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Psychotropes

2009/3 (Vol. 15)



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La dette et ses avatars, thématique d’actualité

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La dette est assurément une thématique d’actualité dans le champ social avec la déconfiture du capitalisme financier, qualifiée récemment par un journal luxembourgeois de véritable « Versagung » – faillite – de l’économie de marché [1]  Cet article est extrait d’une conférence prononcée... [1] . À telle enseigne que, sur un mode plus humoristique et grinçant, un quotidien roumain titrait en première page à ce propos en octobre 2008 : « Atentie, cad banci ! » (Attention, chute de banques !), filant la métaphore des pierres tombant sur la route à la suite d’un éboulement. Aïe !

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Un thème intemporel, mais avec une note d’actualité, ici aussi, dans le « socio-judiciaire ». En première approche, payer sa dette à la société serait le lot du condamné ayant « purgé » sa peine. Certes, mais où s’arrête la peine ? Ainsi la « rétention de sûreté » pouvant désormais s’appliquer à l’expiration de la peine privative de liberté (loi du 25 février 2008) pour certains infracteurs…

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Au-delà (ou en deçà) de la sanction pénale, l’expression « être en dette » – sur laquelle nous reviendrons – semble épingler le sujet fautif. Difficile de s’en défaire. Quant à être à la peine, il s’agit bien là de payer de sa personne (Chassaing et al., 1995).

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Les peines. Et quid des pénalités ? Elles tendent à s’accumuler en cas de délits financiers. Ainsi, le fisc pour des joueurs ayant détourné de l’argent : la découverte d’une « activité occulte » (c.-à-d. non déclarée) se solde alors par une pénalité de 80 %. Cela dit, dans l’hypothèse d’un dépôt de déclaration alors que l’intéressé s’est « rendu coupable de manœuvres frauduleuses ou d’un abus de droit », le tarif sera le même : 80 %. Il affleure comme un soupçon de « perversité » administrative dans un pareil enchaînement…

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En revanche, une facture en instance de paiement n’engendre pas nécessairement un sentiment de dette. Attitude que surpasse le prodigue qui cultive un art de vivre lénifiant, résumé en ces termes par W. Thackeray dans la Foire aux vanités en 1994 :

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« Le meilleur moyen pour vivre au cœur de l’opulence est d’être criblé de dettes. On n’a rien alors à se refuser, et, dans cette situation, l’esprit se trouve toujours allègre et dispos. »

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Et si « la dette n’est pas le dû » (Gagey, 1992), a contrario le sentiment de dette, entre « dettes privées » et « dettes morales », affleure chez une patiente ayant emprunté de l’argent à son entourage pour s’adonner aux jeux de hasard et d’argent. Alors que les crédits contractés auprès d’institutionnels la laissaient de marbre, elle s’inquiétait des répercussions auprès des personnes sollicitées : « j’ai des particuliers qui ne me pardonneront pas… mes dettes privées me hantent ».

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Et il n’est pas rare que le joueur pris en charge, au-delà de l’extension faramineuse des dettes d’argent, puisse s’interroger sur, selon ses termes, la « dette morale » qui l’anime dans sa compulsion à perdre. En fait, « l’argent tourne toujours autour de la question de la dette inconsciente » (Tyzsler, 2003).

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Faisons un petit détour par le champ juridique. En droit, créance, dette, obligation, sont trois mots pour désigner le même rapport vu sous des angles différents (Cornu, 1990). Le droit de créance est le droit pour une personne, nommée « créancier », d’exiger d’une autre personne, nommée « débiteur », l’exécution d’une certaine prestation. Il comporte trois éléments (Weill et al., 1985) : le créancier, sujet « actif » du droit, le débiteur, sujet « passif », et la prestation, objet du droit.

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Ce droit s’établit non pas sur une « chose », mais entre deux personnes : ce rapport juridique, ce « lien de droit », c’est l’obligation (Cornu, 1990).

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La dette est avant tout marque d’un lien entre deux personnes. Ce qu’exemplifie l’expression : être l’obligé de celui à qui l’on demande de rendre un service : « par ma demande, je m’oblige moi-même à être dans l’obligation d’acquitter une dette à votre égard » (Julien, 1992)

Le surendettement : une « mauvaise rencontre »

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L’approche socio-économique du surendettement laisse cependant une place à un abord clinique des conduites de ces sujets. Et cette question met en exergue les relations problématiques qu’entretiennent les individus avec l’argent, cet objet dont la singularité est très bien illustrée par cette boutade rapportée par Weill, Terré et Simler dans une note ironique de leur précis Dalloz sur les biens (Weill et al., 1985), à propos de la monnaie (« une chose, mais pas une chose comme les autres »). À savoir que :

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« La plupart des choses de la vie, dit-on parfois, n’ont d’importance, à proprement parler, que pour ceux qui les ont, tandis que l’argent est important aussi… pour ceux qui n’en ont pas ! »

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S’agissant du surendettement, il importe de contester avec Michel Gardaz (Gardaz, 1997) le préjugé largement répandu d’une vision psychologisante un peu manichéenne, selon laquelle il y aurait de « bons » et de « mauvais » surendettés.

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C’est ainsi que, classiquement, le surendettement « actif » serait le fait de personnes « imprévoyantes ». Alors que sa variante « passive » est définie habituellement en tant que conséquence involontaire des aléas de la vie (le triptyque chômage, maladie, divorce), le surendetté passif représentant ainsi le paradigme de « l’accidenté de la vie ». Victime… innocente victime ?

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Or la clinique ne valide pas une distinction aussi nette, les parcours semblent volontiers combiner des motifs objectifs et subjectifs, paraissant souvent intriqués. Ainsi, certains sujets confrontés à un accident de la vie, et dont on réalise lors de l’entretien qu’ils vivaient déjà « à la limite » de leurs possibilités pécuniaires avant l’occurrence de cette avanie.

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Selon Gardaz, le surendettement compulsif conjugue deux aspects, un « moment individuel », allant du soulagement d’un malaise interne à l’addiction. Et un « moment social », l’individu n’est pas tout seul dans son coin, les incitations du banquier (crédits, paiements différés…) voire ses rappels à l’ordre, se conjuguent à un discours valorisant la possession des biens, avec un nouveau conformisme dans l’accession à la propriété. Dépenser dans une société de consommation, prendre des risques…

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En somme, une mauvaise rencontre, une « malencontre » entre un individu fragile quant à ses désirs insatisfaits et une offre commerciale aguichante donnant l’illusion de combler un manque à être. Et l’argent, quoique n’ayant pas fait l’objet d’un désir infantile selon Freud – « Geld ist kein Kinderwunsch » (Freud, 1898) –, est susceptible de constituer une sorte de support fantasmatique.

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Il peut venir se substituer aux divers objets investis dans l’évolution libidinale de l’enfant : de l’avidité orale (« requins » de la finance), à l’argent « liquide » (dimension urétrale), en passant par l’exhibition tapageuse à connotation phallique. Avec, bien sûr, une prédilection anale (analité, agressivité, emprise, « argent sale ») sur laquelle Freud avait mis l’accent (« caractère et érotisme anal »).

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La fonction soulageante de la dépense d’argent avait été pointée initialement par K. Abraham en 1916 :

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« La tendance aux dépenses inconsidérées est le fait de névrosés vivant dans un état de dépendance infantile permanente à l’égard de leurs parents, présentant des troubles de l’humeur ou de l’angoisse dès qu’ils s’en éloignent. Les patients affirment eux-mêmes que la dépense soulage leur angoisse ou leur humeur. »

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Ainsi, à défaut de guérir, la dépense apaise, pallie transitoirement le malaise interne, à l’instar de la drogue ou du médicament calmant le toxicomane. Pour les patients, au niveau du conscient, dépenser sans compter semblerait, au moins transitoirement, rehausser l’estime de soi.

Avec les « achats pathologiques », les achats étant valorisés dans le discours économique et exacerbés par les pratiques financières débridées, avec l’explosion de l’offre des crédits renouvelables (véritables « pousse-au-crime », selon l’expression de M. Hirsch dans Le Monde 28.04.06) se dessine en filigrane un abord de la composante addictive des diverses formes de dépense compulsive, culminant chez le joueur, figure emblématique du « toxicomane sans drogue » ce dernier mettant en relief une transgression de la norme dans l’emphase et l’ostentation, mais encouragée par le discours social. Entre hébétude narcissique du gain et délectation morose de la perte (Bucher, 1997), et qui sollicite volontiers son environnement familial pour l’aider à éponger ses dettes…

Dettes vertigineuses et vertige de la dette

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La dette constitue la pierre angulaire de la triade addictive (avidité, dette, mort) suggérée par Pedinielli (Pedinielli, 1985) et articule la question de la Loi et du Père. La référence à l’acception initiale de l’addiction – donner son corps en gage pour une dette impayée – suppose que la clé du processus de dépendance serait à chercher dans la source du sentiment de dette dans le vécu du sujet. Ainsi Braunstein énonce qu’en tentant de substituer à l’Autre « un objet sans désirs ni caprices », « l’alcoolique, le toxicomane, conteste cette dette symbolique, dette éternelle et externe qu’il n’a pas contractée et qu’il ne veut pas payer » (Braunstein, 1992). La dépendance physique tient le rôle d’une peine auto-infligée, le corps est le gage donné en échange de la dette.

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Le jeu addictif pourrait contribuer de la sorte à préciser les contours d’une clinique de la dette, susceptible d’éclairer, en retour, les addictions toxiques où le paiement s’effectue par le truchement du corps. La relation tissée entre la dette symbolique, « dont le sujet est responsable comme sujet de la parole » (Lacan, 1966), indissolublement liée à la notion de père symbolique (donateur du nom, ordonnateur de la filiation…), et les dettes pécuniaires, provoquées, est cependant délicate à appréhender (Bucher, 1997).

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L’erreur serait d’opposer le vertige de la dette et l’extension vertigineuse des dettes, tout autant que de les confondre. L’important est de percevoir l’existence d’une dialectique où, à travers le paiement répétitif de la dette de jeu – par le biais de l’argent, « signifiant le plus annihilant qui soit de toute signification » (Lacan, 1966) – se manifeste la tentative, nécessairement vouée à l’échec, de s’acquitter de cette dette infinie, impayable, contractée par l’être parlant. Payer, étymologiquement, c’est pacifier, et « s’acquitter de ses dettes, payer tout simplement, c’est renouveler sans cesse un processus de pacification, le paiement d’une dette infinie à laquelle on ne peut se soustraire » (Gori, 1992).

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Ce paiement au moyen de l’argent est, en soi, tout à la fois pacification et ratage infini, mais son « influence correctrice » – transitoire – ne s’exerce que si l’histoire et la structure du sujet lui donnent accès à sa fonction neutralisante d’acquittement (Gori, 1992). Cet accès est évidemment entravé par le processus addictif « ludopathique », dans lequel l’origine de la dette est interrogée à l’infini par le truchement du jeu de hasard. Interrogation répétitive vouée à l’échec, car en s’adressant au hasard, érigé en « Autre supposé savoir, auquel il peut se fier, se confier » (Tostain, 1967), le joueur reste confronté à l’opacité énigmatique, puisque cet Autre fascinant et inerte « ne sera jamais le lieu de la parole ». Dans ce dispositif, en effet, un instrument, l’argent, tend à se substituer au langage constituant un sujet désirant. Avec, à la clef, jouer à qui perd gagne, modalité binaire d’une existence pour ces « praticiens de l’aléatoire » (Chassaing, 2005). [2]  Bucher C, Chassaing J-L, Melman C : Jeu, dette & répétition.... [2]

Cette modalité binaire est illustrée par les propos d’un adepte de machines à sous implantées dans des salles de jeux d’outre-Rhin. Pour cet homme s’aventurant à franchir la frontière pour assouvir sa passion, le jeu réalisait ainsi une sorte d’univers étrange, déréalisant – une notion du reste déjà pointée par Bergler (Bucher, 1997) –, et où tout se jouait, absolument et radicalement, dans l’expectation du don suprême ou de la dette abyssale : « Un monde parallèle où il y a ces extrémités… d’un côté, on est tellement libre, d’un autre, renfermé sur le jeu, dépendant… presque un non-sens, d’un côté on vous donne tout, de l’autre, on sait qu’on va tout vous prendre… »

« Être en dette »

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L’expression « être en dette », à l’instar d’« être en faute », interpelle par sa prégnance… Au demeurant, le mot (« Schuld ») est le même en Allemand pour désigner la dette et la faute. Et la faute, intuitivement, apparaît comme une notion plus large que l’infraction… Elle renvoie à ce qui échappe.

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Connexion manifeste entre faute et dette pour l’enfant dans le scénario œdipien, en butte au père interdicteur et castrateur, à l’encontre duquel il forme un vœu de mise à mort. À ce titre, affleure une signification incestueuse pour certains patients – le fait de dépenser sans compter étant susceptible de faire écho à la jouissance interdite (Tyzsler, 2003).

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Mais pourquoi des sujets se disent-ils en dette ? Au-delà de l’affrontement œdipien, et au regard du père symbolique, il apparaît que « se dire en dette manifeste une démarche – même si elle est excessivement dramatisée – pour s’inscrire dans la filiation et la castration » (Jacobi, 1992). A contrario, « dénier toute dette peut témoigner d’une tentative douloureuse pour se maintenir dans une toute-puissance imaginaire » (Jacobi, 1992). Il y a donc bien une « valeur subjective de la dette », l’inscription dans la filiation et la castration prenant le pas sur le maintien dans une toute-puissance imaginaire. Se dire en dette peut ainsi ouvrir un accès à l’altérité… Passage de la dette imaginaire à la dette symbolique.

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Et cet endettement originaire du sujet – reconnaître sa dépendance à l’endroit d’un autre, s’inscrire dans un certain rapport au nom de ses ancêtres – suggère bel et bien la dépendance comme structure de la subjectivité. Rien de moins : tout un chacun est fondamentalement dépendant, la dépendance étant ici à distinguer évidemment de l’addiction – quant à elle dans le « pathos ».

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L’être humain est d’abord constitué par une dette, mais la reconnaissance de la dette et le sentiment de culpabilité sont d’intensité variable. Cette dette ce n’est pas lui qui l’a contractée. Et pourtant il lui incombe de devoir la payer. Néanmoins, c’est dans les générations précédentes qu’elle a été contractée. Ainsi, l’ « Homme aux rats » dans cette trame sérielle qui constitue sa névrose obsessionnelle doit payer une dette contractée par son père (à partir d’une dette de jeu).

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Si le destin de l’être humain est d’éponger les dettes de l’Autre et de se substituer à l’Autre pour payer la dette en question, la fixation d’un « juste prix » à payer pour s’acquitter de la dette n’est pourtant pas de mise. Sous l’égide de la « loi des échanges », la règle de la vie sociale supposerait une « harmonie entre dette et créance », une dette nommable et mesurable, dont le paiement du prix permettrait l’extinction (Julien, 1992).

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Or, les développements cruciaux de Freud sur conscience morale et renoncement pulsionnel (Freud, 1930) mettent au contraire l’accent sur les effets délétères de l’apparition du surmoi, en tant que voix intérieure : la dette conçue comme faute (« Schuld ») entraînant alors un paiement sans fin (Julien, 1992).

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Vanité, donc, d’en finir avec la dette… si ce n’est par la mort ! Et, avec quoi payer ? Quelle est la monnaie de la dette ? Essentiellement de la souffrance… payer de sa personne. Ce qui n’exclut pas l’argent, mais « à condition que ça fasse vraiment mal de le perdre, de le lâcher » (selon la formule percutante de P. Julien, 1992).

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En fait, corrélativement à la dette, la dérive victimaire de certains sujets en souffrance interpelle dans la modernité. Une problématique qu’avait du reste déjà pointée Freud en 1916 dans son texte peu connu sur « les exceptions » (en première partie de Quelques types de caractères dégagés par le travail psychanalytique (Freud, 1916)). Logique fondée sur : « J’ai suffisamment payé à l’Autre, à lui maintenant de me dédommager… » (Assoun, 1999). En vue de justifier une exemption de la loi de la castration. Sur un mode dérogatoire. Dérogation exceptionnelle qui semble toutefois de plus en plus ordinaire pour le sujet préjudicié de la « nouvelle économie psychique » conjecturée par Ch. Melman (Melman, 2002).

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Et, partant, se profilerait même une forme d’inversion de la dette… Plutôt coûteuse, hélas, en termes de symptômes.

Article reçu et accepté en mars 2009


Bibliographie

  • Abraham K, (1916) : « Prodigalité et crise d’angoisse » – Développement de la libido. Œuvres complètes (2) : 80-83 – Paris, Payot (1977).
  • Assoun P-L : Le Préjudice et l’idéal. Pour une clinique sociale du trauma – Paris, Anthropos Economica (1999).
  • Braunstein N : La Jouissance, un concept lacanien – Paris, Point Hors Ligne (1992).
  • Bucher C : « L’addiction au jeu ou l’éternel retour de la machine à perdre » – Psychotropes, vol.3 (2) : 65-79 (1997).
  • Bucher C, Chassaing J-L : « Addiction au jeu, éléments psychopathologiques » – Psychotropes, vol. 13 (3-4) : 97-116 (2007).
  • Chassaing J-L, Petit P : « Freud et Dostoïevski » – Le Discours psychanalytique, 14, 113-142 (1995).
  • Cornu G : Droit civil : Introduction, les personnes, les biens – Montchrestien, 4e édition, (1990).
  • Freud S, (1898) : « Lettre à Fliess, 16.01.98 » – La Naissance de la psychanalyse – Paris, Puf (1956).
  • Freud S, (1916) : « Quelques types de caractères dégagés par le travail psychanalytique » – L’Inquiétante étrangeté et autres essais – Paris, Gallimard (1985).
  • Freud S, (1930) : Le Malaise dans la culture – Paris, Puf, Quadrige (2002).
  • Gagey J : « Clinique psychanalytique de la dette et traitement religieux de la culpabilité » – Cliniques méditerranéennes, 33/34 : 49-57 (1992).
  • Gardaz M (dir.) : Le Surendettement des particuliers – Paris, Anthropos (1997).
  • Gori R : « S’acquitter » –Cliniques méditerranéennes, 33/34 : 13-35 (1992).
  • Jacobi B : « L’intérêt de la dette » – Cliniques méditerranéennes, 33/34 : 117-124 (1992).
  • Bucher C, Chassaing J-L et C Melman (coord.) : Jeu, dette et répétition, les rapports de la cure psychanalytique avec le jeu – Paris, Éditions lacaniennes (2005).
  • Julien P : « Dette et mélancolie » – Cliniques méditerranéennes, 33/34 : 93-100 (1992).
  • Lacan J : Écrits – Paris, Le Seuil (1966).
  • Melman C : L’Homme sans gravité, entretiens avec J-P Lebrun – Paris, Denoël (2002).
  • Pedinielli J-L : « Clinique des conduites addictives » – Psychologie médicale vol.17 (12) : 1837- 1839 (1985).
  • Thackeray W : La Foire aux vanités – Paris, Gallimard, collection Folio (1994).
  • Tostain R : « Le joueur, essai psychanalytique » – L’Inconscient, 1 : 117-132 (1967).
  • Tyzsler J-J : « L’argent et l’obsessionnel » – mis en ligne sur le site de l’Association lacanienne internationale, www.freud-lacan.com, dossier : les névroses, (09.07.2003).
  • Weill A, Terre F, Simler F : Droit civil, les biens, Précis Dalloz – Paris, 3e édition, Dalloz (1985).

Notes

[1]

Cet article est extrait d’une conférence prononcée le 15 décembre 2008, lors de la journée Sert-Marmottan « Dettes et addictions »

[2]

Bucher C, Chassaing J-L, Melman C : Jeu, dette & répétition. Les rapports de la cure psychanalytique avec le jeu - Paris, Éditions de l’Association Lacanienne Internationale (2005).

Résumé

Français

Mauvaise rencontre entre un individu fragile quant à ses désirs insatisfaits et une offre commerciale aguichante, le surendettement s’impose comme une thématique d’actualité dans le social. Mais l’argent, quoique n’ayant pas fait l’objet d’un désir infantile (« Geld ist kein Kinderwunsch », S. Freud), tourne autour de la problématique de la dette inconsciente. L’être humain est d’abord constitué par une dette ; cependant la reconnaissance de la dette et le sentiment de culpabilité sont d’intensité variable. Une dette qu’il n’a pas contractée. Et pourtant il lui incombe de devoir la payer. Être en dette. Si le destin de l’humain est d’éponger les dettes de l’Autre et de se substituer à l’Autre pour payer la dette en question, la fixation d’un « juste prix » à payer pour s’en acquitter n’est pourtant pas de mise. Avec l’apparition du surmoi, en tant que voix intérieure, la dette appréhendée comme faute (« Schuld ») entraîne alors un paiement sans fin.

Mots-clés

  • culpabilité
  • argent
  • loi
  • père
  • paiement
  • surmoi
  • jeu pathologique
  • psychanalyse
  • surendettement
  • théorie

English

Debt… until you give all you gotThe result of an unfortunate meeting between a fragile individual with unsatisfied desires, and an alluring commercial offer, excessive debt establishes itself as a current topic in the social field. But money, although it is not the object of infantile desire (“Geld ist kein Kinderwunsch”, S. Freud), revolves around the issue of unconscious debt. The human being is first constituted by a debt ; however the recognition of debt and feelings of guilt may vary in intensity. A debt which was not contracted. And yet it falls to him to have to pay it. Be indebted. If the destiny of the human being is to pay off the debts of the Other, and to take the place of Other in order to pay their debt, the fixing of a “fair price” to be paid is not at the order of the day. With the appearance of superego, as internal voice, debt as fault (“Schuld”) then leads to endless repayment.

Keywords

  • guilt
  • money
  • law
  • father
  • payment
  • superego
  • gambling
  • psychoanalysis
  • excessive debt
  • theory

Plan de l'article

  1. La dette et ses avatars, thématique d’actualité
  2. Le surendettement : une « mauvaise rencontre »
  3. Dettes vertigineuses et vertige de la dette
  4. « Être en dette »

Pour citer cet article

Bucher Christian, « La dette… jusqu'à payer de sa personne », Psychotropes 3/ 2009 (Vol. 15), p. 9-9
URL : www.cairn.info/revue-psychotropes-2009-3-page-9.htm.
DOI : 10.3917/psyt.153.0009


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