Concepts musicaux en pensée politique : l’analogie est-elle féconde ?
Mélanie Heard
Les analogies musicales en philosophie politique ne sont pas nécessairement intuitives pour le profane car elles s’inscrivent dans des problématiques de théorie musicale dont la richesse est souvent méconnue. L’article se propose d’explorer l’idée d’une contribution des dissonances à l’harmonie, que Montesquieu applique par analogie au champ politique. Pour être éclairante en pensée politique, cette analogie implique une compréhension riche de l’usage harmonieux des dissonances en musique, où la théorisation leibnizienne de l’usage baroque des dissonances apparaît fondamentale. La prise en compte de cet apport leibnizien permet d’identifier un enjeu essentiel de l’analogie selon Montesquieu : l’identification, dans les dissonances, d’un exercice énergique et heureux de la liberté et de l’harmonie politiques.
The use of musical analogy in political theory is not necessarily intuitive, because it requires a comprehension of music theory, which is often misunderstood. We will focus here on the way Montesquieu compares in the musical and political fields, the contribution of discords to harmony. In order to be relevant in the field of politics, this analogy requires a real understanding of the musical harmonious use of discords, to which Leibniz’s contribution has proved to be essential. Moreover, Leibniz’s approach highlights a major function of analogy according to Montesquieu : to identify in discords the energy and happiness that should characterize political liberty and harmony.
• La subversion des dissonances
• Leibniz et la thodice des dissonances
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