compréhension de l’évolution de la
maladie mentale par les intervenants œuvrant dans les centres de réadaptation
en toxicomanie peut suggérer un faux espoir qu’avec l’abstinence, la
symptomatologie psychiatrique va disparaître. D’autre part, une connaissance
plus limitée au niveau de la problématique de la toxicomanie chez les
intervenants en santé mentale influence l’attitude avec laquelle ils
interagissent avec ces personnes. En effet, ils risquent d’adopter une attitude
punitive à l’égard de la consommation et un pessimisme face à la possibilité de
leur venir en aide. Tous ces éléments peuvent expliquer en partie pourquoi
cette clientèle est souvent perçue comme étant résistante, désespérée, sans
motivation voire même non coopérante.
Plusieurs auteurs américains ont développé des programmes de
traitement adaptés à la double problématique (Minkoff, 1991; Drake et al.,
1991; Bradizza et al., 1997; Mueser et al., 1996; Carey, 1996 et Sacks et al.,
1997). À l’examen des programmes, on peut identifier deux types d’approches,
les approches parallèles et les approches intégrées (Mercier et al.,
1997).
Les approches parallèles sont celles qui traitent chacun des
deux troubles en même temps mais dans des services distincts. On utilise alors
les ressources déjà existantes dans le réseau de la toxicomanie et de la santé
mentale et on assure une coordination entre les services. Des agents de
coordination tentent d’assurer une continuité entre les étapes du processus de
réadaptation de l’individu, mais cette continuité s’avère difficile à
maintenir. Ce type d’approche permet de maximiser les ressources offertes,
d’améliorer le service local et de prodiguer de meilleurs soins aux usagers
(Ridgely et al., 1998).
Dans les approches intégrées, les soins sont donnés
simultanément par une même équipe à l’aide d’un programme unifié s’adressant
aux deux problématiques. Elles ont été développées suite aux constats d’échec
des traitements séquentiels, c’est-à-dire en alternance de toxicomanie puis de
santé mentale ou vice-versa. Les intervenants étaient alors mal outillés pour
faire face à la complexité de cette double problématique (Drake et al.,
1991).
Les approches intégrées seraient préférables car elles semblent
démontrer une plus grande efficacité (Carey, 1996; Minkoff, 1991). Dans cette
perspective, on peut utiliser des interventions psychoéducatives, de
l’intervention brève ainsi que des groupes d’entraide. Les interventions de
groupe peuvent être de différents types, soit des interventions de soutien,
d’éducation et d’apprentissage aux habiletés sociales enrichies d’un suivi
individuel (Mueser et al., 1996). Ce traitement doit viser l’engagement, la
persuasion, l’entraînement aux habiletés sociales et attitudes utiles pour
gérer les deux troubles et la prévention de la rechute (Kofoed (1993), tiré de
Mercier, 1997).
Dans ces approches intégrées, il semble selon Jerell (1996),
que le modèle psychoéducatif soit préférable à celui des douze étapes des
Alcooliques Anonymes (AA) et à la gestion de cas intensive car il permet de
diminuer les coûts et de stabiliser l’état de la personne à court terme. Le
modèle psychoéducatif vise entre autres à transmettre des renseignements sur
les conséquences de la consommation de substances, sur la maladie mentale et
sur les interactions possibles entre la médication psychiatrique et l’abus de
substances (Siegal, 1995; Snow, 1997; Ahrens, 1998). Ce modèle psychoéducatif
est considéré comme étant moins menaçant que le traitement traditionnel
constitué par le réseau de la santé mentale et de la toxicomanie séparément. Il
permet de réduire les taux de réhospitalisation en éduquant les patients au
sujet de la consommation d’alcool et de drogues et au sujet de l’observance
thérapeutique en santé mentale (Haywood et al., 1995).
Paramètres du projet pilote
Le projet pilote a été élaboré à partir d’une perspective
d’intervention intégrée. Ainsi, nous avons adapté le modèle psychoéducatif et
le modèle d’entraînement aux habiletés sociales pour les gens présentant une
comorbidité, comme le suggèrent Bradizza et al. (1997). Tout comme l’auteur,
nous proposons un volet d’intervention en groupe et un volet d’intervention
individuelle poursuivant quatre buts, soit identifier les individus, augmenter
leur motivation au traitement, les entraîner aux habiletés
cognitivo-behaviorales requises pour arriver à une diminution de l’abus de
substances et prévenir les rechutes. Un tel programme d’interventions couvre
des sujets spécifiques d’apprentissage de gestion des situations à risque de
consommation et de développement d’habiletés sociales. Ce type de programme
possède les avantages de ne requérir que deux professionnels à la fois pour
l’animation des groupes, de permettre un apport plus grand de connaissances
pour les participants, de maintenir l’attention des usagers et de minimiser
leur résistance au traitement.
Objectifs et modalités du programme
L’objectif général de notre projet pilote est d’expérimenter un
programme d’interventions intégré en clinique externe, s’adressant à une
clientèle présentant une comorbidité de trouble mental sévère et d’abus de
substances. Ce programme se divise en trois parties, une première constituée
d’une intervention individuelle, une deuxième et une troisième formant une
intervention de groupe.
Nous visions deux catégories d’objectifs spécifiques.
Par rapport à la
clientèle
- Informer les participants sur les conséquences négatives
de leur consommation abusive sur la pathologie psychiatrique.
- Aider les participants à réaliser leurs propres objectifs
de changement concernant les conséquences liées à leur consommation de
psychotropes.
Par rapport au
projet
- Évaluer la satisfaction des participants concernant ce
programme.
- Mesurer l’effet du programme sur l’utilisation des
services d’urgence et sur le nombre d’hospitalisations en psychiatrie pendant
le trimestre d’intervention et 3 mois après la fin des interventions.
Pour participer à ce programme, les personnes devaient
présenter un trouble mental sévère (présence d’éléments psychotiques) et
utiliser des substances psychoactives. Les diagnostics de troubles mentaux
étaient posés par leur équipe traitante et inscrits aux dossiers
psychiatriques. Ces individus ont été recrutés parmi la clientèle du Centre de
Santé Mentale Communautaire (CSMC) de l’Hôpital Saint-Luc du Centre Hospitalier
de l’Université de Montréal (CHUM). Des feuillets d’information ont été
distribués dans la salle d’attente pour faire connaître le programme. Les
personnes intéressées devaient être référées par leur intervenant au CSMC.
Treize personnes ont manifesté leur intérêt pour notre projet et neuf
participèrent à la totalité du programme. Trois personnes choisirent
d’abandonner après une rencontre et une ne se présenta pas, les quatre
mentionnant vouloir maintenir leur niveau de consommation et leur style de vie.
Le programme d’interventions de 14 semaines a été construit pour 10 personnes.
Les sessions hebdomadaires se sont déroulées du 7 avril au 7 juillet
1998.
Le programme comprenait deux types d’activités principales
soit deux rencontres individuelles d’évaluation prégroupe et douze sessions de
groupe à caractère thématique. Étant donné les difficultés d’attention et de
concentration et la résistance de cette clientèle, la durée de chaque session a
été fixée à 45 minutes tout en maintenant une tolérance aux déplacements et à
l’expression spontanée. L’animation des rencontres était assurée par l’un ou
l’autre des intervenants du projet pilote. Un contrat d’engagement permettait
d’élaborer les règles du groupe afin d’éviter la valorisation de la
consommation, l’agressivité et l’absentéisme non motivé. Chaque rencontre
comportait une période de socialisation informelle autour d’un café. Nous
traitions ensuite d’un thème dans le but de permettre une réflexion et des
apprentissages à propos de la double problématique. Une activité pratique
complétait la séance afin de permettre la concrétisation et l’intégration du
sujet traité.
Les participants ont accepté de signer un formulaire de
consentement autorisant l’utilisation et la diffusion des résultats. À cet
égard, ils étaient prévenus que seuls les résultats globaux seraient
mentionnés, que l’anonymat serait respecté et que toutes les informations les
concernant demeureraient confidentielles.
Caractéristiques des
participants
Dans le but de connaître les caractéristiques de nos
participants, nous avons utilisé trois outils. D’abord, l’équipe utilisait déjà
depuis quatre ans un questionnaire maison d’évaluation dont les items nous
renseignaient à propos de leur situation biopsychosociale. Les informations
concernant ces caractéristiques étaient comparées aux informations contenues
dans le dossier du patient au CSMC. Ensuite, la consommation de psychotropes
était évaluée à l’aide des questions de la section drogue-alcool de
l’Indice de Gravité d’une Toxicomanie
(IGT) traduite de l’Addiction Severity
Index (ASI) (Mc Lellan et al., 1980). Cet outil permet de situer
l’âge du début de la consommation, sa durée et la quantité de substances
consommées durant la période des trente derniers jours et des douze derniers
mois. Enfin, le Drug Abuse Screening
Test (DAST) de Skinner (1982), validé auprès d’une population
psychiatrique, a permis de mesurer les conséquences liées à l’utilisation de
drogues pendant les douze derniers mois. Cet outil compte vingt conséquences
possibles associées à l’utilisation de la drogue. Plus la personne déclare de
conséquences, plus sa consommation est évaluée comme étant problématique.
Ainsi, un résultat de 0 signifie aucune conséquence, de 1 à 5 signifie un bas
niveau de conséquences, de 6 à 10 un niveau modéré de conséquences, de 11 à 15
un niveau substantiel de conséquences et de 16 à 20 un niveau sévère de
conséquences.
Les résultats de ces questionnaires nous permettaient de
tracer un portrait des caractéristiques de notre groupe au plan
sociodémographique, médical et de la consommation de substances rapportée. À
partir des 13 références reçues, 9 hommes ayant un âge moyen de 40 ans et
recevant des prestations de la sécurité du revenu participèrent à tout le
programme. Sept participants sur 9 présentaient des troubles de la lignée
schizophrénique (schizophrénie et schizoaffectif), un participant avait un
trouble de personnalité schizoïde et un autre souffrait d’un trouble
psychotique non spécifié. La durée moyenne de leur suivi dans le réseau de la
santé était de 9,8 ans et ils recevaient en moyenne 3 médicaments
psychiatriques. Sur le plan de la consommation de substances psychoactives
rapportée, plus de la moitié des participants ont été catégorisés comme étant
des abuseurs multiples, soit prenant 3 substances et plus. Trois individus sur
9 consommaient 2 substances et 6 participants sur 9 consommaient 3 substances
et plus. La substance la plus souvent consommée durant les douze derniers mois
était l’alcool chez la totalité des participants. Toutefois, le cannabis était
aussi consommé par 6 participants et la cocaïne par 5 participants. En ce qui a
trait à la quantité d’alcool consommé, nous avons identifié une moyenne de 9
consommations par épisode de consommation. La fréquence des consommations était
de plus de 3 fois par semaine chez 5 participants sur 9. Les conséquences liées
à l’utilisation de drogues étaient nombreuses. En effet, les résultats au DAST
ont montré que 6 participants sur 9 avaient un niveau de problème lié à la
consommation de drogue de substantiel à sévère. Le tableau 1 présente les
caractéristiques discutées.
Tableau 1:
Caractéristiques sociodémographiques, psychiatriques et de
la
Tableau 1: Caractéristiques
sociodémographiques, psychiatriques et de la consommation de substances (N = 9
participants) Caractéristiques sociodémographiques Âge moyen 40 ans Sexe
Masculin Statut économique Prestataires de la sécurité du revenu
Caractéristiques psychiatriques Diagnostic 7/9 = Troubles schizophréniques
Durée du suivi dans le réseau de la santé 9,8 ans en moyenne Médication
prescrite 3 médicaments en moyenne Consommation de substances rapportée
Abuseurs multiples 3/9,2 substances 6/9,3 substances et plus Type de substances
9/9, Alcool (12 derniers mois) 6/9, Cannabis 5/9, Cocaïne Quantité moyenne
d’alcool par occasion 9 consommations Fréquence 5/9, plus de 3 fois/semaine
Score au DAST* 6/9, de substantiel à sévère *Drug Abuse Screening Test
(Skinner, 1982)
Déroulement de l’intervention
Le tableau 2 résume le déroulement des 14 semaines
d’intervention. Comme le tableau l’indique, l’intervention a été divisée en
trois parties. Lors de la première partie, l’évaluation individuelle permettait
d’établir un premier contact avec les participants, de connaître leurs attentes
face au groupe et de mesurer leur consommation à l’aide de l’IGT et du DAST. De
plus, afin de favoriser une prise de conscience de leur problématique en ce qui
a trait à la consommation de substances, leur niveau de problème révélé par le
DAST leur était présenté de manière concrète à partir d’un thermomètre gradué
de 0 à 20. Enfin, nous utilisions un questionnaire maison de type vrai ou faux
afin d’évaluer leurs connaissances au sujet des thèmes à couvrir pendant le
programme.
La deuxième partie comprenait la sphère psychoéducative
proprement dite et se terminait par une rencontre individuelle où les
participants, à l’aide d’une grille d’objectifs touchant la consommation, la
santé, les situations de vie et le comportement de bien-être personnel et
interpersonnel, se fixaient un ou plusieurs objectifs concrets et réalistes. Un
contrat d’engagement était signé à la première séance dans le but d’encourager
l’implication des participants dans le groupe. Les thèmes abordés étaient la
maladie mentale et la médication psychiatrique, les conséquences
biopsychosociales de l’abus de substances, la fonction de la substance pour
l’individu et sa motivation.
La troisième partie touchait principalement le développement
d’habiletés sociales adaptées au contexte de la consommation (situations à
risque et prévention de la rechute) et à la mise en pratique de l’affirmation
de soi, de la résolution de conflits et de la communication en utilisant le jeu
de société Compétence édité par la
firme Lundbeck (1996). Ce jeu a été créé pour développer les habiletés sociales
des gens ayant un trouble mental sévère. Ces habiletés sont la capacité de
communiquer leurs émotions et leurs besoins pour atteindre leurs objectifs
interpersonnels. Le jeu est composé d’une planche, de pions, d’un dé, et de
cartes de jeu. Ces cartes contiennent des catégories de questions, de
situations et de problèmes. Il est de plus suggéré des jeux de rôles, des
modèles, des tâches à accomplir et des conseils. C’est un outil évalué qui a
permis d’observer une amélioration des habiletés sociales chez les personnes
ayant un trouble schizophrénique (Favrod et al., 1995).
À la fin du programme, des intervenants d’organismes
communautaires ont été invités à présenter des ressources ayant trait à la
double problématique. Une personne abstinente ayant un trouble d’ordre
psychotique est aussi venue témoigner de son expérience de l’abus de
substances. Enfin, un bilan était fait en groupe et en individuel à l’aide
d’évaluations sommatives et du questionnaire maison que nous avions fait
remplir au début du programme.
Tableau 2:
Programme des 14 semaines
Tableau 2: Programme des 14 semaines PARTIE I:
ÉVALUATION INDIVIDUELLE Semaine 1: – Rencontre d’évaluation – Administration
des questions de l’IGT*, du DAST** et du questionnaire maison Semaine 2: –
Rencontre individuelle pour discussion des résultats – Feed-back des résultats
de l’évaluation – Schématisation du DAST** – Collecte des attentes –
Administration du questionnaire mesurant les connaissances PARTIE II:
MOTIVATION (enseignement psychoéducatif) Semaine 3: – Présentation et contrat
d’engagement – Maladie mentale et médication psychiatrique Semaine 4: –
Conséquences médicales, psychologiques et sociales de l’abus de substances
Semaine 5: – Fonction de la substance pour l’individu Semaine 6: – Motivation –
Rencontre en individuel pour fixer des objectifs PARTIE III: CHANGEMENT
(développement des habiletés sociales) Semaine 7: – Situations à risque de
consommation de psychotropes 1 (Marlatt, 1996) Semaine 8: – Situations à risque
de consommation de psychotropes 2 (Marlatt, 1996) Semaine 9: – Affirmation de
soi Semaine 10: – Résolution de conflit Semaine 11: – Communication Semaine 12:
– Prévention des rechutes Semaine 13: – Ressources communautaires reliées à la
double problématique Semaine 14: – Bilan de groupe – Bilan individuel: -
Évaluation sommative du déroulement du (Par le répondant) groupe - Évaluation
sommative de l’atteinte des objectifs personnels - Administration du
questionnaire mesurant les connaissances *Indice de Gravité d’une Toxicomanie
(Traduction de l’ASI, De Mc Lellan et al., 1980). **Drug Abuse Screening Test
(Skinner, 1982)
En complémentarité avec ce programme, nous avons invité les
membres à participer à des groupes du mouvement des Alcooliques Anonymes (AA)
se tenant au CSMC. Ces rencontres AA ont été offertes durant le mois de juin et
ce le même jour que les activités de notre projet pilote afin de favoriser la
participation des individus de notre programme. Les participants y étaient
invités sur une base volontaire.
Les rôles endossés par les
intervenants
Les intervenants jouaient les rôles de facilitateur et
d’éducateur. Par exemple, au niveau du contenu des rencontres, ils donnaient de
l’information afin de rendre les personnes plus conscientes de leur problème de
consommation de substances selon les particularités de leur trouble mental. En
tenant compte des caractéristiques de la clientèle, ils veillaient à ce que le
contenu soit structuré et actif afin de maintenir l’attention et la motivation
des participants. Dans le but de faciliter la compréhension, ils s’efforçaient
de donner des exemples faciles à saisir et favorisaient les jeux de rôle et les
mises en situation. Ils privilégiaient un rythme lent avec un contenu léger et
une répétition des idées centrales de diverses façons.
Les intervenants de l’équipe étaient aussi des répondants
individuels auprès des participants. Chaque participant était associé à un des
intervenants du projet pilote afin de faciliter son cheminement à travers le
programme. Le répondant discutait avec le participant des objectifs personnels
fixés et contribuait à maintenir la motivation en relançant le participant lors
d’absences et en le rencontrant avant le groupe suivant.
Évaluation de l’atteinte des objectifs du projet pilote
Le premier objectif était d’informer les participants sur les
effets néfastes possibles de leur consommation abusive sur l’évolution de leur
maladie. Au questionnaire mesurant les connaissances, 4 participants sur 7
rapportent une amélioration de leurs connaissances, 2 participants ont maintenu
leur résultat et un a eu une note inférieure à celle obtenue avant
l’intervention. À la question de l’évaluation sommative « Avez-vous
l’impression d’avoir appris quelque chose ? », la totalité des participants
rapporte une perception d’amélioration des connaissances. Il existe donc une
concordance entre la perception d’amélioration des connaissances et
l’amélioration des résultats de la majorité des participants au test des
connaissances. On peut ainsi inférer que les participants semblent posséder
maintenant plus d’informations qu’avant le début du programme. Un résultat
secondaire à cet objectif est que l’impression d’avoir appris a valorisé les
participants. Ils ont déclaré avoir aimé l’aspect didactique des séances et se
sont dits fiers d’avoir augmenté leurs connaissances. Il semble que le fait
d’être placé dans un rôle d’individu capable d’apprendre a provoqué chez eux un
sentiment de valorisation personnelle et d’amélioration d’estime de
soi.
Le deuxième objectif visait à aider les participants à réaliser
leurs objectifs personnels de changement liés à leur consommation de
psychotropes. Ces changements ont été mesurés à partir d’une grille
d’évaluation inspirée d’un outil utilisé par des cliniciens du centre
Domrémy-Montréal en 1992. Les objectifs de changement sont mesurés sur une
échelle de 0 à 10, de non atteint à atteint. La majorité des participants
estiment avoir atteint leurs objectifs à moitié. En effet, 5 participants parmi
6 qui avaient choisi de réduire leur consommation rapportent une diminution de
plus de la moitié de la quantité des produits consommés. De même, 4
participants parmi 6 qui avaient choisi de modifier leur comportement disent
cet objectif atteint.
Le troisième objectif visait à connaître les effets des
interventions sur l’utilisation des services d’urgence et d’hospitalisation en
psychiatrie. Afin de connaître le nombre total de visites des participants de
l’Hôpital Saint-Luc en urgence générale et psychiatrique, nous avons cumulé la
fréquence des visites indiquée dans les dossiers d’hôpital des participants. À
titre de comparaison et pour montrer l’effet de notre programme, nous sommes
allés vérifier le nombre de visites en centre hospitalier pour les 3 trimestres
entourant le projet pilote. Le total des consultations a été de 9 le trimestre
précédant le programme, de 2 pendant et de 1 le trimestre suivant le programme.
Les 9 consultations sont le fait de 5 participants sur 9. Notre évaluation
montre que le nombre de visites à l’urgence des participants au groupe a
diminué de façon importante pendant la durée du groupe (2) de même que trois
mois après sa fin (1). Le tableau 3 indique le nombre de visites par trimestre
de l’ensemble des participants, soit avant, pendant et après le programme
d’interventions.
Tableau 3:
Nombre de visites en urgence par trimestre
Tableau 3: Nombre de visites en urgence par
trimestre Trimestre Urgence générale Urgence psychiatrique Total des
consultations Avant 7 2 9 Pendant 1 1 2 Après 0 1 1
De plus, malgré le petit nombre de participants, on peut penser
que cette diminution pourrait être liée à un taux de participation élevé (63%
des rencontres) à toutes les étapes du programme. En effet, on note un nombre
moins élevé de consultations en urgence (diminution moyenne de 2,7
consultations), chez les participants le plus souvent présents au groupe (63%
des rencontres et plus) par rapport aux autres (diminution moyenne de 0,2
consultations) qui étaient moins souvent présents au groupe (62% des rencontres
et moins).
Le quatrième objectif était de connaître le degré de
satisfaction des participants concernant ce programme. Celui-ci a été mesuré à
l’aide d’une évaluation sommative administrée à la fin du programme. Nous nous
sommes alors inspirés d’un modèle de grille d’évaluation sommative suggéré par
Tremblay et al. (1990). Le modèle choisi répertorie les aspects reliés au
groupe (moment, durée), aux rencontres, à l’opinion personnelle et à la
satisfaction générale. Ainsi, la satisfaction dans différents aspects est
quantifiée sur une échelle de type Likert s’échelonnant de 1 à 5, de peu à très
satisfait. L’analyse des réponses montre que 7 des 9 participants quantifiaient
leur satisfaction générale à 4 sur 5. La poursuite de la démarche dans une
intervention de groupe ultérieure a intéressé 8 participants sur 9. La totalité
des participants a considéré avoir satisfait ses attentes de départ avec une
cote de satisfaction de 4 sur 5. Plusieurs participants ont déclaré avoir
trouvé la mutualité recherchée (support et conseil des pairs) et l’information
attendue.
Le petit nombre de participants ne permet pas d’établir des
conclusions avec certitude et constitue une limite majeure de ce projet pilote.
Toutefois, malgré le nombre restreint de participants, l’expérience permet
d’aborder certains éléments qui semblent correspondre aux résultats obtenus par
d’autres chercheurs et qui offrent des pistes de réflexions.
À partir de cette expérience d’intervention, nous pouvons donc
souligner trois aspects intéressants : celui des caractéristiques des
participants, des effets du programme et des améliorations à y apporter.
D’abord, les caractéristiques des participants à notre groupe ressemblent à
ceux de programmes semblables évalués et retrouvés dans la littérature auprès
d’un plus grand nombre d’individus et ce, par rapport au sexe, au statut
économique, à la consommation rapportée et aux problèmes liés à la consommation
(Drake et al., 1998; Dixon et al., 1998; Snow, 1997; Naegle, 1997). De même,
dans notre projet, les hommes sont plus représentés tout comme dans le milieu
de la réadaptation en toxicomanie. Les hommes développeraient plus de troubles
du comportement que les femmes, d’où l’entrée plus fréquente en centre
hospitalier (Dixon et al., 1998).
Chez nos participants, on retrouve le même statut économique
(inférieur à celui de la population en général) que celui des gens aux prises
avec un trouble mental sévère. Il y a plus de pauvreté, de prestations de
dernier recours et de prise en charge par l’État dans cette population que dans
la population en général (Dixon et al., 1998; Drake et al., 1998; Cuffel, 1996;
Snow, 1997).
Dans notre projet pilote, tout comme dans la littérature, le
produit unique le plus souvent consommé est l’alcool mais le trio cocaïne,
cannabis et alcool est surtout retrouvé. Le choix de la substance, quant à lui,
dépendrait de la disponibilité du produit, du prix et de l’influence des pairs
(Pollack et al., 1998; Drake et al., 1998; Ahrens, 1998; Cuffel, 1996). On voit
aussi à travers la situation médico-psychosociale évaluée que les problèmes de
cette clientèle sont plus larges que l’abus de psychotropes. Ils touchent aussi
comme dans les recherches de Drake et al. (1996) et Cuffel (1996) l’aspect
occupationnel, domiciliaire et des relations interpersonnelles.
Concernant l’évaluation de notre programme, des pistes
intéressantes ressortent par rapport aux apprentissages, au degré de
satisfaction et à la diminution du nombre de consultations dans les services
d’urgence. D’abord, nos résultats concernant les apprentissages ressemblent à
ceux retrouvés dans d’autres études. Des apprentissages importants relatifs au
fait que les symptômes psychiatriques ne disparaissent pas avec l’arrêt de la
consommation de substances psychoactives ont été faits tout comme dans l’étude
de Ahrens (1998) et de Pollack et al. (1998). Les apprentissages ont valorisé
les participants. À cet égard, plusieurs auteurs qui utilisent le terme «
empowerment », expliquent que l’acquisition des connaissances permet chez
l’individu une valorisation ainsi que le développement d’un sentiment de
contrôle sur sa vie (Siegal et al., 1995; Ahrens, 1998; Snow, 1997), «
l’empowerment » étant défini comme une approche qui vise le développement de la
personne afin qu’elle se responsabilise face à son traitement et qu’elle
améliore son autonomie (Siegal et al., 1995).
Quant au degré de satisfaction élevé et au désir de participer
à un groupe ultérieur, même si le nombre de participants est moindre, ces
résultats correspondent aussi à ceux retrouvés ailleurs (Pollack et al., 1998;
Ahrens, 1998). On pourrait donc penser logiquement que ce programme est
apprécié par ce type de clientèle et qu’il semble donner des résultats qui
dépassent la simple acquisition de connaissances puisqu’il a un impact sur les
consultations dans les services d’urgence.
La diminution du nombre de visites en urgence médicale et
psychiatrique pendant la durée du groupe nous permet de croire que ce programme
pourrait répondre aux mêmes besoins que ceux recherchés lors des consultations
dans les services d’urgence. Plus exactement, il semble que la participation à
notre programme remplace le besoin de consulter les services d’urgence pour les
membres de notre groupe. Un tel résultat avec un échantillon plus significatif
représenterait un avantage non négligeable d’un point de vue économique, ce
programme étant moins coûteux que des consultations en urgence. En effet, il ne
requiert que la présence de quelques intervenants sans aucun support
d’hébergement. De plus, on a pu observer que le nombre de visites est demeuré
bas pendant le trimestre suivant la fin de cette intervention. Ce résultat est
aussi à noter. Avec une intervention de groupe semblable et avec une population
présentant les mêmes caractéristiques, Snow (1997) constate aussi une
diminution des hospitalisations et des rechutes chez les participants durant le
groupe ainsi que pendant les six mois qui suivent.
Avec le recul, nous convenons que des améliorations pourraient
être apportées. D’abord, les limites de ce type de recherche pourraient être
contournées en évaluant ce type d’intervention à l’aide d’un devis plus
rigoureux permettant de documenter son efficacité et son efficience. Par
exemple, on pourrait aussi augmenter la taille de l’échantillon et utiliser un
plus grand nombre d’outils standardisés. Un groupe contrôle permettrait
également de vérifier si les changements notés sont liés à l’intervention ou
sont le fruit du hasard. Une autre amélioration pourrait favoriser la
diminution des hospitalisations et des rechutes à plus long terme. Pour ce
faire, il nous apparaît nécessaire de créer un groupe de maintien afin
d’allonger les effets de l’intervention.
Troisièmement, notre évaluation montre que la participation à
des rencontres traditionnelles AA à la clinique est à repenser car le taux de
participation à ces groupes n’a été que de 1 à 2 personnes par semaine. Il
faudrait qu’elles soient mieux adaptées à notre clientèle, par exemple en
offrant les rencontres un autre jour que celui du programme et en incluant un
responsable souffrant de troubles mentaux sévères dans le mouvement.
Afin de pallier au manque de motivation à participer au groupe
des AA, nous avons amorcé une entente de collaboration auprès du mouvement de
Double Rétablissement Anonyme (DRA). Ce modèle, né au Québec en mars 1998, est
adapté du modèle Américain « Double Recovery
Anonymous » (Mercier et al., 1997; Bradizza et al., 1997). Il
s’adresse spécifiquement aux individus ayant des troubles mentaux sévères et
d’abus de substances et se caractérise par sa neutralité face aux actes
médicaux déployés auprès de cette clientèle (médication, traitement,
hospitalisation…).
La double problématique de troubles mentaux sévères et
persistants et d’abus de substances est très répandue et les interventions
nécessaires s’avèrent coûteuses. Les résultats de ce projet-pilote donnent des
indications sur le fait que des interventions en clinique externe peuvent
s’avérer efficaces. Même si les participants étaient peu nombreux (9) et que ce
projet n’a été expérimenté qu’une seule fois, les participants à notre
programme ont dit être satisfaits, avoir atteint en grande partie leurs
objectifs personnels et on a pu voir une diminution de leurs consultations en
urgence. Une évaluation plus rigoureuse et affinée serait évidemment
nécessaire, mais comme ces résultats semblent suivre les résultats des
recherches, il nous a semblé important de les faire connaître à titre de
description d’une expérience clinique.
Ce programme possède d’après nous un bon rapport
coût/efficacité. Il reste à souhaiter que la diffusion de ce projet pilote ait
un effet d’entraînement auprès des intervenants dans ce domaine afin que cette
clientèle puisse recevoir des services adaptés à sa situation
particulière.
Reçu en mai 1999
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M. Sc. service social. Ce projet pilote a été effectué dans le
cadre des études de Maîtrise en service social dirigée par Pauline Morissette
Ph. D., professeure à l’École de service social de l’Université de
Montréal.