2001
Raisons politiques
Dossier : Être de parole et situations langagières
Sociologies du langage
Claude Javeau
Professeur de sociologie et directeur du Centre de sociologie générale de l’Université libre de Bruxelles, Claude Javeau est directeur de la Revue de l’Institut de sociologie et, entre autres, membre du conseil de rédaction des Cahiers internationaux de sociologie et du conseil scientifique de Raisons politiques. Il vient de publier Prendre le futile au sérieux (Paris, Le Cerf, 1998) et publiera prochainement Le bricolage du social (Paris, PUF, 2001). Ses thèmes de recherche actuels sont l’anthropologie de la postmodernité, les microrituels de la vie quotidienne et la sociologie de la production scientifique dans les sciences du social.
Comme tout phénomène relevant de l’ordre du social, propre à l’espèce humaine, le langage peut être abordé sous l’angle des sous-ordres biologique (phonétique), symbolique (syntaxe et sémantique) et structurel (politique). La dimension politique du langage est généralement ignorée par les principaux théoriciens, à l’exception de Bourdieu, ce qui engendre l’occultation du fait que toute communication humaine, outre ses aspects phonétique, syntactique et sémantique, s’origine dans un lieu que l’on peut toujours situer dans un système de domination.
As any other phenomenon pertaining to the order of the social, characteristic of the human species, language may be approached through the three sub-orders coined as biological (phonetics), symbolic (syntax and semantics) and structural (politics). The political dimension of language has been generally forgotten by the main theoricians, Bourdieu exepted, which entails the obliteration of the fact that any human communication, beyond its phonetic, synctatic and semantic aspects, hails from a place which can always be located within a domination system.
Il serait vain de tenter dans ces quelques pages une exploration très condensée des théories sociologiques ayant trait à cet attribut sans doute substantiellement humain qu’est le langage. De Vico à Searle, en passant par Austin, Labov, Bourdieu, Chomsky, Hagège, Cicourel, et pas mal d’autres, on s’attaquerait à la rédaction d’une véritable somme qui ferait apparaître entre les divers abords d’irréductibles oppositions, sources d’infinies controverses, sinon de conflits insurmontables. Je viserai nécessairement beaucoup moins haut, me contentant, comme je l’ai déjà fait à propos d’autres questionnements, de partir « au ras des pâquerettes »
[1], c’est-à-dire de la constatation suivante, d’ordre universel et de nature incontestablement assertorique : les hommes parlent, parlent entre eux, pour se dire des choses, des choses qui ont un rapport avec leur propre être-au-monde. Autour de cette donnée fondamentale, se manifestent d’autres activités dérivées comme écrire ou chanter et également réfléchir sans produire un son (on ne se posera pas ici la question, somme toute spécieuse, de savoir si la réflexion précède la vocalisation ou l’inverse : pour moi, l’une ne va pas sans l’autre, car on ne peut réfléchir sans passer par le langage, et si toute parole n’est pas nécessairement le produit d’une réflexion, elle se greffe, sauf exceptions dûment circonscrivables (délire, rêve parlé, etc.) sur un état de conscience qui contient en lui-même la faculté continuelle de réfléchir). D’une manière lapidaire, on dira que la capacité de recourir au langage vise à transmettre et éventuellement à échanger des contenus de conscience, ceux-ci ne fussent-ils pas toujours maîtrisés. C’est ce qu’on appelle de nos jours communiquer (on ne s’étendra pas non plus ici sur les pernicieuses dérives auxquelles la notion de « communication » a été soumise dans la « société de la communication et de l’information »).
L’ordre du social et ses trois sous-ordres
Si l’on considère que l’espèce humaine est digne de constituer un monde séparé des autres espèces vivantes, on acceptera aisément de caractériser l’ordre, au sens taxinomique du terme, qu’elle peut prétendre engendrer par l’épithète « social ». Les hommes vivent dans des regroupements, auxquels la tradition scientifique, reprise par la doxa, accorde le nom de « sociétés ». À la différence des « sociétés animales », qui ne reçoivent cette appellation que par analogie, les regroupements humains sont capables de créativité, ingrédient essentiel de ce qu’on appelle la « culture », elle-même portée par la flèche du temps, ce qui en fait le terreau de ce qu’on appelle l’histoire. Les animaux les plus proches de l’homme, dits singes anthropoïdes, n’ont d’autre histoire que celle qu’on appelait, du temps de Buffon, « naturelle », parce que comme toutes les histoires, il s’agissait d’un récit descriptif et explicatif. De nos jours, on parle de zoologie, sous-catégorie de l’ensemble universitaire dénommé « biologie ».
L’ordre du social, à ne pas confondre avec un « ordre social », notion de nature juridique ou politique, repose sur trois dimensions fondamentales, chacune au principe d’un sous-ordre spécifique, que je propose d’appeler les sous-ordres biologique, symbolique et structurel. Ces trois sous-ordres ne sont évidemment pas autonomes, et l’on pourrait dire qu’ils s’interpénètrent à tout moment, dans une série ininterrompue et foisonnante de processus inscrits dans la temporalité (l’« historicité »). En d’autres termes, il n’existe rien concernant le règne humain qui soit purement d’ordre biologique (l’homme en tant qu’animal), d’ordre symbolique (l’homme en tant que producteur de sens) ou d’ordre structurel (l’homme en tant qu’agent d’un système de domination). Pour revenir à ce qui nous occupe, « parler », par exemple, implique à la fois mettre en œuvre un appareil vocal (biologique), transmettre une information (symbolique) et « prendre la parole » à partir d’une position donnée sur une échelle hiérarchique (structurel).
Le langage articulé et symbolique, étant entendu qu’on désigne par là ce phénomène proprement humain qui s’actualise dans des langues concrètement repérables et descriptibles, peut donc être abordé sous l’angle de la tripartition ordinale que je viens d’esquisser rapidement. Ce faisant, on n’échappe pas à la traditionnelle bipartition méthodologique entre micro- et macrosociologie. On sait que le grand effort de nombreux sociologues contemporains a été de rapprocher, d’unifier, voire de réconcilier ces deux abords canoniques du « social », qu’il s’agisse des théories sur la « construction sociale de la réalité » (Berger et Luckmann), sur la jonction « habitus-définition de la situation » (Bourdieu) ou encore de la « structuration » (Giddens), sans oublier l’« individualisme méthodologique » cher à Boudon et à ses disciples. « Parler », en effet, consiste en une « action sociale » (Weber), orientée vers autrui
[2] et en principe porteuse de sens, se produisant donc en rapport avec un échange réciproque (
Wechselwirkung, selon Simmel), ce qui relève du niveau « micro » ; dans le même temps, il s’agit de recourir aux phonèmes et aux morphèmes, mis à la disposition des locuteurs par une langue déterminée et historiquement sédimentée, ce qui relève du niveau « macro ». La langue que je parle et écris de préférence, je ne l’ai certes pas inventée, mais, s’agissant de ma langue « maternelle », je ne l’ai pas davantage choisie. Elle s’est imposée à moi dès ma naissance et a servi de vecteur majeur à la socialisation dont j’ai été l’objet. Elle m’a été transmise (et imposée), non seulement en tant qu’instrument de communication, mais aussi en tant qu’outil de structuration du monde, dans ma contribution à la « construction de la réalité sociale » (Searle). En la parlant avec d’autres, je perpétue son existence, je contribue à la reproduire, tout en produisant en son sein des innovations (et en avalisant des abandons), en acceptant d’introduire dans mes usages de cette langue des termes nouveaux ou des emprunts à d’autres langues. C’est dans cette langue que non seulement je m’informe et informe d’autres à propos du monde dans lequel je vis (mon
Lebenswelt, « monde vécu », selon la tradition phénoménologique telle qu’incarnée principalement par Schütz), mais aussi je prends position à l’égard de ce monde. Ce qui nous ramène à la tripartition ordinale : énonciation vocale (biologique), dans une langue donnée (symbolique), menant à une attribution de sens dans une prise de position (structurel).
Il est frappant de constater que la part du sous-ordre structurel dans la détermination des formes et des contenus des messages qu’échangent les êtres humains, les « hommes de parole » (Hagège) est souvent sous-estimée, sinon ignorée.
[Sans doute est-il vrai que] « la théorie du langage consiste en trois sous-théories, chacune d’elles correspondant à l’une des trois composantes d’une description linguistique et donnant lieu à un constat sur la part prise par cette composante dans une description linguistique. Nous recourons aux termes de théorie phonologique, de théorie syntactique (qui englobe aussi la théorie grammaticale) et de théorie sémantique pour désigner ces sous-théories… La composante phonologique rend compte des règles en fonction desquelles un locuteur produit les sons de sa langue ; la composante syntactique rend compte des règles selon lesquelles il organise ces sons en structures de phrases ; et la composante sémantique rend compte des règles selon lesquelles il interprète des phrases en messages significatifs » [3].
Fort bien, mais le choix des sons, l’organisation en « phrases » et l’interprétation de celles-ci n’échappent jamais au système de répartition des positions de domination au sein d’un groupe ou d’une société donnés. Ce que rappelle opportunément Bourdieu :
« Le langage est une technique du corps et la compétence proprement linguistique, et tout spécialement phonologique, est une dimension de l’hexis corporelle où s’expriment tout le rapport du monde social et tout le rapport socialement instruit au monde : … le schéma corporel caractéristique d’une classe détermine le système des traits phonologiques qui caractérisent une prononciation de classe [4] ».
Mais cette référence à l’appartenance de classe ne concerne pas seulement le style articulatoire, il vise aussi la constitution sémantique du discours, non seulement dans le choix des mots (on renverrait ici à l’opposition entre « code restreint » et « code élaboré » chez Bernstein), mais aussi dans les attributions de sens destinées à être, ou non, perceptibles aux oreilles (ou aux yeux, s’il s’agit de propos écrits) des interlocuteurs : on songera entre autres aux pratiques du renforcement insultant de certains termes dans des discours agressifs ou, au contraire, à celle de l’ironie déguisée ou de l’
understatement. Car, certes encore, il est pertinent d’écrire que « la production de sens, même quand elle paraît entièrement gratuite ou à usage strictement interne ou thérapeutique, est orientée, par sa finalité même, sur la relation dialogale, c’est-à-dire sur le social »
[5]. À condition de ne jamais manquer de (se) rappeler qu’il s’agit d’un « social » inévitablement hiérarchisé. On trouvera une autre illustration de cette occultation du structurel dans un ouvrage récent et incontestablement plein de mérites qui énonce les deux « conditions fondamentales » auxquelles doit satisfaire une théorie de la communication et omet toute allusion au caractère hiérarchisé de tout contexte social au sein duquel se produit une communication
[6]. Une véritable théorie de la communication devrait tenir compte du fait que les interlocuteurs sont toujours impliqués dans un système de distribution du pouvoir, et par là même ne se trouvent pas toujours (ou pas souvent ?) sur le même échelon de ce système. Pour le dire de manière condensée, toute théorie de la communication, au sein de laquelle s’insérerait nécessairement une théorie du langage articulé et symbolique, qui ne serait pas
politique, resterait incomplète.
À force de tout centrer sur l’individu, celui-ci finit par être happé par les trous noirs de l’Histoire. Toute prise de parole, tout acte de langage, est politique. Le poète qui écrit : « Il est d’étranges sons où les fleurs ont une âme » (Albert Samain), appartient au groupe « distingué » de la société française de la fin du 19e siècle. Or être « distingué » n’est pas témoigner d’une disposition innée, pour ainsi dire génétiquement déterminée. Quoi qu’on ait fait pour naturaliser la distinction, celle-ci reste toujours, comme l’a bien montré Bourdieu, affaire de transcription dans les interactions ordinaires de rapports de classe produits par et dans la temporalité historique. Un rapport de classe est, par essence, un phénomène politique, même si « parler », au premier abord, c’est-à-dire tout acte de langage, apparaît comme un phénomène phonétique et sémantique (la dimension syntactique étant, dans l’échange, recouverte par la dimension sémantique). Mais tout acte de langage intervient dans l’incessant jeu de structuration/restructuration du social et ce jeu, il ne peut le mener qu’à partir d’un lieu structuralement situé : aux questions « qui parle ? » et « que dit-il/elle ? », s’ajoute nécessairement « d’où parle-t-il/elle ? » ; ce « où » étant référé à une position sociale déterminante dans toute prise de position à l’égard du monde, dont le langage est la mise en forme décelable par excellence (mais non la seule, cela va de soi : l’hexis corporelle proprement dite, la gestuelle, l’habillement, etc., en constituent d’autres qui, toutefois, réclament, pour être objets de communication, une traduction en termes linguistiques).
« Dire », dès lors, n’est pas réductible seulement à ce qui est dit (dimensions phonétique et sémantique), ni, en sus, à la manière dont ce qui est dit est dit (dimensions syntactique et stylistique), mais doit être ramené encore au lieu d’où ce qui est dit est dit (dimensions politique et agonistique). Si les sociologues peuvent contribuer à la connaissance des phénomènes du langage, c’est en mettant l’accent sur la diversité des modes et contenus d’énonciation en fonction des positions sociales. Ainsi, le parler d’un enfant n’est pas seulement celui d’un enfant, mais d’un enfant d’ouvrier ou de cadre supérieur, d’un indigène ou d’un allogène, d’une fille ou d’un garçon, etc. Cette prise en compte du sous-ordre structurel ne doit pas engendrer un désintérêt ou une minimisation des deux autres sous-ordres, le biologique et le symbolique. Elle doit simplement ne jamais être perdue de vue par tout chercheur qui tient à traiter du langage comme d’un « phénomène social total » (Mauss).
Effectivité linguistique et réalité institutionnelle
Comme l’affirme Searle, le « langage est essentiellement constitutif de la réalité institutionnelle »
[7]. Par « institutions » ou « faits institutionnels », il entend les faits qui constituent des éléments de culture ou de société. Les faits institutionnels exigent des institutions humaines spécialisées afin de fonder leur existence. « Le langage est l’une de ces institutions ; en fait, il est constitué par un ensemble de telles institutions »
[8]. Pour le dire simplement, la réalité institutionnelle est non seulement déterminée de manière linguistique, mais est une réalité linguistique
[9]. L’effectivité linguistique, ce qu’une tradition appelle la fonction performative du langage, s’applique avant tout, à travers la myriade d’interactions qui tissent et retissent constamment le tissu social, à la construction de la réalité sociale, laquelle est essentiellement une réalité institutionnelle. Le langage n’est donc pas un phénomène ou ensemble de phénomènes sociaux parmi d’autres, à l’instar de la famille, du travail, de l’école, etc., mais représente le phénomène ou l’ensemble de phénomènes possédant la faculté d’instituer l’ordre du social lui-même, au sein duquel tous les autres phénomènes sociaux peuvent être institués et donc prendre sens.
Si l’on passe maintenant du langage, phénomène englobant, aux langues, phénomènes actualisants du premier, postulera-t-on qu’une langue donnée contribue en premier lieu à instituer une réalité sociale donnée, en particulier les aspects politiques de cette réalité que sont le sentiment national, la revendication identitaire, le système juridico-légal, etc. ? S’il convient de reconnaître qu’en toute langue, selon ses divers niveaux, s’expriment des rapports de force d’ordinaire attribués au champ politique
[10], on ne s’aventurera dans cette voie qu’avec prudence en commandant de se rappeler toujours le caractère historique de toute formation linguistique concrète et le fait que la langue, en tant qu’instrument de communication, si elle fonde un ordre institutionnel, permet aussi de confronter des ordres institutionnels différents. La langue, je l’ai écrit plus haut, sert notamment à prendre position à l’égard du monde. Les prises de position qu’elle rend possibles font partie de l’institutionnalisation de la réalité institutionnelle. On ne peut donc proclamer une relation directe entre l’exercice d’une langue singulière et une réalité institutionnelle, en l’occurrence politique, spécifique. Fonder l’identité d’un peuple sur la seule langue qu’il pratique n’est qu’une réduction simpliste de la réalité politique, ou, si l’on veut, du sous-ordre structurel dont les institutions traduisant l’exercice des pouvoirs ne sont qu’une expression plus visible que les autres. Si Searle a raison de faire du langage le constituant originel de la réalité institutionnelle, il ne faut pas oublier que cette réalité et le langage qui la constitue (concrètement, l’une ou l’autre langue en usage à un moment donné) sont des ensembles de phénomènes contingents et fondamentalement arbitraires, qui résultent d’actes de prises de position émanant de groupes sociaux dominants à une certaine époque inscrite dans la narration historique. Nous voici ramenés au sous-ordre structurel. Contre certaines sociologies « de la vie quotidienne » ou certains aspects des « études culturelles », il est bon de rappeler aux sociologues et à ceux qui les lisent le rôle capital de ce sous-ordre dans la mise en place et en œuvre de toute production sociale, quel que soit le niveau du social (micro, méso ou macro) où l’on se trouve. â—†
[1]
Claude Javeau,
Prendre le futile au sérieux, Paris, Le Cerf, 1998 (coll. « Humanités »).
[2]
Cet « autrui » peut être absent ou virtuel ou être constitué par le locuteur lui-même : se parler à soi-même, à voix haute ou non, fait aussi partie des activités sociales, tout comme répéter une déclaration que l’on a l’intention de faire à quelqu’un qui n’est pas présent.
[3]
Jerrold J. Katz,
The Philosophy of Language, New York, Harper and Row, 1966, p. 110 ; cité par Aaron V. Cicourel,
Cognitive Sociology, Harmondsworth, Penguin, 1973, p. 43 (je traduis).
[4]
Pierre Bourdieu,
Ce que parler veut dire, Paris, Fayard, 1982, p. 89-90.
[5]
Claude Hagège,
L’homme de parole, Paris, Fayard/Folio Essais, 1986, p. 203.
[6]
Ces deux conditions seraient : « Il importe de reconnaître que tout n’est pas langage dans la communication » et « Il ne saurait être question de placer au départ de la communication ce qui est son aboutissement et d’imaginer un sujet émetteur déjà constitué », Alain Éraly,
L’expression et la représentation. Une théorie sociale de la communication, Paris, L’Harmattan, 2000 (coll. « Logiques sociales »), p. 20-21.
[7]
John R. Searle,
The Construction of Social Reality, Harmondsworth, Penguin, 1995, p. 59 (je traduis).
[8]
Ibid., p. 27.
[9]
Il ne s’agit pas ici de se rallier au courant dit de la « déconstruction » dont les partisans les plus extrémistes prétendent que toute réalité est fondée sur la possibilité linguistique de la nommer, ce que l’on a parfois appelé la position
anthropique. Cf., à ce sujet, Paul A. Boghossian, « What is Social Construction ? »,
The Times Literary Supplement, 23 février 2001, p. 6-8.
[10]
La langue « officielle » est, pour le dire simplement, la langue du pouvoir politique, lequel est souvent tenté d’intervenir directement dans la gestion de cette langue, à l’exemple de la France et de son Académie française, complétée maintenant par divers Hauts Comités, censés veiller sur l’orthodoxie linguistique des Français, voire des francophones en général.