Les mondes du welfare
Robert E. Goodin
Malgré le succès frappant du régime de welfare social-démocrate qui a atteint tous les objectifs qu’on avait pu assigner à l’État providence, la perspective étatiste qui est la sienne a récemment été remise en question. Les tentatives de réforme se sont portées sur les différentes manières de transférer une plus large part du fardeau du welfare vers d’autres piliers de la société que l’État : la famille, la communauté et le marché. Toutes ces options accusent des contradictions internes qui hypothèquent les conditions mêmes de leur succès. Le pilier de l’État apparaît fort en comparaison et une extrapolation du vieil idéal social-démocrate sous la forme d’une « allocation universelle » semble désirable. Il semble même possible d’atteindre cet horizon dans un climat politique hostile, en tirant indirectement avantage de certains aspects élémentaires des exigences mal intentionnées du workfare.
Striking successful though the social democratic welfare regime is at meeting all the goals anyone has ever envisaged for a welfare state, its statist approach has come under recent challenge. Reform efforts focus on various different ways of shifting more of the welfare burden onto other non-state pillars of society : the family, the community, and the market. All those efforts suffer internal contradictions, undermining the preconditions of their own success. The state pillar looks strong in comparison, and an unconditional « basic income » extrapolation of the old social democratic ideal seems desirable. There may even be ways of attaining it in a seemingly hostile political climate, by taking devious advantage of key aspects of mean-spirited « workfare » requirements.
• Les piliers du welfare
• Les défaillances du marché
• Les défaillances de la famille
• Les échecs du modèle communautaire
• La résurgence de l’étatisme
• Des prestations réellement inconditionnelles