Mobilisations autour d'un modèle de sortie de conflit.
La Commission Nationale de Réparation et Réconciliation : une « commission de vérité et réconciliation » (CVR) colombienne ?
Delphine Lecombe
La Commission Nationale de Réparation et Réconciliation colombienne (CNRR) « n'est pas une Commission de Vérité et Réconciliation » plaident ses membres. En effet, le conflit colombien diffère des contextes traditionnels de création des CVR. Pourtant, la CNRR fait l'objet d'investissements nationaux et internationaux financiers, cognitifs et normatifs. Elle mobilise les acteurs « traditionnels » du modèle des CVR qui la pensent comme un lieu de reproduction des « bonnes pratiques » internationales en matière de sortie de conflit. La CNRR s'invente dans un jeu de va-et-vient entre l'identification et la singularisation du modèle des CVR. Les spécificités du contexte colombien imposent aux acteurs mobilisés dans et autour de la CNRR des « bricolages » : le modèle est travaillé pour être adapté aux contraintes colombiennes.
The Colombian Comisión Nacional de Reparación y Reconciliación (CNRR) "is not a Truth and Reconciliation Commission" (TRC), according to some of its commissioners. To be sure, the Colombian conflict does indeed differ from traditional contexts in which TRCs have emerged so far. However, the national and international players used to participating in TRCs are getting actively involved in the Colombian commission, where the best international peace-making practices are to be reproduced. The CNRR oscillates between identification with and divergence from the TRC model. The particularities of the Colombian conflict compel the commissioners to reshape the model and adapt it to the Colombian context.
• Une CVR colombienne ?
• Les membres de la CNRR : acteurs « traditionnels » des CVR
• Le financement international et ses effets : l'apprentissage d'un modèle de sortie de conflit
• Adapter le « modèle » des CVR au contexte colombien : « bricolages »