Montesquieu est-il un philosophe libéral ?
Jean Goldzink
Montesquieu passe unanimement pour un des pères du libéralisme, sous couvert notamment de la théorie dite de la séparation des trois pouvoirs, et de la condamnation du despotisme. Soit. Mais s’il s’avérait que sa philosophie politique diffère sérieusement de celle de Locke, modèle dominant du libéralisme à son époque et après, nous aurions alors deux approches politiques divergentes coiffées du même sigle. N’est-ce pas dommageable à la clarté des choses ? L’article s’attache à souligner la singularité de la démarche de Montesquieu, en prenant soin d’analyser des points précis, et s’interroge sur la pertinence d’une étiquette « libérale » assez large pour désigner tout et son contraire. N’est-il pas temps de réduire son extension démesurée et de la ramener dans des conjonctures historiques et conceptuelles plus précises ?
Montesquieu is, to be sure, unanimously deemed one of the fathers of liberalism, particularly by dint of his theory of the separation of the three powers and his condemnation of despotism. But if it turned out that his political philosophy differed significantly from John Locke’s, the paradigm of liberalism in his time and thereafter, we’d have two divergent political approaches bearing one and the same stamp. Now wouldn’t that muddle matters? The foregoing article points up the singularity of Montesquieu’s approach, taking pains to hone in on specific arguments, and queries the pertinence of such a broadly applied “liberal” label to designate anything and everything. Isn’t it high time to narrow the inordinate scope of this label and bring it back into a more precise historical and conceptual framework?
• Approche politique de la religion
• Les religions en deux Livres
• Traitement de la tolérance
• Qu’est-ce que la liberté politique ?
• L’Angleterre, cas-limite
• D’un livre l’autre
• Conclusions