Destin de l’antilibéralisme schmittien : penser l’équilibre des pouvoirs après 1945
Sandrine Baume
L’antilibéralisme schmittien se traduit, après 1945, en Allemagne, dans le débat sur l’équilibre des pouvoirs, tel que celui-ci ressort de la Loi fondamentale de Bonn. Une problématique qui était déjà au cœur des controverses à Weimar et qui continue après-guerre à hanter les juristes. Sur cet aspect, des filiations avec la théorie de la Constitution de Carl Schmitt peuvent être identifiées notamment chez deux de ses élèves : Ernst Forsthoff et Werner Weber. Ceux-ci parviennent, dans le contexte nouveau de la République fédérale, à transposer l’antilibéralisme de leur « maître », notamment dans la réhabilitation de l’autorité et la méfiance à l’égard des « pouvoirs indirects ». Des contributions qui prolongent les réflexions schmittiennes sur la relation entre État et société.
In postwar Germany, Carl Schmitt’s antiliberalism reemerged amidst the constitutional debate over the definition of the balance of powers in the Grundgesetz. Already a bone of contention in Weimar Germany, this issue was hotly disputed by jurists for decades after 1945. Carl Schmitt’s constitutional theory had a significant influence on two of his students in particular : Ernst Forsthoff and Werner Weber. Forsthoff and Weber succeeded in recasting their “master’s” antiliberalism within the new framework of the Federal Republic, specifically in their efforts to rehabilitate State authority and their manifest distrust of “indirect powers”. In this regard their work represents an extension of Schmitt’s reflections on the relationship between the State and society.
• L’équilibre des pouvoirs en débat : la perspective antilibérale
• Présupposé anthropologique et compréhension de la Constitution
• Revalorisation de la composante « politique »
• Défiance à l’égard des pouvoirs intermédiaires : l’État délimité au gouvernement
• Réhabilitation de l’autorité : l’héritage antilibéral accompli