2002
Psychotropes
Course sur route amateur dans le département du Nord
Nadia Panunzi-Roger
Attachée de recherche, Laboratoire CRISIS-IRTS Nord-Pas-de-Calais,
Marielle Rengot
Chargée d’étude, Observatoire régional de la Santé Nord-Pas-de-Calais.
Madiou Sampi
Médecin épidémiologiste, chargé d’étude, Observatoire régional de la Santé Nord-Pas-de-Calais.
Cet article présente les premiers résultats d’une enquête
conduite sur le terrain par une équipe pluridisciplinaire (champs social,
anthropologique, épidémiologique et statistique) entre mai et septembre
2001 auprès de sportifs amateurs pratiquant les courses pédestres dans le
département du Nord. Il restitue une analyse des données générales et une
analyse par sexe de la population enquêtée.
Les données générales offrent une vision d’ensemble de ces sportifs, leurs
caractéristiques sociodémographiques, trajectoires et pratiques sportives,
comportements en matière de santé et représentations du sport. Ce public
est majoritairement masculin, relativement âgé, installé dans la vie active
et aux statuts professionnels dominés par les catégories moyennes et
inférieures. Il présente plusieurs profils de trajectoires sportives selon
l’âge de début de la pratique sportive. Sa représentation majoritaire du
sport est qu’il est «bon pour la santé », le sport allant jusqu’à constituer
parfois un véritable «style de vie».
L’analyse par sexe fait apparaître une spécificité sportive féminine. Les
femmes, qui ont une vie sportive plus courte que celle des hommes,
manifestent un comportement sportif féminin notamment au regard des
motivations sportives, des habitudes et des rythmes de la pratique, des
représentations du sport et des rapports au suivi médical.
L’enquête a mis en évidence des sportifs concernés par des pratiques
sportives déviantes. Les données recueillies ont permis de définir une série
de critères dont plusieurs, si on les cumule, constituent un indicateur de
pratiques d’excès en matière de surinvestissement sportif et/ou de condui~tes dopantes.Mots-clés :
Enquête, Sport, Loisir, Dépendance, Sexe masculin, Sexe féminin, Représentation.
This article presents the first results of a field inquiry realized
by a pluridisciplinary team (social, anthropological, epidemiological and
statistical fields) between may and september 2001 with 814 amateurs
practising pedestrian races in the Nord. It contents a general data analysis
and an gender analysis of studied population.
General data give a large vision of studied population, sociodemographic
characteristics, trajectories and practices of sport, healthy behaviours and
shows of sport. Enquired population is mainly male, old enough, employed
with medium or low professionnal statute. The inquiry shows several types
of sport trajectories, related to the age of beginning of sport practice. The
main sport show is « sport is good for health», even sometimes sport can
be considered like a real «life style».
Gender analysis shows a female sport characteristic. Women, who have a
shorter sport life than men, show a female sport behaviour specially
regarding sport practice motivations, sport use and rythms of practice,
shows of sport and relationship with medical follow.
The study shows excess sport practices among amateurs. Collected data
allowed to consider the presence of several of them as an indicator of
excessive sport investment and/or doping behaviour.
De plus en plus d’études ou de travaux se penchent sur le degré de
corrélation entre le sport et la santé, sur les conséquences positives ou négatives
que l’un aurait sur l’autre, sur le comportement sportif et ses déviances
éventuelles.
Aujourd’hui, la consommation de substances psychotropes – quel que soit
leur statut légal – dans le but de modifier un état de conscience et/ou de
performance, s’est étendue à l’ensemble de la société française. Nombre de ces
usages, socialement dérégulés, sont susceptibles d’entraîner des conduites à
risques et des problèmes socio-sanitaires.
Dans le domaine sportif, le dopage chez les athlètes et plus largement les
conséquences d’une pratique sportive intensive constituent des problèmes déjà
anciens. Mais il semblerait que les pratiques sportives déviantes n’existent pas
seulement au niveau du sport de haut niveau, sans pour autant, qu’à ce jour, ni
la communauté scientifique, ni le monde sportif puissent en donner des éléments
tangibles.
Cette étude émane du constat par des médecins généralistes du groupe « Généralistes et Toxicomanie 59/62, nouvelles pratiques en médecine générale » de
l’existence d’un comportement, dans leur clientèle de sportifs amateurs, rappelant une pratique qui se rapproche singulièrement des conduites addictives, et
du manque d’information sur les pratiques addictives dans le sport en général
et dans le sport amateur en particulier.
Au regard du manque de données et en interrogeant les pratiquants
amateurs sur leurs pratiques sportives, l’objectif de cette étude est double :
- mesurer et tenter de comprendre les liens entre « pratiques sportives et
comportements de dépendance » au sein du milieu sportif amateur du
département du Nord;
- déterminer auprès de sportifs amateurs leur pratique de consommation
sportive.
Choix des populations enquêtées
La population ciblée est constituée des sportifs amateurs du département du
Nord, pratiquant l’athlétisme et plus particulièrement les courses pédestres,
qu’ils soient licenciés ou non.
Le recrutement des populations s’est effectué sur la base de la sélection de
trois épreuves officielles de courses pédestres amateurs, les trois plus grandes
en matière d’affluence, situées dans le département du Nord : Maroilles, course
nationale (1er mai 2001), Phalempin, course régionale (17 juin 2001) et Lille,
course nationale (1er septembre 2001).
Le choix des courses devait nous permettre de recruter un panel de
populations aussi diversifié que possible : Lille et Phalempin situées au nord du
département dans une région très urbanisée; Maroilles se situe à l’extrême sud
du département au cœur d’une région rurale, dont l’ensemble des indicateurs
socio-économiques, sanitaires, d’emploi et de formation sont parmi les plus
faibles de France.
Recueil et traitement des données
Il s’agit d’une enquête par questionnaire anonyme individuel de 53 items
(questions ouvertes et fermées) sur support papier. Le remplissage du questionnaire est autoadministré, généralement avant l’épreuve, nécessitant dix à quinze
minutes environ. Pour éviter les doublons, chaque coureur ne devait participer
qu’à un seul recueil.
Les informations recueillies sont à la fois quantitatives et qualitatives et
concernent les données socio-démographiques, les pratiques sportives, les
modes de vie, les difficultés rencontrées dans la pratique sportive, l’environnement familial autour de cette pratique, les opinions et représentations du sportif
amateur, les produits consommés.
La méthode de l’analyse des correspondances (A.C.)
La méthode de l’analyse des correspondances présente le grand intérêt de
permettre le traitement de variables qualitatives et de mettre en évidence des
structures qui ne sont pas nécessairement linéaires. Elle consiste en une
technique multivariée correspondant à une adaptation de l’analyse en composantes principales. Elle prend en compte la spécificité des variables qualitatives
pour optimiser leur représentation graphique.
L’analyse des correspondances définit géométriquement une distance
spécifiquement adaptée aux variables qualitatives, la distance dite du « chi-2 »
(deux variables sont d’autant plus éloignées que le chi-2 que l’on calculerait
pour tester la distance est élevé) et intègre de plus le système de pondération des
masses relatives des individus (ou variables).
L’ensemble des données qualitatives à analyser est organisé sous la forme
d’un tableau dit « disjonctif complet » sur lequel est effectuée l’analyse des
correspondances. Dans ce tableau, la somme de chaque ligne est égale au
nombre total de variables et la somme de chaque colonne représente la
fréquence d’apparition de la modalité correspondante. À chaque tableau de ce
type on peut associer un tableau de contingence dit « de Burt » qui croise
l’ensemble des variables avec lui-même.
Les résultats obtenus ont porté sur la détermination des axes factoriels, des
coordonnées sur les axes factoriels, des contributions absolues (elles mesurent
la contribution d’un individu à la formation de l’axe) et des contributions
relatives ou qualités de représentation (un individu est d’autant mieux représenté par un axe qu’il en est proche).
Analyse des données générales
Caractéristiques sociodémographiques et
socioprofessionnelles
Un total de 814 questionnaires autoadministrés a été recueilli : 210 à Maroilles,
286 à Phalempin et 319 à Lille.
La moyenne d’âge des enquêtés est de 39 ans. Les 15-24 ans représentent
8,5 % de l’échantillon, les 25-34 ans 23,6 %, les 35-44 ans 36 %, les 45-54 ans
26,7 % et enfin les 55 ans et plus 5 %
[1]. Les 35-44 ans constituent plus du tiers
des répondants. Ainsi, la population sportive enquêtée est relativement âgée,
plus de 67 % des interviewés ayant 35 ans et plus.
Le
sexe-ratio des sportifs enquêtés fait apparaître une surreprésentation des
hommes dans la participation aux courses pédestres. Ils sont près de 82 %, soit
plus de quatre hommes pour une femme. Cependant, une telle répartition ne
correspond pas à la réalité de la pratique de l’athlétisme amateur où la proportion
des femmes pratiquantes est plus élevée, même si elle reste largement inférieure
à celle des hommes. En effet, la Fédération d’athlétisme indique, pour la saison
2000-2001 que 63,76 % des licenciés sont des hommes
[2]. Ainsi, les femmes
s’impliqueraient moins que les hommes dans les compétitions
[3]. Cette moindre
participation des femmes peut s’expliquer par les contraintes liées aux conditions de vie des femmes, en particulier lorsqu’elles sont mères et qu’elles
travaillent, et par le fait que la compétition constitue peut-être un habitus plus
spécifique des hommes que des femmes.
Le statut socioprofessionnel des enquêtés fait apparaître que les participants aux courses pédestres sont, à une écrasante majorité, dans la vie active,
87% ont un emploi. Les autres sont étudiants ou lycéens (6 %), demandeurs
d’emploi (2,2 %) et retraités (3,4 %).
Les profils professionnels – établis sur la base de la nomenclature de
l’INSEE des catégories socioprofessionnelles – sont relativement homogènes.
Tout d’abord, les catégories agriculteurs exploitants et artisans, commerçants,
chefs d’entreprise sont quasiment absentes de l’échantillon, ainsi que celle de
femmes au foyer. L’essentiel de la population se répartit entre les catégories
suivantes : cadres et professions intellectuelles supérieures (18,4 %), professions intermédiaires (27,9 %), employés (25,4 %) et ouvriers (13,3 %).
Cette répartition par profession fait apparaître une représentation dominante des catégories intermédiaires, employés et ouvriers qui représentent plus
des trois quarts (76,45 %) des personnes ayant déclaré occuper un emploi et
précisé leur profession. Les cadres et professions intellectuelles supérieures
sont nettement sous-représentés. Ainsi, les courses pédestres se révèlent être un
sport relativement peu pratiqué par les classes sociales les plus aisées.
Le public scolarisé
Malgré la faible représentation des jeunes scolarisés dans l’enquête (6 %), on
peut observer une tendance : les élèves de lycée professionnel sont sous-représentés par rapport à ceux fréquentant un lycée général ou technique.
Dans l’enseignement supérieur, les étudiants d’université et de grandes
écoles sont surreprésentés par rapport aux écoles formant à un métier
[4] (Lacoste,
Rengot, 2001). Ainsi, les jeunes, lycéens comme étudiants, participant à ces
courses officielles, poursuivent majoritairement des cursus scolaires valorisés.
Pratiques sportives et rapport à la santé
À la question concernant l’âge de début de la pratique d’un sport, on observe que
l’âge de début de la pratique se situe sur une large échelle allant de 3 à 45 ans
et plus, d’autre part la courbe des réponses présente plusieurs irrégularités. Les
« pics » d’âge de début de la pratique sportive se situent à l’entrée et à la sortie
de l’adolescence, puis à 25,30,35 et 40 ans, ce qui démontre l’existence de
plusieurs groupes de populations.
24 % ont débuté leur pratique sportive entre 3 et 11 ans; 35,6 % entre 12
et 18 ans; 14,5 % entre 19 et 24 ans; 9,7 % entre 25 et 34 ans et 9,7 % entre 35
et 44 ans; et enfin 2 % à 45 ans et plus. Ces résultats tendraient à montrer que
plus on avance en âge, et moins on commence une pratique sportive. On peut
ainsi faire l’hypothèse qu’une pratique sportive ayant débuté tôt dans la vie
constitue un facteur facilitant une pratique sportive à l’âge adulte et des
pratiquants tout au long de la vie.
Près d’un sportif a débuté sa pratique dans un club, trois sportifs sur dix
déclarent avoir débuté leur pratique « avec des amis », un sur dix « seul » et un
sur vingt dans une « association ».
Le sport principal faisant l’objet de la pratique actuelle des sportifs
interrogés est majoritairement l’athlétisme avec près de 71 % des réponses.
Le cadre actuel de cette pratique fait apparaître que 29 % des sportifs
interviewés pratiquent leur sport seul, 28,4 % en club avec entraîneur, 20 % en
club sans entraîneur et 19 % avec des amis. Les lycéens et les étudiants ont
majoritairement une pratique sportive encadrée : plus de 66 % d’entre eux
pratiquent en club avec entraîneur. Ainsi, plus on monte en âge et moins la
pratique sportive est encadrée, les réseaux amicaux, associatifs et professionnels tendant à relayer les structures encadrantes.
45,3 % des enquêtés pratiquent leur sport principal depuis 1 à 9 ans; 31,3
% ont entre 10 et 19 ans de pratique, 12,7 % entre 20 et 25 ans, et 5,7 % pratiquent
leur sport principal depuis plus de 25 ans. On peut ainsi considérer que dans
l’ensemble, et compte tenu de l’âge moyen de la population enquêtée, les
enquêtés ont commencé la pratique d’un sport relativement tard.
Les sports pratiqués en plus du sport principal
Près de 56 % des personnes déclarent pratiquer ou avoir pratiqué au moins un
autre sport en plus de leur sport principal au cours des cinq dernières années et
avec l’aide d’un entraîneur dans 17,6 % des cas. 26 % pratiquent ou ont pratiqué
deux sports en plus de leur sport principal et 7,4 % pratiquent trois sports en plus
de leur sport principal. En termes de rythme, le premier sport pratiqué après le
sport principal est pratiqué de façon très régulière (une fois par semaine ou par
quinzaine) par 35 % des enquêtés.
Les principaux sports pratiqués en plus du sport principal sont par ordre
décroissant : le vélo, les sports collectifs, l’athlétisme, les sports aquatiques, les
sports de raquettes et la musculation/aérobic/fitness. On repère une grande
homogénéité dans les sports pratiqués en sport principal ou secondaire au sein
de la population enquêtée, avec six à/ou sept principaux sports qui dans
l’ensemble sont plutôt des sports « populaires ».
À la question concernant la participation des enquêtés à des compétitions,
près de 76 % des personnes considèrent faire de la compétition. Ainsi, de façon
un peu inattendue, plus d’une personne sur cinq participant aux courses
pédestres ne le fait pas dans un objectif de compétition, tel que se mesurer aux
autres ou améliorer ses performances.
Les déclarations des enquêtés concernant le nombre de compétitions dans
l’année, le nombre de jours d’entraînement par semaine et le nombre d’heures
d’entraînement par semaine nous permettent de distinguer deux groupes parmi
les amateurs : ceux qui ont une pratique sportive sans excès et ceux pratiquant
le sport de façon intensive. En effet, certains (6 %) déclarent jusqu’à 50compétitions; 4 % déclarent six ou sept jours d’entraînement par semaine et près de
3 % déclarent plus de dix heures d’entraînement par semaine, signes patents
d’un groupe ayant une pratique sportive intensive. Ces sportifs tendent à
pratiquer leur sport indifféremment à tous les moments de la journée (matin,
après-midi, soir).
Parmi les sportifs enquêtés, seuls 19,4 % ont une préparation physique et
21 % une méthode de récupération. 13,4 % des enquêtés déclarent utiliser des
compléments alimentaires. Parmi les compléments les plus utilisés, on trouve
par ordre décroissant : les compléments énergétiques solides et/ou liquides, les
vitamines et les oligo-éléments. Les compléments alimentaires sont surtout
consommés avant l’effort, avant l’entraînement et avant la compétition.
L’environnement du sportif
L’environnement des personnes interrogées demeure massivement sportif,
69,5 % des personnes ont majoritairement des amis sportifs, ceux-ci pratiquant
le même sport qu’eux dans 57,7 % des cas. Ces réponses confirment, parmi les
enquêtés, l’existence d’une approche du sport comme style de vie : près d’une
personne sur deux aimerait faire plus de sport.
94,3 % des répondants estiment que le sport ne constitue pas pour eux une
entrave à la pratique d’autres activités. Lorsque le sport les empêche de pratiquer
d’autres activités, il s’agit essentiellement des sorties.
Toutefois, nombre d’entre eux, quand ils ne font pas de sport, ressentent un
mal-être : un sur trois se sent « irritable », « sans dynamisme », près d’un sur
trois « énervé » et 11 % « fatigués ».
L’entourage familial apparaît relativement présent autour des activités
sportives de ses membres. Plus de deux familles sur trois s’intéressent aux
activités sportives et aux compétitions des personnes interrogées, et assistent
souvent ou toujours aux compétitions et aux entraînements dans 55,1 % des cas.
Plus d’une famille sur deux considère les résultats comme peu importants dans
53,7 % des cas, assez importants dans 33,7 % des cas et très importants dans
6,3% des cas.
34 % des sportifs interrogés ont un suivi médical dans le cadre de leur
pratique sportive, principalement 16,7 % ont recours à un médecin généraliste,
17,3 % à un médecin du sport. Le rythme de ce suivi est extrêmement variable,
allant d’une fois par semaine à tous les cinq ans, les tendances dominantes étant
le suivi occasionnel ou très occasionnel. Ainsi, le médecin généraliste (le
médecin du sport est souvent un généraliste ayant acquis une formation
complémentaire à la médecine du sport) se trouve en première ligne et demeure
le principal interlocuteur des sportifs concernés par l’étude.
Concernant les problèmes de santé liés à la pratique sportive, 38,6 %
déclarent n’en avoir jamais, 53,8 % parfois, 4 % souvent ou très souvent. La
nature de ces problèmes de santé est tendineuse, musculaire et dans une moindre
mesure articulaire. En cas de problème de santé ou de blessure, 75,4 % des
personnes consultent un médecin, 23,6 % se soignent seuls et 1 % fait appel à
leur entourage, quasiment toujours la famille.
Lorsqu’ils sont stressés, 65 % des répondants font plus de sport, 16,5 % se
reposent, 7,6 % prennent des vitamines, 3,7 % font moins de sport et 2,8 %
prennent des médicaments.
14,5 % des personnes estiment avoir des troubles du sommeil. Ils se
produisent, notamment avant les compétitions pour 5,8 % des personnes
interrogées, et toujours pour 4,2 % d’entre elles.
Les représentations du sport
Parmi les personnes enquêtées, et lorsqu’elles pratiquent un sport collectif, les
coéquipiers sont essentiellement perçus comme ceux qui « stimulent » par 19 %
des répondants, et « aident à faire du sport » pour près de 11 % d’entre eux. 7,5 %
des répondants les considèrent « comme une famille ».
Du côté de l’entraîneur, il est tout d’abord et majoritairement perçu comme
celui qui « encourage et soutient » par 18 % des répondants. Puis, il est « surtout
un professeur » pour 11 % d’entre eux, « quelqu’un qui comprend » (3,7 %) et
beaucoup plus marginalement « quelqu’un qui exige des résultats » (1,6 %).
À la question concernant les « avantages du sport » où plusieurs réponses
étaient possibles, les enquêtés estiment que le sport permet de : garder la forme
(86,2 %), être bien dans sa tête (75,8 %) et être bien dans son corps (71,3 %).
Leur représentation dominante du sport est centrée sur les rapports du sport
et de la santé : le sport contribue largement à la santé physique et psychique, il
est « bon pour la santé ». La santé physique et psychique arrive loin en tête,
distançant largement les avantages du sport liés aux performances physiques et/
ou aux relations sociales conférées par le sport.
À la question concernant les « effets néfastes d’une pratique sportive »,
pour près de 38 % des répondants, le principal effet néfaste d’une pratique
sportive est « qu’elle ne laisse plus assez de temps pour faire d’autres activités ».
Ensuite, 13,6 % des personnes estiment qu’une pratique sportive néfaste « rend
obsédé par l’idée de gagner »; 7,4 % considèrent qu’elle « incite à prendre trop
de vitamines ou de médicaments » et pour 6,5 %, elle « oblige à vivre dans un
monde clos ».
Les répondants apparaissent sensibles à la question des éventuels effets
néfastes du sport puisqu’ils ont été 8,6 % à utiliser la réponse « autre » pour
appuyer ou compléter leurs premières réponses. Deux représentations opposées
s’affrontent : pour près de 5 %, le sport n’entraîne aucun effet néfaste (4,8 %)
et pour près de 4 %, le sport peut entraîner des problèmes de santé/relations.
Ainsi, pour près de 5 % des sportifs amateurs, la représentation dominante du
sport est qu’il n’entraîne aucun dommage, ni sur le plan de la santé, ni sur le plan
individuel et relationnel.
Pour 66 % des personnes interrogées, le sport est un « loisir » et pour plus
de 43 % d’entre elles, il constitue un « style de vie ». Pour certains, il constitue
à la fois un loisir et un style de vie. Pour 87 % des personnes interrogées, l’idéal
est de pratiquer un sport au moins deux à trois fois par semaine.
Plus de 89 % des personnes estiment qu’elles ne peuvent s’abstenir de faire
du sport. Parmi celles ayant déclaré pouvoir s’arrêter de faire du sport, les délais
annoncés sont parfois très courts (quelques jours, une semaine ou deux…), de
telle sorte que l’on pourrait considérer que nombre de ces personnes ne peuvent
en réalité s’arrêter de pratiquer sans en éprouver un certain mal-être.
Ces sportifs recherchent dans le sport principalement le plaisir (82,4 %) et
la bonne santé (68,6 %). La représentation du sport selon laquelle il est « bon
pour la santé » se confirme avec plus de deux personnes sur trois recherchant
dans le sport la « bonne santé ». Ainsi, ces sportifs font du sport d’abord pour
se faire plaisir et se maintenir en « bonne santé », les dimensions relatives à la
compétition et aux performances apparaissent comme très secondaires.
On estime aujourd’hui en France qu’un peu moins d’une personne sur deux faits
du sport dont x sont des femmes. Il existe un « espace du sport » évoluant dans
un « monde du sport » (Defrance, 2000) ayant sa vie propre, dans laquelle des
groupes évoluent en fonction de la pratique sportive. En resserrant le cercle de
l’observation à l’intérieur de ce champ sportif, on trouve les mêmes lignes,
clivages sociétaux tant au niveau des classes sociales, que des catégories
professionnelles ou de sexe. Nous nous trouvons face à une prolongation des
différenciations. L’analyse du sport par sexe ne peut faire l’économie d’un
mixte avec une analyse par catégorie socioprofessionnelle, tant on trouve dans
le sport les phénomènes regroupant sexe et classe sociale.
L’accès des femmes aux sports ne progresse pas de manière linéaire et la
place des femmes dans le sport est représentative de leur place dans la société
et de l’histoire des sexes. Les premières tentatives de sport au féminin proviennent de la bourgeoisie du début du XXe siècle, en butte avec les tentatives de
dévalorisation par les femmes des classes populaires. Aux difficultés politiques
du début du siècle a succédé l’exclusion des femmes par les hommes dans de
nombreux sports, d’autant plus qu’ils étaient réputés très masculins tels que le
football ou le rugby. La réponse des femmes a été de créer des clubs strictement
féminins. La mixité a fait son apparition dans les sports réputés plus de loisirs,
comme ceux pratiqués par la bourgeoisie en villégiature (croquet ou tennis), ou
plus contemporains comme l’équitation. C’est après la seconde guerre mondiale
que les femmes en même temps que les classes populaires – et cela est tout à fait
significatif – commencent à bénéficier du processus de diffusion des sports et
à accéder à une pratique sportive.
Données sociodémographiques : les traits saillants
Les femmes sont plus jeunes et les jeunes filles plus nombreuses
Les femmes sportives plus jeunes que leurs homologues masculins
Avec une moyenne d’âge de 37 ans les sportives de l’étude sont plus jeunes que
leurs homologues masculins âgés en moyenne de 39,5 ans (p = 0,019). L’âge
chez les sportives de l’étude s’étend de 16 à 63 ans et celui des sportifs 15 ans
à 70 ans.
Parmi la population des lycéens et étudiants, peu représentée (5,9 % de la
population totale), on constate la même tendance en termes de répartition par
sexe, les jeunes filles sont un peu moins nombreuses que les jeunes hommes
(72,3 % versus 27,7 % de la population scolarisée);
L’analyse du statut montre une différence significative entre hommes et
femmes (p = 10-8).
En effet, c’est parmi les hommes qu’il existe le plus grand pourcentage de
personnes en activité (89,6 % versus 77,9 %), à l’inverse c’est chez les femmes
qu’il existe le plus de personnes à la recherche d’un emploi et de retraitées
(respectivement 4,0 % et 4,7 % contre 1,8 % et 3,0 %).
Les trajectoires sportives et comportements par rapport
àlasanté
Âge du début d’une pratique sportive
Le début de la pratique sportive s’étend plus largement en âge pour les hommes
que pour les femmes. Jusqu’à 57 ans pour les sportifs et seulement 45 ans pour
les sportives. Ces âges correspondent sociologiquement à l’entrée en retraite
pour les hommes et souvent au moment où les enfants sont « élevés » pour les
femmes. On trouve l’effet inverse quant au début d’une pratique sportive à
l’adolescence : 16 ans pour les garçons et 19 ans pour les filles. Cependant, le
démarrage précoce d’un sport entre 3 et 9 ans ne présente pas de différence par
sexe. Les femmes sont plus nombreuses à démarrer le sport à l’âge adulte tandis
que les hommes amorcent leur pratique sportive plutôt à l’adolescence. L’écart
de pourcentage est de 10 points dans les deux cas de figure.
Les femmes démarrent plus tard et arrêtent plus tôt leur pratique sportive,
inévitablement la moyenne de « vie sportive » par sexe est plus faible pour
celles-ci : 15,7 ans et 21,9 ans pour les hommes. Le démarrage tardif d’un sport
pour les femmes est à corréler avec le fait qu’elles entament leur vie sportive
autant en « club » (38,5 %) que « seules ou avec des amis » (39,9 %). Les
hommes qui démarrent plutôt à l’adolescence ont débuté leur vie sportive à 50%
en « club ».
Période de début de la pratique sportive
Enfance
Adolescence
Adulte
Hommes
38,90 %
23,60 %
33,30 %
Femmes
33,10 %
13,50 %
47,30 %
Pratique de l’athlétisme
L’absence de différence significative par sexe (69,6 % de pratiquantes pour les
sportives et 70,1 % pour les sportifs) indique incontestablement que les sportifs
rencontrés pour cette enquête sont des coureurs sur route confirmés, que ces
trois courses sont fréquentées par des adeptes de l’athlétisme.
Globalement, les femmes ont un nombre d’années de pratique de l’athlétisme sensiblement inférieur à celui des hommes. En ce qui concerne les sportifs
de longue date (plus de 20 ans) les hommes dépassent de 10 % le pourcentage
des femmes (21 % versus 10 %).
En matière de licence sportive, les femmes ont une longueur d’avance sur
les hommes, elles sont 56,8 % à être licenciées pour 50,2 % des hommes. Les
femmes auraient plus tendance à avoir une pratique sportive encadrée et ce dès
le début de la pratique sportive comme nous l’avons déjà vu.
Les hommes sont 62,2 %, soit près du double de femmes, 35,8 % à pratiquer
un autre sport que leur sport principal.
Comportement sportif
Quand on interroge les coureurs sur le moment de la journée où ils s’entraînent,
les femmes répondent majoritairement le matin ou le soir. Ceci est à mettre en
adéquation avec le fait que 87 % des répondants sont salariés et ne peuvent donc
pas s’entraîner dans la journée. Seulement 17,5 % des hommes et 18,9 % des
femmes courent l’après-midi. Cependant en faisant le « score » des réponses à
cet item on observe que 7 répondants sur 10 (hommes ou femmes) s’entraînent
le matin
[5].
Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à être satisfaites de leur
rythme sportif, soit 60 % d’entre elles, et seulement 35 % aimeraient faire plus
de sport. Du côté des hommes, ils sont quasiment un sur deux à vouloir faire
davantage de sport, l’autre moitié aimerait en faire autant.
De plus en plus, les sportifs ne se contentent plus de leur seul sport, ils
associent à leur pratique une « préparation physique » qui va du simple repos à
la pratique d’autres sports ou à la consommation de substances. Les répondants
masculins (21,2 %) sont plus nombreux que les femmes (18,2 %) à déclarer
avoir une préparation physique. L’analyse plus fine de la question alimentaire
met en évidence que les hommes sont plus nombreux que les femmes à déclarer
avoir une alimentation particulière, reliée ou non au sport. On s’étonne de
constater que les compléments alimentaires n’apparaissent pas dans la notion de
préparation ou de récupération.
Seulement 8 % des femmes disent consommer des compléments alimentaires pour 14,5 % des hommes. Ces compléments alimentaires sont principalement des vitamines ou cocktail de vitamines, les femmes tendant à en
consommer plus que les hommes.
Suivi médical
Moins de deux répondants sur cinq déclarent avoir un suivi médical dans le
cadre de leur activité sportive. Et contrairement au lieu commun selon lequel les
femmes ont plus recours à l’offre de soins, l’enquête fait apparaître un moindre
pourcentage de femmes qui consultent un médecin : 30,4 % versus 34,6 % pour
les hommes. Le recours au médecin généraliste est identique pour les hommes
et les femmes, mais les hommes ont plus recours au médecin du sport qui est
donc pour eux la réponse la plus fréquente (17,8 % pour 14,2 % chez les
femmes). On constate ainsi que l’homme sportif est nettement plus enclin à un
suivi médical que le non-sportif, les hommes sont près de 10 % de plus que les
femmes à n’avoir eu aucun recours aux soins pendant un an, ce qui n’est le cas
que de 4 % des femmes (Spinosi et al., 2000). Avec ou sans le contexte du sport,
les femmes consultent le médecin généraliste. Les hommes, qui déclarent trois
fois plus que les femmes avoir « très souvent des problèmes de santé » ont un
plus grand recours et consultent un médecin du sport.
Représentations du sport
La réponse à de nombreuses questions concernant le comportement sportif
réside en partie dans les représentations que les individus ont du sport en général
et des effets du sport dans leur vie, et de la manière dont ils se voient évoluer dans
cet univers.
Parmi les représentations concernant les sports collectifs, la différence la
plus significative par sexe se situe dans la façon de projeter ses coéquipiers :
chez les hommes, l’image des coéquipiers est très largement marquée par la
notion familiale (« ils sont comme une famille ») et la stimulation sportive.
C’est essentiellement du côté des « effets néfastes du sport » sur un
individu et sur la prise de conscience de cette ambivalence du sport sur la santé
que l’on trouve les différences de représentations les plus marquées entre les
hommes et les femmes.
La réponse largement prédominante est celle que le sport « ne laisse plus
assez de temps », plus encore chez les femmes que chez les hommes. Plus
d’hommes que de femmes se sentent « obligés de prendre des vitamines », et ce
sont également plus les hommes qui déclarent avoir une alimentation particulière en lien avec leur activité sportive. Ce qui interroge est le fait que plus de
femmes aient répondu que le sport « oblige à vivre dans un monde clos ». Elles
se montrent ainsi plus sensibles au risque du manque d’ouverture du monde
sportif. Enfin, « être obsédé par l’idée de gagner » constitue également un effet
négatif du sport bien plus pour les femmes que pour les hommes, ce qui
s’explique par l’habitus masculin de la compétition, que confirme notre enquête : deux femmes sur trois pour trois hommes sur quatre déclarent faire de
la compétition.
Les pratiques d’excès
Lorsqu’on envisage l’addiction au sport, on pense immédiatement au sport de
haut niveau, mais la dépendance physique ou mentale au sport commence de
manière insidieuse. Tout sportif amateur ressent « ce besoin de faire du sport »,
« ce manque physique ou mental » devant le manque de temps ou l’absence de
sport. Autant d’hommes que de femmes déclarent être empêchés d’avoir
d’autres activités à cause du sport (6,1 % vs 6,5 %). Le manque de temps invoqué
dans le sport est également lié à « l’organisationnel » (Cascua, 2002): en effet
l’enchaînement du temps d’entraînement, à la compétition, aux trajets et à la
récupération empiète directement sur la vie sociale, familiale et professionnelle.
Quand elles ne font pas de sport, les femmes se sentent d’abord « fatiguées » autant que « sans dynamisme » et dans une moindre mesure « irritables ». Les sportifs quant à eux sont surtout « irritables » et « sans dynamisme »
puis « énervés ».
Plus d’un tiers des répondants font plus de sport quand ils sont stressés
(33,1% de femmes et 35,4 % d’hommes). L’adrénaline provoque l’accélération
du cœur et ferme les vaisseaux pour augmenter la pression sanguine et
déclencher ainsi un « stress physique ». Les propriétés des hormones du stress
se montrent parfaitement conformes aux impératifs de l’effort. Seyle, père du
concept de stress, définit cette réaction de l’organisme comme un « syndrome
général d’adaptation ». Les substances du stress sont déversées dans le sang et
favorisent l’accoutumance à la nouvelle situation. En d’autres termes, le corps
« s’habitue à faire du sport ». Tout se passe comme si l’exercice éliminait les
produits du stress. À l’issue de l’exercice, il se produit un effet rebond. Au repos,
la sécrétion des substances du stress s’apaise. Parallèlement le système nerveux
envoie les messages chimiques de l’apaisement. Cette accalmie profonde de
l’organisme est parfaitement mise en évidence par l’apaisement de la fréquence
cardiaque de repos chez le sportif entraîné. Ainsi il se fatigue moins dans la vie
quotidienne et assume plus aisément les « accélérations » occasionnelles.
Le danger, décrit par Claire Carrier, peut être notamment d’évoluer dans un
univers social tourné exclusivement vers le sport principal pratiqué. Les
hommes ont plus tendance que les femmes à avoir leurs amis dans le sport (70%
pour 64 %). Ceci se confirme par le fait que les hommes ont également plus que
les femmes des amis faisant le même sport qu’eux. Il semblerait donc que les
femmes sportives ont un réseau amical plus diversifié. Dans tous les cas les
sportifs ont leur vie sociale plus centrée sur leur milieu sportif. Les hommes sont
plus du double des femmes à déclarer ne pas pouvoir s’abstenir de faire du sport
durant plus d’une semaine.
Le premier volet de cette enquête a donc mis en évidence des sportifs
concernés par des pratiques sportives déviantes, expression qui nous paraît
propre à rendre compte des multiples aspects des pratiques d’excès en matière
de sport.
S’il convient d’être prudent quant à l’affirmation de pratiques dopantes
[6] au
sein du milieu sportif amateur pratiquant les courses pédestres, l’enquête nous
a cependant permis de repérer un ensemble de facteurs conférant une certaine
lisibilité aux pratiques sportives déviantes d’une partie de la population enquêtée, que ces comportements d’excès concernent le surinvestissement sportif et/
ou la consommation de substances dopantes. Ainsi, comme l’a montré Claire
Carrier (Carrier, 2001), on trouve chez certains des sportifs que nous avons
enquêtés des signes de comportement addictif vis-à-vis du sport, de « lien
addictif au mouvement ». Mais cette fois, il s’agit de sportifs amateurs et non
plus de sportifs de haut niveau.
Sur le plan du surinvestissement sportif, le cumul de plusieurs comportements sportifs constitue un indicateur de pratiques d’excès. Le recours à la
consommation de substances dopantes dans des situations définies constitue
également un indicateur de pratiques d’excès. Les critères repérés sont présentés dans le tableau suivant :
Surinvestissement sportif
1. Modalités sportives
– Nombre de compétitions par an
– Nombre d’entraînements par semaine
– Nombre d’heures d’entraînement par
semaine
– Moments de la pratique sportive
(matin, après-midi, soir)
– Sports pratiqués en plus du sport
principal et leur rythme de pratique
2. Modes de vie
– Sport comme seul loisir
– Environnement (relationnel)
exclusivement sportif
3. Représentations du sport
– Représentations exclusivement
positives du sport
– Représentations véhiculant exclusivement l’idéologie sportive (gagner…
repousser les limites… se dépasser…
être le meilleur)
4. Addiction au mouvement
– Ne pas pouvoir s’abstenir de faire
du sport sur une courte durée
(une semaine, un mois)
– La non-pratique sur une courte durée
entraîne un mal-être (irritabilité,
manque de dynamisme, énervement,
sensation de «manque»)
– La surconsommation de sport en
cas de stress
Conduites dopantes
1.Avant l’effort
– La consommation de compléments
alimentaires avant l’effort
(avant l’entraînement,
la compétition)
2.En cas de stress
– La consommation de vitamines,
médicaments en cas de stress
3.Usage quotidien
– La consommation quotidienne
d’une substance, produit ou
médicament, psychotrope, dopant
ou non, drogue, médicament,
alcool, tabac…)
Résultats de l’analyse des correspondances (A.C.)
L’étude réalisée ici sur les sportifs amateurs et les courses pédestres dans le
département du Nord (région Nord-Pas-de-Calais), réunit des indications sur des
thèmes très variés tels que les informations sur les caractéristiques socio-démographiques et des informations sur les pratiques sportives.
Pour réaliser ce travail, nous avons utilisé d’une part, les données socio-démographiques (âge, sexe), et d’autre part :
– les données concernant la pratique sportive (sport principal pratiqué,
pratique d’un sport secondaire, cadre de la pratique, la période de début de
la pratique);
- les consommations alimentaires et médicamenteuses liées à cette pratique…);
- les données sur l’existence d’un suivi médical (existence du suivi, fréquence de suivi, professionnels impliqué dans le suivi, raison du suivi,
etc.);
- les données sur les représentations de la pratique d’un sport;
- les données sur les loisirs pratiqués.
Les facteurs utilisés dans la caractérisation du profil des pratiques sportives
déviantes ont été classés en deux groupes : les facteurs de caractérisation du
surinvestissement sportif et les conduites dopantes liées à la consommation
alimentaire et médicamenteuse.
L’utilisation de ces deux groupes de données nous a permis de classer la
population enquêtée en quatre sous-populations :
- population sans pratique de surinvestissement sportif et de conduite dopante
(pop1);
- population sans pratique de surinvestissement sportif mais avec une conduite dopante (pop2);
- population avec une pratique de surinvestissement sportif mais sans conduite dopante (pop3);
- population avec une pratique de surinvestissement sportif avec une conduite dopante (pop4).
L’analyse des correspondances utilise les variables sexe et type de population et des points illustratifs servant d’aide à l’interprétation, constitués par des
données :
- sociodémographiques : âge, statut;
- sur la pratique sportive : sport principal, âge de début de la pratique
sportive, lieu de début de cette pratique, cadre de pratique, existence d’une
licence, pratique d’un autre sport;
- sur la consommation : aliment particulier, complément alimentaire, consommation de vitamines, consommation de médicaments;
- sur le suivi médical : type de médecin intervenant, fréquence de suivi;
- sur les représentations du sport.
L’ensemble des données permet de mettre en évidence les principales
différenciations en matière de pratique sportive selon le sexe et le type de sous
population. Pour cela, on effectue l’analyse des correspondances du tableau
disjonctif complet comprenant 126 colonnes et 814 lignes représentant les
hommes et femmes de l’enquête pour lesquels des informations ont été recueillies.
Les hommes se caractérisent :
- Selon les données typologiques par :
- une appartenance majoritaire à la sous-population des personnes ayant
- un surinvestissement sportif mais pas de conduite dopante (pop3);
- un âge plus élevé : de 35 ans et plus;
- l’existence d’un emploi.
- Selon la pratique sportive par :
- une pratique débutée soit dans l’enfance, soit dans l’adolescence;
- une pratique débutée soit dans un club soit seul ou avec des amis;
- une pratique de l’athlétisme;
- l’existence ou non de la licence.
- Selon les données de suivi médical par :
- l’absence majoritaire de suivi.
- Selon les représentations de la pratique sportive :
- par une représentation positive de la pratique sportive allant jusqu’à en
faire un style de vie et à la dénégation des effets néfastes.
- Selon les loisirs par :
- le bricolage, la lecture et aller au cinéma.
Les femmes, quant à elles, se caractérisent :
- Selon les données typologiques par :
- une appartenance majoritaire à la sous-population des personnes
n’ayant ni surinvestissement sportif ni conduite dopante (pop1).
- Selon la pratique sportive par :
- une pratique débutée à l’âge adulte;
- une pratique débutée en milieu scolaire;
- une pratique exercée dans un club beaucoup plus avec entraîneur que
sans entraîneur, ou souvent seule.
- Selon les données de suivi médical par :
- un suivi médical majoritairement réalisé par le médecin généraliste et
le médecin de sport.
- Selon les représentations de la pratique sportive :
- par une représentation néfaste de la pratique sportive car elles pensent
majoritairement que le sport :
- incite à prendre trop de vitamines ou/et médicaments;
- oblige à vivre dans un monde clos;
- rend obsédé par l’idée de gagner;
- par une représentation ludique du sport : le sport c’est un jeu.
En conclusion, les différentes variables utilisées montrent bien une différence entre les hommes et les femmes non seulement dans leurs caractéristiques
socio-démographiques, mais aussi dans leur pratique sportive actuelle ou
passée, sans oublier leurs loisirs, suivis médicaux et représentations de cette
pratique sportive.
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·
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[1]
Le sujet le plus âgé de l’étude a 70 ans.
[2]
Source : Fédération d’athlétisme.
[3]
On observe historiquement un processus de diffusion des sports dans l’ensemble de
la société puisque les classes populaires, les femmes et adultes de plus de 50 ans ne
pratiquaient pas le sport avant la seconde guerre mondiale.
[4]
Les pratiques sportives contribuent à maintenir ou à accroître les distances sociales.
Les motivations à l’origine de la pratique peuvent varier de manière significative selon
la catégorie socio-professionnelle d’appartenance. Les adolescents dont le chef de
famille exerce une profession supérieure font majoritairement du sport pour le plaisir.
Tandis que les jeunes dont le chef de famille est ouvrier sont plus nombreux à déclarer
faire du sport pour la santé.
[5]
La question du jour d’entraînement n’a pas été posée, mais on suppose que nombre
de ces sportifs s’entraîne le dimanche matin.
[6]
Les constats de ces dernières années conduisent à établir des liens entre le dopage et
les addictions, le dopage ne serait plus seulement un moyen d’accroître ses performances mais aussi et surtout une nouvelle forme d’addiction. Les trois grands principes du
dopage sont de repousser les seuils de fatigue et de souffrance, d’améliorer la force et
le volume musculaires et enfin de mieux nourrir et oxygéner le muscle.