2003
Psychotropes
Notes de lecture
Dans l’intimité des
drogues, Sous la direction de Mario SANCHEZ, Éditions Autrement,
Collection Mutations, 2003,218,197 p.
Avec les contributions de Patrick
Beauverie, Jean-Michel Chauveau, Anne Coppel, Pierre Goisset, François-Rodolphe
Ingold, Michel Koutouzis, Stéphanie Lavigne, Bertrand Lebeau, Bénédicte Lepère,
Philippe Morin, Florence Noble et William Lowenstein.
Une société sans drogues n’existe pas. Mais voulons-nous
seulement savoir pourquoi ? Ici, pour la première fois, se parlent et
s’interpellent sans complaisance des usagers de drogues – cocaïne, héroïne,
ecstasy, cannabis, alcool… – et des soignants spécialisés, psychanalystes,
psychiatres et médecins des addictions. Chaque témoignage, intime et lucide,
fait l’objet d’une lecture ouverte qui met en lumière les comportements, les
usages, les souffrances, les dépendances. Ce dialogue inédit, accompagné de
regards transversaux d’acteurs de terrain – sociologue, inspecteur de police,
intervenant associatif, journaliste…– remet en cause les images stéréotypées
que véhiculent nos sociétés : la drogue serait un mal que seule l’abstinence
saurait éradiquer, les consommateurs forcément coupables, aimeraient leur vice…
Au-delà de ces fantasmes, il est urgent d’adopter une voie plus sereine et plus
saine : entendre ce que les usagers des drogues ont à dire. Car les connaître
est la meilleure façon d’adapter nos politiques de prévention, de substitution.
Car les comprendre est la meilleure façon de traiter ceux qui, le plus souvent,
malgré eux s’y perdent. (Résumé de l’éditeur).
HACHET P., Psychologue dans un
service d’aide aux toxicomanes, Erès, Collection Pratiques du Champ
Social, 2002,146p.
Ce livre expose de manière spécifique et inédite, la pratique
d’un psychologue dans le champ du soin aux toxicomanes. S’appuyant sur sa
pratique institutionnelle, l’auteur détaille les multiples facettes des
interventions qu’il est amené à engager : les actions thérapeutiques – en
centre spécialisé avec des patients sous mesure judiciaire ou sous traitement
de substitution, à l’hôpital, en prison –, les actions sanitaires – réduction
des risques, études épidémiologiques – et les actions préventives – notamment
en milieu scolaire. Se dégage ainsi une « philosophie » de travail qui
sous-tend l’ensemble. Par leurs résistances à accepter le fonctionnement des
centres de soins traditionnels de la médecine ou de la psychiatrie, les
toxicomanes ont contraint les soignants à adapter les structures, à inventer de
nouvelles formes d’aide, à développer leur capacité à travailler en
partenariat, au sein des équipes soignantes mais aussi avec les autres
professionnels de la cité : médecins généralistes, pharmaciens, assistants
sociaux, éducateurs, enseignants, animateurs, etc. Les psychologues ont
largement participé à ces transformations de l’aide proposée aux toxicomanes et
ont œuvré pour que soient pris en compte les soubassements psychopathologiques
de l’addiction toxicomaniaque. Pascal Hachet rend compte ici de ce défi social,
clinique et théorique (Résumé de l’éditeur).
L’auteur a déjà publié dans notre revue. Il est psychologue,
docteur en psychanalyse et enseignant à l’École des Psychologues Praticiens de
Paris.
ZITTOUN C., Temps du sida. Une
approche phénoménologique, Avec une préface de FÉDIDAP.,
L’harmattan, Collection Psycho-Logiques, 2002, 206p.
Les troubles psychopathologiques induits par le sida et
d’autres maladies touchant au pronostic vital procèdent le plus souvent d’une
affection des représentations du temps. Ils relèvent davantage d’une clinique
de l’existant que de la clinique psychanalytique. À partir d’observations de
patients atteints du sida et d’une recherche sur la séropositivité rendue
possible grâce au soutien de la Fondation pour la Recherche médicale et de «
Ensemble contre le Sida », Catherine Zittoun ouvre les modèles psychanalytiques
du temps sur une perspective phénoménologique. Cet ouvrage est destiné à un
public de psychanalystes, de psychologues et de médecins travaillant dans le
champ du sida et des maladies engageant le pronostic vital mais aussi aux
infirmiers désireux de se former à une approche phénoménologique de la maladie.
« La problématique ici mise en œuvre concerne la représentation et le temps qui
sont au cœur de l’échange clinique avec le malade » (Pierre Fédida).
Catherine Zittoun est psychiatre-psychothérapeute, docteur en
psychopathologie et psychanalyse. Elle exerce à Paris où elle est praticien
hospitalier.