Les fonctionnaires au Viêt Nam : une classe sociale en transition
Alain Fontanel
Avec moins de 1,5 million de titulaires pour une population de près de 80 millions d’habitants, les fonctionnaires sont relativement peu nombreux au Viêt Nam. Classe sociale et pilier du régime, ils sont alternativement enviés, courtisés et critiqués. Dépositaires d’une triple tradition mandarinale, coloniale et socialiste, leur prestige social se perpétue en dépit du discrédit qui frappe une partie d’entre eux. Au cœur d’un réseau relationnel parfois clientéliste et souvent rémunérateur, les fonctionnaires vietnamiens freinent par conservatisme la mise en œuvre de certaines réformes. La professionnalisation en cours de la fonction publique devrait toutefois permettre d’accélérer la transition de ce groupe social et faciliter les réformes programmées de l’État et de l’administration. La dialectique désormais traditionnelle pour le Viêt Nam d’un État tantôt « fort » tantôt « faible » trouverait alors une solution avantageuse pour le développement du pays.
Civil servants are not numerous in Viêt Nam with less then 1,5 million people for almost 80 millions citizens. Pilar of the regime, they often generate envy, solicitations and criticism. Carrying the heritage of the mandarin, colonialist and socialist administration, their social position starts to suffer of bad behaviours in their rank. They also sometimes slow down the enforcement of reforms being afraid of losing position, power and revenues. The ongoing modernisation of the public sector should help and speed up the transition of civil servants social group. The answer to the question of « a weak or strong state » in Viêt Nam may then find a positive answer for the country development fate.
• Les limites imprécises de la fonction publique
• Prestige social et conservatisme
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