Archaïsme et modernité de la biopolitique contemporaine : l’interruption médicale de grossesse
Dominique Memmi
Alors même qu’elle se révèle un lieu important du pouvoir médical, la régulation de l’IMG n’est pas dissonante avec celle de l’IVG, des procréations assistées ou de l’administration du corps mourant. D’évidence, on ne peut plus réguler les conduites concernant le début et la fin de vie comme avant. Ce qui était jusque-là interdit tend à devenir autorisé. Il faut recourir à un mode de gouvernement des conduites officiellement rationalisé – le faire faire s’appuie alors sur un faire consentir. Mais ce gouvernement fonctionne aussi de façon beaucoup plus archaïque : il réquisitionne goûts et dégoûts de chacun face à ce qui ne saurait être vu... c’est-à-dire socialement toléré.
Although the medical termination of pregnancy is an area in which the medical profession wields considerable power, its regulation is scarcely distinguishable from that of abortion, assisted reproduction or the treatment of the terminally ill. Clearly, those procedures which touch on the beginning and the end of life can no longer be regulated in the same manner as in the past. There is a tendency to authorise that which, until recently, was forbidden. This calls for an officially-rationalised set of procedures within the framework of which consent must be obtained before treatment can take place, while, at the same time, requiring a much more archaic approach which commandeers the approval or distaste of those concerned before that which cannot be faced, i.e. accepted by society.
• Un pouvoir très important
• Un sujet qui « décide »
• Des conflits objectifs
• Fixer l’imaginaire par l’image
— Cachez ce petit qu’elle ne saurait voir
— Montrez ce petit qu’elle ne saurait avoir