Nations civiques, sociétés libérales : les risques normatifs des catégories empiriquement vides
Rogers M. Smith
Bien des auteurs ont classé les nations selon leur caractère « civique » ou « ethnique ». Leurs motivations sont souvent d’ordre normatif et se fondent prioritairement sur la conviction que l’on devrait s’efforcer de rendre les communautés nationales plus « civiques ». Mais une analyse des processus de formation et de construction des nations permet de comprendre que cet objectif n’est pas réaliste. Dans le travail complexe de la nation, on devrait plutot rechercher les moyens de préserver les éléments « ethniques » qui peuvent coexister avec les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme.
Many writers still analyze nations as « civic » or « ethnic », though these categories are empirically empty. Most do so out of normative beliefs that we should strive to make nations truly « civic ». Analysis of the processes through which nations are formed shows this goal is unrealistic. We must seek instead to form communities with « ethnic » elements that can coexist with democracy and human rights.
• Pourquoi ces classifications ont pu sembler utiles
• Le vide empirique des catégories
• Essai de théorie de la construction nationale
• Implications