Cuba : la peur, l’exil et l’entre-deux
Jacobo Machover
Entre la peur et l’exil, Cuba est un pays écartelé. Parmi les exilés, certains intellectuels sont devenus les porte-parole d’une opposition réduite à néant à l’intérieur de l’île, divisée et discréditée en dehors. Leur parcours est souvent exemplaire. Petit à petit, l’exil cubain a été réduit à jouer le rôle d’un lobby influent, certes, mais sans réelle autonomie, toujours dépendant des aléas de la politique américaine. Malgré la chute du mur de Berlin, Fidel Castro demeure, porté à bout de bras par une solidarité militante envers le dernier dinosaure de la guerre froide et, surtout, par une répression sans pitié vis-à-vis de l’opposition interne et de l’exil. Par-delà les enjeux internationaux, apparaissent les contradictions, les déroutes, les souffrances, mais aussi les espoirs de cet exil apparemment condamné pour l’éternité.
Cuba is torn between fear and exile. Among the exiles, some intellectuals have become the spokesmen of a very shy opposition inside and a discredited one outside the island. The evolution of these intellectuals is often exemplary and the role they play has been downgraded to a lobby of a certain influence but without a real autonomy especially regarding to US foreign policy. Thanks to the solidarity of some and the repression of the opposition, Fidel Castro, the « cold war dinosaur », remains in power. Beyond the international issues his article discusses the sufferance but also the hopes of this apparently everlasting exile.