Raisons politiques
Presses de Sc. Po.

I.S.B.N.2724629043
232 pages

p. 218 à 225
doi: en cours

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Lectures critiques

no 1 2001/1

2001 Raisons politiques Lectures critiques

Lectures critiques

Michelle-Irène Brudny Philosophe, docteur en sociologie, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Lille et chercheur au Craps-CNRS, Michelle-Irène Brudny a notamment procuré l’édition de H. Arendt, La nature du totalitarisme (Payot, 1990, établissement du texte et préface sur la réception française de l’auteur), ainsi que l’édition de poche (« Folio histoire ») de Eichmann à Jérusalem. Reportage sur la banalité du mal. Elle publiera en 2001 chez Grasset Karl Popper, un philosophe heureux. Essai de biographie intellectuelle.
Arendt Hannah, épouse Blücher. Sur les correspondances Arendt/ Blücher et Arendt/Heidegger.
« Dans une de ces lettres anciennes qui me resteront toujours actuelles tu as fait remarquer que les lettres d’amour sont toujours d’une certaine monotonie. Bien sûr, mais quelle monotonie étonnante. Une monotonie comme les bruits de la mer. Plus on en écoute, plus on désire d’entendre. Une monotonie si élémentaire qu’elle donne d’espace, dans leur cadre “grandios”, à tous ces variations infinies de tout un monde, de toute une vie. »
Heinrich Blücher, Villemalard, 6 novembre 1939 [1]
Le plus inexact et le plus trompeur serait de mettre en chiasme deux dédicaces écrites par Hannah Arendt. La première ouvre La crise de la culture : « Pour Heinrich, après vingt-cinq ans » [2]. La seconde est inscrite sur une vignette de format américain qui devait accompagner l’envoi, à Martin Heidegger, de l’édition allemande de The Human Condition [3] :
« La dédicace de ce livre est laissée en blanc
Comment pourrais-je le dédier
à celui, si proche,
envers qui j’ai gardé toute fidélité
et ne l’ai pas gardée,
mais les deux, en amour. »
En conclure que la plus essentielle est évidemment celle qui est cachée, a été écrite à la main et n’a sans doute pas été envoyée serait faire litière de la complexité comme de l’ambivalence.
Hannah a 7 ans lorsque son père meurt. Pendant l’hospitalisation de Paul Arendt, le grand-père, Max, contait des histoires à sa petite fille afin de l’égayer. Un an plus tard, la première guerre mondiale contraint Martha Arendt et sa fille de quitter Königsberg. Dans la vie de Hannah, les événements intimes et ceux de l’histoire mondiale sont très tôt mêlés. Près de vingt ans plus tard, en 1933, Hannah décide sans hésitation de quitter son pays natal afin d’éviter la prison pour activisme sioniste. L’espièglerie lumineuse de la petite fille a disparu, et la souffrance de la séparation d’avec Heidegger a épaissi le « voile de l’inquiétude ».
La correspondance entre Hannah Arendt et Heinrich Blücher, son second époux rencontré à Paris en 1936, « occupe une place particulière parmi les correspondances d’Arendt publiées au cours des dix dernières années … dans aucun autre échange de lettres, les correspondants n’écrivent avec une intimité aussi naturelle… ». Pour Lotte Köhler qui, après avoir assuré, à la demande de Hannah Arendt, l’édition de Rahel Varnhagen, est devenue une amie toujours plus proche et s’est occupée avec Larry May et Jerome Kohn de préparer les papiers d’Arendt pour la Library of Congress, c’est « le témoignage le plus personnel du fonds », qui comprend pourtant aussi les « carnets de pensée » de Hannah Arendt [4]. Sur plus de 400 lettres en tout, 300 ont été retenues, avec les coupes d’usage.
Dans la première lettre publiée de cette correspondance, Hannah Arendt, qui va avoir 30 ans et se sépare sans doute pour la première fois de son futur époux depuis leur rencontre, s’exclame : « Je me sentais littéralement comme si on m’avait arraché la peau du corps » [5]. Dès la deuxième lettre, elle écrit à Heinrich : « J’ai quelquefois l’impression d’avoir un peu trop exigé de toi. Se tutoyer, aller se promener sur les quais. Mais au fond j’ai l’insolent espoir de tout pouvoir exiger de toi, c’est-à-dire de pouvoir te traiter comme on se traite soi-même ». À quoi Heinrich répond, comme en une miniature des débuts de leur vie commune : « Bien sûr que tu peux exiger de moi tout ce que tu exiges de toi-même et que tu peux me traiter comme tu te traites toi-même – si ce n’est que tu devrais te traiter un peu mieux ; en tout cas moi je vais le faire : te traiter un peu mieux que tu ne te traites. Ne regrette pas l’histoire des dix ans, etc. Je sais ce que j’ai, quelle femme tu es, tu continueras à être et tu deviendras, laisse-moi juger, qu’en sais-tu donc toi ? » [6].
Qui est Heinrich Blücher ? Un ancien spartakiste, membre du Parti communiste allemand, puis dissident, très ferré en histoire militaire, qui continue, dans des réunions parisiennes, à s’affronter aux camarades du parti. « Un philosophe féru de politique », selon Lotte Köhler, un autodidacte d’une étonnante culture philosophique et esthétique à laquelle s’ajoute un savoir historique considérable. C’est « un simple citizen qui est, à l’instar de Socrate, convaincu que la mission la plus importante des hommes est d’établir des liens entre eux-mêmes, liens qui finalement engloberont l’humanité tout entière : et c’est là la mission de la politique » [7]. C’est aussi un homme d’une grande présence physique, indispensable pour que Hannah Arendt, toujours vulnérable, d’une certaine manière, puisse vivre, s’orienter, voyager, apprécier la beauté dans le monde. Heinrich Blücher est son « chez-soi », sa « patrie portative ». Hannah est tout à fait consciente de sa fragilité et des constants efforts qu’elle requiert : «… même si je ne suis pas d’un grand secours, parce que la plupart du temps ce voile de l’inquiétude m’obscurcit la belle lumière du jour ; ou plutôt [parce que] cette obsession, acquise dès l’enfance, de faire pour tout le monde, sauf pour toi, comme si tout allait bien, me coûte la majeure partie de mes forces » [8].
Cette fragilité explique aussi la difficulté, tenue secrète, de l’apparition publique. Hannah Arendt écrit le 25 mai 1955, alors qu’elle se livre à ces activités depuis plusieurs années : « Je ne peux pas écrire et enseigner en même temps ; ce sont deux activités fondamentalement opposées l’une à l’autre, et je n’ai pas le talent qu’il faudrait pour les mener de front. » Hannah signale à Heinrich lorsque l’auditoire, à la différence de celui de New York, « a de bonnes manières » : les étudiants respectent alors la part de retrait qui lui est consubstantielle jusque dans l’apparition en public. Elle explique d’ailleurs qu’une personne qui a si souvent affaire aux limites mêmes de l’espace public, qui s’en approche par son pourtour, en acquiert une connaissance inégalée.
Mais l’un des fondements du couple est de laisser exister l’autre dans « la solitude [qu’ils se garantissent] l’un l’autre » [9]. C’est aussi la théorie que Heinrich envoie à Hannah en lui commentant le mariage secret de Hermann Broch. Le cercle des proches des époux est bien connu. Mary McCarthy et Elisabeth Young-Bruehl l’ont à juste titre présenté comme la création réussie du couple dont chacun a le don de l’amitié vraie. Or Lotte Köhler observe, de manière moins convenue : « Très peu seulement parmi les nombreuses personnes que Hannah Arendt fréquente dans ses divers domaines d’activité lui resteront constamment proches lors des années new-yorkaises » [10]. Et non seulement en raison des morts – Hermann Broch, Hilde Fränkel, Waldemar Gurian – ou des ruptures, éventuellement passagères, lors de la controverse sur Eichmann à Jérusalem – Hans Jonas.
Il y a pour Blücher, dès le début, « un aller-retour entre philosophie et politique ». Quant à Arendt, voilà ce qu’elle dit d’elle-même à Jaspers : « Mon existence non pas civile mais d’auteur repose sur le fait que j’ai appris grâce à mon mari à penser politiquement et à avoir un regard d’historienne et que, d’autre part, je n’ai pas cessé de m’orienter historiquement et politiquement à partir de la question juive » [11]. Cette lettre date du début de l’année 1946. Pendant cinq années encore, Hannah Arendt travaille à la rédaction des Origines du totalitarisme, qui est presque une œuvre à quatre mains, de son propre aveu, tant elle a d’échanges réguliers avec son époux. Qui songe un instant à l’importance et au détail du débat philosophique quotidien comprend que même la publication de cette correspondance exceptionnelle ne peut que laisser à peine entrevoir ce qui est le tissu même de la relation. Au demeurant, combien de fois l’un ou l’autre des épistoliers s’interrompt pour que l’essentiel de la conversation ait lieu de vive voix : le contrepoint de la correspondance en quelque sorte. Ils sont néanmoins eux-mêmes tout entiers dans ces lettres. Ce que Hannah Arendt écrit, sur le vif, à son mari sur Jérusalem ou sur Eichmann est expressis verbis ce qu’elle écrit ensuite dans son livre, « vérité d’Arendt », avec ses préjugés humains, trop humains : « … Je suis partie loin de la ville… remplie d’une foule orientale comme on peut en voir au Moyen-Orient, les éléments européens sont vraiment repoussés, la balkanisation a progressé à tous égards ». Mais aussi : « Eichmann, on dirait un fantôme, en plus il a un rhume… Il n’est même pas inquiétant » [12].
À la mort de Heinrich Blücher, c’est à Martin Heidegger que Hannah Arendt écrit la nature de cette relation tout à fait privilégiée : « Il arrive que dans le rapport entre deux êtres, si rare que cela soit, s’institue tout un monde. Le monde devient dès lors un chez-soi, ce fut en tout cas la seule et unique patrie que nous étions disposés à reconnaître. Ce microcosme, ce monde en miniature qui constitue toujours un refuge face au monde, c’est ce qui se désagrège quand l’un des deux s’en va » [13].
À l’intersection de ces deux correspondances que tout sépare même si les trois épistoliers y sont parfois solidaires, nous aimerions évoquer la réflexion de Hannah Arendt sur la fidélité, dans ses « carnets de pensée » de 1950, non encore publiés et cités par Lotte Köhler dans son introduction à la correspondance des époux. Hannah Arendt distingue « l’infidélité pour ainsi dire innocente », qui est simplement du côté de la vie, du « grand crime d’infidélité ». Le second est un « véritable anéantissement » car il détruit également le passé et sa pérennité, qui est aussi celle de la vérité. D’une certaine manière, la véritable infidélité annihile la vérité. Et la négation de la vérité n’est pas le mensonge, mais l’oubli.
La correspondance, publiée en 1998, entre Hannah Arendt et Martin Heidegger s’intitule Lettres et autres documents de 1925 à 1975 (poèmes, billets, allocution, fragment de carnets). Ces lettres et documents émanent de Hannah Arendt pour moins du quart seulement, mais c’est grâce à ses soins que nous pouvons les lire. Elle « a conservé et mis à la disposition des archives la majeure partie de ce qui se trouve ici exposé à la lumière de la publicité », selon la formule heideggérienne qu’Arendt reprend à sa guise. Martin Heidegger n’a vraisemblablement pas conservé les lettres de Hannah Arendt de la première période (« Première rencontre » 1925-1933). Elles n’existent plus et il est évidemment impossible de les esquisser le moins du monde à partir des réponses. D’ailleurs, nous n’avons une véritable correspondance à deux voix qu’à « L’automne », de 1966 jusqu’à la mort d’Arendt à la fin de 1975. Martin et Hannah ne s’étaient plus écrit entre 1954 et 1966, et ils ne s’étaient pas vus pendant plus longtemps encore, de 1952 à 1967. Enfin, selon Hermann Heidegger, fils de Martin et responsable de ses inédits, Hannah Arendt ne s’en serait pas tenue à l’accord passé avec Martin Heidegger à la demande de ce dernier : détruire les documents personnels. Sans doute revêtaient-ils à ses yeux une importance particulière. Elle les conservait dans le tiroir du secrétaire de sa chambre et non dans le classeur de son cabinet de travail, et son testament comporte des instructions très précises à leur sujet, redites de vive voix à Lotte Köhler. Cette correspondance arrive en France après un ouvrage qui a « maltraité » au dernier degré la relation entre les deux épistoliers, le sinistre Hannah Arendt et Martin Heidegger d’Elzbieta Ettinger, publié fin 1995 par Le Seuil qui, en 1972, tentait de publier Le système totalitaire sans son appareil critique. Le tollé suscité par le livre d’Ettinger outre-Atlantique et en Europe a au moins eu le mérite, moins paradoxal qu’il n’y paraît, d’inciter Hermann Heidegger à avancer sensiblement la date de publication des documents réels, comme l’explique Lotte Köhler dans le courrier des lecteurs de la New York Review of Books du 21 mars 1996. Quant à Martin et Hannah, le roman publié par Catherine Clément en 1999, il n’est pas assuré qu’il soit à la hauteur de son difficile sujet.
La lettre de Heidegger du 27 février 1925 s’ouvre sur la formule désormais célèbre : « Le démonique m’a atteint de plein fouet … Jamais rien de tel ne m’est arrivé » [14]. Nous sommes loin du Portier de nuit de bas étage concocté par Elzbieta Ettinger. Hannah Arendt, qui n’a que 18 ans lorsqu’elle rencontre Martin Heidegger, comprend assez tôt que celui-ci ne pourra occuper la place qu’elle souhaiterait, et pas seulement en raison de l’œuvre. Heidegger écrit : « Prendre ainsi congé de tous les rapports qui ont pu se nouer, c’est là ce que je connais de plus grandiose, en matière d’expériences humaines, pour ce qui est de la création, et c’est là, eu égard aux situations concrètes, la plus grande malédiction qui puisse vous atteindre. C’est là un arrache-cœur, et il arrive que l’on s’opère vivant » [15]. Elle choisit alors de quitter Marbourg pour Heidelberg.
Plus surprenante est, à notre sens, la tonalité des retrouvailles de février 1950, vingt ans après la dernière entrevue des protagonistes. Celle-ci a d’abord été connue par la reconstitution qu’en fait Elisabeth Young-Bruehl dans sa biographie d’Arendt, en composant une mosaïque de citations empruntées essentiellement à deux lettres d’Arendt, l’une à son mari, l’autre à son amie la plus proche – très gravement malade – sans préciser la source de chaque fragment ainsi utilisé [16]. Les lettres à Blücher sont désormais publiées, mais celles à Hilde Fränkel demeurent consultables dans le fonds Arendt. Selon le récit d’Arendt, dans la première de ses lettres à Hilde, Heidegger a d’abord eu honte pour le passé, c’est-à-dire pour les « deux premiers actes » de leur relation. Mais ensuite : « Nous avons, pour la première fois de notre vie je crois, parlé ensemble… Et lui qui est, de manière tout à fait notoire, un menteur invétéré n’a visiblement jamais, durant ces vingt-cinq ans … nié que cela a été la grande passion de sa vie » [17]. À Hilde, elle ajoute avoir été, de l’aveu de Heidegger, l’inspiratrice de son œuvre. Hannah Arendt observe qu’elle est « heureuse d’avoir la confirmation qu’elle a eu raison de ne jamais oublier » [18] et Heidegger lui écrit : « Combien belle est cette entente qui s’amorce immédiatement, et presque sans mot dire, provenant d’une affinité tôt instaurée pour aller de l’avant, sans que la fasse vaciller ce qui est advenu de maléfique et a tout mis pêle-mêle » [19].
Quant à la question que beaucoup se posent, au moins depuis la parution de la biographie d’Elisabeth Young-Bruehl en 1982 : « en ont-ils parlé ? » [du nazisme et du génocide des Juifs], la réponse est : « évidemment non ». Arendt connaît mieux Heidegger que les Marcuse, Hans Jonas ou Paul Celan – pour ne citer que ceux-là – ne le connaissent. S’évite-t-elle une blessure irréparable ? Ne sait-elle réellement pas, comme disent certains parmi ses très proches [20], que Heidegger a porté l’insigne ? C’est en tout cas l’indication d’une profonde ambivalence, finalement, à l’égard de Heidegger, qui fait écho à son appréhension et à ses hésitations avant l’entrevue : « Chez Jaspers, l’envie de Heidegger m’est un peu passée. C’est quand même toujours la même chose : la loi d’après laquelle une relation peut s’établir » [21].
Une nouvelle interruption dans la correspondance intervient, nous l’avons dit, entre 1954 et 1966, comme pour invalider, peu après, cette confirmation dont Arendt s’est déclarée si heureuse. Les raisons en sont complexes, et l’on ne peut simplement souscrire aux explications « les plus évidentes » de l’éditrice de cette correspondance, Ursula Ludz : chacun des deux auteurs vaque à ses affaires, importantes, en ayant peu de considération pour celles de l’autre. Il arrive à Hannah Arendt de s’interroger, de ne pas savoir interpréter le silence de Heidegger : « Pas un mot de Heidegger, à qui j’ai écrit quelques lignes il y a quelques mois. Je ne sais pas ce qui se passe… Je ne sais pas pourquoi il m’en veut ou ce qui a pu éveiller sa méfiance. I can’t help it. Peut-être est-ce seulement le travail » [22]. Hannah Arendt est aussi bien l’auteur de « Heidegger le renard » (qui est très fier de son piège et ne se rend pas compte qu’il s’y est lui-même pris) que de Vita Activa où il serait difficile de ne pas voir, inter alia, un dialogue et une confrontation philosophique avec Heidegger, ou, simplement parfois, son influence, par exemple dès le prologue sur le lancement du premier spoutnik.
La dernière séquence répond à la première, sur le mode plus apaisé de l’automne de la vie. C’est sans doute la seule période où l’on puisse parler d’un échange peu asymétrique. Heinrich Blücher meurt vers la fin de 1970. Toutes les lettres de Heidegger qui suivront font référence au deuil d’Arendt. Et comme c’est Heidegger qui meurt le dernier, il lui revient d’écrire à Hans Jonas, l’un de ses anciens étudiants et l’ami de presque toute une vie d’Arendt : « Votre lettre m’a fait comprendre à quel point Hannah était décidément et constamment le centre d’un grand cercle au riche rayonnement. De ce cercle, les rayons tournent à présent dans le vide, à moins que – ce que nous espérons tous – ne le remplisse à nouveau, au gré de la métamorphose à laquelle elle est appelée, la présence de la chère disparue ». La publication de ses deux correspondances, avec Heinrich Blücher et Martin Heidegger, dessine la figure actuelle, lumière et ombre toujours, de cette présence. â—†
 
NOTES
 
[1] Cette lettre d’un camp d’internement a été écrite en français, ce qui lui a permis de parvenir à son destinataire. Les lettres d’Arendt à Blücher de la même période n’existent plus. Cf. Hannah Arendt/Heinrich Blücher, Correspondance 1936-1968, édition, introduction et notes de Lotte Köhler, traduction d’Anne-Sophie Astrup, Paris, Calmann-Lévy, 1999, p. 94.
[2] H. Arendt, La crise de la culture, Paris, Gallimard, 1972 (coll. « Idées »).
[3] H. Arendt, Vita Activa oder Vom tätigen Leben, Stuttgart, Kohlhammer, 1960.
[4] Cf. Hannah Arendt/Heinrich Blücher, Correspondance 1936-1968, op. cit., p. 7. Lotte Köhler s’est également chargée avec Hans Saner d’éditer la correspondance Arendt/ Jaspers.
[5] Ibid., p. 34.
[6] Ibid., p. 43.
[7] « Un cours du Common Course », dans Correspondance 1936-1968, op. cit., p. 520.
[8] Ibid., p. 125.
[9] Ibid., p. 162.
[10] Ibid., p. 23.
[11] F. Hannah Arendt/Karl Jaspers, Correspondance 1926-1969, Paris, Payot, 1995, trad. E. Kaufholz-Messmer, p. 70-71.
[12] Hannah Arendt/Heinrich Blücher, Correspondance 1936-1968, op. cit., p. 473 et 474.
[13] Hannah Arendt/Martin Heidegger, Briefe 1925 bis 1975 und andere Zeugnisse, Francfort/M., V. Klostermann, 1998-1999, édition d’Ursula Ludz, trad. Pascal David, Paris, Gallimard, 2001 (coll. « Bibliothèque de philosophie »).
[14] Hannah Arendt/Martin Heidegger, Lettres de 1925 à 1975, op. cit., p. 18.
[15] Ibid., p. 57.
[16] Cf. Elisabeth Young-Bruehl, Hannah Arendt. Biographie, Paris, Calmann-Lévy, 1999, trad. J. Roman et E. Tassin, p. 322.
[17] Hannah Arendt/Heinrich Blücher, Correspondance 1936-1968, op. cit., p. 189.
[18] Hannah Arendt à Hilde Fränkel, lettre du 10 février 1950. Fonds Arendt, carton n° 9.
[19] Hannah Arendt/Martin Heidegger, Lettres de 1925 à 1975, op. cit., p. 91.
[20] Entretien avec Lotte Köhler, 1er juin 1999 à New York.
[21] Hannah Arendt/Heinrich Blücher, Correspondance 1936-1968, op. cit., p. 173.
[22] Ibid., p. 348.
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[1]
Cette lettre d’un camp d’internement a été écrite en frança...
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[2]
H. Arendt, La crise de la culture, Paris, Gallimard, 1972 (...
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[3]
H. Arendt, Vita Activa oder Vom tätigen Leben, Stuttgart, K...
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[4]
Cf. Hannah Arendt/Heinrich Blücher, Correspondance 1936-196...
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Ibid., p. 34. Suite de la note...
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Ibid., p. 43. Suite de la note...
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« Un cours du Common Course », dans Correspondance 1936-196...
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[8]
Ibid., p. 125. Suite de la note...
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Ibid., p. 162. Suite de la note...
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Ibid., p. 23. Suite de la note...
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F. Hannah Arendt/Karl Jaspers, Correspondance 1926-1969, Pa...
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Hannah Arendt/Heinrich Blücher, Correspondance 1936-1968, o...
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[13]
Hannah Arendt/Martin Heidegger, Briefe 1925 bis 1975 und an...
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[14]
Hannah Arendt/Martin Heidegger, Lettres de 1925 à 1975, op....
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[15]
Ibid., p. 57. Suite de la note...
[16]
Cf. Elisabeth Young-Bruehl, Hannah Arendt. Biographie, Pari...
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Hannah Arendt/Heinrich Blücher, Correspondance 1936-1968, o...
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Hannah Arendt à Hilde Fränkel, lettre du 10 février 1950. F...
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Hannah Arendt/Martin Heidegger, Lettres de 1925 à 1975, op....
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Entretien avec Lotte Köhler, 1er juin 1999 à New York. Suite de la note...
[21]
Hannah Arendt/Heinrich Blücher, Correspondance 1936-1968, o...
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Ibid., p. 348. Suite de la note...