Raisons politiques
Presses de Sc. Po.

I.S.B.N.2724629329
190 pages

p. 9 à 27
doi: en cours

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Dossier

no 5 2002/1

De l’ennemi public aux amitiés particulières. Quelques hypothèses sur le rôle du Diable (15e-17e siècles)

Sophie Houdard
Du 15e au 17e siècle, l’Europe moderne invente, traque et persécute l’hérésie diabolique. Si l’invention de cet ennemi public numéro un des Temps modernes reste, au fond, une énigme historique, on peut essayer de voir comment la passion de l’Union (chrétienté, corps mystique de l’État), de l’Un, sans place pour l’autre, a produit ce massacre collectif. Le Diable figure peut-être l’empreinte de tous les rêves de totalité et de fusion ; dernière construction totalisante de la langue chrétienne, il est l’empreinte, ici et là, aujourd’hui et naguère, de la passion meurtrière pour le Même. From the 15th to the 17th Century, modern Europe tracks and persecutes diabolical heresy. Even if the invention of that public enemy number one remains a mystery, this article tries to understand how the passion for Union (Christianity, mystical body of state), of the One, without space for the Other, has produced that collective massacre. The devil might be the figure of all dreams of fusion and of totality, the last global construction of Christian language, the symbol of that murderous passion for the Same.
• L’invention du Diable
• La secte ou l’antisociété
• La sorcière jurée : une ruse politique ?
• Causalité diabolique et société persécutrice
• Le complot : la sorcellerie comme crime de lèse-majesté
• L’ennemi comme traître
• « Tu fus mon ennemi même avant que de naître »


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