Musique, politique et sécularisation
Bruno Moysan
Penser la relation entre musique, politique et sécularisation conduit à questionner au préalable la nature même de la musique. Dans quelle mesure cet art du sonore, peut-il prendre en charge une signification politique et religieuse, se socialiser et s’historiciser ? Pour tenter de répondre à cette question, l’article interroge d’abord la nature de la musique en proposant une brève théorie du signe musical et de la signification en musique, pour se concentrer ensuite sur deux moments : la naissance de l’opéra au début du 17e siècle et la révolution romantique de 1830. L’étude des trois versions du Lamento d’Ariane de Monteverdi et de deux pièces pour piano de Liszt (Lyon et Sposalizio) montre que la musique, pleinement acteur des débats d’idée qui l’entourent, est susceptible de produire un langage sonore agissant où le politique ne se sépare pas du poétique.
The complex relationship between music, politics and secularization requires to clarify first the very nature of music. It is the purpose of this article to figure out to what extent music, as a sound art, can endorse a political and religious significance and be regarded as a fully social and historical activity. With this perspective, and beginning by a brief theory of musical signs and signification, it concentrates more precisely on two moments of musical history, the birth of opera in the early 17th century and the Romantic revolution in 1830. The study of Ariane’s lamento by Monteverdi and two pieces for piano by Liszt intend to demonstrate that music takes an active part to ideological debates and produces a sound language where politics meets poetry.
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