Psychotropes
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-3901-8
142 pages

p. 75 à 96
doi: en cours

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Vol. 8 2002/2

2002 Psychotropes Articles

Le test des comportements addictifs

David Vavassori  [1] Sonia Harrati  [2] Anne-Marie Favard  [3]
Alors qu’autrefois les addictions ne concernaient que des comportements liés à une substance, aujourd’hui les travaux tendent vers l’étude d’un certain nombre de comportements dits addictifs. Malgré les avancées théoriques et empiriques, les outils dont dispose le chercheur ou le psychologue pour évaluer les addictions restent très spécifiques et s’appliquent seulement à l’évaluation de la dépendance à une substance. Nous avons alors construit un outil «général» standardisé à partir des critères de la définition de Goodman (1990) et du DSM-IV afin d’évaluer la dépendance soit à une substance soit à un comportement, le Test des Comportements Addictifs (T.C.A). Applicable quel que soit le comporte~ment de dépendance, le Test des Comportements Addictifs présente comme avantage l’utilisation combinée d’une échelle standardisée, d’un entretien semi-structuré et du graphe dimensionnel afin d’avoir une approche tridimensionnelle à la fois quantitative, qualitative et graphique. L’objectif de cet article consiste à présenter la construction et l’utilisation de cet outil. Mots-clés : Comportement, Addiction, Évaluation, Dépendance, Test. Whereas once addictions only concerned behaviors bound to a substance, today works stretch toward the survey of a certain number of behavior said addictifs. In spite of the theoretical and empiric progress, the tools of which arrange the researcher or the psychologist to value addic~tions remain very specific and don’t apply only to the assessment of the dependence to a substance. We constructed a general «tool «standardized from the criterias of the definition of Goodman then (1995) and the DSM-IV in order to value the dependence is to a substance is to a behavior, the test of the behaviors addictifs (T.C.A). Applicable some either the behavior of dependence, the Test of the Behaviors Addictifs present like advantage, use combined of a standardized scale, of a semi – structured interview and the dimensional graph in order to have a three-dimensional approach at a time quantitative, qualitative and graphic. The objective of this article consists in presenting the construction and the use of this tool.
 
Introduction
 
 
De nos jours, le champ des addictions fait l’objet de nombreux travaux. Alors qu’au début les travaux et les connaissances théoriques ne portaient et ne concernaient que les substances, on s’intéresse aujourd’hui de plus en plus à un certain nombre de comportements dits addictifs, tels que les achats compulsifs, le jeu pathologique, l’anorexie et la boulimie. Malgré les avancées théoriques et empiriques, les outils dont dispose le chercheur ou le psychologue pour évaluer les addictions restent très spécifiques et s’appliquent seulement à l’évaluation de la dépendance à une substance. Il existe certes une nosographie (DSM IV, CIM 10) et des outils (ASI : Addiction Severity Index) permettant de diagnostiquer et d’évaluer la dépendance ou le niveau de consommation, mais aucun ne permet le recueil combiné de données descriptives et de données explicatives. D’autre part, peu permettent l’évaluation et l’observation de la dépendance physiologique à une substance mais aussi de la dépendance à un comportement ou à une situation (ex : l’addiction au jeu, au travail, au sexe).
Face à ce vide instrumental, nous avons décidé (S. Harrati; V. Simon; D. Vavassori) de construire un outil standardisé prenant en compte à la fois l’aspect physiologique, psychologique et comportemental de l’addiction, ceci, en nous basant sur les critères de l’addiction selon Goodman et du DSM-IV. Alors qu’autrefois l’addiction ne concernait que des comportements liés à une substance, aujourd’hui, au-delà des produits, le concept d’addiction consent à une correspondance entre divers phénomènes autrefois séparés : alcoolisme, toxicomanie, tabagisme et comportement sans drogue tel que le jeu pathologique. C’est pourquoi, nous avons alors construit un outil « général » permettant d’apprécier les addictions, qu’il s’agisse d’une substance ou d’un comportement, le Test des Comportements Addictifs (T.C.A).
 
Le test des comportements addictifs
 
 
Bases théoriques
Dans le champ de la psychopathologie, « l’addiction » fait l’objet de nombreuses définitions. Elles décrivent une multitude de comportements marqués par une compulsion interne. De plus, le terme d’addiction peut renvoyer à des niveaux d’acceptions divers. Il peut désigner un trouble, un comportement, un processus, une personnalité. Concernant cet outil, il s’agit de l’évaluation d’un comportement addictif.
C’est pourquoi la construction est essentiellement basée sur la définition et sur la critériologie des addictions de Goodman (1990). Il décrit l’addiction comme la répétition d’actes dont le but est de procurer du plaisir et de soulager un malaise intérieur, maintenu malgré les conséquences néfastes pour le sujet. Cette définition opératoire semble, actuellement, faire à peu près consensus pour de nombreux auteurs. L’addiction présente ici une série de relations entre un modèle comportemental et certains aspects de la vie d’une personne. Afin de délimiter le champ des addictions, Goodman propose une critériologie inspirée des définitions internationales (DSM III-R; CIM 10).
  1. Impossibilité de résister aux impulsions à réaliser ce type de comportement.
  2. Sensation croissante de tension précédant immédiatement le début du comportement.
  3. Plaisir ou soulagement pendant sa durée.
  4. Sensation de perte de contrôle pendant le comportement.
  5. Présence d’au moins cinq des neuf critères suivants :
  6. préoccupations fréquentes au sujet du comportement ou de sa préparation;
  7. intensité et durée des épisodes plus importantes que souhaité à l’origine;
  8. tentatives répétées pour réduire, contrôler ou abandonner le comportement;
  9. temps important consacré à préparer les épisodes, à les entreprendre, ou à se remettre de leurs effets;
  10. survenue fréquente des épisodes lorsque le sujet doit accomplir des obligations professionnelles, scolaires ou universitaires, familiales ou sociales;
  11. activités sociales, professionnelles ou de loisirs majeurs sacrifiées du fait du comportement;
  12. persistance du comportement bien que le sujet sache qu’il cause ou aggrave un problème persistant ou récurrent d’ordre social, financier, psychologique ou physique;
  13. tolérance marquée : besoin d’augmenter l’intensité ou la fréquence pour obtenir l’effet désiré, ou diminution de l’effet procuré par un comportement de même intensité;
  14. agitation ou irritabilité en cas d’impossibilité de s’adonner au comportement.
  15. Certains éléments du syndrome ont duré plus d’un mois ou se sont répétés pendant une période plus longue.
Cette caractérisation ne fait pas de distinction entre dépendance physique et psychique. L’addiction est définie comme une intégralité de l’ensemble des phénomènes qui assimile des comportements habituellement considérés comme différents entre eux et non comme un trouble spécifique.
Cependant, comme le soulignent Pédinielli et al. (1997) le processus addictif ne peut se substituer à la dépendance, l’excès, la compulsion, l’impulsion ou la répétition, l’addiction ne peut se réduire à un comportement. C’est la raison pour laquelle, pour parler d’addiction, il faut préalablement énoncer clairement la taxinomie. Nous insistons alors sur le fait que nous parlerons dans notre étude de comportements addictifs, au sens où l’on assiste à la répétition d’actes procurant un soulagement et marqués par la dépendance à un objet matériel ou une situation recherchée et consommé avec avidité, et non pas d’addiction en tant que processus psychique.
La référence aux dernières classifications internationales (DSM-IV) et plus précisément aux critères de dépendance à une substance, nous a permis de compléter la critériologie de Goodman notamment concernant le sevrage. La dépendance à une substance est définie comme un ensemble de symptômes cognitifs, comportementaux et physiologiques indiquant que le sujet continue à utiliser la substance malgré les problèmes significatifs liés à celle-ci. Il s’agit du mode d’utilisation inadapté d’une substance conduisant à une altération du fonctionnement ou une souffrance, cliniquement significative, caractérisée par la présence de trois (ou plus) des manifestations suivantes, à un moment quelconque d’une période continue de 12 mois.
  1. Tolérance, définie par l’un des symptômes suivants :
  2. besoin de quantités notablement plus fortes de la substance pour obtenir une intoxication ou l’effet désiré;
  3. effet notablement diminué en cas d’utilisation continue d’une même quantité de la substance.
  4. Sevrage caractérisé par l’une ou l’autre des manifestations suivantes :
  5. syndrome de sevrage caractéristique de la substance (voir les critères A et B des critères de sevrage à une substance spécifique);
  6. la même substance (ou une substance très proche) est prise pour soulager ou éviter les symptômes de sevrage.
  7. La substance est souvent prise en quantité plus importante ou pendant une période plus prolongée que prévu.
  8. Il y a un désir persistant, ou des efforts infructueux, pour diminuer ou contrôler l’utilisation de la substance.
  9. Beaucoup de temps est consacré à des activités nécessaires pour obtenir la substance (ex., consultation de nombreux médecins ou déplacement sur de longues distances), à utiliser le produit (ex., fumer sans discontinuer), ou à récupérer de ses effets.
  10. Des activités sociales professionnelles ou de loisirs importantes sont abandonnées ou réduites à cause de l’utilisation de la substance.
  11. L’utilisation de la substance est poursuivie bien que la personne sache avoir un problème psychologique ou physique persistant ou récurrent susceptible d’avoir été causé ou exacerbé par la substance (par exemple, poursuite de la prise de cocaïne bien que la personne admette une dépression liée à la cocaïne ou poursuite de la prise de boissons alcoolisées bien que le sujet reconnaisse l’aggravation d’un ulcère du fait de la consommation d’alcool).
C’est donc à partir de l’ensemble de ces critères que nous avons construit notre outil. Nous avons inclus la notion d’ennui, la position de l’entourage face au comportement du sujet, les dépenses relatives au comportement et la notion de jugement moral. Ces critères nous permettent de compléter l’évaluation et l’observation de la dépendance psychologique à un comportement.
La spécificité du Test des Comportements Addictifs réside dans le fait qu’il peut évaluer la dépendance à un comportement ou à une substance.
Construction du test
Cet instrument se compose de deux parties, une échelle d’autoévaluation pour la première étape de la passation et un entretien semi-structuré pour la seconde étape. Nous souhaitions également construire un instrument qui soit utilisable quel que soit le comportement dit « addictif », nous avons donc élaboré une forme générale du test à adapter en fonction du comportement étudié. Les exemples proposés en « italiques » pour chaque item doivent être remplacés, selon les formulations, par le comportement étudié.
Nous avons dans un premier temps, construit une échelle d’autoévaluation à partir des critères présentés précédemment. Ces critères sont repris sous formes de 23 affirmations ou 24 si le comportement addictif concerne une substance. La forme générale de l’échelle d’autoévaluation du test des comportements addictifs se présente de la manière suivante.
  1. J’ai tendance à m’ennuyer.
  2. Je ne peux pas résister à l’envie de (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…).
  3. Je suis particulièrement angoissé avant de (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…).
  4. J’éprouve un soulagement et/ou du plaisir, pendant que je (Fume, Bois,
  5. Sniffe, Achète, Joue,…).
  6. J’ai l’impression de perdre mon contrôle quand je (Fume, Bois, Sniff,
  7. Achète, Joue…).
  8. (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…) c’est une pensée qui me vient souvent à l’esprit.
  9. Je (Fume, Bois, Sniff, Achète, Joue…) plus « qu’au début ».
  10. J’y consacre plus de temps qu’au début ?
  11. Quand je (Fume, Bois, Sniff, Achète, Joue…) je n’arrive pas à me limiter à ce que j’avais décidé de (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…) au départ.
  12. J’ai tenté de réduire, de contrôler ou d’abandonner (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) sans succès.
  13. Je passe beaucoup de temps à préparer, entreprendre ou à me remettre des effets de (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…).
  14. (La cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) m’empêchent d’accomplir mes obligations professionnelles, scolaires, universitaires, familiales ou sociales.
  15. Je privilégie ou j’ai déjà privilégié le fait de (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter,
  16. Jouer…) au détriment de mes activités sociales, professionnelles ou récréatives.
  17. Si on me disait que (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) causent ou aggravent un problème d’ordre social, financier, psychologique ou physique, je continuerais à (Fumer, Boire, Sniffer,
  18. Acheter, Jouer…).
  19. Pour moi le fait de (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…) a eu un impact négatif sur le plan social, familial, financier, psychologique ou physique.
  20. Je ressens le besoin d’augmenter (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…).
  21. J’ai l’impression que (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…) « comme d’habitude », me fait de moins en moins d’effet.
  22. Je suis agité, irritable, déprimé ou angoissé lorsque je ne peux pas (Fumer,
  23. Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…).
  24. L’arrêt ou la diminution de (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) a entraîné pour moi un mal-être moral ou une perturbation sur le plan social, professionnel, scolaire, familial ou autre.
  25. Seulement si prise de substance : J’ai décelé l’apparition de nouveaux symptômes dès l’arrêt ou la diminution de la prise de (la cigarette, l’alcool, la drogue…).
  26. Mon entourage se plaint ou me reproche de (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…).
  27. (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…) peut me conduire à être dans l’illégalité ou l’immoralité.
  28. Mes dépenses pour (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) représentent une part importante de mon budget.
  29. Si je ne pouvais plus jamais (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…), je ne pourrais pas le supporter.
Une grille de réponse (« grille de réponses – sujet ») permet au sujet de répondre pour chaque item s’il est caractéristique ou non de ses attitudes, de ses sentiments ou de son comportement. Nous proposons alors quatre possibilités de réponses :
  1. très caractéristique de moi,
  2. assez caractéristique de moi,
  3. un peu caractéristique de moi,
  4. pas caractéristique de moi.
GRILLE DE RÉPONSES « SUJET »
  1. J’ai tendance à m’ennuyer.
  2. Très caractéristique de moi.
  3. Assez caractéristique de moi.
  4. Un peu caractéristique de moi.
  5. Pas caractéristique de moi.
  6. Je ne peux pas résister à l’envie de (Fumer, Boire, Sniffer, m’Injecter, Acheter, Jouer…).
  7. Très caractéristique de moi.
  8. Assez caractéristique de moi.
  9. Un peu caractéristique de moi.
  10. Pas caractéristique de moi.
  11. Je suis particulièrement angoissé(e) avant de (Fumer, Boire, Sniffer, m’Injecter, Acheter, Jouer…).
  12. Très caractéristique de moi.
  13. Assez caractéristique de moi.
  14. Un peu caractéristique de moi.
  15. Pas caractéristique de moi.
  16. J’éprouve un soulagement et/ou du plaisir pendant que je (Fume, Bois, Sniffe, m’Injecte, Achète, Joue…).
  17. Très caractéristique de moi.
  18. Assez caractéristique de moi.
  19. Un peu caractéristique de moi.
  20. Pas caractéristique de moi.
  21. J’ai l’impression de perdre mon contrôle quand je (Fume, Bois, Sniffe, m’Injecte, Achète, Joue…).
  22. Très caractéristique de moi.
  23. Assez caractéristique de moi.
  24. Un peu caractéristique de moi.
  25. Pas caractéristique de moi.
  26. 6. (Fumer, Boire, Sniffer, m’Injecter, Acheter, Jouer…) c’est une pensée qui me vient souvent à l’esprit.
  27. Très caractéristique de moi.
  28. Assez caractéristique de moi.
  29. Un peu caractéristique de moi.
  30. Pas caractéristique de moi.
  31. Je (Fume, Bois, Sniffe, m’Injecte, Achète, Joue…) plus « qu’au début ».
  32. Très caractéristique de moi.
  33. Assez caractéristique de moi.
  34. Un peu caractéristique de moi.
  35. Pas caractéristique de moi.
  36. J’y consacre plus de temps qu’au début ?
  37. Très caractéristique de moi.
  38. Assez caractéristique de moi.
  39. Un peu caractéristique de moi.
  40. Pas caractéristique de moi.
  41. Quand je (Fume, Bois, Sniffe, m’Injecte, Achète, Joue…), je n’arrive pas à me limiter à ce que j’avais décidé de (Fumer, Boire, Sniffer, m’Injecter, Acheter, Jouer…) au départ.
  42. Très caractéristique de moi.
  43. Assez caractéristique de moi.
  44. Un peu caractéristique de moi.
  45. Pas caractéristique de moi.
  46. J’ai tenté de réduire, de contrôler ou d’abandonner (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) sans succès.
  47. Très caractéristique de moi.
  48. Assez caractéristique de moi.
  49. Un peu caractéristique de moi.
  50. Pas caractéristique de moi.
  51. Je passe beaucoup de temps à préparer, entreprendre ou à me remettre des effets de (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…).
  52. Très caractéristique de moi.
  53. Assez caractéristique de moi.
  54. Un peu caractéristique de moi.
  55. Pas caractéristique de moi.
  56. (La cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) m’empêche d’accomplir mes obligations professionnelles, scolaires, universitaires, familiales ou sociales.
  57. Très caractéristique de moi.
  58. Assez caractéristique de moi.
  59. Un peu caractéristique de moi.
  60. Pas caractéristique de moi.
  61. Je privilégie ou j’ai déjà privilégié le fait de (Fumer, Boire, Sniffer, m’Injecter, Acheter, Jouer…) au détriment des activités sociales, professionnelles ou récréatives.
  62. Très caractéristique de moi.
  63. Assez caractéristique de moi.
  64. Un peu caractéristique de moi.
  65. Pas caractéristique de moi.
  66. Si on me disait que (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) cause(nt) ou aggrave(n un problème d’ordre social, financier, psychologique ou physique, je continuerai à (Fumer, Boire, Sniffer, m’Injecter, Acheter, Jouer…).
  67. Très caractéristique de moi.
  68. Assez caractéristique de moi.
  69. Un peu caractéristique de moi.
  70. Pas caractéristique de moi.
  71. Pour moi le fait de (Fumer, Boire, Sniffer, m’Injecter, Acheter, Jouer…) a eu un impact négatif sur le plan social, familial, financier, psychologique ou physique.
  72. Très caractéristique de moi.
  73. Assez caractéristique de moi.
  74. Un peu caractéristique de moi.
  75. Pas caractéristique de moi.
  76. J’ai déjà ressenti le besoin d’augmenter (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…).
  77. Très caractéristique de moi.
  78. Assez caractéristique de moi.
  79. Un peu caractéristique de moi.
  80. Pas caractéristique de moi.
  81. J’ai l’impression que (Fumer, Boire, Sniffer, m’Injecter, Acheter, Jouer…) « comme d’habitude » me fait de moins en moins d’effet.
  82. Très caractéristique de moi.
  83. Assez caractéristique de moi.
  84. Un peu caractéristique de moi.
  85. Pas caractéristique de moi.
  86. Je suis agité, irritable, déprimé ou angoissé lorsque je ne peux pas (Fumer, Boire, Sniffer, m’Injecter, Acheter, Jouer…).
  87. Très caractéristique de moi.
  88. Assez caractéristique de moi.
  89. Un peu caractéristique de moi.
  90. Pas caractéristique de moi.
  91. L’arrêt ou la diminution de (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, des achats…) a entraîné pour moi un mal-être moral ou une perturbation sur le plan social, professionnel, scolaire, familial ou autre.
  92. Très caractéristique de moi.
  93. Assez caractéristique de moi.
  94. Un peu caractéristique de moi.
  95. Pas caractéristique de moi.
  96. J’ai décelé l’apparition de nouveaux symptômes dès l’arrêt ou la diminution de la prise de (la cigarette, l’alcool, la drogue,…). Seulement si prise de substance.
  97. Très caractéristique de moi.
  98. Assez caractéristique de moi.
  99. Un peu caractéristique de moi.
  100. Pas caractéristique de moi.
  101. Mon entourage se plaint ou me reproche de (Fumer, Boire, Sniffer, m’Injecter, Acheter, Jouer…).
  102. Très caractéristique de moi.
  103. Assez caractéristique de moi.
  104. Un peu caractéristique de moi.
  105. Pas caractéristique de moi.
  106. (Fumer, Boire, Sniffer, m’Injecter, Acheter, Jouer…), peut me conduire à être dans l’illégalité ou l ‘immoralité.
  107. Très caractéristique de moi.
  108. Assez caractéristique de moi.
  109. Un peu caractéristique de moi.
  110. Pas caractéristique de moi.
  111. Mes dépenses pour (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) représentent une part importante de mon budget.
  112. Très caractéristique de moi.
  113. Assez caractéristique de moi.
  114. Un peu caractéristique de moi.
  115. Pas caractéristique de moi.
  116. Si je ne pouvais plus jamais (Fumer, Boire, Sniffer, m’Injecter, Acheter, Jouer…), je ne pourrais pas le supporter.
  117. Très caractéristique de moi.
  118. Assez caractéristique de moi.
  119. Un peu caractéristique de moi.
  120. Pas caractéristique de moi.
À côté de cette échelle standardisée, nous avons voulu sauvegarder le cadre clinique, au moyen d’un entretien qui, seul, est à même de permettre et de faciliter l’évocation du vécu des sujets. Nous avons alors privilégié l’entretien semi-directif plus approprié dans la construction de notre outil, mais également plus pertinent dans le recueil des données. Nous voulions instaurer un cadre théorique afin d’aborder uniquement des thèmes bien précis. Nous avons alors construit cet entretien à partir des 24 items repris sous forme de questions auxquelles le sujet répond, mais cette fois avec la possibilité de justifier ses réponses. La forme générale de l’entretien semi-structuré du T.C.A se présente comme suit.
  1. Avez-vous tendance à vous ennuyer ?
  2. Éprouvez-vous des difficultés à résister à l’envie de (Fumer, Boire, Sniffer,
  3. Acheter, Jouer…)?
  4. Êtes-vous particulièrement angoissé avant de (Fumer, Boire, Sniffer,
  5. Acheter, Jouer…)?
  6. Éprouvez-vous du plaisir ou du soulagement pendant que vous (Fumez,
  7. Buvez, Sniffez, Achetez, Jouez…)?
  8. Avez-vous l’impression de perdre votre contrôle pendant que vous (Fumez,
  9. Buvez, Sniffez, Achetez, Jouez…)?
  10. (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…), est-ce pour vous une pensée qui vous vient souvent à l’esprit ?
  11. (Fumez-vous, Buvez-vous, Sniffez-vous, Achetez-vous, Jouez-vous…) plus
  12. « qu’au début » ?
  13. Y consacrez-vous plus de temps qu’au début ?
  14. Quand vous (Fumez, Buvez, Sniffez, Achetez, Jouez…), avez-vous des difficultés à vous limiter à ce que vous aviez décidé de (Fumer, Boire,
  15. Sniffer, Acheter, Jouer…) au départ ?
  16. Avez-vous tenté de réduire, contrôler ou abandonner (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) sans succès ?
  17. Passez-vous beaucoup de temps à préparer, entreprendre ou à vous remettre des effets de (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…)?
  18. 12-(La cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) vous empêche-t-ils/elle d’accomplir vos obligations professionnelles, scolaires, universitaires, familiales ou sociales ?
  19. Avez-vous déjà privilégié le fait de (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter,
  20. Jouer…) au détriment des activités sociales, professionnelles ou récréatives ?
  21. Si on vous disait que (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) cause(nt) ou aggrave(nt) un problème d’ordre social, financier, psychologique ou physique, continueriez-vous ?
  22. Pensez-vous que le fait de (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…) ait eu un impact négatif sur le plan social, familial, financier, psychologique ou physique ?
  23. Avez-vous ressenti le besoin d’augmenter (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…)?
  24. Avez-vous l’impression que (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…)
  25. « comme d’habitude » vous fait de moins en moins d’effet ?
  26. Êtes-vous agité ou irritable ou déprimé ou angoissé lorsque vous ne pouvez pas (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…)?
  27. Est-ce que l’arrêt ou la diminution de (la cigarette, la boisson, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) entraîne un mal-être moral ou une perturbation sur le plan social, professionnel, scolaire, familial ou autre ?
  28. 20-Seulement si prise de substance: avez-vous décelé l’apparition de nouveaux symptômes dès l’arrêt ou la diminution de la prise de (cigarette, alcool, drogue…)?
  29. Votre entourage se plaint-il ou vous reproche-t-il de (Fumer, Boire, Sniffer,
  30. Acheter, Jouer…)?
  31. Est-ce que (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…) peut vous conduire à être dans l’illégalité ou l’immoralité ?
  32. Vos dépenses pour (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) représentent-elles une part importante de votre budget ?
  33. Si vous ne pouviez plus (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…), auriez-vous du mal à le supporter ?
La passation
Composée de deux étapes, la passation dure en moyenne trois quarts d’heure. Avant de commencer il est d’usage de préciser le respect de l’anonymat et de la confidentialité des données.
a) L’échelle d’autoévaluation : première étape du T.C.A.
Une première consigne indique les instructions de passation : « 23 (ou 24) affirmations sont présentées ci-dessous. Veuillez lire chacune d’entre elles et décider si elles sont caractéristiques ou non de vos attitudes, de vos sentiments ou de vos comportements.
Veuillez donner une évaluation de chaque affirmation en utilisant les valeurs suivantes : 1. très caractéristique de moi, 2. assez caractéristique de moi, 3. un peu caractéristique de moi, 4. pas caractéristique de moi. Vous devrez répondre de manière spontanée ».
Le sujet doit lire chacune des affirmations et pour chacune d’elles il doit donner son évaluation sur la « grille de réponses – sujet », en utilisant les valeurs proposées (1. très caractéristique de moi, 2. assez caractéristique de moi, 3. un peu caractéristique de moi, 4. pas caractéristique de moi). Durant cette première phase, l’interviewer ne doit pas prendre connaissance des réponses données par le sujet et une fois terminée, la grille de réponse doit être rangée hors de la vue du sujet et sans que l’interviewer n’en prenne connaissance.
b) L’entretien semi-structuré : deuxième étape du T.C.A.
Une seconde consigne est donnée pour cette deuxième phase : « Nous allons maintenant reprendre l’ensemble de ces phrases sous forme de questions en vous demandant cette fois-ci de justifier vos réponses. Vous avez tout votre temps pour répondre mais vous ne pouvez aucunement modifier vos premières réponses ».
L’interviewer reprend ces questions et peut demander au sujet des précisions, des justifications et explications. Avec l’accord du sujet, l’enregistrement du discours est possible, sinon la prise de note est indispensable car l’entretien est suivi d’une lecture et d’une analyse clinique. Alors que pour la première phase le sujet devait répondre de manière spontanée, pour celle-ci il peut commenter et développer ses réponses mais ne peut en aucun cas demander à l’interviewer de lui rappeler ses premières réponses ni de les modifier.
La post-passation : le traitement et l’analyse des données
Le traitement et l’analyse des données sont à la fois quantitatifs et qualitatifs et reposent sur un outil graphique, le graphe dimensionnel.
Le traitement des données se fait dans un premier temps par une évaluation clinique de l’entretien semi-structuré. Pour chacune des questions, l’interviewer doit apprécier et évaluer la réponse du sujet selon la pertinence et la cohérence des justifications apportées.
À partir du discours du sujet (justifications, précisions apportées pour chacune des réponses), il doit remplir une seconde grille de réponses appelée « grille de réponses – cotateur ».
GRILLE DE RÉPONSES « COTATEUR »
  1. Avez-vous tendance à vous ennuyer ?
  2. Très caractéristique du sujet.
  3. Assez caractéristique du sujet.
  4. Un peu caractéristique du sujet.
  5. Pas caractéristique du sujet.
  6. Éprouvez-vous des difficultés à résister à l’envie de (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…)?
  7. Très caractéristique du sujet.
  8. Assez caractéristique du sujet.
  9. Un peu caractéristique du sujet.
  10. Pas caractéristique du sujet.
  11. Êtes-vous particulièrement angoissé avant de (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…)?
  12. Très caractéristique du sujet.
  13. Assez caractéristique du sujet.
  14. Un peu caractéristique du sujet.
  15. Pas caractéristique du sujet.
  16. Éprouvez-vous du plaisir ou du soulagement pendant que vous (Fumez, Buvez, Sniffez, Achetez, Jouez…)?
  17. Très caractéristique du sujet.
  18. Assez caractéristique du sujet.
  19. Un peu caractéristique du sujet.
  20. Pas caractéristique du sujet.
  21. Avez-vous l’impression de perdre votre contrôle pendant que vous (Fumez, Buvez, Sniffez, Achetez, Jouez…)?
  22. Très caractéristique du sujet.
  23. Assez caractéristique du sujet.
  24. Un peu caractéristique du sujet.
  25. Pas caractéristique du sujet.
  26. 6. (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…), est-ce pour vous une pensée qui vous vient souvent à l’esprit ?
  27. Très caractéristique du sujet.
  28. Assez caractéristique du sujet.
  29. Un peu caractéristique du sujet.
  30. Pas caractéristique du sujet.
  31. (Fumez-vous, Buvez-vous, Sniffez-vous, Achetez-vous, Jouez-vous…) plus « qu’au début »?
  32. Très caractéristique du sujet.
  33. Assez caractéristique du sujet.
  34. Un peu caractéristique du sujet.
  35. Pas caractéristique du sujet.
  36. Y consacrez-vous plus de temps qu’au début ?
  37. Très caractéristique du sujet.
  38. Assez caractéristique du sujet.
  39. Un peu caractéristique du sujet.
  40. Pas caractéristique du sujet.
  41. Quand vous (Fumez, Buvez, Sniffez, Achetez, Jouez…), avez-vous des difficultés à vous limiter à ce que vous aviez décidé de (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…) au départ ?
  42. Très caractéristique du sujet.
  43. Assez caractéristique du sujet.
  44. Un peu caractéristique du sujet.
  45. Pas caractéristique du sujet.
  46. Avez-vous tenté de réduire, contrôler ou abandonner (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) sans succès ?
  47. Très caractéristique du sujet.
  48. Assez caractéristique du sujet.
  49. Un peu caractéristique du sujet.
  50. Pas caractéristique du sujet.
  51. Passez-vous beaucoup de temps à préparer, entreprendre ou à vous remettre des effets de (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…)?
  52. Très caractéristique du sujet.
  53. Assez caractéristique du sujet.
  54. Un peu caractéristique du sujet.
  55. Pas caractéristique du sujet.
  56. (La cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) vous empêche-t-il(s)/elle d’accomplir vos obligations professionnelles, scolaires, universitaires, familiales ou sociales ?
  57. Très caractéristique du sujet.
  58. Assez caractéristique du sujet.
  59. Un peu caractéristique du sujet.
  60. Pas caractéristique du sujet.
  61. Avez-vous déjà privilégié le fait de (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…) au détriment des activités sociales, professionnelles ou récréatives ?
  62. Très caractéristique du sujet.
  63. Assez caractéristique du sujet.
  64. Un peu caractéristique du sujet.
  65. Pas caractéristique du sujet.
  66. Si on vous disait que (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) cause(nt) ou aggrave(nt) un problème d’ordre social, financier, psychologique ou physique, continueriez-vous ?
  67. Très caractéristique du sujet.
  68. Assez caractéristique du sujet.
  69. Un peu caractéristique du sujet.
  70. Pas caractéristique du sujet.
  71. Pensez-vous que le fait de (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…) ait eu un impact négatif sur le plan social, familial, financier, psychologique ou physique ?
  72. Très caractéristique du sujet.
  73. Assez caractéristique du sujet.
  74. Un peu caractéristique du sujet.
  75. Pas caractéristique du sujet.
  76. Avez-vous déjà ressenti le besoin d’augmenter (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…)?
  77. Très caractéristique du sujet.
  78. Assez caractéristique du sujet.
  79. Un peu caractéristique du sujet.
  80. Pas caractéristique du sujet.
  81. Avez-vous l’impression que (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…) « comme d’habitude » vous fait de moins en moins d’effet ?
  82. Très caractéristique du sujet.
  83. Assez caractéristique du sujet.
  84. Un peu caractéristique du sujet.
  85. Pas caractéristique du sujet.
  86. Êtes-vous agité ou irritable ou déprimé ou angoissé lorsque vous ne pouvez pas (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…)?
  87. Très caractéristique du sujet.
  88. Assez caractéristique du sujet.
  89. Un peu caractéristique du sujet.
  90. Pas caractéristique du sujet.
  91. Est-ce que l’arrêt ou la diminution de (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) entraîne un mal-être moral ou une perturbation sur le plan social, professionnel, scolaire, familial ou autre ?
  92. Très caractéristique du sujet.
  93. Assez caractéristique du sujet.
  94. Un peu caractéristique du sujet.
  95. Pas caractéristique du sujet.
  96. Avez-vous déjà décelé l’apparition de nouveaux symptômes dès l’arrêt ou la diminution de la prise de (la cigarette, l’alcool, boisson, la drogue…)? Seulement si prise de substance.
  97. Très caractéristique du sujet.
  98. Assez caractéristique du sujet.
  99. Un peu caractéristique du sujet.
  100. Pas caractéristique du sujet.
  101. Votre entourage se plaint ou vous reproche de (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…)?
  102. Très caractéristique du sujet.
  103. Assez caractéristique du sujet.
  104. Un peu caractéristique du sujet.
  105. Pas caractéristique du sujet.
  106. Est-ce que (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…) peut vous conduire à être dans l’illégalité ou l’immoralité ?
  107. Très caractéristique du sujet.
  108. Assez caractéristique du sujet.
  109. Un peu caractéristique du sujet.
  110. Pas caractéristique du sujet.
  111. Vos dépenses pour (la cigarette, l’alcool, la drogue, la pratique du jeu, les achats…) représentent-elles une part importante de votre budget ?
  112. Très caractéristique du sujet.
  113. Assez caractéristique du sujet.
  114. Un peu caractéristique du sujet.
  115. Pas caractéristique du sujet.
  116. Si vous ne pouviez plus (Fumer, Boire, Sniffer, Acheter, Jouer…), auriez-vous du mal à le supporter ?
  117. Très caractéristique du sujet.
  118. Assez caractéristique du sujet.
  119. Un peu caractéristique du sujet.
  120. Pas caractéristique du sujet.
Pour chacune des affirmations, il devra évaluer si elles sont caractéristiques ou non des attitudes, des sentiments ou du comportement du sujet toujours en fonction des mêmes valeurs : 1. très caractéristique du sujet, 2. assez caractéristique du sujet, 3. un peu caractéristique du sujet, 4. pas caractéristique du sujet. Plus les réponses du sujet sont positives, c’est-à-dire tendent vers un « oui » et plus les attitudes, sentiments et comportements mentionnés dans les questions sont caractéristiques du sujet. Cette évaluation se fait sans consulter ou sans avoir pris connaissance de la « grille de réponses – sujet ».
Cette évaluation, puis celle du sujet (« grille de réponses – cotateur » + « grille de réponses – sujet ») sont ensuite reportées sur un graphe dimensionnel. Issus de la méthode évaluative clinique élaborée par A.M. Favard (1991), les graphes dimensionnels sont des instruments graphiques composés de dimensionscritères qualitatives qui permettent d’évaluer l’état du sujet de façon quantitative grâce à l’utilisation de graduation. Cet outil, essentiellement utilisé dans le champ sanitaire et social, évalue l’évolution des usagers et permet de rendre compte de l’impact des interventions sur les usagers. La particularité réside dans le fait que ces graphes sont construits à partir d’énoncés individuels de praticiens précisant les indicateurs personnels, spontanés, intuitifs, qualitatifs, auxquels se réfèrent de façon informelle les intervenants pour qualifier l’évolution des sujets et l’évolution de leurs interventions. Ces indicateurs sont ensuite systématisés par des méthodologies d’analyse de contenu réalisées par les praticiens eux-mêmes. À partir de ces analyses sont dégagées les grandes dimensions qui constituent les dimensions-critères du graphe dimensionnel composées de graduations.
Le T.C.A est donc composé d’un graphe dont les dimensions représentent les 23 ou 24 items de l’échelle d’autoévaluation et de l’entretien semi-structuré.
Sont représentées les dimensions suivantes. D1 : l’ennui, D2 : impulsion au comportement, D3 : l’état psychologique avant le comportement, D4 : effets positifs du comportement, D5 : l’état psychologique pendant le comportement, D6 : pensée récurrente au comportement, D7 : investissement (a), D8 : investissement (b), D9 : contrôle du comportement (a), D10 : contrôle du comportement (b), D11 : investissement (c), D12 : impacts du comportement sur la vie sociale (a), D13 : impacts du comportement sur la vie sociale (b), D14 : compulsion au comportement (a), D15 : impact bio-psychosocial, D16 : tolérance (a), D17 : tolérance (b), D18 : sevrage (a), D19 : sevrage (b), pour les substances uniquement, D20 : sevrage (c), D21 : position de l’entourage, D22 : jugement moral, D23 : investissement financier relatif au comportement, D24 : compulsion au comportement (c).
Chacune des dimensions présente une graduation correspondant aux réponses possibles (production en quatre valeurs de 1 à 4, la valeur 1 étant au centre du graphe et la valeur 4 la plus extérieure). Les données des deux grilles de réponses sont donc reportées sur les dimensions du graphe dimensionnel.
Nous obtenons deux graphes superposés, celui du sujet (sujet 12) et celui de l’interviewer (cotateur). Sur ce graphe sont représentées et visualisées d’emblée la manière dont le sujet s’autoperçoit (sujet 12), une évaluation d’expert (cotateur) et les dimensions (items) problématiques.
IMGIMGIMGIMF
L’analyse clinique se fait à partir de tous ces éléments ainsi que des similitudes ou au contraire des différences des deux représentations.
L’appréciation qualitative sur les dimensions se fait selon les principes suivants : plus le sujet « va bien » (n’a pas de problèmes) dans la dimension considérée, plus l’évaluation est périphérique (sur les graduations les plus externes du graphe); plus le sujet « ne va pas bien » (a des problèmes) dans la dimension considérée, plus l’évaluation est centrale (sur les graduations les plus internes du graphe). Plus le sujet est positionné au centre du graphe dimensionnel, plus il présente un comportement addictif, plus le sujet est positionné à la périphérie du graphe et moins il présente un comportement addictif.
Le T.C.A propose également une lecture statistique sous forme de score en transformant les graduations qualitatives en valeurs numériques (de 1 à 4). Les grilles de réponses, celle du « sujet » et celle du « cotateur » sont graduées de 1 à 4. Pour chacune d’elle un sous-score est calculé en additionnant les valeurs correspondant aux réponses données. Le sous-score total maximum est de 92 (96 pour 24 items, s’il s’agit d’une substance), le sous-score total minimum est de 23 (24 pour 24 items). Le score total du T.C.A est obtenu en faisant la moyenne des sous-scores (sous score « sujet » + sous-score « cotateur »/ 2).

Tableau des
scores T.C.A
IMGIMGTableau des scores T.C.A Items Sujet...IMGIMF
Tableau des scores T.C.A Items Sujet 12 Cotateur 1 2 2 3 3 3 4 3 5 4 6 3 7 2 8 2 9 4 10 1 1 11 2 4 12 4 3 13 4 4 14 4 2 15 3 2 16 2 1 17 1 1 18 4 4 19 4 4 20 - - 21 4 4 22 4 4 23 4 3 24 1 3 Sous-scores 68 (a) 60 (b) Moyenne – 64

En fonction du score moyen obtenu, le sujet appartient à l’un des groupes répartis dans un des trois groupes suivants :
  • GP1 : présente un comportement addictif = score total compris entre 23 et
  • 46, (entre 24 et 48 pour 24 items),
  • GP2 : présente un risque de comportement addictif = score total compris entre 47 et 69 (entre 49 et 72 pour 24 items),
  • GP3 : ne présente pas de comportement addictif = score total compris entre
  • 70 et 92 (73 et 96 pour 24 items).
Ces différents scores qui peuvent donner lieu à une discussion clinique et l’analyse globale des résultats se font à partir du score moyen d’addiction et à partir des graphes dimensionnels.
Synthèse
- Première étape : préparation du test.
Pour l’échelle d’autoévaluation et pour l’entretien semi-structuré à partir du modèle « formulation commune », les exemples proposés en « italiques » pour chaque item doivent être remplacés, selon les formulations, par le comportement étudié.
- Deuxième étape : la passation.
  • Phase 1 : échelle d’autoévaluation : Le sujet lit chacune des affirmations et pour chacune d’elles il doit donner son évaluation sur la « grille de réponses – sujet ».
  • Phase 2 : l’entretien semi-structuré. Les affirmations sont reprises ensuite sous forme de questions (23 ou 24), auxquelles le sujet doit répondre mais en justifiant ses réponses.
- Troisième étape : cotation, traitement et analyse des données.
  • Phase 1 : évaluation clinique de l’entretien semi-structuré. À partir du discours du sujet, l’interviewer doit remplir une seconde grille de réponses appelée « grille de réponses – cotateur » sans avoir pris connaissance de celle du sujet.
  • Phase 2 : report sur le graphe dimensionnel des données des deux grilles de réponses (cotateur + sujet). Superposition des deux graphes dimensionnels : autoperception du sujet en bleu et évaluation de l’interviewer en rouge.
  • Phase 3 : lecture statistique. Pour chacune des grilles de réponses un sous score ((a) et (b)) est calculé en additionnant les valeurs correspondant aux réponses données. Le score total du T.C.A est obtenu en faisant la moyenne de ces sous-scores afin de déterminer le groupe d’appartenance du sujet.
  • Phase 4 : analyses qualitative et quantitative. L’analyse des résultats et la synthèse générale se font à partir de toutes ces données cliniques, statistiques et graphiques.
 
Validité, fidélité
 
 
Les premiers traitements statistiques de la cohérence interne du test sont satisfaisants. En effet, le calcul de l’alpha de Cronbach nous donne un coefficient de.786 pour une population de 30 sujets et.689 pour une population de 60 sujets (consultants de voyants, consultants et pratiquants de magie et joueurs aux jeux vidéo).
Ces résultats nous donnent une première tendance mais la procédure de validation est toujours en cours et s’étend aux consommateurs de substances psychoactives, ce qui ne nous permet pas d’accepter de manière définitive ces premiers résultats de validité. L’application du T.C.A sur de nouvelles populations nous permettra de tester la validité de cet outil sur un ensemble plus large de comportements.
De plus, certains protocoles (4) ont été cotés par 3 juges différents afin d’observer la fidélité interjuges concernant l’évaluation de l’interviewer à partir de l’entretien semi-structuré. Ceci nous a permis de constater que la fidélité est bonne compte tenu du petit nombre de protocoles soumis à la procédure.
 
Conclusion
 
 
La construction de ce test a été guidée par le désir de combiner dans un même outil la possibilité d’évaluer soit la dépendance à une substance psychoactive soit la dépendance à un comportement (jeu, travail, sexe, anorexie, boulimie…). Notre souhait était également que cet instrument soit utilisable dans plusieurs contextes, autrement dit aussi bien pour une observation dans le cadre d’une recherche que dans une situation de bilan et d’aide au diagnostic dans le cadre thérapeutique. Compte tenu de la quantité des données recueillies et de la richesse d’analyse de celles-ci, la passation reste non contraignante pour les sujets et sa durée est relativement courte (40 minutes).
De plus, le Test des Comportements Addictifs présente l’avantage, pour un même outil, d’une utilisation combinée d’une échelle standardisée, d’un entretien semi-structuré et du graphe dimensionnel, permettant d’avoir une approche tridimensionnelle à la fois quantitative, qualitative et graphique. L’échelle d’autoévaluation permet d’évaluer, par sa composition (critères de Goodman, DSM IV, CIM 10), le niveau de l’addiction. Cette évaluation est complétée par l’entretien semi-structuré. Cette double composante permet à l’utilisateur d’avoir une approche plus précise du comportement à travers les justifications.
L’intérêt de l’utilisation des graphes dimensionnels, pour la comparaison de l’autoévaluation du sujet et de l’évaluation de l’interviewer, permet d’observer directement et spontanément le réalisme perceptif du sujet par rapport à son fonctionnement addictif, ainsi que les dimensions les plus caractéristiques du sujet et/ou d’une population donnée. Deux niveaux d’analyses et d’interprétations sont envisagés : une analyse au niveau individuel (du sujet) et une analyse au niveau collectif (graphes globalisés de la population ou du groupe).
Selon les objectifs d’utilisation du T.C.A, le graphe permet également la comparaison, pour un même sujet ou une population, d’un temps 1 et d’un temps 2 afin de repérer une évolution ou non et cela de manière globale ou pour chacune des dimensions.
Enfin, pour les chercheurs et cliniciens s’intéressant au domaine des addictions et de la toxicomanie, cet outil complet permet une analyse rapide des problématiques et une présentation graphique utilisable en travail d’équipe.
Reçu en août 2001
 
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·  VENISSE J.-L., Les nouvelles addictions, Paris, Masson, 1992.
 
NOTES
 
[1] David VAVASSORI, Doctorant en Psychopathologie, CERPP, Centre d’Études et de Recherches en Psychopathologie, Maison de la Recherche, Université Toulouse Le Mirail, 5 allée Antonio Machado, 31058 Toulouse Cedex 01, tél : 05.61.50.37.38 – fax : 05.61.50.37.45 – e-mail : vavassor@ univ-tlse2. fr
[2] Sonia HARRATI, Doctorante en Psychopathologie, CERPP, Centre d’Études et de Recherches en Psychopathologie, Maison de la Recherche, Université Toulouse Le Mirail, 5 allée Antonio Machado, 31058 Toulouse Cedex 01, tél : 05.61.50.37.38 – fax : 05.61.50.37.45 – e-mail : harrati@ univ-tlse2. fr
[3] Anne-Marie FAVARD, Chargée de recherches au CNRS, Docteur en psychologie, Docteur en droit, CERPP, Centre d’Études et de Recherches en Psychopathologie, Maison de la Recherche, Université Toulouse Le Mirail, 5 allée Antonio Machado, 31058 Toulouse Cedex 01, tél : 05.61.50.37.38 – fax : 05.61.50.37.45 – e-mail : favard@ univtlse2. fr
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[1]
David VAVASSORI, Doctorant en Psychopathologie, CERPP, Cent...
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[2]
Sonia HARRATI, Doctorante en Psychopathologie, CERPP, Centr...
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[3]
Anne-Marie FAVARD, Chargée de recherches au CNRS, Docteur e...
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