Les justifications de la censure
Ulysse Korolitski
Les justifications traditionnelles de la répression du racisme et de son cas chimiquement pur, le révisionnisme, butent sur une double difficulté : l’absence de causalité claire (de l’opinion raciste à l’acte raciste, en passant par le sentiment raciste), la nécessité de présupposer une volonté de nuire, alors que celle-ci n’est pas avérée. Par une analyse de ces difficultés et l’examen de la possibilité de punir une personne pour un acte qu’elle n’a pas commis, il apparaît que le modèle de la présomption peut permettre de substituer une justification politique cohérente à une justification théorique défaillante, un réalisme juridique à des raisons démocratiques illusoires.
Traditional justifications for the repression of racism and its chemically purified distillation, revisionism, come up against a double dilemma: the absence of clear-cut causality (from racist opinions and sentiments to racist acts) and the need to presuppose a desire to harm, though the latter is not a given. Proceeding from an analysis of these dilemmas and of the possibility of punishing someone for an act he did not commit, it appears that the presumptive model allows us to substitute a coherent political justification for a feeble theoretical justification, legal realism for illusory democratic reasoning.
• Difficultés théoriques
— Le racisme est-il une opinion ?
— Un acte en puissance
— Postuler les causes
• Repenser la responsabilité ?
— La responsabilité pour fait d’autrui
— La présomption