2004
Psychotropes
Introduction aux journées de l’ASPSTA, Rodez, avril 2004
Jean Harbonnier
Président de l’ASPSTA
L’ASPSTA (Association des services publics de soins en toxicomanie et en
alcoologie) a été créée en 2000, faisant suite à des réunions informelles
de ces mêmes services initiées depuis le début des années 90 par le
docteur Vedeihlie, responsable de l’intersecteur des pharmacodépendances de Rennes, et premier président fondateur de l’association.
La nécessité de cette association est apparue évidente avec la
répétition et l’accumulation de problèmes spécifiques à ce type de
services hospitaliers différents de ceux de nos partenaires associatifs.
L’association a pour but de défendre la spécificité des problématiques d’environ 80 services hospitaliers de soins en toxicomanie et une
vingtaine en alcoologie auprès des différentes tutelles et des ministres,
mais également de mener une réflexion clinique et psychopathologique
sur les dépendances.
Récemment, la loi de janvier 2002 a inscrit les services hospitaliers
de soins en toxicomanie, contre toute logique et toute cohérence, dans un
cadre de prise en charge médico-sociale. Nous n’avons jamais été
entendus sur ce sujet. Cela risque d’accentuer un défaut important de
soins bio-psycho-sociaux dans les dépendances – défaut sanitaire à
l’origine des épidémies du sida et de l’hépatite C en l’absence de
réduction des risques à l’époque – qui se répète actuellement quant à la
négociation des dimensions psychopathologiques et des comorbidités
psychiatriques en développement considérable qui débordent les équipes
psycho-éducatives mal formées et organisées dans ce domaine. Le
maintien des services hospitaliers dans le sanitaire aurait constitué une
complémentarité idéale avec nos partenaires associatifs médico-sociaux.
Les journées scientifiques de l’association ont été organisées chaque
année avec un souci d’étayer nos orientations par une réflexion clinique.
En 2004, à Rodez, le sentiment d’être traité par nos dirigeants avec
des vues plus politiques que cliniques ou pratiques a sans doute été à
l’origine de ce thème « Catégorisations et réalités cliniques ».
La réalité échappe sans doute à toute catégorisation, mais il est
certainement utile, voire indispensable, de s’orienter à l’aide de repères
cliniques, biologiques, psychopathologiques, sociologiques, etc., dans
les soins complexes des dépendances qui interpellent la médecine, la
psychiatrie et la sociologie traditionnelles.
Cette obstination des problématiques de dépendances à ne pas
vouloir rentrer dans les « cases » classiques du fait de leur complexité,
leur évolutivité, leur transversalité, entraîne souvent des contre-attitudes
de rejets ou de fascination : le soin nécessite une troisième voie, la plus
neutre et la plus empathique possible.
Les interventions faites lors des journées de Rodez déclinent ces
craintes et ces difficultés. Deux d’entre elles font l’objet des articles qui
suivent :
-
La répétition des contre-attitudes, du Dr Jean-Paul Descombey
-
La passion et son héritage, du Dr Patrice Nominé