La liberté dans la pensée juive
Raphaël Draï
C’est par l’invocation de la liberté que commencent les dix Paroles. Créée par Dieu, elle oblige quiconque entreprend de la comprendre dans ses dénominations originelles, c’est-à-dire en langues hébraïque et araméenne, à la dissocier de ses avatars théocratiques. La liberté gagnée contre l’esclavagisme pharaonique est gage de l’acceptation plénière de la Loi sinaïtique, de la Thora, par un peuple annonciateur, qui sait ce que veut dire « être étranger en pays d’Égypte, en maison d’esclavage ». En retour, la Thora, selon ses injonctions ou mitsvot, homologues à la structuration du corps vivant, lui donne assises et étayages, juridiques et sociaux. La liberté, au sens biblique, n’est donc ni « ancienne » ni « moderne ». Elle qualifie et valide tout régime politique qui se prétend démocratique. Elle vérifie programmes affichés et déclarations d’intentions par l’analyse des comportements, selon qu’ils interdisent la liberté d’autrui ou qu’ils la garantissent. C’est pourquoi, si le droit hébraïque positif la conduit, elle mène à la justice économique, telle qu’elle est mise en œuvre par la société shabbatique, celle où l’humain commence à échapper réellement au règne de la fatalité.
The Commandments begin with an appeal to liberty. Created by God, liberty obliges to understand the Commandments in their original enunciation, Hebrew and Aramean, and to put aside the theocratic heritage. Liberty is neither ancient nor modern : won against the pharaonic slavery, liberty is the plain acceptance of the Law. In return, the Torah confers a legal and social foundation to liberty.
• Obstacles et polémiques
• Liberté et Alliance
• La liberté shabbatique