2003
Psychotropes
Autocontrôle et proto-professionnalisation chez des usagers de drogues
Jean-Yves Trépos
Équipe de Recherche en Anthropologie et Sociologie de l’Expertise (ERASE), U.F.R. S.H.A., Île du Saulcy, 57045 Metz CEDEX 1.
Lors d’une enquête sur l’Injonction Thérapeutique, on a pu
utiliser les notes laissées, en 1993, dans les dossiers par le médecin chargé
de recevoir les personnes assujetties à cette mesure. La généralisation des
dispositifs de l’État-social a étendu les processus d’autocontrôle, qu’on
propose ici d’appeler des processus de politisation des personnes. Et, si
l’on s’en tient à ce «programme caché» de l’institution (selon la théorie
d’Elias et de Swaan), les consommateurs d’héroïne s’y plient plus facilement que les consommateurs de cannabis. Reste un paradoxe, lié à la vision
du monde autonomiste qui inspire ces dispositifs: les bénéficiaires supposés sont bien moins autonomistes que les institutions qui leur veulent du
bien. C’est ce qui les conduit à des parades, au cours desquelles ils simulent
l’autonomie pour obtenir la dépendance. De ce point de vue, il n’y a pas de
différence entre consommateurs d’héroïne et de cannabis.Mots-clés :
Autonomie, Philosophie, Dépendance, Héroïne, Cannabis, Sociologie, Ethnologie, Trajectoire, Récit de vie, Injonction thérapeutique, témoignage, Relation thérapeutique.
We comment here a series of 26 interactions between a
psychiatrist and drug users, who are obliged to meet them within the frame
of a judicial disposal («Injonction Thérapeutique»). It seems to be clear
that the heroïn users are more likely than the users of cannabis, to enter the
«hidden program » of self control in the Welfare State (according to de
Swaan’s adding to Elias theory). But, the autonomistic worldview which
sustain theses devices of politisation of the users, lead to a paradox: the
users are not so pleased to be «autonomous» as they are supposed to be.
That’s why, both heroïn addicts and cannabis users, parry and simulate
autonomy to receive dependency.
Depuis plusieurs années, le concept de « proto-professionnalisation »,
élaboré par Abram de Swaan, élève et continuateur d’Elias, m’aide à comprendre certains aspects des relations entre l’État, les professionnels et les lay
persons (qu’on appellera selon les cas, les usagers, bénéficiaires, destinataires,
clients, patients, etc.). C’est une notion originale, mais en même temps, elle doit
beaucoup à la théorie d’Elias et au concept de configuration en particulier (Elias,
1991, p. 154 et suivantes).
Les analyses qui suivent sont issues d’un matériau tout à fait singulier :
j’utilise les observations d’un tiers, qui témoignent, selon moi, d’un remarquable
art de la description. Lors d’une enquête sur l’Injonction Thérapeutique (IT,
désormais)
[1], j’ai pu bénéficier des notes abondantes laissées dans les dossiers
par le médecin (il se trouve que c’était un psychiatre) chargé de recevoir les
personnes assujetties à cette mesure
[2]. Ces notes prises en 1993 sont d’une très
grande acuité ethno-sociologique et ont la particularité d’être consignées
chronologiquement, ce qui permet de suivre l’évolution de la mesure pour
chaque personne. J’en ai sélectionné 26 (sur les 54 disponibles), sans ambition
de représentativité, mais au contraire avec le souci de faire apparaître la diversité
des interactions qui se produisent dans ces face-à-face
[3].
Il est vraisemblable que ces interactions thérapeutiques de 1993 portent la
marque de la personnalité du médecin chargé de l’injonction, comme de la mise
en œuvre encore limitée de la mesure à cette date
[4]. Il est tout aussi vraisemblable
que la généralisation du Subutex® renvoie, à certains égards, ces interactions au
rang de mœurs d’une autre époque. Elles offrent, malgré cela, une information
irremplaçable (et sans doute unique) sur l’interprétation de l’IT par deux de ses
principaux protagonistes. En effet, c’est ici l’institution (le psychiatre, mandaté
par la justice, dans les locaux de l’administration de la santé) qui regarde s’agiter
le patient, donnant à voir, par la finesse même des observations, ce que ces
administrations attendent dudit patient. Abram de Swaan regroupe sous le
concept de « proto-professionnalisation des usagers » par l’État Social, une
série d’attitudes que l’on retrouve bien ici
[5] : «
1. La capacité de produire une
autobiographie négative (raconter son histoire en montrant les événements qui
ont mal tourné).
2. La responsabilisation (pouvoir se présenter comme
coresponsable de l’état dans lequel on est).
3. Être simultanément conteur et
conté (prendre de la distance par rapport à son cas et le décrire comme un objet).
4. Être compréhensible (raconter son histoire et ses problèmes avec des termes
spécifiques, appropriés à l’interaction professionnelle).
5. L’aceptation de la
pénibilité (accepter de parler de choses pénibles, puisque la situation l’exige)»
[6].
Je vais montrer que, si l’on s’en tient à ce programme caché de l’institution
tel qu’il apparaît dans les notes de ce médecin, les consommateurs de cannabis
et les consommateurs d’héroïne ont des compétences professionnelles assez
éloignées les unes des autres et qu’ils en sont à des degrés différents de protoprofessionnalisation
[7].
Deux modes de gestion de la parenthèse cannabinoïde
Commençons par les consommateurs de cannabis (cf. Tableau 1 : Usagers de
cannabis). Je vais essayer de montrer que les personnes qui se présentent ici
tendent à présenter une série de comportements qui doivent plus à leur
compétence éducationnelle de base (qui comporte donc une dimension médicale, mais que l’on pourrait dire, par écho, « généraliste ») qu’à une quelconque
compétence toxicomaniaque, comme on pourrait l’imaginer dans le grand
public.
Les interactions avec le médecin, concernant le cannabis, sont assez
homogènes quant à leur tracé : régularité, stabilité, faible nombre. Régularité :
sur les 13 cas retenus ici, les deux rendez-vous manqués ou repoussés, le sont
pour des raisons majeures (contraintes scolaires ou professionnelles). Stabilité :
il n’y a pas de « hauts » et de « bas » dans le dialogue qui s’instaure entre le
médecin et l’assujetti. Faible nombre : en général, la mention « A donné suite »,
intervient après deux rendez-vous, voire un seul.
Comme on l’a dit plus haut, toutes ces personnes
[8] ne voient pas l’utilité de
consulter un psychiatre, parce qu’elles n’auraient « rien à dire »
[9] et, se considérant en bonne santé, « ne formulent aucune demande médicale » (comme le
note, désabusé, le médecin chargé de l’IT). Globalement, les patients n’ont
d’ailleurs pas d’antécédents pathologiques significatifs et on peut donc comprendre qu’ils se sentent en bonne santé, selon la définition courante.
Ces interactions ont encore un autre trait commun : elles montrent des
assujettis cherchant à présenter la consommation de cannabis comme un
incident de parcours, une parenthèse plus ou moins longue, dans leur trajectoire.
Cette version des faits n’est que rarement contredite explicitement par le
médecin. De fait, les durées de consommation annoncées sont courtes : entre
quelques mois et 2 ou 3 ans (une personne, plus âgée, consomme depuis 7 ans).
Pourtant, il faut relever deux grandes catégories de mise en scène de cette
parenthèse, qui sont fonction de la conviction manifestée par le patient face à
l’arrêt de la consommation. Pour reprendre des formules rencontrées, d’un côté,
il y aurait : « ça m’a servi de leçon », voire : « je veux bien essayer d’arrêter »;
de l’autre, il y aurait : « c’est pas si grave » et « ça passera avec le temps ».
« Ça m’a ouvert les yeux, ça m’a servi de leçon…»
Pour une partie des personnes ayant fait usage de cannabis, il s’agit de la
première intrusion de la Justice dans leur univers (et c’est bien comme une
intrusion que la mesure est ressentie : elle n’est pas forcément injuste, elle est
disproportionnée). Ils sont comme d’honnêtes citoyens qui se réveillent un peu
sonnés, après une nuit de débordements. Ils font alors le calcul de ce qui est
important et de ce qui l’est moins
[10] et décident de quitter la voie momentanément
adoptée, parce qu’ils ne veulent « plus d’ennui avec tout ça » et un peu « par peur
du gendarme »
[11]. Ce que le n∞ 53 érige en maxime : « tant qu’on n’a pas
d’ennuis, on ne décide pas d’arrêter ».
Mais cette réaction nette peut masquer des attitudes plus nuancées, qui
montrent que le « programme caché » (pour reprendre une expression d’A. de
Swaan) suppose des effets gradués : la peur du gendarme peut demeurer tout à
fait extérieure
[12] ou encore, on peut n’arriver que progressivement à ce même
comportement
[13].
L’interaction n∞ 42 permet d’entrer plus profondément dans cet univers.
Après une adolescence perturbée par des aléas familiaux et scolaires, cette jeune
fille de 22 ans pense avoir trouvé sa voie (« maintenant je vais vraiment bien »):
elle travaille chez un médecin, veut reprendre des études et déclare qu’elle est
devenue raisonnable (à la fois par peur du gendarme, de la justice et par égard
pour sa famille). Sa présentation de soi
[14] (je cherchais un amusement à travers
« le H », comme d’autres le cherchent dans l’alcool; « et puis aussi l’attrait de
l’interdit ») est en même temps un effort pour généraliser : « on croit qu’on ne
s’amuse pas si on est à jeun… On a recours à quelque chose de superficiel ». Sa
résolution est prise, mais son jugement sur le cannabis n’est pas sévère pour
autant : si on devait tenir compte de tous les dangers, « on devrait alors aussi
interdire l’alcool et le tabac ».
Il faut aussi faire la part de la dynamique de la relation thérapeutique qui
s’installe, même si l’IT l’inscrit dans le court terme. On le voit assez bien avec
le cas n∞ 52 : il part d’une situation difficile (sept ans de consommation d’un
produit qui lui a plu, à raison d’un « joint » par jour, quand il en a l’occasion),
quoique bien délimitée (il s’est fixé une barrière : pas de drogues dures) et, au
début, la décision d’arrêter est ressentie comme un idéal impossible ou trop
coûteux à atteindre (le médecin note que la motivation est faible : « dans sa tête
ce n’est pas un problème de se laisser aller »). Mais lorsque la personne
concernée découvre que sa dépendance est plus grande qu’elle ne l’imaginait
(anxiété, perte du contact avec les autres, boisson), l’espace thérapeutique
s’ouvre sur le psychiatre, qui aura aussi à traiter l’insomnie.
« C’est pas si grave, ça passera avec le temps…»
L’autre partie des personnes observées semble demeurer plus extérieure à cette
dynamique de l’IT. Elle s’appuie, sinon sur une philosophie explicite de la
consommation de cannabis, du moins sur une série de convictions qui en
relativise la gravité.
Je pense à ce bon élève de 19 ans (n∞ 30), qui, certes, a arrêté de consommer
parce qu’il l’avait promis à sa mère, mais qui n’a pas pour autant l’impression
d’avoir mis sa santé (qu’il trouve bonne) en danger. Comme usager, il trouve la
pratique du cannabis plus confortable que celle de l’alcool : « à peu près les
mêmes effets que l’alcool, mais sans les séquelles le lendemain ». En bon élève,
il s’est informé, ce qui lui permet de dresser un tableau de mesures des risques
liés à différents produits : « Je me suis renseigné sur le shit : ça entraîne une
dépendance moins grande que le tabac ou le chocolat ». Les notes dont on
dispose ne permettent toutefois pas de savoir s’il adhère à l’esprit de la pétition
pour la légalisation du cannabis, qu’il dit avoir lue le jour même
[15].
De là à penser que « ça s’arrangera avec le temps », il n’y a qu’un pas que
franchit le n∞ 54 (moins expérimentateur), qui pourtant « ne pense pas à son
avenir ». Ici aussi l’usage du haschisch est récréatif : il en achète pour rigoler,
avec des copains et consomme le week-end avec eux. Son interpellation n’a pas
mis fin à sa consommation et, trois heures avant de venir à la consultation, il a
fumé un dernier joint. Il assure qu’il lui est « de moins en moins difficile de
refuser » le cannabis qui lui est proposé.
Chez les n∞ 41 et 48, on trouve moins de rationalisations, mais en gros la
même attitude (en particulier peu ou pas d’alcool et une préférence pour le
cannabis plutôt que pour le tabac). Le n∞ 41 a essayé les drogues dures, mais le
délire qui suit l’héroïne ne lui plaît pas : « j’aime pas ce qui me speede… ça me
rend folle ». Elle veut se ranger : voiture, appartement, enfant, mais n’annonce
pas clairement son intention d’arrêter le cannabis. Le n∞ 48 (plus âgé) invoque
l’ennui et un usage collectif du produit : « toujours avec quelqu’un. Ça relaxe,
ça calme ».
Si l’on considère la fréquence comme la durée de consommation, ce sont
donc des usagers occasionnels. Ils rencontrent le produit dans un contexte plutôt
récréatif et collectif et cherchent à dédramatiser cet usage, tout en étant
conscients de sa signification symbolique (notamment par rapport à la loi). Ils
sont assez différents des consommateurs d’héroïne qui se sont présentés, durant
cette année 1993, devant le médecin mandaté par la DDASS.
La séduction de l’interprétation
Comme je l’ai déjà dit, je prends au sérieux l’idée, énoncée par de Swaan, de
degrés de proto-professionnalisation du réseau personnel d’un individu. Les
consommateurs d’héroïne sont donc plus aptes que les petits consommateurs de
cannabis à répondre au programme de l’institution. Cela ne veut pas dire, selon
moi, que cette réponse est univoque : il me semble même qu’elle est fort
équivoque (cf. Tableau 2 : Usagers d’héroïne).
Avec les IT pour héroïne, on entrevoit en effet un autre monde
[16] (et parfois
même on y entre tout à fait). Parmi les usagers interpellés pour ce produit, il y
a sans aucun doute des professionnels aguerris, pouvant se recommander d’une
carrière (au sens de Becker
[17]). Mais, dans l’ensemble, on a plutôt affaire ici à des
consommateurs seulement en voie de chronicisation, possédant déjà une belle
technique (rhétorique et gestuelle) et qui hésitent entre l’expérience amateur ou
semi-professionnelle des limites (qui offre encore la possibilité du retour en
arrière) et la soumission aux impératifs corporatifs des toxicomanes. S’ils ne
croient pas « aux y » c’est pour des raisons différentes des précédents : ils ont
déjà fait cette expérience et, vraisemblablement, les plus avertis n’envisagent
plus guère le psychiatre que comme un pourvoyeur d’ordonnances, dans le
cadre d’une relation donnant – donnant (une tranche de vie contre une prescription)
[18]. Comme on le verra, ils ont une trajectoire personnelle scandée par
l’utilisation de ressources professionnelles médicales et sociales (assez peu de
contraintes carcérales par ailleurs). Mais le trait qui frappe le plus, à la lecture
des notes d’entretien prises par le médecin, c’est le goût prononcé pour
l’interprétation de sa propre trajectoire, ce qui se traduit par un récit abondant,
qui se poursuit d’une visite à l’autre et par un sens des répliques. Pour autant,
il ne faut pas imaginer retrouver ici la stabilité d’interaction qui a été observée
pour les usagers de cannabis : c’est l’univers des rendez-vous manqués, certains
l’étant par une interruption qui ressemble fort à une irruption du réel (overdose,
arrestation, mais aussi cure ou travail). Bref, les interactions sont ici bien plus
spectaculaires.
On peut considérer les personnes qui se sont présentées soit comme
chronicisés, soit comme semi-chronicisés. Cette distinction repose sur les
éléments suivants : pour les uns, la consommation d’héroïne se poursuit
[19] et
connaît même des pics sous la forme d’overdoses
[20] ou, lorsqu’elle est interrompue
[21], le produit est tellement obsédant qu’il conduit au bord du suicide
[22]; tous
les autres semblent être en train de conquérir une autonomisation (qu’on ne
saurait évidemment attribuer à l’IT toute seule), ils ont arrêté de consommer de
l’héroïne, voire même les autres substances vers lesquelles ils s’étaient reconvertis (bière, haschisch) et, pour certains, ils sont entrés dans une démarche
thérapeutique sollicitant des praticiens libéraux ou des institutions. Mais ces
premiers pas hors de l’héroïne sont encore incertains.
C’est pourquoi il serait hasardeux de construire une typologie trop rigide :
ces personnes sont à la frontière de deux modes de vie et chacune peut basculer
d’un côté ou de l’autre. Dans ce qui suit, on traitera donc toutes les IT pour
héroïne de manière homogène, sous réserve de quelques nuances çà et là.
La mobilisation de ressources professionnelles
Les ressources professionnelles mobilisées par les personnes qui se présentent
pour l’IT sont avant tout celles des filières d’accueil et de soin pour toxicomanes,
à un degré moindre, celles des médecins généralistes (assez souvent, il s’agit du
médecin traitant) et, plus rarement, celles de psychiatres travaillant en libéral.
Même lorsque ces personnes ont été contraintes de faire appel à des praticiens
qu’ils n’auraient pas consultés sans cela, on peut parler de « ressources »,
puisqu’elles sont susceptibles de se transformer, en cours de route, en consultation sollicitée
[23]. Au total, ces mobilisations représentent un ensemble impressionnant : tout le monde a utilisé au moins une ressource médicale ou paramédicale, certains combinant plusieurs ressources, parfois même en sollicitant
différentes facettes des prestations offertes
[24], soit en tout 33 utilisations pour 13
personnes
[25].
Le principal pôle d’attraction est le pôle spécialisé en toxicomanie (n =
17)
[26]. Mais certains ont aussi utilisé l’hôpital général pour entreprendre une cure
(lorsqu’il y a overdose, le SAMU dirige la personne vers un hôpital et il arrive
qu’elle y reste pour la cure)
[27]. Les trajectoires sont également parsemées de
visites chez les médecins généralistes : le médecin traitant
[28] ou un autre
médecin
[29], parfois les deux
[30]. Ces visites sont mentionnées en liaison avec les
problèmes de drogue : il est rare que ces visites aient à voir avec d’autres
pathologies. Enfin, le psychiatre libéral est assez rarement mentionné
[31].
On voit donc que certains, comme le n∞ 10 ont eu recours à tous les types
de ressources médicales et para-médicales (y compris une demande de prescription s’adressant au médecin chargé de l’IT
[32]). Mais il faut être attentif à la place
occupée par ces mobilisations de ressources dans la trajectoire des usagers : le
plus souvent, elles balisent des moments précédant l’IT et les usagers se
montrent plus circonspects lorsqu’il s’agit de prolonger la mesure judiciaire par
une visite au psychiatre. Il arrive qu’on en nie purement et simplement l’intérêt,
comme le n∞ 10, à la trajectoire pourtant fort riche en fréquentation du circuit
professionnel : « je n’ai pas de problème »
[33]. Ainsi, alors que le n∞ 9 déclare
qu’il réfléchira à la proposition de « voir un y », à la visite suivante, il se ravise :
« mais je ne vois pas ce qu’il pourrait m’apporter, vu que je me sens fort ». Ce
sentiment (sans doute renforcé par la fréquentation des milieux de la drogue et
son corollaire : l’acquisition d’un savoir-faire) a un caractère paranoïde, bien
qu’il puisse être étayé par la référence au soutien d’un tiers : « Mon y c’est mon
copain (…) Lui n’est pas toxico, il est accro au travail », proclame le n∞ 13.
On sent que si le médecin de l’IT insiste, le patient pourra entreprendre la
démarche, comme si c’était une contrainte judiciaire de plus
[34]. Dans ce sens, le
n∞ 35 dit souhaiter voir un psychiatre, mais, concrètement, il préfère revenir voir
le médecin de l’IT, qui note : « En fait, pas véritablement prêt à cette démarche »
[35].
Ce recours au personnel médical, même s’il n’est pas totalement ajusté aux
attentes de l’institution (ou peut-être parce qu’il n’est pas totalement ajusté), est
assez massif pour qu’on puisse présupposer qu’il entraîne l’acquisition de
savoir-faire de patients. Mais, là encore, il faut introduire des nuances.
On pourrait très bien considérer les visites à la DDASS comme une bulle ou une
pause dans un parcours heurté. C’est le moment où, sous injonction certes, un
lieu d’échange est installé et où l’institution déclare avoir quelque chose à
répondre à l’acte posé par la personne interpellée (ce qui n’est pas le cas du
classement sans suite, qui apparaît plutôt comme une non-réponse
[36]). Pourtant,
ces interactions sont elles-mêmes extrêmement perturbées : d’une part, par les
manquements aux rendez-vous, d’autre part par les accidents de parcours
(overdoses, changement de région ou démarrage d’un travail). Je propose ici de
considérer qu’il s’agit d’irruptions du réel : l’interaction est éminemment un
monde d’interprétations croisées, où le patient reconstruit, à destination du
médecin, une autobiographie type de « patient-qui-joue-à-être-toxicomane »;
ce monde de discours est parfois interrompu par des événements qui en sont la
négation, la relativisation ou la transformation et qui sont plus ou moins pris en
compte par le patient.
Les manquements aux rendez-vous sont nombreux
[37]. En conséquence, la
mesure d’IT, qui comporte, pour ces héroïnomanes-là, un nombre plus élevé de
rendez-vous que pour les utilisateurs de cannabis, s’étale dans le temps
[38]. Bien
entendu, ces annulations ne peuvent pas être toutes interprétées comme des
manœuvres dilatoires ou des actes manqués, mais c’est bien souvent le cas.
Soit un inventaire des accidents de parcours (on ne retient ici que ce qui
intervient au cours de la mesure d’IT). Il y a tout d’abord l’entrée dans le
chômage (ou le retour au chômage)
[39]. Mais il y a aussi l’inverse : les uns ont
trouvé du travail
[40], même si c’est pour certains très précaire; pour les autres
[41],
cette insertion professionnelle s’accompagne d’une délocalisation (Allemagne,
Belgique). Pour le n∞ 43, c’est l’examen du CAP qui interfère avec la mesure.
Il y a aussi des événements plus intimes : la séparation
[42], la brûlure à la main
[43],
la crise d’épilepsie
[44], l’overdose
[45] ou une nouvelle injonction thérapeutique
[46].
Dans certains cas, ces événements « tombent » sur les personnes sans faire
l’objet d’une véritable réinterprétation. Mais il arrive qu’ils soient mobilisés à
leur tour comme arguments et réintroduits dans la chaîne interprétative. C’est
le cas du n∞ 34 qui déclare avoir signalé au substitut de Thionville qu’une
première mesure avait déjà été mise en œuvre et qui peut ainsi se considérer
comme pris dans les rets de la bureaucratie. Le même peut s’estimer fier d’avoir
décroché en Belgique un travail qui semblait peu probable (le médecin avait
quelques doutes). Le n∞ 26, qui travaille désormais en Allemagne, s’appuie sur
ce déplacement et sur ses horaires de travail élevés pour étayer l’affirmation
selon laquelle il ne consomme plus
[47]. Les incidents pathologiques sont plus
rarement mobilisés (du moins cela n’a pas attiré l’attention du médecin). Il est
vrai que ce sont plutôt les toxicomanes avérés qui, du fait des pathologies
associées au Sida, sont les plus prompts à établir un système généralisé
d’équivalences entre les pathologies. Or ils sont peu nombreux dans mon
échantillon.
L’art de l’autobiographie
Ces réinterprétations ne prennent sens qu’en rapport avec un geste plus ample
et plus fourni, qui peut être considéré comme une compétence, que produisent
à la fois l’immersion dans un milieu de consommateurs avertis et les fréquentes
interactions avec les spécialistes de la prise en charge (notamment les psycho-logues et psychiatres). On peut l’analyser comme un art de l’autobiographie.
Divers aspects de ce geste sont décelables ici.
L’autobiographie négative. Le principal trait permettant de spécifier cette
propension à se raconter devant un tiers, c’est l’art de produire une autobiographie négative. Non seulement la personne parle d’elle-même comme d’un autre,
mais encore, elle souligne les errements, les manquements, voire les propensions à la conduite d’échec. On pourrait parler de lucidité, s’il ne s’agissait d’un
récit produit à l’intention d’un tiers qu’il faut convaincre et peut-être séduire.
Une part de ces mises à distance critiques concerne l’attitude par rapport au
produit. En filigrane, il y a une question d’essence : en être ou pas. « Je ne me
considère pas comme une droguée. Je l’ai fait juste pour oublier » (n∞ 13)
[48]. Le
plus souvent, cette question n’est pas posée, les patients préférant donner ce
qu’ils considèrent comme des faits, dégagés de toute mise en scène (évidemment, elle n’est pas moins grande). La sérénité du n∞ 18, qui dit être « calme »
quant à l’alcool et au cannabis est plutôt rare, car l’inquiétude ou le malaise sont
plus souvent verbalisés : « je sais que c’est déconseillé pour l’hépatite, mais
l’héroïne laisse un vide », dit le n∞ 9
[49]. Le n∞ 10 fait état d’un « désir sincère
d’arrêter » (grâce au Rohypnol et aux coupe-faim), comme quelqu’un « qui a eu
sa dose » (n∞ 9). On ne sera pas surpris par la capacité de mise en équivalence
dirigée vers la production d’une maxime : « c’est plus facile d’arrêter quand on
a comme moi commencé à consommer récemment », affirme le n∞ 9.
L’autre composante de ces autobiographies négatives ressortit à l’art du
portrait, par lequel quelqu’un est saisi d’un seul trait : « J’ai toujours eu du bol »
(dans mes rapport avec la justice); ou encore : « quand je m’embête, je
travaille » (n∞ 11). Bien sûr, ce trait de caricature est le plus souvent négatif, par
exemple pour insister sur une irrégularité ou une instabilité
[50], pour désigner une
difficulté de prise sur le monde, telle celle du n∞ 32, qui se dit « fatiguée de la
vie », mais « trop lâche » pour se suicider. Faisant « beaucoup de choses sur des
coups de tête », elle se trouve paradoxalement « toujours pressée » et pourtant
elle n’a « rien à faire ». Autobiographie négative encore, s’agissant de l’enfance : depuis l’âge de 13 ans, « j’ai fait que des conneries », reconnaît le n∞ 10.
Se désignant ainsi d’un seul trait, le patient peut chercher à déplacer le stigmate :
« mon seul problème c’est le travail » (n∞ 10)
[51].
L’autobiographie positive. Moins fréquente, la capacité de donner de soi
une image plus enviable ou plus optimiste, est néanmoins présente : je vais m’en
sortir parce que j’ai réglé beaucoup de mes problèmes
[52]. Au moins, suis-je sur
la voie et puis-je en donner des signes : « aujourd’hui, dit le n∞ 26, c’est une fois
de temps en temps, c’est bien la preuve que je veux m’en sortir »
[53]. Tous les
professionnels spécialisés savent bien que l’un des traits récurrents du discours
des filles héroïnomanes consiste à invoquer la vertu rédemptrice de la maternité.
Pourtant, c’est un homme, le n∞ 11, qui l’exprime ici. On peut même considérer
qu’il y a des efforts pour positiver les informations données sur des accidents de
parcours (comme les overdoses): « le problème de la dernière fois : j’étais
seul » (n∞ 18). Bien sûr, la construction de cette orientation positive mobilise
aussi les partenaires
[54]. Le partenaire exerce bien une forme de pression (comme
le savent bien les professionnels spécialisés
[55]) : le n∞ 11 parle ainsi de son amie
qui « veut absolument » qu’il arrête, sinon elle le quitte. « C’était limite entre
nous », ajoute-t-il.
Informations et descriptions. Je ne m’attarderai pas ici sur les éléments de
description biographiques qui sont donnés par la plupart des personnes vues par
le médecin chargé de l’IT. Traits de goût (« J’aime pas le shit », n∞ 32)
[56], traits
d’habitus corporel (« je suis allergique aux médicaments, même pour dormir »,
n∞32), ou encore d’habitus de classe (« je suis travailleuse », n∞ 32), etc. De
même, les explications données sur la genèse de la dépendance sont plutôt
factuelles : « je ne sais pas pourquoi j’ai commencé, sinon pour essayer »
(n∞43).
Conclusion : interdépendance et autonomie
S’agissant d’interactions médico-psychologiques, on ne perdra pas de vue une
réflexion de bon sens : s’ils répondent avec tant de distance, c’est parce qu’on
leur demande de le faire. Cet art de l’autobiographie critique tend en effet à être
un réquisit de toute posture de malade dans les sociétés développées, comme l’a
montré Abram de Swaan, dans la lignée de Norbert Elias. Mais elle se trouve ici
particulièrement corrélée avec l’usage d’héroïne et on peut donc la tenir pour
une propriété des interactions (pas seulement médicales) avec les héroïnomanes.
D’un autre côté, j’espère avoir donné ici des éléments pour relativiser la
question des dépendances, telle qu’elle est habituellement affectée à la
qualification des actes de consommation de drogues. En quelques phrases, voici
comment on peut faire le point sur cette question.
L’interdépendance des professionnels et des usagers a été problématisée
par les interactionnistes en termes de mafias professionnelles et d’étiquetage
[57];
malgré les excès d’interprétation auxquels elle a donné lieu, elle me paraît
rendre compte d’un pan important de réalité. On voit bien ici que les institutions
judiciaire et sanitaire ont intérêt à l’établissement de relations suivies avec les
consommateurs de stupéfiants et d’aller aussi loin que possible dans la mise en
place de dispositifs de contrôle. Mais la théorie d’Elias nous aide à comprendre
que cette interdépendance ne passe pas nécessairement par l’organisation d’un
rackett professionnel : comme le souligne Roger Chartier dans sa préface à
La
Société des Individus, « il indique que le concept de configuration s’applique à
des formations sociales de tailles très diverses (…) Ce qui les différencie les
unes des autres est la modalité variable des chaînes d’interdépendances, plus ou
moins longues, plus ou moins complexes, qui lient les individus les composant »
(Chartier, 1991, p. 15).
Il est clair que la généralisation des dispositifs de l’État-social a étendu les
processus d’autocontrôle, que je propose d’appeler des processus de politisation
des personnes
[58]. En ce sens, la société propose aux toxicomanes d’échanger une
dépendance contre une autre (l’institution ou le dispositif contre le produit),
considérant que l’autonomie de l’individu (une autonomie dans l’interdépendance) serait au bout du processus d’auto-contrôle. Et, toujours sous cet aspect,
on peut voir ici que les héroïnomanes entrent davantage que les consommateurs
de cannabis dans le dispositif de politisation.
La vision du monde autonomiste
[59] est inscrite au cœur de ces dispositifs.
Cela entraîne un paradoxe : les bénéficiaires supposés sont bien moins autonomistes que les institutions qui leur veulent du bien et bien plus conscients du
caractère constitutif et non point régulateur des interdépendances « réticulaires » (pour parler comme Elias). C’est ce qui les conduit à des parades (que je
propose d’interpréter en termes de « cristallisation »
[60]), au cours desquelles ils
simulent l’autonomie pour obtenir la dépendance. De ce point de vue, il n’y a
pas de différence entre consommateurs d’héroïne et de cannabis.
Reçu en mars 2002
Tableau 1:
Usagers de cannabis
Tableau 1: Usagers de cannabis
N∞
Nbre de
visites
19
H
2 X
28
H
2 X
29
H
2 X
CIRCONSTANCES
BIOGRAPHIQUES
31 ans, marié 2 fois,
2 enfants. Balancé
par sa femme («elle
est impétueuse »).
Mais maintenant la situation est éclaircie.
Aime le contact avec
la nature.
BEP. OP2 fonderie
depuis 10 ans. Jamais absent (ça permet de gagner des
voyages). Syndicaliste FO.
20 ans, célibataire, β
enfants. Vit chez ses
parents («au courant »). Apprenti
chaudronnier (BEP
en alternance). Pas
d’absentéisme.
Donneur de sang.
IT sans précision du
stup. Affirme qu’il
s’agit de cannabis!
21 ans; célib. β enfants.
Apprenti maçon en
CFA: CAP et brevet
de compagnon.
Veut entrer dans l’armée (fusilliersmarins): sait «qu’il faudra peut-être arrêter
l’alcool et le tabac».
Venu sans papier d’IT.
Parle de cannabis.
PRODUITS ET
MODES DE
CONSOMMATION
H occasionnel.
«Puisque je vous dis
que je ne fais que fumer».
Jamais autres drogues. Peu d’alcool
(«quand on fait une
petite fête, parfois»)
30 cig/jour
2 à 3 joints/week-end.
5 à 10 cig/jour
Alcoolisations aiguës
parfois le we
β médicaments
Résine de cannabis
pendant 8 mois, le
week-end.
3 à 10 cig/jour.
Alcoolisations le we.
SANTÉ
Fatigue (due à construction de sa maison)
OD; β Hépatites
β contact avec médecin pour stup.
Ne se sent pas malade. Pas sport. Recherche contact nature.
β antécédents; β hépatites;
β VIH
Se considère en
bonne santé.
A n t é c é d e n t
septorhinoplastie;
pbs ORL
Q: «Et le tabac c’est
grave pour la santé?»
-R: «ben, oui le cancer.»
Q: «Et l’alcool?»
-R: «La cirrhose ».
Fait du rugby.
ALÉAS,
CHRONOLOGIE
ET PERSPECTIVES
Se soumet à l’IT par
sens de ce qui est le
plus important (maison, foyer): ne pas
perdre ça en allant
plus loin.
Æ demande médicale.
2e visite (+ 2 mois):
même discours.
Fume moins depuis
son interpellation par
peur du gendarme
(1re visite était une
simple prise de contact)
Dit avoir arrêté
«après le discours
que le chef de la gendarmerie m’a fait».
Ne veut plus d’ennuis avec ça.
Dit avoir eu l’adresse
d’un médecin, par la
gendarmerie, pour
consultation en cas
d’échec du décrochage.
(1re visite était une
simple prise de contact)
Fin IT. ADS
H
2 X
41
F
2 X
19 ans, célib., β enfants. Bac F1 puis
BTS productique (2e
année). Dit être le plus
jeune de sa classe:
«je n’ai pas redoublé, c’est tout».
Vit chez ses parents
«au courant »: «je
me suis juste fait un
peu engueuler par
mon père».
Hésite à entrer dans
la police (sur les conseils de son père).
Venu avec le n∞ 28
(voisin). IT sans précision de stup = cannabis!
22 ans, célib.; β enfants. Niveau Bac G1
(2 échecs). Préparatrice de commandes
dans entreprise de
vêtements de sport
(C.D.I.)
Fille unique. Vit chez
ses parents («plus
très longtemps »).
Mère plus compréhensive que père, car
elle a un frère toxico.
Dit vivre avec un co-pain depuis 3 ans, qui
lui aussi vit chez ses
parents!
Dit mettre de l’argent
de côté pour acheter
voiture, puis appart.
Veut un enfant dans
1 an.
shit depuis 1 an I/2.
20 cig/j. Alcool: rarement. Ivresses? «ça
rend malade». β médicaments. Dit avoir
promis à sa mère
d’arrêter de fumer du
tabac après les
exams. «Le shit, je lui
ai promis depuis encore plus longtemps».
«Je me suis renseigné sur le shit: ça
entraîne une dépendance moins grande
que le tabac et le chocolat». «Le shit ça a
à peu près les mêmes effets que l’alcool, mais sans les
séquelles du lendemain». Parle d’une
pétition pour la légalisation du cannabis,
qu’il a lue ce matin.
Dit avoir essayé 1 fois
l’héroïne en sniff (il y
a 1 an). Dit avoir été
malade. Dit ne plus
recommencer. Dit
avoir vu ce qu’étaient
devenus après ça
ceux qui avaient continué. Le délire suite
à l’héro ne lui plaît
pas: «j’aime pas ce
qui me speede… ce
qui me rend folle».
Shit depuis 2 ans.
Occasionnellement,
le we.
Alcool: rarement (fêtes de famille seulement).
Tabac: 10 cig/j.
β antécédents.
Se considère en
bonne santé, sinon
qu’il est enrhumé depuis 3 mois.
β antécédents; β
hépatites; β OD; β
médicaments.
Se considère en
bonne santé.
Dit ne plus avoir consommé de shit pendant 1 mois par peur
de la réaction de la
famille: «ma mère et
ma petite sœur de 14
ans ont pleuré»
(1re visite était une
simple prise de contact)
Fin IT. ADS
β demande médicale.
2e visite (+ 1 mois 1/
2):
Pas intéressée contact Y: «rien à dire».
Fin IT. ADS
F
47
2 X
annulés)
H
22 ans; célib.; β enfants; vit chez parents
du concubin, au courant (venue avec le
beau-père). Mère divorcée 2 fois, a dû
quitter le domicile de
sa mère. 1 grand frère,
1/2 sœur.
«En plus j’ai trouvé
du travail, ça marche
bien pour moi»: accueilréception, chez
son médecin traitant.
À bcp redoublé, veut
reprendre des études
de secrét. médicosocial par correspondance pour passer le
Bac.
IT sans précision de
tox.
18 ans; célib.; D enfants.
Prépare un BEP de
dessinateur en bâtiment dans un bureau
d’études.
2 frères (est le 2e).
Père directeur
d’école, mère infirmière.
Vit avec des amis depuis trois mois (des
copains de son frère).
27 ans, marié depuis
5 ans. 2 enfants (7 et
2 ans), attend un 3e.
A sa mère; père divorcé, ne vit pas dans
la région; pas de relation avec lui. 4 frères, 1 sœur (est le
4e).
SM: réformé P4.
Pousse un cri quand
on évoque l’héroïne:
«Non, c’est du H. Je
travaille!». Consommation occasionnelle
de H depuis 1 an. A
arrêté depuis.
A pris quelques cuites.
5 à 6 cig/j.
Cherchait un amusement à travers le H
« comme d’autres
prennent de l’alcool ». « Et puis
aussi, l’attrait de l’interdit ». «On croit
qu’on s’amuse pas
si on est à jeun… on
a recours à quelque
chose de superficiel».
2e visite (+ 2 mois):
ne consomme plus
Cannabis occasionnel depuis l’âge de
16 ans 1/2 (3 à 4 fois
par mois, quand il a
des moments de déprime).
Héro: si on lui en avait
proposé? Ne sait
pas.
Médicaments: β.
Alcool: de temps en
temps quand il y a
une fête. Tabac: 1
paquet/j depuis 1 an
I/2.
H: permet de voir les
choses plus objectivement quand il y a
des pbs. Un peu mou
au niveau travail.
Nie pb d’héroïne
Avait 1 barrette 1/2
de H (4 g) sur lui, son
copain avait de l’héro.
S’est fait arrêter à
l’achat.
Héro? C’est une drogue dure, on est dépendant d’un produit.
N’en veut pas. N’a jamais essayé.
de shit depuis 6
mois. β Antécédents (appendicite); β test VIH:
«J’ai confiance. Je
vis avec un ami de-VIH et hépatites: test
pas fait.
puis 3 ans».
Hypo T.A.
A arrêté depuis: peur
du gendarme; + la
famille: «le regard
des gens, ça fait réfléchir ». « Le shit
c’est grave du point
de vue de la Justice »: «on devrait
alors aussi interdire
l’alcool et le tabac».
«Maintenant je vais
vraiment bien ». «Je
suis devenue raisonnable ». Jamais
pensé à un Y pour le
shit.
2e visite (+ 2 mois):
VB.
Fin IT. ADS
Son nom a été cité
dans une déposition.
D’un côté c’est pas
plus mal, car cela lui
a ouvert les yeux.
Voudrait s’en passer
et y arrive + ou - bien
(dépend des soucis).
2e visite (+2 mois):
bcp plus détendu. Va
mieux. Cela lui est
sorti de la tête.
Fin IT. ADS
N’en a plus pris depuis.
H
2 X
(1 RDV
manqué)
51
H
2 X
(1 RDV
manqué
excusé)
52
H
3 X
(3 RDV
man-
qués)
Plâtrier: a eu un pb
au tendon β
COTOREP (cat I).
RMI. Attend un
stage.
Antécédent carcéral
il y a 6 ans (vol).
Plus le moral pour
faire du sport.
21 ans; célib.; β enfants; concubinage.
Père invalide; mère
travaille dans une
école. 1 frère (est le
2e). SM: exempté.
Brevet prof. Coiffure
(employeur au courant).
2e visite: a raté son
année (a eu la pratique).
20 ans; célib.; β enfants; vit chez ses parents, tous deux invalides. Fils unique.
Pas de SM.
1re STT (comptagestion).
Parents pas au courant (ne pas les alarmer). Ils lui font arrêter l’école.
Sport à l’école uniquement (luxation
genou).
25 ans; célib.; β enfants; vit chez ses parents (pas au courant,
ne pas téléphoner).
Père marocain. 1
sœur aînée. Chômeur
( m é c a n i c i e
robinetier; sans diplôme).
Alcool: β
H: depuis la prison, il y
a 6 ans. Le w.-e., par
ennui, en fonction des
finances. Pas de manière régulière. Toujours avec quelqu’un.
Ça relaxe, ça calme.
Tabac: 2 ou 3 paquets/j. Tout le monde
fume dans sa famille.
Lui: depuis l’âge de
14 ans 1/2.
Préfère fumer un joint.
H (7 g), sa fiancée ne
le savait pas. L’a dit
à tout le monde pour
que ce soit bien clair.
Occasionnellement,
le w.-e.: 3 - 4 joints
(même au travail), depuis 3 ans. Pour
s’éclater et après
pour la détente.
Héro, coca: a essayé
(2 x en sniff): a vu des
amis, a eu peur.
Tabac: 10 cig/j. Alcool: très peu (2 verres).
Médicaments: β
H depuis cette année.
Occasionnellement
pdt les vacances. Pour
changer de l’ordinaire:
ça ne lui a pas apporté
grand-chose.
Héro: jamais proposé.
Non aux drogues dures.
Alcool: occasionnellement (bières);
Médicaments: β
Tabac: 1 paquet/j.
depuis 1 an 1/2
H: arrêté par contrôle
de douanes. A commencé à 18 ans, à
l’armée: période
creuse, on se laisse
aller. Avant, pensait
que la drogue ne le
concernait pas.
VIH; hépatites: pas
fait le test.
Luxation genou
VIH; hépatites: pas
fait le test.
Arrêter? Ben oui, ça
serait bien, pour éviter
les pbs. Mais
motivation très
réduite. Dans sa tête,
ce n’est pas un pb de
se laisser aller.
Le fait d’avoir arrêté:
les choses sont belles. L’avait dans la tête.
2e visite (+ 2 mois
1/2): dit ne plus consommer (2 ou 3 bouffées, une ou deux fois,
ça ne peut pas lui faire
de mal).
Ne peut plus sortir:
plus d’argent.
Fin IT. ADS
A arrêté: pas de difficulté pour lui dire non.
Histoire qu’il a eue l’a
fait réfléchir par rapport à ses parents
2e visite (+2 mois): a
du mal à arrêter la
cigarette. Est surpris
des conséquences
de l’arrêt du H (se
sentait nerveux).
2e visite (+1 mois
1/2): essaie de réduire, mais toujours 1
joint/j. (Trop habitué).
H
54
2 X
C’est comme la ci-2e visite: travaille (8h/
garette: ça lui a plu.12h; 13h/18h)
Quand occasion: 1Fait de la mécanique.
joint/j. S’est fixé uneJeux vidéo.
barrière: refus des
drogues (=dures).
L’utilise comme calmant, comme une
bière. Fume tout seul:
à la limite, se cache.
Solitaire: a ses habitudes, ne supporte
pas le bordel.
19 ans, célib.; β en- H: commencé il y a 3
fants; vit chez ses ou 4 ans. 1 fois pour
parents; essayer; 1 ou 2 fois
Père manutention- ensuite. Puis terminé:
naire, mère institu- ne veut plus de pb
trice; 2 sœurs cadet- avec ça. A fumé avec
tes. des copains.
Apprenti en méca; Pas envie d’autres
BEPC. SM: β drogues.
Mère au courant: Tabac: 1 p/jh. depuis
choquée d’abord, 4 ans.
puis confiance. médicaments: β
Pas de sport.
20 ans; célib.; β en-H: depuis l’âge de 17
fants; vit chez ses pa-ans (en Afrique pdt 2
rents. ans). Fume le w.-e.
Père fonctionnaire,avec des copains. Va
mère au foyer. 1 sœuren acheter pour rigoaînée. ler avec les copains.
Apprenti tourneur-Autres drogues: ne
fraiseur (BEP); voit pas ce que ça
SM: pas encore. fait.
Parents au courant,Tabac: 1 p/j. (depuis
mais jamais discuté16 ans);
avec eux Æ devraitmédicaments: β
arrêter.
N’a pas très envie
d’arrêter.
Test VIH: négatif;
VHC: pas testé.
Pas de test VIH.
Pas de préservatif
systématique.
3e visite (+ 2 mois
1/2) : s’est rendu
compte qu’il est
accro; insomnies;
tendance à boire; pb
avec les gens; anxieux. Doit prendre
RDV avec un Y.
Ne se présente plus.
Essaie de se trouver
des occupations.
Peut parler du H.
Tant qu’on n’a pas
d’ennuis, on ne décide pas de s’arrêter.
Fin IT. ADS
A continué après son
interpellation.
Ça s’arrangera avec
le temps. Ne pense
pas à son avenir.
2e visite: dernier joint,
il y a 3 heures, avant
d’aller en boîte. Mais
c’est de moins en
moins difficile de refuser.
Calme. Un peu timide.
Se pose des questions.
Tableau 2:
Usages d’héroïne
Tableau 2: Usages d’héroïne
N∞
Sexe
Nbre de
visites
9
H
3 X
CIRCONSTANCES
BIOGRAPHIQUES
29 ans; célib.; β enfants; vit à l’hôtel,
mais va manger tous
les jours chez ses parents (au courant);
Niveau CAP boulangerie. Chômage.
Aidé financièrement
par ses parents, à
condition de les voir
tous les jours.
2e visite (+1 m 1/2):
Toujours au chômage. Dit avoir envoyé des CV dans entreprises: échafaudages, livreur. Dit ne pas
avoir été retenu par
ANPE pour stage mécanique.
3e visite (+ 1 mois):
toujours au chômage
(attend des réponses).
PRODUITS ET
MODES DE
CONSOMMATION
Héro: depuis 1 an
(«en une année j’ai
tout perdu: appart,
voiture»). 1 OD en
janv. 92 («pour fêter
l’anniv. d’une co-pine», dose achetée
en All.) Æ SAMU; sevrage en nov.: 15 J.
en clinique. Avait
tenté une cure de 6-7
jours au CHS
(Sarreg.), mais sorti
avant terme avec décharge: ne supportait
pas le milieu (mélange
toxico + malades y);
Alcool: qqs cuites, le
we surtout («Je sais
que c’est déconseillé
pour l’hépatite. Mais
l’héroïne ça laisse un
vide»)
Mdts: β; 5 à 6 bières/
j.
β tabac
SANTÉ
Après OD, avait maigri de 15 kg: ne pouvait plus faire son travail de livreur de bière.
Se considère en
bonne santé: a repris
son poids. Hépatites
B et C: voir M.T. Æ
contrôle tous les 6
mois.
β demande médicale (renouvelée à
chaque visite).
ALÉAS,
CHRONOLOGIE
ET PERSPECTIVES
1re visite: «Je ne vois
pas l’intérêt de voir
un y, comme je me
sens»; «Depuis ma
punition (= OD), je ne
veux plus y penser»;
«Je paie mes dettes:
je rembourse ma
mère» («j’ai de l’argent; je fais des économies»). Pdt cette
année 92, «J’ai retrouvé des copains
qui ne voulaient plus
me voir»; «ça va, j’ai
eu ma dose». Réfléchira à l’idée de voir
un y.
2e visite (+1 m 1/2):
venu en cie du n∞ 6
(F). VB. Dit avoir réfléchi au conseil de voir
un y: «mais je ne
vois pas ce qu’il pourrait m’apporter, vu
que je me sens fort».
Dit vivre mieux. Redit
combien il se sent
bien. Pense qu’il est
plus facile d’arrêter
pour quelqu’un qui a
commencé récemment comme lui.
3e visite (+ 1 mois): dit
avoir arrêté l’alcool et
tenir sans consommer (tox/tabac/alcool) «Je me sens un
peu nerveux».
F
(2
annulés)
H
(4
man-
qués)
20 ans; célib.; β enfants; père: architecte (41 a): ne lui
adresse pas la parole; mère: dame de
cie (42 a), très bonne
relation avec elle.
(Est venue me voir il
y a qqs mois: était
désespérée) 1 petit
frère de 14 a qui travaille bien à l’école:
«il est parfait». S’entend bien avec lui
BEP secrétariat +
CAP. A voulu faire
un bac pro: n’a pas
tenu. Est allée travailler en usine en
All. (env. 3 mois); qqs
travaux à Metz (aide
à domicile).
Vit la nuit: se couche
à 4-5 heures du matin.
Ne fait «que des
conneries» depuis
l’âge de 13 ans.
2e visite (+ 1 mois):
arrêtée comme passagère de voiture
volée {me croyait au
courant}. Pbs actuellement avec sa
mère Æ vit chez son
copain (ami âgé).
3e visite (+ 1 m 1/2):
a trouvé du travail
aux Telecom,
comme auxiliaire
(contrat de 2 mois):
«vous avez vu, je
vous l’avais dit».
4e visite (+ 4 mois):
contrat auxiliaire terminé. Veut profiter
de l’été et travailler
en septembre.
31 a; célib. (concubinage); β enfants
Peintre en bâtiments
depuis 6 ans (β
CAP); 1 an artisan.
A déménagé dans
une autre ville pour
changer de milieu.
Héro: depuis 8 mois,
en sniff uniquement.
4 à 5 fois, pas plus
dit-elle. 1re affaire de
justice (surprise avec
son copain dealer).
Volait des disques
auparavant (jamais
prise). Dit bcp moins
consommer depuis (a
terminé ce qui lui restait). A été voir son
M.T. pour décrocher
β Temesta +
Rohypnol.
Puis partie en vacances à Béziers avec sa
mère: rien, mais envie de partir tous les
soirs.
Tabac: 20 cig/j. (12-13 a).
Shit: parfois.
Pourquoi produit?
« Parce que »;
« parce que c’est
bon».
Héro: cons. depuis 2
ans (occasion.). Le we
au début. Accro pendant 3 mois. Puis interruption de 4 à 5
mois, puis de nouveau cons. du we. Dit
avoir + ou - arrêté depuis 2 mois.
Se considère en
bonne santé; souhaite une prescription
de coupe-faim pour
maigrir + consomme
du Rohypnol.
β ATCD; β hépatites. VIH: jamais test
(ne se pose aucune
question).
β demande médicale.
β ATCD;
β test VIH (a toujours
utilisé son propre
matos); β hépatites.
β sport
1re visite: Considère
avoir arrêté définitivement excepté occasion exceptionnelle.
N’a jamais envisagé
de voir un y: «je n’ai
pas de pb».
2e visite (+ 1 mois):
N’a fait que 2 inj. depuis le dernier RDV.
Considère que son
seul pb est en fait
d’avoir du travail (multiples demandes; insiste là-dessus).
3e visite (+ 1 m 1/2):
VB.
Dit ne plus avoir consommé d’héro depuis
la dernière fois. Conversation à peu près
ident aux fois précédentes.
Fin I.T. ADS
4e visite (+ 4 mois): dit
avoir fait une crise
d’épilepsie il y a 6 à 8
semaines Æ Hôp. Cl.-Bernard. Parle de
fausse déposition
contre elle Æ Nouvelle
IT. Dit avoir arrêté
l’héro depuis la crise.
A vu un y, depuis tout
VB.
Avait été à Baudelaire
plusieurs fois. N’a pas
le désir d’y retourner.
1re visite: pas intéressé
pour rencontrer un y
pour l’instant.
2e visite (+ 1 mois): (en
cie de son amie) dit
aller bien; dit ne pas
consommer d’héro
depuis 2-3 mois;
2e visite (+ 1 mois):
contrat travail de 3
mois s’arrête. «Mon
patron m’a rien dit».
Espère continuer.
Évoque les chgts
dans sa vie depuis
l’héro: couple, vie de
famille, projet d’avoir
un enfant. S’est
acheté un blouson à
600 F (« alors
qu’avant»)
3e visite (+ 2 mois):
en Arrêt de travail pdt
3 jours pour brûlure à
la main. Travaille toujours chez le même
patron (contrat de 6
mois). A fait une demande pour travailler
comme peintre dans
un hôpital public (être
fonctionnaire), y connaît quelqu’un.
Tabac: 20 à 30 cig/j.
Amie «qui veut absolument que j’arrête,
sinon elle me quitte»;
«c’était limite entre
nous».
Jamais de cure, jamais de y. Est allé voir
son M.T. puis un autre
après son déménagement Æ Tranxène,
Rohypnol: «ça m’a
foutu encore plus dedans j’ai eu du mal à
arrêter ça»; «je me
suis battu pour arrêter l’héro»; «ma co-pine m’aide bcp».
2e visite (+ 1 mois):
évoque une OD en 91
dans sa salle de bain.
«Je me souviens de
mon beau-frère qui
pleurait. Ça m’a touché»; «J’ai fait trop
de mal à ma famille».
Dit consommer + d’alcool (qqs alcoolisations aiguës)
4e visite (+ 1 mois) AU
TÉLÉPHONE: a fait
une OD le we dernier
Æ 2 J. en réa. (me
téléphone pour avoir
mon avis sur Baudelaire); «Vous êtes le
seul qui m’avez aidé
vraiment» RDV mardi
à 15 h 30 à la permanence à M. sur les
conseils de son M.T.
avait arrêté depuis 5
mois. Évoque les pbs
qui l’ont fait rechuter
(OD à la reprise du
travail après 8 J. arrêt)
Se considère en
bonne santé.
2e visite: lombalgies.
Dit avoir repris du
poids: 56-57 kg
Æ 66 kg (faisait 71
un an auparavant)
3e visite (+ 2 mois):
en arrêt de travail pdt
3 jours pour brûlure à
la main. A vu son M.T.
(mais pas de y), qui
lui aurait proposé des
anxiolytiques avec insistance (« au cas
où»); dit avoir refusé.
β mdts. Évoque qqs
tentations (5 à 10 minutes), mais «je ne
bouge pas de B.», où
il ne connaît pas de
dealer, dit-il. «Et puis
je n’y ai jamais touché
bcp»; «Et je ne veux
pas décevoir ma co-pine». On parle de y:
dit en avoir parlé le
soir même avec son
amie; dit craindre que
ça le poursuive (dossier); {je lui explique le
secret médical}; demande une adresse;
y réfléchira.
3e visite (+ 2 mois): dit
ne rien consommer
depuis + de 6 mois.
Fin IT. ADS
4e visite (+ 1 mois) AU
TÉLÉPHONE:
(dit souhaiter me revoir quand il aura la
possibilité de passer
à Metz); contactera le
service.
F
13
2 X
nage avec n∞ 34), β
enfants. Parents au
courant.
Travaille à 1/2 tps
(emploi CES, service
public) à Metz depuis
2 mois.
BEP Comptabilité,
puis 1re G2 (arrêt
avant le Bac). Deux
ans 1/2 de travail au
Lux.
Séparation récente
d’avec son ami Æ
Partie en Alsace chez
sa tante. Revenue travailler à Metz.
Vit chez sa mère avec
son ami.
Travaille à l’agence de
Thionville du même
service public depuis
15 J. Contrat CES
jusqu’à mai,
renouvelable 6 mois.
21 a, célib., β enfants.
Vit avec son ami (non
toxico) qui l’a accompagnée ce
jour. « C’est aussi
grâce à lui que je suis
sortie de là».
Agent de production
(à la chaîne) dans
l’agro-alimentaire depuis 8 mois.
2 absences au travail
pdt qu’elle consommait (8 J et 2 J).
Consomme depuis 2-3 ans. 1 OD mi-juin Æ
2 J. à l’hôpital Æ IT.
Puis vacances dans
le midi. Consomme au
retour. Occasionnellement.
A été suivie par un
médecin à Thionville
en 91, mais ça ne passait pas. Suivie en Alsace par un y (1 à 2
fois/semaine pdt 2
mois 1/2. Suivie par
un infirmier à Baudelaire (dit y aller 1 à 2
fois/sem.) et par le Dr
A. (Généraliste qui voit
bcp de toxicos?).
Adressera un cm de
Baudelaire. β Mdts.
«Au niveau drogue,
ça va. J’ai des problèmes que je n’arrive pas à exprimer
encore. J’ai du mal à
faire le point»
Tabac: 30 à 40 cig/j.
2e visite (+ 1 mois): dit
ne plus consommer
d’héro depuis 2 mois.
«Ça va». N’est plus
allée à Baudelaire pdt
1 mois. Hier et
aujourd’hui a vu une
psychologue de Baudelaire: bon contrat.
«On a décidé de faire
un travail ensemble et
je vais y aller toutes
les semaines». Ne
prend pas de Mdts.
Héro: aurait consommé 1 an. Balancée par deux dealers
qui auraient défoncé
sa porte. «Mais je ne
consommais plus à
ce moment-là». Dit
avoir arrêté depuis 4
mois «toute seule».
«Je me suis enfermée à la maison».
«J’ai eu mal au dos,
mais sans plus, ce
n’était pas de grosses crises comme
1 hépatite B en 91
(bio en cours, dit-elle). Test VIH négatif
en août.
Se considère en
bonne santé. 1 hépatite B (+ C?) Æ analyses en cours. suivie
par son M.T. avait envoyé un certif. au commissariat pour dire
qu’elle était en sevrage.
Test VIH - il y a 2 semaines. « rares ».
Échange de seringues.
ATCD méningite (en-2e visite (+ 1 mois):
mère a TELEPH. pour
un RDV distinct de
celui obtenu par le n∞
34 (se sont séparés
récemment Æ souhaite qu’ils ne se rencontrent plus.
Venue en cie de sa
mère (ne sait pas que
celle-ci a téléphoné à
la DDASS). Mais demande tout de même
au n∞ 34 del’attendre.
Adressera cm avant
1 mois (OK).
Fin IT. ADS.
Ne souhaite pas voir
un y pour le moment,
plus tard, «sur RDV».
«C’est quand j’en ai
envie»; «je n’en ressens pas le besoin actuellement (…) peut-être un jour»; «et puis
je suis sûre de ne pas
y retourner».
2e visite (+ 1 mois 1/
2): VB; dit ne pas consommer.
H
5 x
(2 RDV
man-
qués)
–
2 certif.
hospit.)
CAP employée de
bureau. BEP de
vente, pas passé.
Bcp de petits boulots: remplacements
ou interim. Dit n’avoir
été qu’un mois au
chômage.
Père entrepreneur en
bâtiment. Mère ETAM
idem. Fille unique.
Pbs relationnels avec
parents (mère ex~alcoolique).
2e visite (+ 1 mois
1/2): contrat terminé
Æ chômage. Espère
un emploi de bureau
à la mairie de F. demain.
27 ans, célib., β enfants. Suivi au
CMSEA (ateliers
ART).
4e visite (+ 10 mois):
au foyer Sonacotra
depuis 6 mois. Travaille atelier menuiserie (ART?). Contrat
possible de 6 mois.
5e visite (+ 2 mois):
contrat ART terminé il
y a deux mois. Touche le RMI. Espère
une embauche demain (isolation). Parle
d’un contrat de 2 mois
à l’essai.
certains». «Je n’ai
pas pris de Mdts»
(craint la dépendance
aux Mdts).
Sa mère l’avait emmenée chez le M.T.
qui lui a proposé une
cure: a refusé. Est allée 1 fois chez un y
(envoyée par un CHS
à la suite d’une OD en
sept. 92), mais pas
intéressée.
«Je ne me considère
pas comme une droguée. Je l’ai fait juste
pour oublier.» N’en
dit pas plus.
β Mdts.
2e visite (+ 1 mois 1/
2): shit «de temps en
temps », « rarement ». Tabac: 10
cig/j.
IT pour Héro. Sniffe
depuis 3 mois régulièrement (irrégulièrement depuis 6 mois).
1 affaire antérieure
pour shit + vol avec
effraction. Æ incarcération. N’est jamais allé à Baudelaire, mais tenté d’y
aller ou bien CMSEA
qu’il connaît déjà. Dit
souhaiter décrocher
et demande un RDV
avant la fin du mois.
3e visite (J + 6): Juge
le contrat intéressant
dit avoir diminué sa
consommation
avant même l’hospitalisation. N’a rien
c o n s o m m
aujourd’hui. RDV demain pour hospitalisation.
4e visite (+ 10 mois):
sniffe de l’héro. Suivi
à Baudelaire. A fait
une cure de sevrage
à Jury 18 J. En Oct.
92 Confusion dans
sa tête. Ne se drogue plus.
fance). Pbs gynécologiques actuels, mal
précisés.
5e visite (+ 2 mois):
Revient de Baudelaire (consult. pour infection dentaire. VHB
et VHC non activés
en 92; VIH - en oct
92
Se dit encore plus sûre
qu’auparavant de ne
pas retourner vers l’héroïne. Dit avoir été choquée par le fait que le
dealer qui l’a balancée
est sorti de prison récemment et est venu
sonner à sa porte Æ a
TEL à la police. Ne
souhaite toujours pas
aller voir un y. «Mon y
c’est mon copain (…)
Lui n’est pas toxico, il
est accro au travail».
«Moi aussi actuellement, je ne pense qu’à
trouver du travail».
Fin IT à justifier dans 1
mois.
2e visite (j +1): désire
aller au CMSEA, parle
de famille d’accueil;
prévu pour cette semaine. β fournir cm.
de CMSEA ou Baudelaire dans 1 mois,
puis minimum 1 fois/
mois. Souhaite une
prescription: envisage d’aller à Baudelaire ce soir même.
3e visite (j +6): certif
de Baudelaire remis
en mains propres.
5e visite (+ 2 mois):
DOSSIER:
-1 cm FOMAL (ne
peut venir pour cause
de fêtes de Noël)
-1 cm de Jury (hosp.)
-2 cm de A. à Baudelaire (consult).
-2 cm du Dr J. (1
consult + 1 attestation urines -)
H
(1 RDV
26 a. célib., β enfants.
Vit chez sa mère (au
courant), père DCD il
y a 3 a. 1 sœur, mariée.
BEP mécanicienmonteur. Chômage
depuis 9 mois: licencié à cause de la drogue (le patron lui avait
laissé un délai de 2
semaines: «je n’y suis
pas arrivé dans les
délais»).
Souhaite changer
d’activité profess.: a
travaillé en imprimerie, tuyauterie, informatique. Veut faire un
stage d’électricien (1
an d’attente à l’AFPA).
« J’ai toujours travaillé, depuis l’âge de
18 ans, sauf récemment».
5e visite (+ 2 mois):
sniffe de l’héro de tps
en tps. Attend une
date de sevrage à
Jury. Dit en attendant
faire une cure en ambulatoire avec un généraliste, le dr K., depuis 2 semaines
(Viscéralgine forte +
Tranxène 50 + antidépresseur). Doit le
revoir prochainement. Dernière sniffe
il y a trois semaines.
Dit avoir du mal à tenir.
A vu le Dr J. il y a
environ 1 mois. Va
voir de tps en tps A. à
Baudelaire. L’a vu il y
a 1 semaine: «On a
fait le point». Doit le
voir demain. Préfère
Baudelaire au
CMSEA.
Quelques alcoolisations aiguës.
Tabac: 40 cig/j.
Suivi par un éducateur à S. Héro pdt 2
ans (a commencé qq
mois après la mort de
son père). Cure 5 semaines il y a 9 mois
au CHS: 1re cure de 2
semaines, conclue
par une OD Æ SAMU
Æ Justice; 2e cure de
3 semaines. Continue
de tps en tps (1 fois/
mois) à aller au CMP
(psychologue): « je
pense avoir résolu
pas mal de mes
pbs».
Se prend parfois une
cuite quand ça ne va
pas, depuis la post-cure. Buvait de l’alcool avant l’héro.
Aujourd’hui: parfois
seulement, mais à
l’excès: «ce n’est pas
vraiment un gros pb».
Æ Mdts. Tabac: 30 à
40 cig/j.
β ATCD; β Hépatites; test VIH - il y a 9
mois.
Fait du VTT (habitude
du sport en post-cure) β demande
médicale.
Adressera un cm du
CMP 1 fois/mois.
«Mais je suis tout à
fait prêt à revenir à
Metz, ça ne me dérange pas.»
Il évoque des toxicos
rencontrés au CHS,
qui lui ont dit être là
parce que contraints
par l’IT.
1 mois après: pas de
cm.
2 mois après: reçu le
cm du mois précédent.
3 mois après: c. hospitalisation au CHS.
H
2 X
(1 RDV
man-
qué)
26
H
2 X
(2 RDV
man-
qués)
22 a, divorcé, 2 enfants (6 et 5 ans).
Chômage depuis 2
ans. Menuisier de
formation (a raté son
CAP parce qu’il était
au commissariat ce
jour-là, «pour bagarre de bistrot»). En
stage de soudure
depuis 6 mois. A raté
le stage en entreprise
de fait de son hospitalisation.
Enfants placés dans
la famille, pas loin.
Dit oublier d’aller les
voir (« de tps en
tps»).
2 frères (dont 1 incarcéré pour vol). 2
sœurs.
Bons rapports avec
les parents.
C’est sa première
affaire de justice:
«j’ai toujours eu du
bol».
24 a, célib., β enfants. Parents au courant. Retraités (père:
ancien mineur). 5
sœurs, 5 frères (un
frère jumeau)
Depuis 3 ans dans la
même entreprise en
All. FailliteÆ Chgt de
patron.
Héro depuis 2 ans. 1
OD il y a 2 mois Æ
pompiers; coma de
3 J. 2 semaines
d’hospit., dont 1 semaine de réa. y a vu
un y pdt une demi-heure: «je ne l’ai pas
trop compris»; refus
de la cure proposée
Æ Justice.
Jamais de cure auparavant: «je n’avais jamais eu de pb». Dit
ne plus consommer
d’héro depuis sa sortie de l’hôpital sinon
2 ou 3 shoots. Dit
avoir obtenu des anxiolytiques «dans la
rue», pour supporter, au début.
Tranxène 50 et
Valium. Dit ne plus
consommer de
Mdts.
Shit: tous les jours, 3
g/jour.
Alcool: tous les jours
(vin à l’excès, 1 J/2).
Tabac: 20 cig/j.
Plusieurs « petites
OD » auparavant,
sans intervention
médicale. «Le pb de
la dernière fois: j’étais
seul». Dit être calme
avec sa consommation d’alcool et de
shit. Dit être sûr de
ne pas retomber
dans l’héro, parce
qu’avant il sortait
avec une junkie et
qu’il a changé de milieu. «J’en ai même
déjà refusé».
IT pour Héro. Arrêté
« par hasard » par
douane volante en
voiture. Fouille: 2 pochettes d’héro. Consomme depuis 2 ans.
Dit avoir commencé
en vacs en Thaïlande,
avec un toxico il y a 3
ans. Dit s’être shooté
Jamais de test VIH
(fait échange de seringues). Pas de résultats de l’hôpital.
hépatites; β ATCD;
Mdts; test VIH - il y
« Pour la suite, on
verra»; «si j’avais un
travail». (Me demande
mon avis là dessus). Y
réfléchira.
Avait manqué un 1er
RDV.
{2e RDV annulé à ma
demande. TELEPH en
personne, en profite
pour me dire qu’il est
allé à l’hôpital}.
2e visite (+ 1 mois): VB
chez ses parents
voiture, partagé avec
un ami).
2e visite (+ 1 mois):
en déplacement
dans le sud de l’All.
depuis 15 J. dit ne
pouvoir consommer
à cause de son travail (10 heures/j.)
tous les soirs en rentrant du travail pdt 6
mois. «Aujourd’hui,
c’est une fois de tps
en tps. C’est bien la
preuve que je veux
m’en sortir».
Est allé voir un M.T. il
y a à peu près 1 an,
pour arrêter. Dit que
le M.T. était alcoolique. Lui a donné du
Valium. N’a arrêté
qu’un semaine. En fait
a essayé de faire un
sevrage en un we
avec du Valium. Dit
ne pouvoir prendre
congé pour arrêter.
Dit n’avoir jamais consommé bcp.: maxi 1/
2 g/j. Jamais d’OD.
Tabac: 10 à 15 cig/j.
β shit.
Héro: 2 à 3 shoots/
semaine (sic).
Hostile à y (en fait:
mal informé)
Dit être allé à la permanence de Baudelaire à F. sur le conseil
d’un autre M.T. (Dr
R.). P. lui aurait dit qu’il
n’est pas toxico. Dit
souhaiter y retourner.
2e visite (+ 1 mois): a
fait 1 semaine de sevrage à l’hôpital de S.
il y a qq jours. Aurait
donné le cm à son
employeur. Prévoit de
nous envoyer un double. Aurait perdu
l’adresse de la
DDASS.
Dit: s’être shooté à la
sortie de l’hôpital;
continuer à consommer de tps en tps le
we; ne pas avoir consommé le we dernier
(resté avec sa copine);
ne plus vouloir être en
situation de manque;
n’être pas allé à la
permanence de Baudelaire; ne plus avoir
le temps.
célib., β
F
2 X
(2 RDV
man-
qués)
3 post-cur
H
4 X
enfants; vit en foyer.
Pupille de la DDASS.
Aucune famille. Scolarité jusqu’en 5e.
Incarcérée 2 mois
pour vol à l’étalage,
sortie il y a 1 mois.
D’autres vols auparavant (encore 2 mois
d’incarcération à accomplir).
β travail; β chômage
Dit avoir volé depuis
sa sortie de prison.
Se dit travailleuse.
Donne des ex. (a travaillé en usine à 5h
matin pdt 5 mois). Dit
avoir une possibilité
d’emploi chez une
personne riche.
2e visite (+ env. 2
mois): a travaillé 10 J.
dans un restaurant, à
l’essai. «Ils avaient du
mal à me payer (…) Et
puis ça ne m’intéressait pas». Puis en station service, à 1/2 tps,
pour dépanner. Finalement, «ils ont pris
un garçon». Dit faire
de la tapisserie actuellement pour des amis.
Dit avoir vu le substitut récemment, pour
une autre affaire.
dans le S-W (8 mois,
enfants. Mère commerçante, père technicien: pbs relationnels avec eux. 1 sœur
de 16 a. A quitté
l’école à 16 a.
Au chômage depuis
5 mois. CAP coupeurfourreur (vêtements féminins). A
travaillé 3 a à Paris,
puis à T. comme fourreur. Puis vendeur pdt
1 a 1/2 avec contrat
de qualification.
2e visite (+ 1 mois):
3 mois, 1 mois), dans
le cadre du CMSEA.
Dit avoir commencé
l’héro à 18 ans. «Au
début c’était sérieux ». Accro.
Aujourd’hui: «occasionnellement» (depuis presque 1 an).
A fait un camp sportif
avec le CMSEA en
avril 1992).
1 OD il y a 5 mois:
«c’était bien (É)
j’aurais voulu qu’on
me laisse». «Je
suis trop lâche pour
me suicider; j’ai
peur de souffrir».
Se dit «fatiguée de
la vie».
Tabac: 20 cig/j.‘β
shit («j’aime pas le
shit»);β Mdts: «je
suis allergique même
pour dormir». β Alcool.
Est allée une seule
fois à Baudelaire.
N’avait pas envie
d’attendre: «je suis
toujours pressée.
Pourtant, je n’ai rien
à faire».
2e visite (+ env. 2
mois): dit n’avoir consommé aucun stup
depuis la dernière
fois, «ah, si, j’ai fumé
IT pour héro. Impliqué dans l’OD du n∞
12 «j’étais là». Dit
consommer depuis 1
an 1/2 environ.
Suivi par le Dr S. à
Baudelaire. Y va tous
les vendredis jusqu’à
la fin de l’année. 1
sevrage de 10 J l’an
dernier à Jury. A tenu
3 mois. β post-cure
(on ne lui aurait pas
proposé).
Dit consommer par
périodes (accro/seun joint».
Se considère en
bonne santé. Test HIV
- il y a à peu près 1 an.
(jamais d’éch. de seringues).
Dit avoir RDV à 6 heures chez le dentiste
«mais j’ai peur et je
vais pas y aller»
«Je fais trop de choses sur des coups de
β ATCD; β Hépatites; test VIH - il y a 1
mois (qq échanges de
seringues).
tête». J’irai peut-être
à Baudelaire.
«Je suis pas triste…
J’en ai marre».
RDV 1 mois plus tard:
pas venue.
2e visite (+ env. 2 mois):
VB. Part en vacs demain dans le Sud. Ne
va plus au CMSEA: «je
n’ai pas pensé à y aller».
1 mois plus tard: n’est
pas venue.
34 22 a,
célib., β
adressera un cm une
fois par mois. A souhaité un RDV plutôt
qu’un cm.
2e visite (+ 1 mois):
revient 20 minutes
après la fin de la consultation, pour demander si un chgt est
possible: cm de Baudelaire à la place des
RDV. À Baudelaire, il
a de bons contacts et
il souhaite y retourner.
RDV reste fixé pour
dans 1 mois.
H
(1 RDV
qué)
amie (cf. n∞ 12); est
allée habiter chez des
amis de ses parents
«pour le moment». A
l’espoir de trouver un
travail à Anvers
comme désosseur
(formation prévue par
l’employeur). Doit
commencer dans
quelques jours. Dit aller bien malgré la séparation.
3e visite (+ 1 mois):
travaille en Belgique
depuis 15 J. comme
désosseur. A travaillé
de 6 heures à 9 heures ce matin.
25 ans; concubinage; 1 enfant de 13
mois.
RMI à 3 300 F depuis
plus de 6 mois.
β diplômes; niveau
CAP mécanicien.
Bcp de travail dans
des boîtes d’intérim
(méca, peinture, maçonnerie). Chômage
vrage). Avait arrêté
depuis août. Puis a
repris depuis 1 mois.
Tous les jours. «C’est
dommage, je vais voir
le Dr S. quand je vais
bien». Essaie de diminuer depuis un
mois. Dit ne pas se
shooter tous les jours.
Dit préférer arrêter
seul qu’avec son amie
(sevrage + difficile à
2).
Dit souhaiter retourner à Baudelaire pour
évoquer une post-cure.
2e visite (+ 1 mois):
Autosevrage au cours
du mois précédent.
Ne prend plus de
Mdts, sauf 1/2
Noctran parfois pour
dormir. Dit ne plus
avoir consommé
d’héroïne depuis qq
jours. (Incompréhensible + pas clair).
3e visite (+ 1 mois): dit
ne pas avoir consommé d’héro depuis
la dernière fois. Ne
prend plus de Mdts.
En fait, dit être allé à
Baudelaire, pas pour
voir un y, mais pour
voir A., plusieurs fois.
4e visite (+ 2 mois):
continue d’aller à
Baudelaire tous les 15
J. (Dr S.). Semble
gêné. Même impression qu’au RDV précédent.
Arrêté en possession
d’héro 2 mois plus
tôt. Dit consommer
depuis 7 ou 8 mois,
sniffe uniquement
(pas de shoot, pas
de fumette). Dit en
avoir gardé des séquelles (difficultés
d’endormissement.
A sniffé de la colle
vers 15-16 ans, pdt
plus d’un an.
Dit aller bien. β OD;
β Hépatites; test VIH
- il y a environ 1 an. β
ATCD. Veut reprendre le sport (faisait de
la musculation).
3e visite (+ 1 mois): VB.
Pas clair et ne cherche
pas à l’être. Ne tente
pas de se justifier
quand on le lui fait remarquer. «Insaisissable»; «manipulateur»
(plutôt maladroit);
«échec relationnel».
Fin IT. ADS.
4e visite (+ 2 mois): IT
pour héroïne (bien qu’il
ait signalé la 1re IT au
Tribunal de Thionville).
Dit avoir été balancé
par un dealer.
Adressera un cm de
Baudelaire tous les
mois pdt 3 mois.
Æ ADS.
Venu avec son amie et
son fils.
Pas venu au RDV suivant.
2e visite (+1 mois 1/2):
«J’ai bien réfléchi. Je
vais faire la cure dont
vous parliez la dernière
fois.»
H
5 X
(2 RDV
man-
qués)
depuis 2 ans. Amie
travaille.
Père ouvrier en préretraite (env. 60 a), mère
sp. Bonnes relations.
4 sœurs, 3 frères (1
frère a consommé de
l’héro, a décroché,
travaille comme employé municipal); tous
ses frères travaillent.
Dit commencer à travailler comme peintre
en bâtiment à la fin du
mois.
18 a. Père 47 a, artisan, mère employée;
bons rapports avec
eux. 1 frère aîné, 2
sœurs: est le dernier.
Travaille avec son
père. Prépare le CAP
(examen dans 1
mois). Scolarisé jusqu’en 3e, puis 1 année BEP, puis apprentissage.
2e visite (+1 mois 1/
2): attend les résultats du CAP (ça a
marché). Continuera
à travailler avec son
père après.
β shitt. Tabac: 15
cig/j., dit avoir l’intention d’arrêter.
Dit ne pas vouloir
faire de cure, mais
souhaite parler avec
un y, mais préfère
revenir ici. En fait pas
véritablement prêt à
cette démarche.
IT pour Héro. Consomme depuis environ 1 an, parfois le
we. Rarement. Dit
avoir arrêté depuis 6
mois, à la suite d’une
OD Æ SAMU (2 J.
de réa)Æ police Æ
IT. A dû se présenter
chez un M.T. (le Dr
F.) pour attestation
de suivi médical. Dit
avoir arrêté sans
cesser de travailler.
A refusé l’hospitalisation. Dit aller bien.
Shit parfois (depuis
la 4e); tabac: 5 cig/j.
(dit n‘avoir jamais
fumé auparavant); Æ
Mdts; pas de solvants. Alcool: rares
ivresses le we. Dit
n’avoir jamais été
accro, avoir refusé
plusieurs fois de
l’héro que ses co-pains lui proposaient
les samedis soirs.
Jusqu’à ce que les
parents l’apprennent. Æ Surveillance
étroite exercée par
les parents jusqu’à
l’OD. Dit ne pas savoir pourquoi il a
commencé, sinon
pour essayer.
2e visite (+1 mois 1/
2): affirme toujours
β pbs médicaux;
VHC +;
β ATCD. Test VIH -
il y a 3 mois (utilise
son propre matos,
mais rapports
sexuels non protégés). Dit craindre les
hépatites C: doit faire
un test de contrôle
bientôt.
2e visite (+ 1 mois 1/
2): n’a toujours pas
fait de contrôle bio
pour son VHC.
a: TELEPH de la
mère pour deman«Je ne consomme
pas bcp. La dernière
fois c’était il y a 2 J».
Note n∞ tel Espace
Ressources et permanence de Baudelaire.
Adressera ch si cure.
Fait 1 mois 1/2 plus
tard.
der que son fils ait un
RDV. Puis venu avec
sa mère, qui explique
que son fils a oublié.
Le fils ne dit mot. Vit
chez ses parents.
Doivent repartir et
prendre contact avec
le substitut car délai
dépassé
a + 3 J.: nouveau TEL
de la mère. Ont vu le
substitut qui a fixé un
nouveau délai (à la
main sur le doc initial).
1re visite (a + 7 J.):
venu seul.
Explique le retard initial par un malentendu
avec sa mère qui
aurait gardé la feuille.
Ne souhaite pas voir
de y, sauf s’il le faut.
Certain de ne pas recommencer.
2e visite (+1 mois 1/2):
venu à Metz avec sa
mère qui a aussi RDV
chez le médecin. Toujours en demande médicale. «Bon, je dois y
aller, là».
3e visite (+ 2 mois):
RAS.
Fin IT. ADS.
4e visite (+ 7 mois):
nouvelle IT.
d’héro depuis plus de
4e visite (+ 7 mois):
nouvelle IT, suite à
malaise après injection héro, à la maison
(3e visite + 1 mois). Æ
SAMU Æ Hôpital (1
J.). Se procure l’héro
en Allemagne.
Ne sait pas pourquoi.
N’a pas repris de drogue depuis son malaise.
5e visite (+ 1 mois):
pas de traces, ensuite
ne se présente plus.
Visites.
·
BECKER H.S., Outsiders, Paris, A.M. Métailié, 1986 (traduction française).
·
CHARTIER R., Avant-propos. In : ELIAS N., La Société des Individus, Paris, Fayard, 1991.
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·
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·
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·
VARESCON I., Les toxicomanes et leurs pairs, Psychotropes, 2000,6 (1), 71-80.
[1]
La mesure d’IT permet au procureur de la République de contraindre une personne
arrêtée dans le cadre de l’Infraction à la Législation sur les Stupéfiants à rencontrer (en
général trois ou quatre fois) un médecin mandaté par la Justice. Il ne s’agit pas à
proprement parler de soin, mais de conseil ou d’orientation. Le médecin doit prévenir
le procureur lorsqu’il estime que la personne soumise à l’IT « a donné suite », c’est-à-dire qu’elle est en mesure d’infléchir sa consommation de façon significative. Dans le
cas retenu ici, le médecin est un psychiatre vacataire, qui reçoit dans un bureau de la
DDASS. Voir : Setbon, 1998; Debourg et Petit, 2000. Pour le matériau présenté ici :
Trépos, 1999. Dans ce qui suit, les numéros r