Les nouvelles frontières de la civilisation russe
Timour Atnachev
La « diaspora russe » semble menacer l’intégrité des nouveaux États dans l’espace postsoviétique. L’histoire de l’expansion russe et soviétique a déterminé la carte ethnique actuelle et les jeunes communautés doivent construire leurs identités culturelles et politiques avec ce lourd héritage. Malgré les attentes, on ne peut pas parler de formation de la diaspora ethnique russe ni de rejet univoque des Russes. L’analyse des différents types de données montre que la langue russe trace au sein des sociétés de l’ex-URSS des frontières sociales souples d’un type nouveau où la relation entre le groupe et la langue n’a pas de caractère exclusif. Un équilibre dynamique assure la séparation des tâches entre les langues nationales et le russe, d’un côté, le russe et les autres langues à vocation universelle, de l’autre. Les nouvelles frontières de la civilisation russe sont peut-être moins bien gardées et plus souples, mais, à leur façon, plus durables.
« Russian diaspora » is often perceived as a threat to the integrity of the new States in the postsoviet area. The history of Russian, and the Soviet expansion have plotted the actual mixed ethnic map and the new societies have to build their identities facing this heavy heritage. Surprisingly, we can talk neither about a political consolidation of a Russian ethnic diaspora, nor about a clear reject of the Russians. An analysis of different types of data available shows that the key issue for explaining this situation is the Russian language, which draws social boundaries of a new type. The relationship between the group and the language is not exclusive. A dynamic equilibrium maintains the division of labour between national languages and Russian, on the one hand, Russian and other universal languages, on the other. Thus, the new frontiers of Russian civilisation are less patrolled and more elastic, but finally more solid.
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