2004
Psychotropes
Éditorial
Florent Farges
Psychiatre Docteur en psychologie Rédacteur en chef
Ce nouveau numéro de Psychotropes veut, de par son contenu, marquer
un changement de direction dans la ligne éditoriale de la revue. En effet, à
coté des articles originaux de qualité, dont la publication est la raison
d’être de Psychotropes, nous
souhaitons de plus en plus ouvrir la revue à d’autres formes
d’intervention.
Ainsi cette livraison inaugure une nouvelle formule avec ses
différentes rubriques : Fait clinique, Communication, Institution, Lettre à la
rédaction, Note de lecture, Comptes rendus de livres.
L’objectif est, outre de maintenir son bon niveau scientifique
par des articles originaux, de la rendre plus conviviale, plus informative, en
offrant aux lecteurs des données concrètes exploitables à court terme.
Vous allez découvrir dans cette parution trois articles. Romain
Giffard, dans une recherche personnelle, interroge la famille du toxicomane, à
travers ses mythes, en l’occurrence ici celui de « famille sans histoire ». Il
émet l’hypothèse d’une toxicomanie qui représenterait une attaque d’un mythe
familial normalisant et banalisant, qui, rigide, inadapté et ne servant plus le
groupe, ne correspondrait à aucune réalité.
L’article de Michel Makouala est l’œuvre d’une recherche
collective faite par une équipe du Nord de la France. Elle concerne le suivi de
116 toxicomanes sur une durée d’un an. Saluons cette recherche de qualité, car
les enquêtes de suivi de cohortes de toxicomanes sont très difficiles à
réaliser et les publications sont donc, en France, très rares sur ce
sujet.
Pascal Hachet, psychologue intervenant auprès de toxicomanes
incarcérés, fait part de son expérience en nous livrant ses réflexions
théoriques et cliniques quant à ce mode de prise en charge. Il nous montre les
obstacles de ce travail, mais aussi l’intérêt que ce cadre si particulier peut
apporter.
La rubrique « Fait clinique » distingue deux contributions :
l’une, de Virginie Gourlay, interroge le rang de naissance dans la fratrie du
toxicomane; l’autre, du Docteur Xavier Aknine rapporte un cas de
primoconsommation de Subutex.
Le Docteur Christian Sueur, bien connu dans le milieu des
intervenants en toxicomanie, notamment pour son implication dans Médecins du
Monde, nous livre une longue et passionnante communication concernant les
drogues de synthèse. D’un style très direct et sans langue de bois, il émet ses
opinions concernant la façon dont la société reçoit et répond à ces nouvelles
drogues.
Dans une rubrique « Institution », nous souhaitons présenter de
façon claire et didactique l’historique et la façon de travailler d’un
établissement de soins. Bruno Didier, thérapeute au centre APTE, nous présente
l’institution dans laquelle il exerce. Le lecteur découvrira ce type de
thérapie, en communautés, inspiré du modèle du Minnesota et très mal connu en
France.
La lettre à la rédaction écrite par le Docteur Victor Simon,
spécialiste qui fait autorité dans le champ de l’hypnose Ericksonnienne, est
l’exemple même de l’interaction que nous souhaitons entre les auteurs et les
lecteurs. Réagissant à l’article de Christian Miel, « hypnose et toxicomanie »,
paru dans le volume 9 (1), il fait part de ses remarques et contribue ainsi à
un dialogue tout à fait enrichissant.
Enfin, la revue se termine par les notes de lecture et des
comptes rendus de livres. Nous ne pouvons qu’encourager ceux qui auraient envie
de prolonger leur lecture d’un ouvrage, à nous envoyer un texte critique qui
sera publié après avis du comité de rédaction.
Bonne lecture.