Les républicains du 19e siècle étaient-ils des libertariens de gauche ?
L’exemple d’Auguste et Léon Walras
Vincent Bourdeau
Le libertarisme de gauche associe au principe de propriété de soi un principe d’égal accès aux ressources naturelles. Cet article se propose de regarder l’une des variantes du libertarisme de gauche, délaissée par les tenants actuels de ce courant, qui considère que les ressources naturelles ne peuvent pas être appropriées par des individus et doivent rester la propriété de l’État. Léon Walras, au 19e siècle, est un bon représentant de cette approche dont il hérite de son père, Auguste Walras. Pour ces derniers, la propriété publique fonde la citoyenneté des individus et garantit l’exercice de la liberté, c’est à ce titre qu’elle doit être préférée à toute forme d’appropriation individuelle de la terre.
Left-libertarianism combines the principle of self-ownership with that of equal access to natural resources. This article looks at one branch of left-libertarianism, passed over by the movement’s current mainstream, which holds that natural resources should not be appropriated by individuals but should remain state property. In 19th-century France, Léon Walras was a leading exponent of this view, which he inherited from his father, Auguste. The Walrases argued that public land ownership was the foundation of individual citizenship and the guarantee of liberty, and hence preferable to any form of individual appropriation of land.
• À l’origine des idées de Léon Walras : la propriété républicaine d’Auguste Walras
— Droit naturel collectif
— Richesse, possession et propriété
— Garantir la liberté individuelle
• Léon Walras, libertarien de gauche ou républicain ?
— La réponse de Léon Walras au dilemme de l’égalitarisme républicain
— Pourquoi la propriété commune du sol ? Léon Walras lecteur de John Stuart Mill
— Gouvernement des terres et citoyenneté : la liberté selon Léon Walras
• Conclusion