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S'inscrire Alertes e-mail - Raisons politiques Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezPauvreté, exclusion sociale et redistribution : la réponse britannique
AuteurRuth Levitas du même auteur
(Ruth Levitas est professeur de sociologie à l’Université de Bristol en Angleterre. Ses recherches portent sur les idéologies politiques et leurs relations avec les politiques et les indicateurs sociaux et, également, sur la pensée utopique et les politiques du changement. Elle a publié The Ideology of the New Right (Polity Press, 1986) ; The Concept of Utopia (Philip Allen, 1990) ; Interpreting Official Statistics, (édité avec Will Guy, Routledge, 1996) ; The Inclusive Society : Social Exclusion and New Labour (Macmillan, 1998). Elle a également publié, en collaboration avec David Gordon et al., le rapport préliminaire d’une enquête majeure sur Poverty and Social Exclusion (Rowntree Foundation, 2000) et travaille actuellement avec une équipe de recherche sur Poverty and Social Exclusion in Britain : The Millenium Survey (Policy Press, à paraître).1 L’« exclusion sociale » est devenue le thème central des politiques sociales européennes. Le concept manque cependant de définition claire et il n’est pas compris de la même façon dans les différents États de l’Union. En outre, ses significations varient avec le temps et de tels changements ont d’importantes conséquences sur les politiques sociales et économiques, donc sur la vie des citoyens européens. L’étude de ces changements de significations, de leurs causes et de leurs conséquences politiques, tels qu’ils apparaissent en particulier dans le débat public britannique de ces deux dernières décennies, suggère que la rhétorique de l’exclusion sociale ne permet pas, en définitive, d’envisager de façon adéquate les problèmes de la pauvreté et des inégalités auxquels l’Europe est aujourd’hui confrontée.
2 Il s’est produit, en 1979, deux événements majeurs dans l’histoire des politiques sociales en Grande-Bretagne. Le premier a été la publication de Poverty in the United Kingdom de Peter Townsend qui expliquait que la pauvreté ne peut et ne doit pas être simplement comprise en termes de privation matérielle : Individuals, families and groups can be said to be in poverty when … their resources are so seriously below those commanded by the average individual or family that they are, in effect, excluded from ordinary living patterns, customs and activities[1] [1] Peter Townsend, Poverty in the United Kingdom : a Survey...
suite. Selon Townsend, exclusion sociale et pauvreté étaient inextricablement liées dans un modèle qui situait la pauvreté dans le contexte plus global de l’inégalité sociale et celle-ci ne pouvait être éradiquée que par une redistribution substantielle des ressources via des revenus en espèce et l’offre de services publics.
3 Le second événement a été l’arrivée au pouvoir du gouvernement Thatcher. Les années 1980 ont été marquées par le chômage massif, l’extension et l’aggravation de la pauvreté et l’augmentation considérable des inégalités. Entre 1979 et 1990, la part du revenu global allant aux 10 % les plus pauvres de la population est tombée de 4 % à 2,1 % tandis que celle revenant aux 10 % les plus riches a augmenté de 20,9 % à 27 %[2] [2] Joseph Rowntree Foundation Inquiry into Income and Wealth,...
suite. La part de la population vivant en dessous de la moitié du revenu moyen des ménages est passée de 9 % à 24 % ; la part des enfants dans ces ménages augmentant de 10 % à 35 %[3] [3] Department for Social Security (DSS), Households below Average...
suite. En 1997, la situation des 10 % les plus pauvres de la population était pire qu’en 1979 en termes constants. Pourtant, entre 1979 et 1997, les gouvernements conservateurs successifs ont nié l’existence de la pauvreté. Les pauvres en Grande-Bretagne étaient seulement relativement, pas absolument ou pas « vraiment » pauvres. Dans ce contexte, il était difficile de s’atteler au problème. Le terme d’exclusion sociale a été utilisé de manière croissante dans la formulation de politiques sociales alternatives et par les groupes d’intérêt tels que le Child Poverty Action Group. Il permettait d’englober les conséquences de la pauvreté décrites par Townsend, c’est-à-dire l’idée d’un processus dynamique et multidimensionnel, et d’éviter l’impasse à laquelle menait le débat pauvreté relative contre pauvreté absolue. À ce stade, le discours dans lequel s’inscrivait l’« exclusion sociale » était explicitement un discours de redistribution (RED[4] [4] RED pour Redistributive Discourse. On traduira les initiales...
suite).
4 Dans les années 1990, ce discours de redistribution a été moins remplacé que rejoint par deux autres discours assez différents. Le premier, le discours d’intégration sociale (SID)[5] [5] SID pour Social Integrationist Discourse. On traduira les...
suite, est repérable dans les documents de l’Union européenne du milieu des années 1990 comme dans les projets de politiques publiques du Parti travailliste alors dans l’opposition[6] [6] Commission on Social Justice (CSJ), Social Justice : Strategies...
suite. À l’époque, dans la version anglaise des documents de la Commission européenne, le contraire de l’exclusion sociale n’était pas comme aujourd’hui, l’inclusion, mais l’intégration. Le moyen de l’intégration sociale, dans un schéma durkheimien classique, résidait dans la participation par le travail rémunéré[7] [7] Commission européenne,
suite
suite. De plus, il ignorait la nécessité, la valeur et le genre sexué de la distribution du travail non rémunéré et sapait la légitimité du non-emploi[9] [9] Ruth Levitas, The Inclusive Society ? Social Exclusion...
suite.
5 Dans le second discours, essentiellement moral, le terme d’exclusion sociale ne renvoyait pas à la pauvreté ou au non-emploi, mais à l’underclass. Le discours d’underclass (MUD)[10] [10] MUD pour Moral underclass discourse. La notion d’underclass...
suite avait de vénérables antécédents dans différentes analyses de la foule ou des classes dangereuses[11] [11] Lydia Morris, Dangerous Classes : the Underclass and Social...
suite. Comme le discours d’intégration, il n’était pas centré sur les inégalités, mais présentait les exclus comme moralement différents du reste de la société et considérait plus le versement des allocations comme une solution délétère encourageant la dépendance que comme un avantage social qui protège de la pauvreté et du dénuement. L’analyse s’attachait plus au comportement des pauvres qu’aux processus sociaux plus globaux et ce dans une perspective sexuellement discriminatoire. Ses cibles principales étaient en effet les jeunes gens désœuvrés et, en puissance, criminels et les mères isolées[12] [12] Charles Murray, The Emerging British Underclass, Londres,...
suite.
6 Les pauvres et les exclus étaient censés manquer, selon ces différents discours, de ressources matérielles (RED) ; de travail rémunéré (SID) ; des valeurs et de la moralité supposées dominantes (MUD). La distinction, en partie fondée empiriquement, recoupe les idéologies typiques de la Grande-Bretagne des années 1990. Le manque de clarté analytique du concept d’exclusion sociale fait en même temps sa force politique. Il permet de condamner de façon universelle l’exclusion sociale et d’amener des groupes aux conceptions politiques très différentes à accepter les mesures susceptibles d’en venir à bout.
7 Le discours de redistribution était intimement lié à l’orientation redistributive de l’ancien Parti travailliste. Après sa seconde défaite électorale massive, en 1983, le parti s’est engagé dans une profonde révision de son programme. Mais ce n’est qu’à partir de 1994, avec l’arrivée de Tony Blair, qu’a été entreprise la construction du New Labour. L’approche archaïque « fiscalité/dépenses » (tax and spend) du « vieux travaillisme » a été dénoncée à l’intérieur comme à l’extérieur du parti. Le New Labour adoptait le marché et entendait poursuivre « efficacité économique et justice sociale ». La compatibilité de ces termes a davantage été assénée à coup de formules répétitives que rationnellement démontrée[13] [13] Norman Fairclough, New Labour, New Language ?, Londres,...
suite. Le nouveau langage politique, dont les leitmotive étaient le welfare to work ou le New Deal copiait celui des États-Unis. Il reflétait substantiellement une même volonté de réduire la « dépendance » vis-à-vis des aides sociales et « d’en finir avec les coûts de l’échec », mais s’enracinait également dans le même paradigme intégrationniste que le discours d’intégration. Le New Deal était initialement un projet destiné aux jeunes, aux chômeurs de longue durée et aux parents élevant seuls des enfants en âge d’être scolarisés. Après 1997, le programme a été étendu à d’autres groupes, incluant les handicapés et les travailleurs âgés (au-delà de 50 ans). Cette politique a été assortie d’une coercition croissante, telle que de sévères sanctions financières pour les jeunes refusant ou délaissant les plans de remise au travail et l’introduction d’entretiens de profils d’embauche plus obligatoires que volontaires pour les parents seuls, entre autres. Le gouvernement comme d’autres faiseurs d’opinion ont mis l’accent sur l’importance du travail rémunéré pour l’estime de soi et l’appartenance à la société. C’était l’époque du to work is to be[14] [14] Will Hutton, John Kay, The Observer, 13 octobre 1996. ...
suite.
8 Bien que l’idée d’inclusion ait été présente de façon à la fois implicite et explicite dans le discours du New Labour, l’« exclusion sociale » n’apparaissait pas en tant que telle dans le lexique pré-électoral du parti, pas plus d’ailleurs qu’elle n’était centrale dans les débats politiques de l’époque. Elle l’est devenue, cependant, en quelques mois de prise de fonction du gouvernement Blair. La création d’une Unité sur l’exclusion sociale (Social Exclusion Unit) a été annoncée par Peter Mandelson en août 1997 dans une obscure conférence de la Fabian Society[15] [15] Peter Mandelson, Labour’s Next Steps, Londres, Fabian...
suite. Lancée, initialement pour deux ans, en décembre 1997, installée au Cabinet Office sous l’autorité du Premier ministre, elle a été renouvelée fin 1999.
9 L’Unité définit l’exclusion sociale comme « une formule générique pour ce qui peut arriver lorsque des individus ou des zones géographiques souffrent d’une combinaison de problèmes liés entre eux tels que le chômage, la faible qualification, les bas revenus, la pauvreté du logement, un environnement à taux de criminalité élevé, une mauvaise santé et une situation de rupture familiale ». Dans la mesure où elle ne spécifie ni « ce qui peut arriver » ni les chaînes causales en jeu, cette définition ne donne que des indications limitées sur le champ d’action de l’Unité. En pratique, celle-ci s’est focalisée sur une série de sujets et de groupes considérés comme particulièrement problématiques, grâce à des consultations interministérielles, d’une part, entre ministères et bénévoles ou professionnels du travail social, d’autre part.
10 Durant les deux premières années de son existence, l’Unité a produit cinq rapports : sur l’absentéisme et l’exclusion scolaire, sur les SDF, sur les quartiers pauvres, sur la grossesse des adolescentes et sur les jeunes qui n’étaient ni scolarisés ni en formation professionnelle[16] [16] Social Exclusion Unit (SEU), Rough Sleeping, Cm 4008 ;...
suite. Bien que l’Unité ne disposât d’aucun budget, il en est résulté la mise en place de services spécifiques chargés du problème des sans-logis et des grossesses des adolescentes, ainsi qu’une série de mesures destinées aux communautés les plus défavorisées. Cette focalisation sur quelques groupes cibles a été dénoncée par David Walker[17] [17] David Walker, « The Blairites Big Dilemma », Guardian...
suite comme ne faisant qu’effleurer le problème de la privation sociale. Quoi qu’il en soit, la nature des groupes choisis et les discours qui entourent les rapports dénotent une préoccupation moins relative à la privation qu’au contrôle de ces groupes considérés comme perturbateurs de l’ordre social, et révèlent par là une forte influence du discours de l’underclass.
11 Le lancement du premier rapport, auquel Blair lui-même a participé activement, a fortement joué sur l’affirmation d’un lien entre absentéisme et criminalité. De nombreux jeunes délinquants condamnés ayant été des absentéistes endurcis, on en a conclu que l’absentéisme conduisait au crime. Pourtant, même le rapport pré-électoral de l’Unité, Preventing Social Exclusion[18] [18] SEU, Preventing Social Exclusion, Londres, The Stationery...
suite, concédait que bien peu de succès avaient été obtenus par la réduction des taux d’absentéisme. Il n’en affirmait pas moins que la stratégie la plus efficace était d’encourager la police à mener des chasses à l’absentéisme pour remettre les enfants et les jeunes sur le chemin de l’école ; en d’autres mots, il s’agissait de criminaliser l’absentéisme.
12 Le problème du comportement socialement déviant des jeunes femmes, plus souvent de nature sexuelle que criminelle, se trouvait ciblé dans le rapport sur la grossesse des adolescentes. Deux éléments de ce rapport étaient particulièrement marquants. Tout d’abord et bien que le rapport identifiât la pauvreté comme un des facteurs déterminants des taux très élevés de grossesses des adolescentes en Grande-Bretagne, par comparaison avec d’autres pays européens, les recommandations en matière de politiques publiques étaient davantage orientées vers l’amélioration de l’éducation sexuelle et la modification des comportements. Le discours de redistribution pouvait entrer en jeu du point de vue de l’explication, mais pas comme norme possible de politiques publiques. En fait, la construction de la catégorie de « mères adolescentes » stigmatisait la maternité des jeunes qui était tellement inacceptable socialement que l’éducation devait avant tout s’attacher à empêcher le « choix » de devenir une jeune mère. Les mères adolescentes n’étaient plus autorisées à être des mères à plein temps. Celles qui ne pouvaient vivre avec leurs parents ou leurs partenaires seraient obligées de vivre dans un logement alloué et de reprendre le chemin de l’école, de la formation ou de l’emploi, donc de l’inclusion sociale.
13 La période comprise entre 1994 et 1997 et les premières années de l’Unité ont ainsi vu le discours dominant sur l’exclusion sociale passer du discours de redistribution à un mélange entre discours d’intégration et discours d’underclass. L’Unité elle-même a continué de s’intéresser à des problèmes spécifiques. Depuis 1999, cependant, l’exclusion sociale, moins cantonnée au cadre de l’Unité, est devenue, en tant qu’élément de la dyade « pauvreté et exclusion sociale », une préoccupation centrale des politiques gouvernementales. Lorsque l’Unité avait été lancée, une de ses tâches consistait à proposer des indicateurs de l’exclusion sociale. Début 1999, cette tâche lui a été retirée et Alistair Darling, à l’époque secrétaire d’État à la Sécurité sociale, s’est engagée à produire un audit annuel sur la pauvreté et l’exclusion sociale. Au mois de septembre suivant, le substrat de cet audit a pris la forme du rapport Opportunity for all : Tackling Poverty and Social Exclusion[19] [19] Department for Social Security (DSS), Opportunity for all :...
suite qui proposait une panoplie de quarante indicateurs pour suivre les progrès de la « lutte » en la matière et fut suivi, comme promis, des rapports Opportunity for all 2000 et 2001[20] [20] DSS, Opportunity for all. One Year on : Making a Difference,...
suite. En raison de débats sur la pertinence de ces indicateurs notamment[21] [21] Ruth Levitas, « What is Social Exclusion », dans David...
suite, une série alternative de rapports annuels a été lancée en décembre 1998 par l’institut indépendant New Policy Institute, Monitoring Poverty and Social Exclusion, qui proposait une palette d’indicateurs différente[22] [22] Catherine Howarth, Peter Kenway, Guy Palmer, Cathy Street,...
suite. En septembre 2000, la Fondation Joseph Rowntree a publié une enquête, Poverty and Social Exclusion in Britain[23] [23] David Gordon et al. , Poverty and Social Exclusion in Britain,...
suite. La pauvreté et, en particulier, la pauvreté infantile étaient désormais de retour dans l’agenda politique.
14 Suivant les recommandations des sommets de Lisbonne et de Nice, en 2000 et 2001, le Royaume-Uni a été tenu, à l’instar des autres États membres de l’Union, de produire pour juin 2001 un Plan d’action national pour l’inclusion sociale. Les objectifs du sommet de Nice étaient de faciliter la participation à l’emploi et l’accès pour tous aux ressources, aux droits, aux biens et aux services ; de prévenir les risques d’exclusion ; d’aider les plus vulnérables et de mobiliser toutes les énergies utiles pour venir à bout de l’exclusion. Le premier objectif peut être compris comme englobant le discours d’intégration (intégration par l’emploi) et le discours de redistribution (accès aux ressources). Mais leur juxtaposition ne définit pas très précisément leurs liens. La séquence – emploi puis accès aux ressources – tend à donner au discours d’intégration la priorité sur le discours de redistribution, même si cela ne se fait pas dans les mêmes proportions que dans les années 1990. Les États membres ont ainsi une latitude importante pour construire ce plan de différentes manières. La Grande-Bretagne, comme d’autres pays, a produit son Plan national en 2001 en reformulant tout simplement des politiques déjà existantes – les politiques du rapport Opportunity for all (OFA) contre l’exclusion sociale – sous les titres prescrits. Ces politiques couvraient un plus large domaine que les activités de l’Unité elle-même. Les rapports Opportunity for all constituent ainsi des éléments clés de compréhension de la manière dont les discours gouvernementaux sur l’exclusion sociale ont dérivé depuis 1999.
15 Le terme le plus important est celui d’opportunity (chances). La stratégie du New Labour pour le chômage et l’insécurité du travail est fondée, à l’instar du thatchérisme, sur une économie de l’offre, particulièrement sur l’idée d’employabilité qui relève de la responsabilité individuelle : les personnes sans travail ont le devoir, non seulement d’en chercher un, mais de se rendre conformes à l’emploi, tandis que celles qui travaillent sont exhortées à maintenir leur valeur sur le marché au cas où leur emploi viendrait à être supprimé. C’est là une conception performative de l’inclusion, selon laquelle les individus réussissent et maintiennent leur inclusion par la responsabilité et l’employabilité. Elle donne leur sens aux définitions de la pauvreté et de l’exclusion sociale dans les rapports Opportunity for all.
16 Comme dans le discours de redistribution, la pauvreté est vue comme multidimensionnelle : « Le manque de revenus, d’accès à des soins de qualité, à l’éducation, au logement et à la qualité de l’environnement affecte le bien-être des gens. Notre vision de la pauvreté comprend tous ces aspects »[24] [24] DSS, Opportunity for all…, 1999, op. cit. , p. 23. ...
suite. Mais l’accent est mis sur les chances pour les individus d’échapper à la pauvreté et non directement sur l’abolition de la pauvreté elle-même. La pauvreté est virtuellement définie comme l’absence de chances de s’en sortir. « La pauvreté … [existe] lorsqu’on refuse aux gens la possibilité de travailler, d’apprendre, de vivre de manière saine et sûre, et de vivre leurs années de retraite en sécurité … la pauvreté existe lorsque ceux qui ont de bas revenus manquent de possibilités d’améliorer leur situation. »[25] [25] Ibid. ...
suite Les bas revenus peuvent constituer « un aspect important de la pauvreté », mais la stratégie est ciblée sur ceux « qui sont ou risquent d’être piégés dans les bas revenus durablement, spécialement ceux qui n’ont que des chances limitées de s’en échapper »[26] [26] Ibid. ...
suite. Bien que le premier rapport OFA dise qu’« il y a d’autres dimensions du concept d’exclusion sociale », celles-ci ne sont pas identifiées. La définition de l’Unité y est reprise, en même temps que l’affirmation selon laquelle « l’exclusion sociale se produit là où différents facteurs sont combinés pour piéger des individus et des zones géographiques dans la spirale du dénuement »[27] [27] Ibid. ...
suite ; mais, de nouveau, ce qui se produit n’est pas clairement identifié.
17 Entre le premier et le troisième rapport, on constate un réel tournant dans les façons de parler de la pauvreté. Dans Opportunity for all : Making Progress[28] [28] DWP, Opportunity for all…, op. cit. ...
suite, la pauvreté a un statut plus élevé que celui de l’exclusion sociale. Ni la pauvreté ni l’exclusion sociale ne sont définies dans le texte principal, pas plus qu’elles n’apparaissent dans le glossaire. C’est là un retournement apparent, non seulement de passer d’« exclusion sociale » à « pauvreté et exclusion sociale », mais de parler simplement de pauvreté, ce qui peut apparaître comme un retour à un agenda plus ancien. On peut avancer que l’addition d’« exclusion sociale » est redondante car certaines définitions de la pauvreté, par exemple celle de la pauvreté globale privilégiée par les Nations unies, inclut à la fois le caractère multidimensionnel et dynamique de la pauvreté et ses conséquences pour les relations sociales signalées par le terme même d’« exclusion sociale ». La pauvreté globale implique « manque de revenus et de ressources productives pour assurer des environnements de vie durables ; faim et malnutrition ; maladie ; limitation ou carence d’accès à l’éducation et autres services de base ; accroissement de la morbidité et de la mortalité dues à la maladie ; sans-logis et logement inadéquat ; environnements insécurisés, discrimination sociale et exclusion. Elle est aussi caractérisée par l’absence de participation à la décision ainsi qu’à la vie civile et culturelle »[29] [29] United Nations, The Copenhagen Declaration and Programme...
suite.
18 Ce qui est important pour comprendre le nouvel accent mis sur la pauvreté dans les documents gouvernementaux est l’explication qu’ils donnent de celle-ci et de la stratégie pour la combattre. Le troisième OFA regroupe les politiques et les indicateurs sous différentes catégories d’âges : les enfants et les jeunes, les adultes en âge de travailler, les personnes âgées. Le discours d’intégration détermine encore explicitement la stratégie pour les adultes en âge de travailler. L’objectif est d’augmenter le taux de participation de la main-d’œuvre et de faire en sorte qu’« il soit payant de travailler », c’est-à-dire que la situation de ceux qui travaillent s’améliore.
19 La domination du discours d’intégration dans les discours publics plus généraux a été partiellement concurrencée par la campagne pour l’équilibre travail/vie. Les travailleurs britanniques sont ceux qui, en Europe, travaillent le plus en nombre d’heures et il y a de plus en plus de protestations à propos des problèmes qui en résultent, en termes de santé et de qualité de vie. Cela dit, l’idée d’équilibre travail/vie accepte également les présupposés implicites du discours d’intégration, selon lesquels ce qui se trouve en dehors de l’emploi rémunéré n’est pas le travail, mais simplement la « vie » et que le travail non rémunéré n’est, à ce titre, pas réellement du travail. Opportunity for all inclut en fait l’équilibre travail/vie dans son glossaire, mais le définit comme une campagne qui « vise à encourager les employeurs à introduire des méthodes de travail qui bénéficient à la production et permettent aux employés d’équilibrer le travail et le temps personnel de manière plus réussie »[30] [30] DWP, Opportunity for all…, op. cit. , p. 256. ...
suite. La cause de la pauvreté chez les adultes en âge de travailler est, simplement, le non-emploi : « Ne pas avoir de travail est la raison principale des bas revenus chez les personnes en âge de travailler »[31] [31] Ibid. , p. 5. ...
suite. La question de savoir pour quelles raisons ce phénomène se traduit par la pauvreté n’est jamais posée.
20 La question des enfants est différente. Le gouvernement Blair s’est engagé à éradiquer la pauvreté infantile dans les vingt ans et à la réduire de moitié dans la décennie qui vient. L’importance de la pauvreté infantile, cependant, réside dans ses effets sur l’exclusion future et le problème en jeu est encore relatif aux chances et non au manque lui-même. Ce qui est nécessaire, c’est de « casser le cycle du dénuement »[32] [32] Ibid. , p. 3. ...
suite. « Les enfants qui grandissent dans la pauvreté … ont plus de risques de transmettre … à leurs propres enfants [non pas la pauvreté, mais] la pauvreté des chances »[33] [33] Ibid. ...
suite. Sure Start, le programme phare inclus dans le Plan national comme exemple des bonnes pratiques, prévoit « des programmes locaux dans les espaces défavorisés, qui ont pour objectif de promouvoir de meilleurs résultats pour les jeunes enfants de 0 à 3 ans. Les programmes fournissent une série de services relatifs à l’éducation et à la santé, de sorte que ces enfants seront capables de bien faire lorsqu’ils seront en âge de scolarisation. Les activités incluent le soutien familial, les soins primaires et collectifs, le soin des enfants, et des possibilités de jeu et d’apprentissage »[34] [34] Ibid. , p. 254. ...
suite. Sure Start Plus (programme qui existe dans 19 des 437 espaces Sure Start planifiés ou opérationnels) cible, en particulier, les parents adolescents. L’intervention dans les premières années est recommandée sur la foi de l’affirmation selon laquelle une bonne part des problèmes réside dans l’incapacité des parents pauvres à être parents – l’incapacité parentale des pauvres plutôt que l’éducation dans la pauvreté : le programme fournit, entre autres, « des conseils éducatifs »[35] [35] Ibid. , p. 42. ...
suite. Quand la recommandation a été soulignée pour la première fois dans le rapport Supporting Families, une référence explicite a été faite à une baisse des comportements antisociaux que l’on pouvait attendre d’une amélioration des compétences parentales. « En investissant dans Sure Start maintenant, nous serons en mesure de continuer à récolter les bénéfices de meilleurs ajustements sociaux et de réductions des comportements antisociaux dans les vingt prochaines années, à travers de plus grands succès dans l’emploi, d’une meilleure santé et d’une criminalité en baisse. »[36] [36] Home Office, Supporting Families, Londres, The Stationery...
suite
21 Si les affirmations soutenant Sure Start empruntent autant au discours d’intégration et au discours d’underclass qu’au discours de redistribution, l’engagement d’éradiquer la pauvreté infantile devrait sûrement entraîner une redistribution. Et certaines des politiques jusqu’à ce jour, incluant le Crédit d’impôt aux familles laborieuses (Working Families Tax Credit), ont effectivement été redistributives. Il ne fait pas de doute que la situation de nombreux pauvres s’est améliorée à la suite des mesures sur les impôts et les prestations prises sous la chancellerie de Gordon Brown. Mais une grande partie de cette « redistribution » a été plus horizontale que verticale : la composition des ménages dans la redistribution a autant, voire davantage, compté que le niveau des ressources. Ce sont les familles avec enfants et les retraités qui y ont le plus gagné, ce qui s’accorde avec l’accent mis sur le fait que la situation des gens qui travaillent doit être meilleure et sur son corollaire qui veut que les gens devraient s’en sortir moins bien en dehors du travail. Près d’un quart des 10 % les plus pauvres de la population ont connu une chute nette de leurs revenus comprise entre 1 et 10 livres par semaine à la suite des réformes du budget sous le premier mandat travailliste – principalement les adultes en âge de travailler, sans emploi et sans enfants. Moins de 10 % des 10 % les plus riches ont vu leurs revenus chuter de plus de 10 livres par semaine, et 14 % d’entre eux ont vu leurs revenus augmenter de plus de 10 livres à la suite de réformes budgétaires[37] [37] Tom Clark et al. , Fiscal Reform Affecting Households 1997-2001,...
suite. Plus important, ces changements n’ont pas réduit le niveau global des inégalités, largement parce que le différentiel entre petits et gros salaires continue d’augmenter. Une redistribution plus poussée sera nécessaire au gouvernement pour atteindre son objectif de réduire de moitié la pauvreté infantile. Avec regret, peut-être, il indique : « Pour aider les enfants à sortir de la pauvreté, nous devons fournir un soutien à leurs parents »[38] [38] DWP, Opportunity for all…, op. cit. , p. 23. ...
suite. Au regard du critère de l’Union européenne du « seuil de pauvreté » fixé à 60 % du revenu moyen, une redistribution extensive et une modification de la structure de la distribution globale des revenus seront nécessaires à l’accomplissement des objectifs.
22 Pourtant, la nécessité pratique d’une redistribution pour atteindre des objectifs spécifiques n’a pas été assortie d’engagements clairs à les réaliser, et il n’y a eu aucune tentative pour construire un consensus politique en sa faveur. Les mesures de Brown ont été ainsi, jusqu’à maintenant, assimilées à une « redistribution masquée ». Interrogé à la télévision à l’occasion du centenaire du Parti travailliste, John Prescott, le vice-Premier ministre, à qui on demandait si le parti avait abandonné son engagement traditionnel en faveur de la redistribution, a seulement répondu que le parti était favorable à une « redistribution des chances ». Tony Blair lui-même a insisté, dans une interview à Newsnight en 2001, sur le fait que si le parti considérait aujourd’hui l’inégalité comme un problème, il ne s’était pourtant engagé qu’à augmenter les chances pour les plus pauvres.
23 Certains ont affirmé que le terme d’« exclusion sociale » avait perdu de sa pertinence puisque la pauvreté était revenue dans l’agenda, même si elle n’était pas ancrée dans un discours explicite de redistribution. Le terme n’en demeure pas moins, d’un point de vue rhétorique, utile au gouvernement pour des raisons à la fois anciennes et nouvelles. Les raisons anciennes tiennent à son inclusivité, sa capacité à évacuer l’argument opposant pauvreté relative et pauvreté absolue, à opérer comme un pont entre différents électorats. Mais il demeure aussi particulièrement efficace dans un discours qui reconnaît la pauvreté sans traiter de l’inégalité et de la redistribution. Le langage de l’exclusion et de l’inclusion implique un modèle de société dichotomique : les « exclus sociaux » sont en dehors de la « société normale », ou en dehors de la société tout court, ce qui suppose que la société (normale) est fondamentalement bienfaisante et que les inégalités entre les inclus sont d’une importance mineure. À ce titre, le langage de l’« exclusion sociale » permet de reconnaître la privation manifeste sans remettre en question le niveau général d’inégalité produit par le capitalisme[39] [39] Ruth Levitas, « The Concept of Social Exclusion and the...
suite. L’attention est portée sur la pauvreté et/ou sur les pauvres, mais sans relier le problème avec ce qui arrive aux riches. La très grande richesse n’est pas, dans ce discours, considérée comme moralement problématique. La fixation d’un seuil en dessous duquel personne ne devrait tomber n’est pas lié, de manière éthique ou causale, aux inégalités grandissantes au-delà de ce seuil. Les deux éléments du diptyque « pauvreté et exclusion sociale » servent à maintenir l’attention sur les plus pauvres plutôt que sur les niveaux de l’inégalité globale en Grande-Bretagne aussi élevés qu’il y a un siècle ou sur les privilèges et la fortune grandissants des riches. La fonction rhétorique du diptyque « pauvreté et exclusion sociale » est aujourd’hui d’empêcher la ré-instauration du slogan « pauvreté et inégalité » et ainsi de condamner un réel mouvement vers des politiques de redistribution. ◆
24 (Traduit de l’anglais par Pierre Bollinger et Alexandre Jaunait)
Notes
[ 1] Peter Townsend, Poverty in the United Kingdom : a Survey of Household Resources and Standards of Living, Harmondsworth, Penguin Books, 1979, p. 32.
[ 2] Joseph Rowntree Foundation Inquiry into Income and Wealth, York, Joseph Rowntree Foundation, 1995.
[ 3] Department for Social Security (DSS), Households below Average Income 1990/2000, Londres, The Stationery Office, 2001, p. 52-53.
[ 4] RED pour Redistributive Discourse. On traduira les initiales RED, utilisées dans le texte anglais, par « discours de redistribution », NdT.
[ 5] SID pour Social Integrationist Discourse. On traduira les initiales SID, utilisées dans le texte anglais, par « discours d’intégration », NdT.
[ 6] Commission on Social Justice (CSJ), Social Justice : Strategies for Social Renewal, Londres, Vintage, 1994.
[ 7] Commission européenne, 
[ 8] Viviane Forrester, L’horreur économique, Paris, Fayard, 1999.
[ 9] Ruth Levitas, The Inclusive Society ? Social Exclusion and New Labour, Basingstoke, Macmillan, 1998.
[ 10] MUD pour Moral underclass discourse. La notion d’underclass n’ayant pas de véritable équivalent en français, on traduira les initiales MUD, utilisées dans le texte anglais, par « discours d’underclass », NdT.
[ 11] Lydia Morris, Dangerous Classes : the Underclass and Social Citizenship, Londres, Routledge, 1994 et Kirk Mann, The Making of an English Underclass, Milton Keynes, Open University Press, 1992.
[ 12] Charles Murray, The Emerging British Underclass, Londres, IEA, 1990 et Underclass : the Crisis Deepens, Londres, IEA, 1994.
[ 13] Norman Fairclough, New Labour, New Language ?, Londres, Routledge, 2000.
[ 14] Will Hutton, John Kay, The Observer, 13 octobre 1996.
[ 15] Peter Mandelson, Labour’s Next Steps, Londres, Fabian Society, 1997.
[ 16] Social Exclusion Unit (SEU), Rough Sleeping, Cm 4008 ; Truancy and School Exclusion, Cm 3957 ; Bringing Britain together : a National Strategy for Neighbourhood Renewal, Cm 4045, Londres, The Stationery Office, 1998 ; Teenage Pregnancy, Cm 4342 ; Bridging the Gap : New Opportunities for 16-18 Years Old not in Education, Employment or Training, Cm 4405, Londres, The Stationery Office, 1999.
[ 17] David Walker, « The Blairites Big Dilemma », Guardian Unlimited, 15 janvier 2002.
[ 18] SEU, Preventing Social Exclusion, Londres, The Stationery Office, 2001.
[ 19] Department for Social Security (DSS), Opportunity for all : Tackling Poverty and Social Exclusion, Cm 4445, Londres, The Stationery Office, 1999.
[ 20] DSS, Opportunity for all. One Year on : Making a Difference, Cm 4865, Londres, The Stationery Office, 2000 ; Department for Work and Pensions (DWP), Opportunity for all : Making Progress, Cm 5260, Londres, The Stationery Office, 2001.
[ 21] Ruth Levitas, « What is Social Exclusion », dans David Gordon, Peter Townsend (eds), Breadline Europe, Bristol, Policy Press, 2000. Center for the Analysis of Social Exclusion (CASE), Indicators of Progress : a Discussion on Approaches to Monitor the Government’s Strategy to Tackle Poverty and Social Exclusion, CASE report 13, Londres, Center for the Analysis of Social Exclusion, février 2001.
[ 22] Catherine Howarth, Peter Kenway, Guy Palmer, Cathy Street, Monitoring Poverty and Social Exclusion : Labour’s Inheritance, York, New Policy Institute/Joseph Rowntree Foundation, 1998 ; C. Howarth, P. Kenway, G. Palmer, Romina Miorelli, Monitoring Poverty and Social Exclusion 1999, York, New Policy Institute/Joseph Rowntree Foundation, 1999 ; Mohibur Rahman et al., Monitoring Poverty and Social Exclusion 2000 et Monitoring Poverty and Social Exclusion 2001, York, New Policy Institute/Joseph Rowntree Foundation, 2000 et 2001.
[ 23] David Gordon et al., Poverty and Social Exclusion in Britain, York, Joseph Rowntree Foundation, 2000.
[ 24] DSS, Opportunity for all…, 1999, op. cit., p. 23.
[ 25] Ibid.
[ 26] Ibid.
[ 27] Ibid.
[ 28] DWP, Opportunity for all…, op. cit.
[ 29] United Nations, The Copenhagen Declaration and Programme of Action : World Summit for Social Development, New York, United Nations Department of Publications, 6-12 mars 1995, p. 57.
[ 30] DWP, Opportunity for all…, op. cit., p. 256.
[ 31] Ibid., p. 5.
[ 32] Ibid., p. 3.
[ 33] Ibid.
[ 34] Ibid., p. 254.
[ 35] Ibid., p. 42.
[ 36] Home Office, Supporting Families, Londres, The Stationery Office, 1998, p. 15.
[ 37] Tom Clark et al., Fiscal Reform Affecting Households 1997-2001, Election Briefing Note 5, Londres, Institute for Fiscal Studies, 2001.
[ 38] DWP, Opportunity for all…, op. cit., p. 23.
[ 39] Ruth Levitas, « The Concept of Social Exclusion and the New “Durkheimian Hegemony” », Critical Social Policy, 16(46), 1996, p. 5-20.
Résumé
Au début des années 1980, dans le débat politique britannique, le terme d’« exclusion sociale » était constitutif d’un discours redistributif axé sur les conséquences de la pauvreté. Le terme a été repris par le New Labour alors dans l’opposition et dans les premiers temps de son retour au pouvoir en 1997-2001, comme un discours performatif lié à l’intégration par l’emploi et par la conformation à des normes morales. Dans la deuxième mandature travailliste, la pauvreté et, tout spécialement, la pauvreté des enfants ont été encore explicitement dans l’agenda politique, et la pauvreté a été de nouveau associée à l’exclusion sociale. Cependant, l’examen attentif des rhétoriques et des politiques montre que, loin d’être un retour au discours redistributif, l’accent est mis sur les chances d’entrer dans la compétition plutôt que sur la réduction des inégalités.
This article traces the changing meanings of the term « social exclusion » in British political discourse. It began in the 1980s as part of a redistributive discourse concerned with the consequences of poverty. It was reconstructed by New Labour in opposition and during its first term in office from 1997-2001 as a performative discourse concerned with integration through employment and with moral conformity. In Labour’s second term, poverty and especially child poverty are again explicitly on the political agenda, and poverty is again linked to social exclusion. However, close examination of rhetoric and policy shows that this is not a return to a redistributive discourse at all, but continues to be focused on opportunity to compete, not on reduction of inequality.
POUR CITER CET ARTICLE
Ruth Levitas « Pauvreté, exclusion sociale et redistribution : la réponse britannique », Raisons politiques 2/2002 (no 6), p. 7-21.
URL : www.cairn.info/revue-raisons-politiques-2002-2-page-7.htm.
DOI : 10.3917/rai.006.0007.




