2003
Psychotropes
Étude
Exploratoire de l’usage des drogues dans les bars
[1]
Karen Trocki
Alcohol Research Group, Public Health Institute, 2000 Hearst
Avenue Suite 300, Berkeley, CA 94709
Laurence Michalak
Alcohol Research Group, Public Health Institute, 2000 Hearst
Avenue Suite 300, Berkeley, CA 94709
Patricia Mc daniel
L’objectif de cet article est d’explorer les caractéristiques des
bars où on observe l’usage de drogues en comparaison avec celles des bars où
cet usage n’est pas observé. L’étude a été effectuée en combinant des
techniques qualitatives et quantitatives et les données étaient collec~tées à
partir d’observations et d’entretiens. Parmi les principaux indica~teurs de
cette étude on peut citer les types d’activités (la danse en particulier) et le
niveau de tapage constaté dans les bars. En outre, l’usage des drogues s’est
avéré plus fréquent que d’autres types d’infraction à la loi. Les
caractéristiques des clients (plus d’hommes) et les types de com~portements
(courir plus de risques en matière de sexualité) ont aussi dis~tingué ces
bars.
Mots-clés :
Consommation, Alcool, Psychotropes, Ecstasy, Débits de boisson, États-Unis.
The purpose of this paper is to explore the characteristics of
bars where drug use was observed compared to those where no drug use was
observed. The study was done through a combination of qualitative and
quantitative techniques gleaned through observations and interviews. Among the
most important of indicators were the type of activity (particularly dancing)
and the level of rowdiness evident in the bars. In addition drug use bars had
higher levels of other types of rule-breaking. Patron characteristics (more
men) and behavioral patterns (more sexual risk-taking) also distinguished these
bars.
L’exploration de l’usage de drogues dans les bars et les clubs
– milieux typiquement associés à l’alcool mais qui sont aussi connus pour être
liés à la dro-gue- n’a pas fait l’objet de nombreux travaux de recherche.
Puisque l’alcool est légal et facilement accessible, les travaux de recherche
se sont multipliés pour examiner les facteurs liés au contexte et au milieu et
qui sont susceptibles de devenir l’objet de mesures visant la réduction de
l’usage et/ou de l’abus d’alcool. En effet, la recherche en matière de
consommation d’alcool a déjà conduit à des mesures spécifiques qui ont permis
de réduire la nocivité de l’alcool (Babor 2000; Single 1992,1993,1994; Saltz
1987).
Il est important de développer une bonne connaissance des
endroits publics où on peut trouver une certaine concentration de consommateurs
de drogue (normalement une population « cachée »). La connaissance des endroits
usuels pour la consommation d’alcool et de substances illicites peut nous aider
à comprendre le schéma de l’usage des drogues au niveau des différentes
sous-cultures, la dynamique d’initiation et de maintien de l’usage. Cela permet
de donner de nouvelles perspectives en matière de planifications des
interventions qui visent les consommateurs de drogues/alcool ainsi que
d’établir de nouveaux programmes de prévention.
Des observations ethnographiques ont été effectuées dans 105
bars dans les départements (counties) de San Francisco, Alameda and Contra
Costa; bien que les deux derniers départements aient des populations plus
importantes, 70% de ces bars sont à San Francisco même, puisqu’elle constitue
un pôle touristique important. Les bars ont initialement été sélectionnés sur
la base de plusieurs sources d’informations. Diverses étapes ont permis de
construire la liste de bars à partir de laquelle nous avons définitivement
choisit les sites : les annuaires téléphoniques, sites Internet, discussions
avec des spécialistes du milieu et huit différents
focus groups (3 avec le personnel de
bars et 5 avec des clients de bars divisés en groupes selon l’ethnicité, le
sexe ainsi que l’orientation sexuelle). Cela a abouti à une liste de plus de
400 bars dans trois départements de la région de la baie de San Fransisco pour
lesquels nous avons obtenu des informations détaillées. La liste n’était pas
exhaustive, mais était néanmoins représentative d’une gamme de caractéristiques
telles que le type de bar (par exemple danse, quartier, sports), la clientèle
(homosexuels, hétérosexuels, ceux fréquentés par différents groupes ethniques,
ceux avec différents niveaux socio-économiques, catégories d’âge, etc.), le
type d’emplacement (centres urbains, bars d’hôtels, bars rattachés à des
restaurants) et les horaires.
Le Comité de Révision Institutionnelle (Institutional Review
Board) a accepté les protocoles qui ont été utilisés lors des observations et
des entretiens. Des réunions spéciales de formations ont été dédiées à la
révision des lignes directrices et des standards ethniques pour la recherche
observationnelle et ethnographique. Lors de la présentation des données, nous
avons pris soin de cacher les identités des divers sites ainsi que celles de
tout individu associé avec les locaux en question.
Les observations se sont étalées sur une période de deux ans.
La plupart des observations ont été d’une durée de trois à six heures. Nous
avons enregistré des données qualitatives et quantitatives durant chacune
d’entre elles. Chaque observation au niveau d’un bar (toujours effectuée par
une équipe de deux observateurs avec parfois en plus un observateur en
formation). À chaque première visite, un « guide d’observation de bar » ou BOG
(Bar Observation Guide), une liste standardisée, est rempli et chaque
observateur note ses propres relevés sur la base d’une structure qui assure que
tous les thèmes spécifiques sont abordés dans les rapports.
Nous avons demandé à chaque observateur d’inscrire ses
impressions personnelles dans un cahier de notes personnelles qui sert à
compléter et détailler les données fournies dans le BOG. Nous avons amené les
observateurs à suivre un plan souple, le «Field
Note Template», lorsqu’ils donnent le compte rendu de leurs
expériences dans les bars afin de se fixer une base de comparaison pour toutes
les observations. La structure suit généralement les domaines d’observations
comme il est indiqué dans le BOG avec des sections supplémentaires. Nous avons
demandé aux observateurs d’inscrire leurs commentaires le plus tôt possible
après le terrain, généralement dans les 24heures. Les observateurs ont été
formés spécialement par un chercheur expérimenté selon des approches qualifiées
de «thick description» qui vise la
description détaillée et objective.
Données géographiques et autres
caractéristiques clés pour les bars ne présentant pas d’usage de drogues (NDU)
par rapport aux bars à usage des drogues (DU)
L’échantillon inclut les bars situés aux départements de San
Francisco (74%), Alameda (19%) et Contra Costa (6%). Néanmoins, les bars où
l’usage des drogues était observé sont concentrés surtout à San Francisco (90%,
ou 27 des 30 bars DU). En lien avec la nature urbaine de bars DU, les
observateurs ont souvent exprimé un sentiment de manque de sécurité dans ces
quartiers (52% des régions environnant les bars DU sont considérées « non-sûres
» contre seulement 21% des régions environnant les bars NDU). Ce sentiment est
attribué, en partie, à une forte concentration de mendiants urbains (panhandlers) (83% contre 54%) et de la
prostitution (42% contre 20%) dans les quartiers à bars dont la clientèle
consomme la drogue. Les bars DU sont plus souvent situés dans les quartiers
dont le caractère socio-économique est jugé bas par les observateurs (48% des
bars DU comparés à seulement 21% des bars NDU). Pour donner une idée sur le
quartier où se situe un tel bar, un observateur a écrit :
«[C’] est un quartier à double personnalité. D’une part, il
est plein de vieilles baraques et de bâtiments abandonnés. Les
Panhandlers prolifèrent et des
individus à l’apparence suspecte occupent les différents coins de la rue. Ces
rues sont sales et il y a plein de graffitis un peu partout sur les bennes à
ordures et dans les sites de construction. En gros, cet aspect de quartier peut
être assez effrayant. D’autre part, ce quartier est en rénovation… la scène
nocturne est en nette amélioration. Il y a une multitude de clubs, restaurants
et de bars ici qui attirent les jeunes et les gens chics ».
Activités
Les bars DU ont un grand nombre de caractéristiques
distinctives liées à leurs activités. Ces bars ont plus souvent une activité
spécifique (41% contre 21%). Étant donné ce taux élevé, comme on pourrait s’y
attendre, la plupart des bars DU ont une piste de danse ou une autre forme de
divertissement (73% des bars DU ont une piste de danse contre seulement 44% de
bars NDU, p <0,006). En effet, la danse à outrance était un signe de la
présence possible d’usage des drogues, puisque certaines drogues rendent ses
consommateurs capables de danser pendant de longues périodes de temps ou, comme
l’ecstasy, sont associées à un type de musique particulier lié à la danse. Par
exemple, dans un bar, un observateur a remarqué un danseur dont le niveau
d’énergie, l’apparence et la consommation d’eau suggéraient qu’il était sous
l’influence d’ecstasy : « il dansait comme un fou, il ne pouvait ni s’arrêter
ni se tenir droit, sur la piste de danse, tout rouge, les yeux hagards. Il
dansait selon le style qu’on voit souvent dans les raves – un genre de danse
hip hop rapide avec des mouvements saccadés des bras et des jambes. Il avait
trois bouteilles d’eau avec lui… Quand il prenait un verre, son corps ne
pouvait pas s’arrêter de bouger au rythme de la musique ». D’après des
commentaires relevés dans un autre bar, un observateur a dit :
Nous avons aussi observé un groupe de filles qui dansaient
avec des bâtonnets fluorescents (glow
sticks). À mon avis, ces filles étaient sûrement sous l’influence de
drogues. Elles dansaient ensemble en cercle en remuant leurs bâtonnets
étincelants en harmonie. Elles suivaient en fait un rythme très sophistiqué. Je
pense qu’elles avaient pris des drogues parce qu’elles n’avaient pas arrêté de
faire cela tout au long de la nuit. En effet, du moment où on est arrivé
jusqu’au moment où on est parti, les quatre filles étaient soit en train de
danser ensemble en groupe soit en train de remuer leurs bâtonnets
fluorescents.
Le divertissement et les activités des clients dans les bars
DU par opposition aux bars NDU a montré des distinctions évidentes, mais pas
toujours celles attendues. Par exemple, seuls quelques-uns de ces bars
utilisent la télévision comme forme de divertissement. Bien que les bars DU
aient plus souvent de la musique, peu de catégories de musique différencient
les deuxensembles de bars : le jazz, la techno et la catégorie « autre ». La
techno et la catégorie « autre » musique sont plus fréquemment jouées dans les
bars DU mais étonnamment, le jazz s’y rencontre beaucoup moins (un seul bar DU
contre 15% des bars NDU). L’explication est que le jazz est associé à une
audience plus âgée et par conséquent il y a de moins de chances que les clients
soient engagés dans l’utilisation des drogues.
Bien qu’il y ait une tendance à rencontrer de la danse et du
divertissement dans les bars où on observe l’usage de drogues, nous avons
rencontré des cas où de simples bars de quartiers ont des petits groupes de
clients réguliers qui apparemment se servent du bar comme lieu de rencontre et
de consommation de drogues. Un de nos interviewés lors d’un entretien détaillé
nous a dit :
«[Je] décollais chaque matin de chez moi. Je suis déjà dans
le bar à 7h30 ou 8h00 du matin, dès que je me réveille. Je consomme du speed
quand j’en ai, ce qui est presque toujours le cas… C’est juste pour commencer
la journée… Ouais, deux bières et puis je rentre chez moi, je prends un café…
Et puis, je me rends avec quelques gens [dans le bar] avant qu’ils aillent au
boulot… Je prends quelques bières, je joue un peu, je fais quelques lancés de
dés, je fais une ligne [de cocaïne]…»
Les caractéristiques de la
clientèle
Les caractéristiques de la clientèle constituent aussi un
facteur important dans la différenciation des bars. La clientèle masculine est
plus importante que la clientèle féminine dans l’échantillon global de bars
(approximativement deux tiers des clients sont des hommes). Près de 40% des
bars DU sont des bars pour homosexuels ou bien mixtes (contre 28% seulement de
tous les bars, l’écart n’étant toutefois pas significatif, p <0,10). Par
voie de conséquence, il n’est pas étonnant que 71% des clients rassemblés à
travers tous les bars DU soient des hommes. Le schéma d’arrivée et de présence
dans les bars DU se situe aussi dans la tendance de ces bars à être des bars
pour homosexuels : un plus grand nombre de clients sont venus seuls ou bien
dans un groupe de même sexe. Moins de 8% des clients dans les bars DU sont
jugés être de couches sociales aisées comparés à 22% dans les bars NDU. Il y
avait une tendance selon l’âge (moins de gens de plus de 40 ans dans les bars
DU) et, de manière étonnante, il n’y a eu qu’une seule différence significative
au niveau ethnique dans les bars DU par rapport aux bars NDU; c’est qu’une
proportion légèrement plus élevée des clients dans les bars DU était
asiatique.
Schéma de
comportement
Parmi les différences les plus importantes, nous pouvons
noter les degrés plus élevés de comportements « déviants » ou socialement moins
acceptables dans les bars DU. Bien qu’il soit interdit de fumer dans les bars
de San Francisco, il est apparu que la plupart des bars DU enfreignent la loi
interdisant de fumer dans les lieux publics. Le taux de « comportement ivre »
dans les bars ayant des consommateurs de drogues était plus élevé que dans les
autres bars; 52% de ces bars ont au moins un client qui a été observé ivre
comparés à 39% en tout (différence non significative statistiquement).
Finalement, les bars présentant un usage plus important de drogues ont
plusieurs caractéristiques d’ambiance distinctes : ils sont considérés plus
propices au tapage, plus denses et plus bruyants, ainsi que plus impersonnels
et délabrés.
Les schémas du comportement sexuel s’avèrent aussi différents
dans les deux types de bars. Dans les bars DU, les sujets étaient plus enclins
à se toucher, s’embrasser, se caresser et opérer des tentatives de drague. Nous
avons pensé que cette statistique est due à une expression plus explicite de la
sexualité dans les bars homosexuels (qui ont un taux plus élevé d’usage de
drogues) mais ceci n’était pas le cas. Par exemple, la danse sexy parmi les
clients a été enregistrée dans 35% des bars hétérosexuels NDU et 65% des bars
hétérosexuels DU; pour les bars homosexuels, le taux de danse sexy a été de 44%
et 56% respectivement pour les bars DU et NDU. Une des plus flagrantes
rencontres sexuelles ayant pu être observée dans les bars DU s’est déroulée
entre un homme sous l’influence de drogues et une femme qui semblait être sous
l’influence d’Ecstasy :
Nous croyons qu’ils ne se connaissaient pas avant, mais
nous ne pouvions pas en être sûrs. Ils ont parlé sans se toucher pendant près
d’une heure. Je l’ai entendu dire quelque chose qui suggère qu’il était
bisexuel… Peu après, ils étaient en train de s’embrasser au bar. Puis, elle
s’est assise sur le bar, a entouré sa taille avec ses jambes et ils ont
commencé à simuler une relation sexuelle; cela a duré au moins 20 minutes. Ils
ne semblaient pas s’intéresser à la réaction des autres clients et faisaient
cela avec vigueur. Les autres clients étaient bien conscients de cela et
faisaient des blagues… La femme travaillant au bar nous regardait comme pour
dire « mais qu’est ce qu’ils sont en train de faire ?». Mais personne ne leur a
adressé la parole ou fait quelque chose.
Pour la dernière étape, nous avons effectué une analyse par
régression logistique multivariée parce que la plupart des variables
individuelles dont nous avons discuté sont intercorrélées. Par exemple, il est
assez probable que les bars ayant des pistes de danse soient à la fois bruyants
et surpeuplés, donc nous ne mesurons pas là nécessairement des facteurs
indépendants. Lorsque nous avons fait entrer toutes les variables décrites
ci-dessus dans notre modèle logistique, seulement trois variables sont
ressorties : la danse, le « tapage » et l’ambiance froide et impersonnelle. La
majorité de ces associations bivariées est due à leurs relations avec ce petit
ensemble de caractéristiques. Cependant, les variables « tapage » et « ambiance
impersonnelle » sont indépendantes de la danse et indiquent qu’il peut y avoir
une variabilité supplémentaire marquant une tendance à l’illégalité ou une
tendance des gens à ne pas se mêler des activités des autres.
Cet article offre une vision singulière sur l’usage des drogues
dans les bars parce que ce travail a été effectué d’un point de vue
observationnel qui repose à la fois sur des techniques qualitatives et
quantitatives. Ces observations ont été réalisées de manière systématique sur
un grand nombre de bars puis quantifiées. Les résultats montrent que la
consommation de drogues est plus importante dans les locaux où s’exerce moins
de pression sociale visant à l’adhésion à certains comportements standard. Il
est étonnant de constater que, bien que partant de centaines de variables et
caractéristiques de ces locaux, nous n’avons obtenu que trois variables
clés.
Afin d’explorer ce phénomène en profondeur, on peut
s’intéresser à la manière dont ces résultats s’articulent avec les commentaires
d’autres chercheurs. Malbon (1998) affirme que la « consommation de
l’expérience des clubs est exceptionnellement voluptueuse et sensuelle… on
pourrait interpréter l’expérience des clubs comme une performance où la lumière
(ou le noir), le son, l’usage éventuel des drogues, les pratiques et les
rituels de la danse et la proximité de l’audience contribuent tous à son
intensité… C’est le pouvoir de la musique… de créer une atmosphère (un espace
chargé émotionnellement) qui est d’une importance cruciale (p. 270-271). » Pour
Malbon, l’expérience typique d’un jeune urbain est qu’il est dans un milieu
froid et asocial et qu’il cherche des expériences telles que les clubs et
l’usage des drogues pour se sentir connecté émotionnellement.
Les données recueillies à travers les observations et les
entretiens et que nous avons présentées ici sont en partie en accord avec ce
point de vue mais s’en écartent tout de même sur certains aspects. Les drogues
et la musique sont interactives et créent une atmosphère où on se sent lié
socialement mais d’une manière froide et impersonnelle. Un genre de sociabilité
et de sensualité factices est créé sans apport de véritable amour, d’amitié ou
de compassion. Plusieurs de nos interviewés ont parlé de cela lors d’entretiens
approfondis. Par exemple, un interviewé a dit :
« Je ne suis pas du genre à aller en club. Donc, je ne vais
pas vraiment dans les grands, tu vois, ceux qui sont ouverts jusqu’à 4heures,
et où il y a tous ces gens qui prennent des Ecstasy et font toute leur danse
rave. Ce n’est pas mon style du tout. Je préfère aller avec des copains dans un
bar et écouter de la musique live ou bien dans un petit endroit dans le coin où
on peut s’amuser et où il n’y a pas trop de gens. De temps à autre, c’est
agréable d’aller, tu vois, à un bar plein de monde et voir un groupe super. Tu
connais la musique et tu danses et tu chantes et tu bois. »
Ce sujet montre le contraste entre l’expérience de la danse et
l’utilisation de la drogue dans les clubs de type rave par opposition à son
expérience de fréquenter un bar tranquille de son quartier avec quelques amis
proches.
En résumé, l’usage des drogues a été observé dans presque le
tiers des bars et des clubs que nous avons visités et a été notablement lié à
la danse. Toutefois, l’ambiance de ces endroits ne semblait pas être favorable
à la création d’une chaleur sociale et d’une convivialité, ajoutée au fait que
la clientèle fréquentant ces endroits n’ose pas imposer les normes sociales
usuelles (par exemple, demander aux autres de ne pas fumer là où c’est
interdit).
Enfin, il est à noter que cette étude est effectuée sur la base
de l’observation et que seul l’effet ou l’usage de quelques drogues peut être
aisément observé. En réalité, plusieurs autres drogues pourraient avoir été
utilisées (comme la marijuana) mais leurs effets n’étaient pas forcément
visibles pour un observateur extérieur. Par conséquent, dans une prochaine
étude on peut envisager d’analyser simultanément les données déclaratives de la
clientèle et les comparer aux données d’ordre institutionnel réunies par les
observateurs.
Reçu en octobre 2003
·
BABOR TF., Contributions from alcohol research to the formation
and analysis of alcohol policy. Contemporary Drug
Problems, 2000,27 (3), 393-396.
·
MALBON B., The Club : Clubbing : consumption identity and the
spatial practices of every-night life. In : T.Skelton, G.Valentine (éds.),
Cool places : Geographies of youth
culture, London, Routledge, 1998,266-286.
·
SALTZ RF., The roles of bars and restaurants in preventing
alcohol-impaired driving : An evaluation of server intervention,
Evaluation & the Health
Professions, 1987, 10 (1), 5-27.
·
SINGLE E., The interaction between policy and research in the
implementation of server training. Addiction, 1993,88 (supplement (January)),
105S-114S.
·
SINGLEE., Recent developments in alcoholism : public drinking,
Recent Dev Alcohol, 1993, (11),
143-152.
·
SINGLEE., The impact of social
and regulatory policy on drinking behavior [Research Monograph No.
26, NIH Publication], 1994.
[1]
Remerciements : Ce travail de recherche a été financé par le
National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism aux États-Unis par les fonds
R01 AA08564 et le Center Grant AA05595. Nous tenons aussi à remercier Slim
Chourou pour son aide précieuse dans la traduction française de ce
document.