La Croatie : un exemple d’« épuration langagière » ?
David Bruce MacDonald
L’auteur retrace les politiques propres à l’émergence du « croate » en tant que langue nationale. La re-création et la ré-interprétation d’une langue nationale n’étaient pourtant qu’une politique parmi d’autres dans le souci général de distinguer la Croatie de la Serbie en termes raciaux, culturels, historiques et psychologiques : les Croates se présentant en effet comme plus « occidentaux » et donc plus « civilisés » et plus « démocrates ». Dans le contexte de la contestation des frontières croates à la veille de l’indépendance (le territoire visé comprenant une minorité de 11 % de Serbes), la langue a été instrumentalisée par les nationalistes croates et utilisée comme argument légitimant dans l’établissement de l’État.
This article reviews the politics behind the emergence of « Croatian » as a national language. Recreating or reinterpreting a national language was but one aspect of a more general policy of distancing Croatia from Serbia, in cultural, historical, psychological, and racial terms. Croats presented themselves as more « western », and therefore, more enlightened, civilised, and democratic than their Serbian counterparts. Since Croatia’s territorial borders on the eve of independence were highly contested, with a Serbian minority of 11 %, nationalists instrumentalised language and used it as a crucial aspect of identity creation and legitimated state formation.
• Y a-t-il eu dans le passé une langue croate ?
• La montée du serbo-croate
• La politique de la langue dans la Yougoslavie de Tito
• La « nouvelle purification » de la langue sous l’égide de F. Tudjman et du HDZ
• Replacer la langue croate dans son contexte