Italie 1945-2003 : une histoire de la musique, mais pas seulement
Luigi Pestalozza
Cet article porte sur le rapport entre la politique et la musique dans l’Italie de l’après-guerre et sur la refondation de la vie musicale et culturelle après la chute du fascisme. Issue de l’antifascisme et comme lui mouvement d’alternative sociale et culturelle, la nouvelle musique italienne a proposé de nouveaux modes de communication. Rompant avec le passé, elle est allée à la rencontre de la musique populaire, a participé à des mouvements politiques et sociaux de réorganisation démocratique des rapports culturels et d’opposition aux régimes italiens de Guerre Froide. Dans ce contexte et dans les années 1960-70, marquées par une restauration néo-libérale, l’article présente un compte-rendu varié et documenté de la composition contemporaine, de Maderna à Nono et aux compositeurs actuels. L’auteur souligne également le rôle de la musique électro-acoustique dans le changement musical, du fait notamment d’une écoute renouvelée, marquant au 20e siècle, un processus d’émancipation du son de la note.
The article exposes the relationships between politics and music in post-war Italy, in a time of refoundation of musical and cultural life after the end of fascism. As part of the anti-fascist movement, New Italian Music has proposed new communicational modes. It has sought to meet popular music and has also contributed to political and social movements aiming at democratizing cultural relationships, while opposing Italian regimes of Cold War. Within this context, and later with the revival of free-market forces in the 1970’s, the article gives a comprehensive account of contemporary musical creation, from Maderna to Nono and today’s composers. It also insists on the role of electroacoustic music in changing the process of listening, by freeing the sound of music from keys.