2004
Psychotropes
L’ayahuasca, liane des dieux, liane de la mort
Psychothérapie et chamanisme
Jean-Marie Delacroix
Psychologue clinicien Responsable de la formation de
thérapeutes à l’Institut de Gestalt-thérapie de Grenoble et à l’Institut Grefor
(Gestalt, Recherche, Formation) Courriel : delacroixjm@hotmail.com
Ils participent, la nuit, dans l’obscurité, à d’étranges
cérémonies, en absorbant une plante d’une amertume effrayante qui leur ouvre la
porte des mondes invisibles. Ils sont accompagnés par quelques chamans qui,
toute la nuit, vont chanter des invocations et pratiquer d’étranges rituels
avec de la fumée et des parfums. Le jour, ils continuent le traitement
chamanique et travaillent. Pendant un mois, ils vont participer deux ou trois
fois par semaine à un autre type de rituel: une psychothérapie de groupe selon
les conceptions post-freudiennes auxquelles on se réfère en Europe et en
Amérique du Nord. Cela se passe en Amazonie péruvienne, à Takiwasi, centre de
réhabilitation pour toxicomanes qui a la particularité d’utiliser les
traitements chamaniques locaux et traditionnels, basés sur l’utilisa~tion de
«plantes sacrées», et notamment d’une plante psycho-trope: l’ayahuasca.
L’auteur a participé à cette expérience comme patient la nuit et comme
psychothérapeute le jour. Dans cet article, il se pose plusieurs questions:
peut-on concilier deux types de traitement aussi différents que le chamanisme
et la psychothérapie de groupe à l’occidentale et ce, avec des toxicomanes?
Est-il possible ou souhaitable de mettre des patients en contact, dans le même
temps, avec deux types de traitement qui s’appuient sur une logique, une
culture et un paradigme si différents, voire opposés? Et quel est le résultat?
Cet article présente un début de réflexion sur ces thèmes à partir d’une
expérience vécue en 1998.
Mots-clés :
ayahuasca, psychothérapie, thérapie de groupe, chama, nisme, initiation, Amazonie.
They partook, in the dark of night, in strange ceremonies where
the ingestion of a frighteningly bitter plant opened doors to invisible worlds.
A few shamans were among them, chanting invoca~tions all night long and
implementing strange rituals involving smoke and perfumes. During the day, they
carried on with the shamanic treatment and they worked. For a month, they
participate in another type of ritual taking place two to three times a week: a
group therapy, as it is known to the post-Freudian school in vogue in Europe
and North America. Such experiments take place at Takiwasi, a drug
rehabilitation centre in the Peruvian Amazon where local traditional shamanic
treatments based on psychotropic «sacred plants», especially ayahuasca, are
used. The author was part of the experiment, at night as patient, and in the
day time as therapist. The paper asks several questions. Can two treatments so
different from one another as are shamanism and western-style group therapy be
made to work together, especially with drug abusers? Is it possible, or indeed
desirable, to bring patients into simultaneous contact with two types of
treatment that rely on radically different or even opposed, logics, cultures
and paradigms? For what outcome? The paper presents incipient reflections on
those issues based on an experiment in 1998.
Pour introduire cet article, je voudrais d’abord mentionner
qu’il n’a aucune prétention scientifique. En France, on ne parle de l’ayahuasca
que depuis quelques années et la littérature sur ses effets thérapeutiques et
sur la structure de la psyché est peu connue. À ma connaissance, les
investigations psychothérapeutiques et les publications en lien avec ce type de
recherche sont rares dans notre langue et je me suis senti, en 1998, pionnier
dans ce type de démarche. Pionnier
signifie absence de jalons, solitude, empirisme, intuition et risque d’erreurs.
J’ai eu parallèlement à ma formation en psychologie clinique une formation en
ethnologie. Et mon projet était de faire une recherche en utilisant comme
méthodologie l’implication personnelle. Cet article est donc d’abord un
témoignage à partir de mon engagement personnel dans ce type de thérapie. On
pourrait considérer ce travail comme une sorte de pré-enquête qui permettrait
d’entreprendre ensuite une étude plus rigoureuse sur le thème du couplage
psychothérapies freudiennes et post-freudiennes et thérapies ethniques
traditionnelles. Cette étude reste à faire.
Introduction à l’usage de l’ayahuasca en thérapie
Le centre Takiwasi a été créé en 1992 par le docteur Jacques
Mabit qui en est son directeur. Ce dernier avait été initié pendant de
nombreuses années au chamanisme amazonien à partir des plantes sacrées et plus
particulièrement de l’ayahuasca. Ce centre est certainement le seul au monde
qui propose cette pratique chamanique pour le traitement à des toxicomanes et
des alcooliques.
L’ayahuasca s’absorbe la nuit au cours d’une cérémonie qui dure
environ six à sept heures, guidée par des chamans qui vont en réguler les
effets, ainsi que l’énergie des individus et du groupe, par leur présence,
leurs chants et différents rituels.
Voici quelques-uns des effets de cette plante prise dans le
contexte d’un traitement chamanique :
- Elle déclenche des réactions physiologiques telles que
nausées et vomissements.
- Elle met la personne dans un état modifié de conscience :
la conscience est élargie et, à partir de là, les ressentis corporels,
émotionnels ou imaginaires sont amplifiés.
- Elle peut provoquer des visions et des
hallucinations.
- Certains scientifiques émettent l’hypothèse qu’elle
réveille les mémoires inscrites dans l’organisme, et plus particulièrement dans
l’ADN.
- Elle permet de « voir », de conscientiser, de revivre des
éléments de l’histoire personnelle et familiale, mais aussi de l’histoire de la
genèse de l’humanité. Certains l’appellent la plante qui psychanalyse.
Mon engagement de psychologue dans une initiation à ce type de
chamanisme me permet d’attester que l’ayahuasca est réellement une plante qui
psychanalyse et dont l’action va beaucoup plus loin que la psychanalyse
freudienne puisqu’elle permet de contacter certains aspects des origines de
l’histoire de l’humanité et du cosmos.
Les patients qui arrivent à Takiwasi vont donc être traités par
cette forme de chamanisme, laquelle repose sur l’épuration du corps physique et
du corps énergétique à l’aide de plantes et sur la rencontre avec « des mondes
invisibles » et avec d’autres niveaux de réalité.
Durant le jour, ils participent à différentes activités :
travail de la terre, atelier de menuiserie, boulangerie, artisanat,
participation aux travaux de la vie quotidienne de l’institution.
Ils sont entourés d’une équipe comprenant un médecin, un
psycho-logue, plusieurs chamans et plusieurs éducateurs.
Une autre caractéristique de l’institution est que tout le
personnel est également engagé dans un travail d’évolution personnelle par
cette technique : il absorbe, lui aussi, des plantes dépuratives, de
l’ayahuasca, et prend quelquefois, comme les patients, un temps d’isolement et
de diète (ou de jeûne) dans la forêt.
J’ai moi-même été engagé dans une recherche personnelle à
partir de cette forme de chamanisme de janvier 1997 à mai 2001, en faisant
plusieurs séjours de un mois et demi à trois mois en Amazonie et en participant
à plusieurs séminaires donnés en France à l’époque par Jacques Mabit.
Au cours de trois de mes séjours à Takiwasi, et avec l’accord
du directeur et de l’équipe, j’ai animé un groupe de psychothérapie en
utilisant mes compétences de gestaltiste et de psychodramatiste.
Au cours de mon dernier séjour, j’ai proposé aux patients un
contrat court : neuf séances de deux heures, réparties sur quatre semaines.
J’ai accompagné deux groupes : un groupe de onze patients péruviens et un
groupe de cinq personnes francophones : trois patients français en traitement à
Takiwasi et deux éducateurs souhaitant s’initier à la thérapie de groupe.
Parallèlement, j’ai aussi animé un groupe d’initiation à la gestalt-thérapie
pour les psychologues de la région.
L’intérêt de ce troisième groupe était de pouvoir me référer à
une population « neutre », c’est-à-dire n’ayant jamais pris l’ayahuasca et
n’ayant jamais eu de traitement psychologique ou thérapeutique d’aucune
sorte.
Mon questionnement de thérapeute dans ce contexte
Cette expérience m’a mis face à de nombreuses questions ou
problèmes :
-
Le cadre
- Je me suis trouvé face à une situation inhabituelle et
contestable selon la logique occidentale des thérapies freudiennes et
post-freudiennes : le jour j’étais psychothérapeute d’un groupe de patients, et
la nuit je participais avec eux aux cérémonies d’ayahuasca, non pas comme
thérapeute mais pour mon initiation personnelle. La nuit, ensemble, nous
vomissions, avions des visions, des hallucinations et passions par toutes
sortes d’états physiques et émotionnels.
-
L’association du traitement
chamanique et du traitement psychothérapeutique à
l’occidentale
- Je me suis bien sûr posé la question de la validité de
cette association de deux traitements, d’autant plus que je n’avais aucun point
de repère pour me guider. Mes connaissances en ethno-psychiatrie, les
références à G. Devereux, à Tobie Nathan ou à mes propres travaux en Afrique,
me semblaient très loin de ce type d’expérience. Il m’a fallu prendre le risque
de me lancer dans l’aventure, d’essayer, de tâtonner, de faire confiance à mes
intuitions et à mes 25 ans d’expérience comme psychothérapeute. Il m’a fallu
aussi faire confiance à l’enseignement et aux messages de l’ayahuasca.
-
L’animation d’un groupe de
psychothérapie tout en étant encore sous les effets des
plantes
- Il m’arrivait parfois d’animer le groupe tout en étant
encore sous les effets de l’ayahuasca, c’est-à-dire dans un état de conscience
encore légèrement modifié, hyper-présent à ce qui était là et en même temps
dans une difficulté à penser au sens
occidental du terme, c’est-à-dire à me laisser aller dans une activité mentale
de compréhension et d’explication des phénomènes en cours. J’étais encore
branché sur l’intuition, sur l’autre
vision, et dans le lâcher-prise :
prendre ce qui vient et me laisser porter par le flux de l’énergie, sans
chercher à comprendre et à expliquer. Les patients aussi étaient encore parfois
légèrement sous l’effet des plantes.
-
Les difficultés
linguistiques
- Je ne parle pas couramment l’espagnol et n’avais personne
pour assurer la traduction. Je devais donc m’exprimer dans un espagnol limité,
et ma compréhension des patients l’était tout autant, notamment lorsqu’ils
parlaient très vite ou – selon moi – avec un très fort accent. Le travail du
groupe de Péruviens fut donc beaucoup plus corporel et « énergétique » que
celui du groupe francophone : cette différence fut pour moi source d’un grand
apprentissage.
-
La question
culturelle
- C’était la première fois que je travaillais au Pérou dans
un contexte culturel complexe présentant des caractéristiques que je ne
connaissais pas ou peu :
- la langue,
- la culture péruvienne,
- la culture chamanique d’Amazonie,
- la « culture » toxicomane dans ce contexte
géographique. (J’avais par contre déjà travaillé avec des toxicomanes au
Canada, à l’Institut Philippe Pinel de Montréal, pendant 5 ans).
-
La difficulté d’un contrat
thérapeutique court
- Neuf rencontres de deux heures réparties sur quatre
semaines : je n’avais pas l’habitude de travailler de cette façon. Les contrats
les plus courts que j’avais expérimentés jusque-là étaient de deux séances par
semaine pendant trois mois, dans un contexte carcéral où il fallait tenir
compte des sorties des détenus. Cette contrainte d’un contrat court m’a amené à
donner un thème à la plupart des rencontres.
Les points ci-dessus ne m’étaient pas tous étrangers : je les
avais, pour la plupart, déjà rencontrés, directement ou indirectement, dans
d’autres contextes culturels que le mien : Afrique, Mexique, Canada. Pour moi,
la grande nouveauté fut l’association du traitement chamanique et de la
psychothérapie de groupe avec des toxicomanes au Pérou.
Mes approches thérapeutiques de référence : La gestalt-thérapie et
le psychodrame
La gestalt-thérapie
est née dans les années 1950, suite aux travaux de Fritz et de Laura Perls et
de thérapeutes qui se réunissaient autour d’eux.
Fritz et Laura étaient allemands. Fritz était psychiatre et
psychanalyste et Laura psychologue, avec un doctorat en gestalt-psychologie (en
allemand, gestalt signifie
structure). Ils élaborèrent, avec ce
groupe de thérapeutes en recherche, une psychothérapie basée sur la conscience,
sur l’ici et maintenant et sur l’analyse de l’interaction entre soi et
l’environnement, celui-ci étant le thérapeute dans le contexte thérapeutique,
et les membres du groupe dans la situation groupale.
Cette psychothérapie est basée sur la notion de croissance et
la recherche des mécanismes répétitifs qui nous empêchent de croître. C’est une
approche holistique : l’individu est un tout qui fonctionne à partir d’une
unité organismique, où le corps, l’émotionnel, le mental, et j’ajouterais
aujourd’hui le spirituel, ne font qu’un; ces différents niveaux de l’être sont
constamment en interdépendance. Et ce tout comprend le champ créé par la
rencontre entre l’organisme et l’environnement.
Et c’est en regardant comment « ça » fonctionne à la frontière
entre l’organisme et l’environnement que l’on peut mettre à jour les mécanismes
répétitifs qui perturbent la croissance et de l’individu et de son
environnement. La perception de « comment ça fonctionne » parvient à la
conscience : l’individu est invité à porter son attention sur ce qui se passe
en lui, dans son corps, dans son émotion, dans son imaginaire, dans son mental
quand il est en interaction avec l’autre.
Il s’agit d’une conscience-sensation, d’une conscience vécue
émergeant de tout l’organisme impliqué dans une situation, une conscience
appelée awareness. Elle est différente
de la conscience réflexive qui est une analyse mentale et explicative de ce qui
se passe. Pour qu’il y ait changement, il est nécessaire qu’il y ait d’abord
awareness.
La gestalt-thérapie
est une approche dynamique et créative qui peut utiliser des moyens
d’expression comme la musique, la danse, le dessin, des jeux de communication,
le théâtre.
Le psychodrame est une
technique qui consiste à mettre en scène une situation réelle ou imaginaire,
selon certaines règles, et qui est souvent utilisée en gestalt de
groupe.
Le déroulement des sessions
Chaque session se déroulait généralement de la façon suivante
:
- travail de conscience corporelle à partir d’exercices de
respiration, de mouvements avec ou sans musique, d’exercices à deux ou à
plusieurs,
- échange verbal sur l’expérience vécue,
- propositions de travail du thérapeute sur un thème défini
par le groupe ou choisi par lui en fonction de son ressenti du groupe,
- échange verbal sur l’expérience vécue et
intégration.
Chronologie des thèmes du groupe péruvien
À chaque session de ce groupe, j’ai pu identifier un thème
:
1re session
:
Objectif : établir le contact avec le groupe et identifier les
réactions de chaque participant à ce travail.
2e session
:
Thème proposé : la conscience corporelle, notamment à partir
d’un exercice qui m’avait été « enseigné » la nuit précédente par l’ayahuasca :
masser et caresser doucement son bras avec la main opposée et
inversement.
Perceptions émergeant de ce travail : le corps maltraité, les
maltraitances physiques de l’enfance, la drogue comme maltraitance du
corps.
3 e session
:
Conscience corporelle dans le contact avec l’autre : même
exercice que dans la session précédente, mais cette fois à deux : l’un masse
les bras de l’autre.
Émergence d’émotions fortes en rapport avec les manques
affectifs.
4 e session
:
Après le travail corporel, je propose un thème lié avec mon
ressenti du groupe à la fin de la 3e session : la relation
au père. L’émotion en rapport avec le manque ou avec la coupure dans la
relation apparaît très fortement, ainsi que la précarité de l’histoire et de la
stabilité familiale.
5 e session
:
La relation au père. Suite.
Psychodrame à partir d’un scénario sur la séparation d’avec le
père.
6 e session
:
Les blessures de l’enfant.
Séance où la résistance apparaît fortement.
7 e session
:
La relation avec la mère. Thème apporté par un participant
suite à son vécu au cours de la session précédente avec l’ayahuasca.
Continuité entre les cérémonies avec l’ayahuasca et le groupe
de psychothérapie.
8 e session
:
Travail à partir du ressenti physiologique.
Un thème émerge spontanément du groupe : comment être chaman
pour soi et pour les autres. Chaque participant devient créateur en proposant
au groupe une sorte de mini-rituel, à partir d’un ressenti du moment.
9 e session
:
Voir et dire ce qu’il y a de positif en chacun et en
soi.
Clôture du groupe.
Réflexions sur l’expérience
Les réflexions qui suivent s’appuient sur les constatations que
j’ai pu faire, tout au long du processus, sur la concordance entre certains
points théoriques et méthodologiques de la psychothérapie de groupe et ceux de
la thérapie chamanique.
1 Sur le processus
thérapeutique
Dès la première séance, je constate que les participants
s’impliquent rapidement, et sans résistance, dans les exercices corporels
proposés et dans le partage de leur vécu. Ils ont la capacité à entrer dans la
conscience de ce qui se passe et, pour la plupart, à mettre en mots leur
expérience.
Ceux qui ont de la difficulté sur ce point sont ceux qui
viennent d’un milieu socioculturel défavorisé où le langage est peu
développé.
J’ai l’impression d’avoir à faire à des personnes qui sont
déjà engagées dans un processus psychothérapeutique tel qu’il est entendu en
Europe ou en Amérique du Nord, ou qui ont déjà participé à ce genre de
thérapie. Or c’est pour eux la première expérience de ce type : ils sont
seulement engagés dans le traitement chamanique basé sur une autre logique et
donc un autre paradigme que la psychothérapie de groupe contemporaine à
l’occidentale.
J’en déduis que le traitement chamanique, et notamment les
cérémonies nocturnes en groupe avec l’ayahuasca, ont sur l’individu des effets
semblables à ceux qui sont observés au cours d’une psychothérapie gestaltiste
:
- ouverture du corps et de la respiration,
- prise de conscience du ressenti,
- engagement dans le processus thérapeutique, aux deux
niveaux individuel et groupal,
- capacité à entrer en résonance avec le ressenti,
l’émotion, la parole, l’histoire de l’autre,
- capacité à faire des liens entre l’expérience vécue ici
et maintenant et des éléments de l’histoire.
Premiers constat et déduction : le traitement chamanique
semble toucher l’individu aux mêmes niveaux que la psychothérapie gestaltiste.
Dans ce cas, est-il nécessaire de doubler le traitement chamanique d’une
psycho-thérapie de groupe ?
2 Sur la cohésion et le fond
groupal
Selon la conception occidentale, l’une des conditions pour
qu’un processus psychothérapeutique de groupe s’engage, c’est qu’il y ait une
cohésion de groupe.
Pour qu’il y ait cohésion, il faut un liant, quelque chose
qui va travailler souterrainement et relier émotionnellement les individus les
uns aux autres. C’est ce que certains psychodramatistes appellent
l’émotionalité groupale, en particulier Ophélia Avron qui a développé ce thème.
En gestalt-thérapie, nous parlons de fond groupal. Le processus thérapeutique
groupal va s’élaborer sur la constitution d’un fond groupal à partir duquel
vont émerger des formes significatives qui seront des bases de travail.
[1]
Le fond groupal est constitué par une émotion de fond qui
relie les individus. Cette émotion de fond vient des analogies historiques
entre les individus, ça résonne d’un
individu à l’autre et c’est cette résonance qui constitue ce que nous pourrions
appeler l’émotionnalité groupale de fond. Elle peut être consciente ou
non.
Ainsi, dès la deuxième séance du groupe des péruviens,
apparaît une émotion de fond à travers le thème du corps maltraité et des
maltraitances de l’enfance. Des points communs, non seulement émotionnels, mais
historiques, relient souterrainement les individus : ils les font rentrer en
résonance les uns avec les autres et vont donner une cohésion au groupe,
cohésion qui est un facteur important pour l’engagement de chacun dans le
processus de conscientisation et de changement.
Dès la première séance, l’un des constituants important du
fond groupal de cet ensemble d’individus est nommé : c’est la référence à
l’ayahuasca et au vécu particulier qu’elle provoque sur lequel ne peuvent
vraiment échanger que « les initiés ». L’engagement de tous dans le traitement
par les plantes sacrées fait lien et crée une complicité. À partir de là,
apparaissent différents niveaux constituant ce fond groupal qui, du point de
vue du patient, pourraient être nommés ainsi :
- Nous avons tous une histoire présente commune : nous
sommes engagés ensemble dans le même traitement chamanique et nous vomissons
ensemble pour faire une épuration du corps physique et du corps
énergétique,
- Nous avons tous une histoire avec la drogue et/ou
l’alcool qui nous amène ici à Takiwasi,
- Nous avons tous une blessure en relation avec une
histoire familiale très précaire, avec des séparations et avec des
maltraitances,
- Nous avons tous une histoire commune dans une recherche
au-delà des limites, notamment par les états modifiés de conscience que
provoque la drogue,
- Notre histoire présente commune s’appuie sur le même
objectif, utiliser les états modifiés de conscience provoqués par l’ayahuasca
pour la guérison et non plus pour la destruction.
Ainsi au moment où commence le groupe de psychothérapie, sont
déjà inscrits des éléments de cohésion et ainsi le fond groupal est mis en
place.
Les conditions pour que le processus thérapeutique démarre
immédiatement sont déjà là.
Dans ce contexte, il semble tout à fait justifié que le
psychothérapeute soit lui-même initié au même traitement chamanique. Il devient
ainsi un « initié » qui peut écouter et comprendre le vécu de chacun sans le
pathologiser.
3 Sur la capacité à être dans la
conscience et le continuum de l’expérience
Une des originalités de la gestalt-thérapie est de s’appuyer
sur la notion de conscience. Être là, ici et maintenant, dans la conscience de
ce qui se passe d’abord aux niveaux corporels et émotionnels, mais aussi dans
la conscience des mécanismes existentiels que nous sommes en train de jouer ou
de rejouer. Être dans la conscience de ce que nous vivons, compte tenu de
l’environnement dans lequel nous sommes, peut déclencher en nous des réactions
à différents niveaux.
Il est courant de dire qu’il n’y a pas de changement sans
prise de conscience. La prise de conscience peut être le début du changement,
surtout s’il s’agit de ce que nous pourrions appeler conscience-sensation,
conscience-émotion.
Par exemple : Pedro masse lentement son bras gauche avec sa
main droite. Son mouvement devient caresse. J’invite le groupe à être
complètement dans la sensation du bras qui reçoit et ressent la caresse de la
main.
Pedro se met à pleurer. J’invite alors le groupe à être
complètement dans l’émotion qui vient : tristesse, plaisir, détente, rien de
particulier. Puis je leur demande de raconter leur expérience en sous-groupe de
trois. Ensuite nous partageons tout cela en grand groupe.
Ainsi Pedro est dans la conscience de son bras. À la
superposition de la conscience et de la sensation s’ajoute alors l’émotion.
Puis apparaissent les mots et les liens se font : « J’ai ressenti du plaisir,
mais aussi beaucoup de tristesse… C’est dur. Mon père et ma mère ne m’ont
jamais touché comme ça. Ça m’a beaucoup marqué… Je comprends maintenant
pourquoi je suis parti dans la drogue… C’était trop dur, je voulais
fuir…
Et jamais je n’ai touché mon fils comme ça…»
Grâce à la mobilisation de la conscience émergent du fond ce
que nous appelons en gestalt des formes. La forme, c’est la sensation
corporelle qui soudain vient en premier plan, ou l’émotion qui se précise, ou
le souvenir. Et cette forme, ou cet ensemble de formes, va se préciser jusqu’à
devenir une figure claire et précise qui peut être travaillée.
Pour Pedro, cette figure claire émergera trois séances plus
tard, dans un moment où il évoque un souvenir traumatique : l’abandon de son
père quand il avait 15 ans, souvenir que nous mettrons au travail par
l’intermédiaire d’un psychodrame.
Pour la plupart des patients de Takiwasi, cette capacité à
rentrer dans la sensation, l’émotion et dans la conscience est facile et
rapide. Par contre, dans le groupe des psychologues qui n’ont jamais pris
l’ayahuasca, cette étape du même processus est extrêmement difficile et soulève
une forte résistance.
L’un des éléments de mon vécu personnel avec l’ayahuasca, et
qui rejoint un vécu assez général, est le suivant : l’ayahuasca augmente la
capacité à être dans la conscience du vécu subjectif. On reste toujours
conscient de ce que l’on vit, que ce soit dans l’état de conscience ordinaire
ou dans l’état de conscience modifié et élargi. Ce vécu avec l’ayahuasca est
d’abord un vécu corporel : les sensations et les réactions physiologiques sont
amplifiées. Et cette amplification fait qu’on ne peut plus échapper à la
conscience de ce qui se passe.
Il y a, sur ce point, similitude entre la démarche proposée
par le gestaltiste et les effets de l’ayahuasca. De par ses origines
phénoménologiques, la gestalt met l’accent sur l’idée suivante : la conscience,
c’est d’abord la conscience corporelle ou la conscience de soi par le
corps.
Une des techniques de la gestalt est l’amplification :
amplifier ce qui est là pour en être plus pleinement conscient. Or c’est
justement ce que fait spontanément l’ayahuasca. Elle amplifie la conscience des
manifestations corporelles, et parfois jusqu’à la crise, jusqu’à l’insoutenable
où c’est le tout de la personne qui est touché et qui réagit. Cette crise
nécessite parfois l’intervention du chaman qui va agir par des chants ou avec
des rituels au cours desquels il va utiliser la fumée ou des parfums.
Que faisons-nous en gestalt-thérapie en amplifiant la
conscience du ressenti, sinon parfois provoquer la crise pour pouvoir regarder
en face ce qui ne va pas et à partir de là engager un travail pour le
changement. Cette gestion de la crise en psychothérapie peut passer par une
sorte de « rituel » à partir de l’utilisation de certaines techniques,
notamment le psychodrame.
Il y a donc bien des similitudes entre les deux approches
thérapeutiques, mais il y a aussi une différence essentielle : quand il y a
crise, le psychothérapeute va la traiter à partir de ses connaissances
psychologiques et de techniques thérapeutiques qui s’inscrivent dans la logique
d’une école de pensée. Quand il y a crise, le chaman, lui, la traite de façon
énergétique en faisant appel aux esprits protecteurs et en faisant des rituels
pour éloigner les entités négatives.
4 Sur l’ouverture de
l’organisme
Incontestablement, le traitement chamanique « ouvre ». Mais
comment définir cette ouverture ?
Cette ouverture est d’abord
physiologique: le réflexe de vomissement met en mouvement
l’intérieur du cops humain depuis le bassin jusqu’à la bouche et ce mouvement
se propage dans tout le corps, même s’il est plus intense ou violent dans
certaines zones. Nous savons, depuis William Reich, que toute notre histoire
est inscrite dans notre corps, et que la mobilisation corporelle intérieure est
particulièrement propice à réveiller les inscriptions historiques engrammées
dans celui-ci. Reich, puis Lowen qui a repris ses travaux, ont bien montré
l’impact du réflexe de vomissement dans le processus thérapeutique.
L’ouverture physiologique crée une
ouverture énergétique. J’ai personnellement souvent ressenti que le
mouvement de vomissement ouvrait et nettoyait le canal énergétique des
chakras. Je fais référence ici à un
concept qui n’existe pas dans la psychologie occidentale universitaire et qui
même est rejeté par elle. Cette notion de « zones d’énergie » et de canal
énergétique vient des traditions orientales. Les sept chakras principaux,
localisés au niveau de l’anus, du sexe, du plexus solaire, du cœur, de la
gorge, de la racine du nez et du sommet du crâne, sont tous touchés et mis en
mouvement par le vomissement. Les zones du corps correspondant aux chakras
s’ouvrent, ainsi que les caractéristiques psychologiques qui sont en lien avec
elles. On pourrait noter une similitude entre ces zones du corps et les anneaux
de tension décrits par Wilhelm Reich.
Ainsi, vu l’unicité de l’organisme, s’ouvrent en même temps
la physiologie, les systèmes énergétiques et la psychologie.
L’ouverture psychologique se fait par les souvenirs qui
viennent, les images de l’histoire présente et passée, la montée de l’affect,
l’apparition de symboles à travers les « visions », l’apparition de rêves dans
les nuits qui suivent. L’être humain sous l’emprise de la plante va rencontrer
ses ombres, descendre dans son enfer intérieur pour en faire la traversée,
rencontrer ses monstres. Et il est fréquent de « voir » ses propres monstres
intérieurs et d’avoir le sentiment de les rejeter par l’intermédiaire du
vomissement.
Comme en psychothérapie, il y a des moments de crise
provoqués par toutes ces amplifications et ces moments sont fondamentaux : ils
sont à la fois l’indice que le travail d’épuration est en train de s’opérer et
ils peuvent enclencher à partir de l’organisme en souffrance, un processus de
conscientisation et de transformation.
L’ouverture
extrasensorielle. Étant donné les caractéristiques
psychothérapeutiques de l’ayahuasca et ses propriétés d’amplification, les
capacités sensorielles habituelles sont modifiées, et à partir de cela, la
capacité à « voir », à « ressentir », à s’appréhender soi-même ainsi que
l’univers d’une autre façon.
Cette ouverture va très loin puisqu’elle permet de « voir »
ou de « ressentir » les origines de la « névrose », de l’être humain, de la
vie, du cosmos. Et dans ce « voir », dans ce « ressentir » nous sommes dans la
conscience que nous, êtres humains, faisons partie intégrante du processus de
transformation de la matière depuis son état initial de magma, jusqu’à l’Esprit
en passant par le vivant, le corps et la conscience. Nous retrouvons là des
thèmes qui font partie des traditions spirituelles orientales.
Les ouvertures apportées par la thérapie chamanique et par la
psychothérapie contemporaine de type humaniste, se rejoignent sur les trois
premiers points. Mais la thérapie chamanique amazonienne diffère sur deux
points au moins :
- Étant donné la modification de l’état de conscience
qu’elle crée et à partir de l’amplification du vécu et le voyage dans les «
mondes invisibles », l’organisme est beaucoup plus fortement marqué, et dans
son ressenti et dans son processus de guérison. À propos de ces mondes
invisibles, on pourrait dire qu’ils font partie de l’immensité des espaces non
conscients ou des mémoires inscrites en nous, mais encore non révélées. Ces
mondes invisibles renvoient à la notion d’inconscient au sens jungien du
terme.
- Cette ouverture à ce qui est inscrit dans le
non-conscient, la traversée de l’enfer intérieur comparable à la nuit obscure
de St Jean de la
- Croix, le sentiment d’unicité de l’être humain inscrit
dans le cosmos, le chemin vers l’incarnation et l’avancée vers l’Esprit, font
que l’expérience chamanique amazonienne est une expérience mystique. En opérant
sur la globalité de l’organisme, nous pouvons, dans le même temps, vivre de
l’intérieur ce sentiment d’unicité et de reliance corps-esprit, terre-ciel,
être humain-divinité. À ma connaissance, les psychothérapies occidentales
contemporaines – excepté peut-être la psychothérapie transpersonnelle – ne
s’intéressent pas à l’ouverture spirituelle de l’être humain.
Après une séance nocturne d’ayahuasca, les patients de
Takiwasi arrivent en psychothérapie de groupe bousculés de l’intérieur par
l’effet des plantes sur la chimie de l’organisme selon les occidentaux, par
l’Esprit des plantes selon la tradition chamanique. Le processus de guérison
est en cours et à tous les niveaux de l’être. Car c’est bien de l’Être dont il
s’agit. Le processus chamanique tente de guérir la personne de ses blessures et
nous pourrions émettre l’hypothèse que cette forme de travail psychologique
très particulière donne accès à d’autres niveaux plus subtils.
Les médecines traditionnelles amazoniennes avec les « plantes
sacrées » sont une médecine de la purge, de la désintoxication du corps
physique et énergétique. Elles décapent l’intérieur du corps, mais aussi
l’histoire, les systèmes de communication, notre perception de l’univers et
l’âme.
Elles sont tout à fait adaptées aux toxicomanes, mais aussi à
toute personne « intoxiquée » par les résidus de son histoire, toutes les
dépendances pouvant être considérées comme des résidus d’histoire.
Il me semble que cette forme de thérapie ancestrale et la
psychothérapie occidentale peuvent se compléter sur plusieurs points.
De mon point de vue, voici ce que les thérapies traditionnelles
avec les plantes sacrées peuvent apporter aux thérapies occidentales :
- L’épuration physiologique qui passe par un réel nettoyage
du corps, laquelle est aussi une épuration de la globalité de l’être, de
l’unité psychosomatique. Nous sommes alors dans une perspective complètement
holistique.
- L’élargissement du champ de conscience jusqu’à des zones
lointaines du non-conscient et de l’inconscient. Freud et Jung, chacun à leur
façon, ont postulé que le retour de l’inconscient dans le champ de la
conscience était un facteur de guérison. En m’appuyant sur ma propre expérience
psychanalytique et sur les échanges que j’ai eus avec des collègues qui se sont
engagés dans les deux types d’expérience, cette irruption de l’inconscient me
semble beaucoup plus rapide et saisissante que dans les processus
thérapeutiques freudien et post-freudien.
- Cet élargissement du champ de la conscience nous
permettrait de passer de la notion d’inconscient à la notion de mémoires
organismiques et cellulaires. Les plantes sacrées réveilleraient jusqu’aux
mémoires inscrites dans l’ADN, hypothèse développée par certains scientifiques
et par Jérémy Narby dans son ouvrage Le serpent
cosmique, et qui peut donner une ouverture considérable à la notion
d’inconscient.
- L’ayahuasca amplifie et enseigne. Elle est considérée comme
une plante « maîtresse », ce qui signifie dans la logique traditionnelle que
son « esprit » agit comme un thérapeute ou comme un « maître », ce qui permet
d’éviter l’injonction projective du psychothérapeute ou l’interprétation
projective du psychanalyste.
- Enfin ce type de thérapie permet de faire le lien entre le
physiologique, le psychologique et le spirituel tout en sauvegardant l’unité
des trois niveaux. C’est une thérapie transpersonnelle qui révèle à l’être
humain son lien avec l’esprit et lui permet de trouver ainsi un sens à sa vie
et à son histoire.
La psychothérapie occidentale contemporaine et de type
humaniste est ouverte à ce type d’expérience et certains psychothérapeutes
travaillent actuellement à son évolution dans ce sens. Son point fort – qui est
aussi parfois son point faible – tourne autour de la parole qui devient parfois
mentalisation et rationalisation. Cependant voici ce qu’elle peut apporter aux
thérapies ethniques :
- La mise en mots de l’expérience vécue. Il s’agit de passer
d’une expérience vécue à l’état brut et sauvage à une traduction verbale de
cette expérience, pour l’intégration de cette expérience dans et par l’unité
psychosomatique. Il ne peut y avoir changement que s’il y a intégration de
l’expérience thérapeutique et la mise en mots permet de changer de niveau :
passer de l’expérience vécue à la transformation.
- Les cérémonies d’ayahuasca se passent la nuit, dans
l’obscurité, en groupe, mais sans contact direct avec les autres. Il semble
nécessaire de mettre en lumière ce qui s’est passé la nuit et de le partager
avec les autres participants. Le groupe, grâce au dire et à l’écoute, devient
le représentant de la société et le témoin de l’expérience de chacun, de sa
compréhension de ses problèmes et de son changement.
- Cette mise en mots permet de faire des liens entre le vécu
de la nuit, les visions, les hallucinations et des moments de l’histoire
personnelle qui sont ou qui ont été conflictuels. La période de mise en mots
permet de prendre du recul par rapport au vécu nocturne et à ce qui se réveille
de l’histoire.
- Cela permet aussi de reconsidérer l’histoire de l’individu
et le rapport avec les personnages importants de son histoire. Il ne s’agit pas
seulement de guérir l’individu de sa toxicomanie, mais d’une histoire
personnelle et familiale dont l’une des conséquences est la
toxicomanie.
Ainsi à la question posée en introduction : est-il possible,
est-il même souhaitable de coupler les deux formes de thérapies, la réponse est
évidente : oui.
Il semble que ces deux formes de thérapies se complètent fort
bien, et loin d’être en contradiction, elles s’inscrivent dans la continuité
l’une de l’autre.
Le passage par l’état modifié de conscience et par
l’amplification de cet état permet le passage à la modification du
comportement, des représentations, des croyances et de la relation avec
l’autre. Et il est nécessaire que cela puisse se dire, que de la conscience
modifiée et amplifiée naisse cette parole qui va finaliser le processus de
guérison. Car la parole est inscription dans le physique, dans le social et
dans le spirituel.
Il nous appartient d’engager une réflexion plus poussée pour
que, de deux paradigmes apparemment très différents, naisse un nouveau
paradigme porteur de transformations.
Article reçu en mars et accepté en juin 2004
·
Delacroix JM : Gestalt-thérapie,
culture africaine, changement – Paris, L’Harmattan (1994)
·
Delacroix JM : « Le self en groupe. Du concept à une force
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Gestalt-Thérapie 4 (1998)
·
Delacroix JM : « Gestalt-thérapie et thérapies ancestrales
d’Amazonie » In Cahiers de
Gestalt-Thérapie 8 (2000)
·
Delacroix JM : Ainsi parle
l’Esprit de la plante. Un psychothérapeute français à l’épreuve des thérapies
traditionnelles d’Amazonie – St Julien-en-Gene-vois, Éd. Jouvence
(2000)
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Harner J : Hallucinogènes et
chamanisme – Genève, Georg (1997)
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Lowen A : La
Bioénergie – Paris, Tchou (1978)
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McKenna T : La nourriture des
dieux – Genève, Georg (1999)
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Narby J : Le serpent
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Perls F, Hefferline R, Goodmann P :
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Nathan T : L’influence qui
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Reich W : L’analyse
caractérielle (1949) – Paris, Payot (1992)
[1]
Hypothèse émise dans mon article : « Le self en groupe : du
concept à une force agissante. Le groupe en gestalt-thérapie » – In
Revue du Collège de Gestalt-thérapie 4
(1998).