Etrangers et citoyens : un plaidoyer en faveur de l'ouverture des frontières
Joseph H. Carens
Quantité de personnes pauvres et opprimées souhaitent quitter leur pays d'origine dans le tiers-monde pour accéder aux sociétés occidentales prospères. Cet essai soutient qu'il est difficilement justifiable de vouloir leur en refuser l'accès. Il montre comment des arguments en faveur de l'ouverture des frontières peuvent être élaborés en partant de trois approches contemporaines différentes en théorie politique : les approches de Rawls, de Nozick et de l'utilitarisme. Le fait que ces trois théories aboutissent à des réponses convergentes sur cette question en dépit de l'importance de leurs désaccords sur d'autres sujets renforce le poids des arguments en faveur de l'ouverture des frontières et laisse apparaître leurs racines dans notre engagement profond en faveur du respect de tous les êtres humains comme des personnes morales libres et égales. La dernière partie de l'essai examine les objections communautariennes à cette conclusion, particulièrement celles de Michael Walzer.
Many poor and oppressed people wish to leave their countries of origin in the third world to come to affluent Western societies. This essay argues that there is little justification for keeping them out. The essay draws on three contemporary approaches to political theory the Rawlsian, the Nozickean, and the utilitarian to construct arguments for open borders. The fact that all three theories converge upon the same results on this issue, despite their significant disagreements on others, strengthens the case for open borders and reveals its roots in our deep commitment to respect all human beings as free and equal moral persons. The final part of the essay considers communitarian objections to this conclusion, especially those of Michael Walzer.
• Étrangers et droits de propriété
• Migration et position originelle
• Prendre en compte les étrangers
• Le défi communautarien
• Conclusion