Psychotropes
De Boeck Université

I.S.B.N.2-8041-4500-X
130 pages

p. 81 à 82
doi: en cours

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Vol. 10 2004/2

2004 Psychotropes

Introduction aux journées de l’ASPSTA, Rodez, avril 2004

Jean Harbonnier Président de l’ASPSTA
L’ASPSTA (Association des services publics de soins en toxicomanie et en alcoologie) a été créée en 2000, faisant suite à des réunions informelles de ces mêmes services initiées depuis le début des années 90 par le docteur Vedeihlie, responsable de l’intersecteur des pharmacodépendances de Rennes, et premier président fondateur de l’association.
La nécessité de cette association est apparue évidente avec la répétition et l’accumulation de problèmes spécifiques à ce type de services hospitaliers différents de ceux de nos partenaires associatifs.
L’association a pour but de défendre la spécificité des problématiques d’environ 80 services hospitaliers de soins en toxicomanie et une vingtaine en alcoologie auprès des différentes tutelles et des ministres, mais également de mener une réflexion clinique et psychopathologique sur les dépendances.
Récemment, la loi de janvier 2002 a inscrit les services hospitaliers de soins en toxicomanie, contre toute logique et toute cohérence, dans un cadre de prise en charge médico-sociale. Nous n’avons jamais été entendus sur ce sujet. Cela risque d’accentuer un défaut important de soins bio-psycho-sociaux dans les dépendances – défaut sanitaire à l’origine des épidémies du sida et de l’hépatite C en l’absence de réduction des risques à l’époque – qui se répète actuellement quant à la négociation des dimensions psychopathologiques et des comorbidités psychiatriques en développement considérable qui débordent les équipes psycho-éducatives mal formées et organisées dans ce domaine. Le maintien des services hospitaliers dans le sanitaire aurait constitué une complémentarité idéale avec nos partenaires associatifs médico-sociaux.
Les journées scientifiques de l’association ont été organisées chaque année avec un souci d’étayer nos orientations par une réflexion clinique.
En 2004, à Rodez, le sentiment d’être traité par nos dirigeants avec des vues plus politiques que cliniques ou pratiques a sans doute été à l’origine de ce thème « Catégorisations et réalités cliniques ».
La réalité échappe sans doute à toute catégorisation, mais il est certainement utile, voire indispensable, de s’orienter à l’aide de repères cliniques, biologiques, psychopathologiques, sociologiques, etc., dans les soins complexes des dépendances qui interpellent la médecine, la psychiatrie et la sociologie traditionnelles.
Cette obstination des problématiques de dépendances à ne pas vouloir rentrer dans les « cases » classiques du fait de leur complexité, leur évolutivité, leur transversalité, entraîne souvent des contre-attitudes de rejets ou de fascination : le soin nécessite une troisième voie, la plus neutre et la plus empathique possible.
Les interventions faites lors des journées de Rodez déclinent ces craintes et ces difficultés. Deux d’entre elles font l’objet des articles qui suivent :
  • La répétition des contre-attitudes, du Dr Jean-Paul Descombey
  • La passion et son héritage, du Dr Patrice Nominé
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