Raisons politiques
Presses de Sc. Po.

I.S.B.N.9782724631210
182 pages

p. 59 à 87
doi: en cours

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Dossier

n° 30 2008/2

Le massacre des prisonniers politiques de 1988 en Iran : une mobilisation forclose ?

Henry Sorg
Dans l'Iran post-révolutionnaire, l'exécution d'opposants politiques a été utilisée par le pouvoir comme une stratégie de domination et de déstructuration du champ sociopolitique ; l'exécution collective de plusieurs milliers de prisonniers politiques en 1988, non reconnue à ce jour, en est un exemple. Le présent article se veut l'exploration de quelques pistes afin de comprendre les événements et la façon dont ils ont été problématisés par les acteurs. Comment fonctionnent les dispositifs d'invisibilité mis en place par le pouvoir et comment y répondent des pratiques de souvenir de la part des familles ? L'enjeu d'une commémoration des victimes de 1988 esquisse un réinvestissement politique des rites et des lieux de sépulture, là où l'invisibilisation du massacre se fondait sur leur confiscation. La question se pose de savoir si et comment, à travers quelles tensions, le non-oubli s'inscrit en terme de mobilisations et de constitution d'une cause publique dans le contexte politique contemporain.
• Les moudjahidines : de la révolution à la répressionLes membres, et de façon bien plus déterminante en nombre, les proches et sympathisants du Parti des Moudjahidines du peuple (Moudjahidine-e Khalq) sont les principales cibles des vagues de répression successives entre 1981 et 1988 et forment une large majorité des prisonniers exécutés en 1988. Ce parti politique, dont la formation remonte au lendemain des mouvements de mai 1968 dans le monde, se fonde sur une synthèse entre islamisme, gauche radicale et nationalisme anti-impérialiste. À l'origine, le mouvement revendique l'inspiration du Front National (Jebhe-ye Melli) de Mossadeq et Fatemi. Fortement influencés par les écrits de Shariati, sociologue des religions et figure intellectuelle de l'opposition à la monarchie pahlavie, les moudjahidines articulent la pensée d'un islam chiite politique à une approche socio-économique marxiste et la revendication d'une société sans classe (nezam-e bi tabaghe-ye tawhidi), ainsi qu'une critique de la domination occidentale et un nationalisme révolutionnaire proche des mouvements de libération nationale du Tiers-monde. « Quel était leur programme ? écrit Javad, je ne le sais pas. Ce que je sais, c'est que comme la peste et le choléra, en un clin d' il, tous les jeunes éduqués, engagés et pieux, filles ou garçons, ont commencé à soutenir le programme des moudjahidines, grisés par leur enthousiasme, comme s'ils avaient trouvé réponse à tous leurs manques dans cette école de pensée. (...) Au début, ils se comptaient parmi les partisans de l'ayatolla Khomeini et de feu l'ayatollah Taleghani, et ils considéraient ceux-ci comme les symboles de leur salut. De jour en jour, le nombre de leurs partisans augmentait. Surtout chez les gens éduqués, des professeurs de lycée aux lycéens. » À la différence des autres partis de gauche, et particulièrement l'historique parti communiste (le Tudeh) dirigé par l'élite intellectuelle et bénéficiant d'une certaine base populaire, le parti mobilise une nombreuse population étudiante et lycéenne issue d'une jeunesse non fortunée, mais qui a eu accès à l'éducation. « Les moudjahidines, avec leur combinaison de chiisme, de modernisme et de radicalisme social exerçaient une évidente séduction sur la jeune intelligentsia, composée de plus en plus par les enfants, non pas de l'élite aisée ou des laïques éduqués, mais de la classe moyenne traditionnelle », rappelle Abrahamian, qui insiste d'autre part sur l'extrême jeunesse de sa base. Alors que les cadres du parti ont été politisés dans les mouvements étudiants de la fin des années 1960, la base militante a été socialisée et politisée en 1977-79. En 1981, elle se compose principalement de lycéens et d'étudiants radicalisés par l'expérience de la révolution, vivant encore pour la plupart dans le foyer familial.
• Le massacre de l'été 1988L'institution d'un État islamique en Iran s'est fondée, à partir de 1981, sur un « régime de terreur » qui a duré aussi longtemps que la guerre contre l'Irak, et s'est traduit concrètement par une élimination physique des opposants politiques potentiels, le recours à la torture et une grande publicité de ces deux pratiques afin de « tenir » la population. C'est dans ce contexte que vient en 1988, de l'ayatollah Khomeini, l'ordre de purger les prisons en éliminant les opposants politiques. Les membres les plus actifs de l'opposition au régime islamiste ont déjà été éliminés entre 1981 et 1985 (environ 15 000 exécutions) ou se sont exilés à cette même époque. Les prisonniers politiques et d'opinion en 1988 sont des (ex-)sympathisants ou des membres des moudjahidines pour la grande majorité, du Tudeh (PC), de partis d'extrême gauche minoritaires, du PDKI (parti indépendantiste kurde), ou encore sans affiliation. Cette purge a lieu au terme de procès spéciaux : d'une part, une condamnation à mort doit être signée par le Vali-e Faghih, mais Khomeini donne procuration à une équipe composée de membres du clergé et de divers corps administratifs (Information, Intérieur, autorités pénitentiaires) pour mener ces procès qui prennent en réalité la forme de brefs interrogatoires à la chaîne. D'autre part, l'ayatollah Montazeri, alors numéro deux du régime, cite une Fatwa énoncée par Khomeini à propos des moudjahidines : « Ceux qui sont dans des prisons du pays et restent engagés dans leur soutien aux Monafeghin [Moujahidines], sont en guerre contre Dieu et condamnés à mort (...) Annihilez les ennemis de l'Islam immédiatement. Dans cette affaire, utilisez tous les critères qui accélèrent l'application du verdict. » Des témoignages de prisonniers acquittés d'Evin et de Gohar Dasht, à Téhéran, ont été par la suite diffusés dans certains journaux libres de langue iranienne et sur les sites Internet d'ONG iraniennes. Celui de Javad est l'un des rares qui évoque l'événement en province, dans la ville de T. Cet épisode, qui clôt son carnet, commence quand il reçoit un appel le 30 juillet 1988 à 22 h 00, de la prison de D. où sa fille est détenue depuis 1981, lui demandant de venir immédiatement la voir car elle « va partir en voyage demain ». Il est surpris : on est dimanche, or personne ne lui a rien dit lors de la visite hebdomadaire du samedi, qui s'est déroulée normalement la veille. Il se rend à la prison où il rencontre sa fille et lui demande des explications. Shirine raconte : « “Hier soir à 23 heures, alors que tout le monde dormait et que la prison était totalement silencieuse, ils sont venus me chercher, ils m'ont bandé les yeux sans expliquer de quoi il s'agissait et ils m'ont emmenée dans une salle où se tenaient un grand nombre de responsables : le gouverneur municipal, le directeur de la prison, le procureur, le chef du département exécutif et quelques membres [du ministère] de l'Information ainsi que quelques personnes que je n'avais jamais vues auparavant. D'abord, le gouverneur municipal se tourne vers moi et me dit : `D'après ce que nous savons, tu es encore partisane des Monafeghins'. Je réponds : `S'il n'a pas encore été prouvé pour vous que je ne suis plus dans aucune action et que je n'en soutiens aucune, que faut-il faire pour vous convaincre ?' Ensuite il demande : `Que penses-tu de la République islamique ?' Je réponds : `Depuis que la République islamique a vu le jour, il y a de cela sept ans et quelques mois, je suis quant à moi en prison. Je n'ai pas eu de contact avec la société pour pouvoir avoir quelconque aperçu des façons de faire de la République islamique.' Le gouverneur municipal a ordonné `Emmenez-la'. Il était alors minuit environ. Je ne sais pas quel est le but de cet événement.” Le gardien de prison intervient : “Le but est celui que nous avons dit : ils veulent vous envoyer en voyage, mais j'ignore où”. Moi qui étais le père de la prisonnière, je demande : “Quelle somme d'argent peut-elle avoir avec elle dans ce voyage ?” Il me répond : “Elle peut avoir la somme qu'elle veut”. J'ai donc donné 500 tomans que j'avais sur moi à Shirine. Sa mère lui a donné les habits qu'elle avait apportés. (...) Ensuite, j'ai demandé au responsable de la prison : “Quand pourrons-nous avoir des nouvelles de Shirine et savoir où elle est ?” Il répond “Revenez ici dans quinze jours, peut-être qu'on en saura plus d'ici là.” »
• Pratiques d'invisibilisationÀ partir du mois de novembre 1988, la nouvelle des exécutions est annoncée aux familles lors de la visite hebdomadaire ; très vite, l'émotion gagne la foule qui se rassemble devant la prison. Face à la volonté de discrétion du pouvoir, d'autres méthodes sont adoptées. « C'est en âbân [octobre-novembre] qu'un jour, contre toute attente, la porte de la prison s'ouvrit et on nous dit d'entrer. Nous ne tenions plus en place de joie, et nous nous reprochions de ne pas avoir amené quelques fruits avec nous au cas où, ou d'avoir pris quelques vêtements. Mais après un moment d'attente et d'impatience, ils nous ont distribué des formulaires en nous ordonnant de les remplir, afin de consigner tous renseignements concernant les prisonniers et leur famille : domicile, lieu de travail, salaire, activités quotidiennes, connaissances. Ceux qui pouvaient remplir ce formulaire le faisaient eux-mêmes, et ceux qui ne savaient pas écrire se faisaient aider. Quand les formulaires ont été remplis, ils ont été collectés un par un (...) puis la porte s'est ouverte et on nous a dit : “C'est bon, vous pouvez partir” (...) Cette situation incertaine se poursuivait. Les jours de visite, nous nous réunissions comme d'habitude devant la prison, et finalement, comme d'habitude, nous nous dispersions bredouille. Jusqu'à un samedi, au début du mois d'âzar [novembre] : j'étais moi-même parti à la prison quand on a appelé à la maison en disant : “Dites au père de Shirine L. de se rendre demain matin à D.” (...) Le jour suivant, comme indiqué, nous nous sommes rendus devant la prison de D. à 9 heures. Il y avait d'autres personnes attroupées qui avaient reçu le même appel. Quand je les ai vues, je me suis un peu apaisé.(...) Nous étions une centaine ce jour-là, car ils avaient déjà rendu les affaires personnelles d'une trentaine de prisonnières à leur famille. Après un moment d'attente, ils ont appelé la première personne, qui était un vieillard de 60 à 70 ans, comme moi. Tous, nous retenions notre souffle : pourquoi ont-ils appelé cette seule personne ? Nous attendions tous que le vieil homme ressorte afin de lui demander de quoi il retournait. Cela ne dura pas longtemps, peut-être dix minutes, avant que l'on revoie de loin le vieillard, tenant un bout de papier dans la main. Nous nous sommes rués sur lui, mais il était analphabète et ne savait pas de quoi il s'agissait : “Ils m'ont donné ce papier et m'ont dit de partir, et de me le faire lire dehors. Ensuite ils m'ont présenté une lettre et m'ont dit de mettre mes empreintes au bas. Ils m'ont prévenu de ne pas faire le moindre bruit, sans quoi ils viendraient arrêter toute la famille. Ils m'ont recommandé de ne pas perdre le bout de papier.” Ce bout de papier que le vieillard tenait à la main (...) disait ceci : “telle section, tel rang, tel numéro”. Le vieillard s'est assis dans un coin et s'est mis à pleurer. La deuxième et la troisième personne s'en vont et reviennent de la même manière. J'étais le quatrième : un responsable de l'Information venait devant la porte, appelait la personne, l'accompagnait dans le couloir de la prison. Là-bas, on nous faisait entrer dans une pièce pour une fouille complète ; ensuite on entrait dans une deuxième pièce où un jeune de 25 à 30 ans était assis sur une chaise, entouré de deux pasdars. Après des salutations mielleuses, celui-ci nous demandait : “Que pensez-vous de la République islamique ? Quel souvenir gardez-vous du martyre des 72 compagnons de l'Imam ?” Je ne sais pas ce qu'on répondait d'habitude ; quant à moi, j'ai exprimé clairement ma pensée. Puis il me tendit un morceau de papier imprimé en disant : “Lis-le, c'est l'accord qui stipule que vous n'avez aucun droit d'organiser une cérémonie de mise en terre, vous n'avez pas le droit d'organiser de cérémonie religieuse privée, ni dans une mosquée, ni à domicile, ni au cimetière, vous devez vous garder de pleurer à haute voix ou faire réciter le Coran pour les défunts.” Puis il lut lui-même la lettre (...) et me demanda de signer. J'ai déchiré la lettre en morceaux sur sa table. Deux personnes sont entrées dans la pièce et m'ont pris ; elles m'ont emmené par la porte de derrière de la prison et m'ont mis dans une voiture. Elles m'ont conduit jusqu'au carrefour de l'aéroport [à une autre extrémité de la ville] et m'ont fait descendre là-bas, en me mettant dans la poche le bout de papier où était écrit : Cimetière X, section 22, rang 3, tombe no 4. Mais dans cette section du cimetière, il y a beaucoup de tombes recouvertes d'une simple dalle de ciment. Des gens trop curieux ont démontré que ces tombes sont anciennes et ne portent pas de nom ; ou bien c'est en recouvrant la dalle en pierre d'une couche de béton qu'ils les présentaient aux familles comme la tombe des êtres chers qu'ils venaient de perdre. On nous disait : “Ce n'est pas la peine d'aller pleurer sur une tombe vide.” Selon un des gardiens de la prison, il restait 400 prisonniers moudjahidines dans les prisons de D. et du Sepah à T. qui ont été emmenés de nuit avec plusieurs camions spéciaux accompagnés d'un groupe de garde, entre 1 et 3 heures du matin. Ils les ont tous emmenés les yeux bandés, et aucun gardien ordinaire de la prison n'a été engagé pour cette affaire. Où ils les ont emmené et ce qu'ils leur ont fait, Dieu seul le sait. »
• La commémorationAinsi, en dehors des témoignages mentionnés, les faits dont nous parlons n'ont jamais été évoqués dans l'espace public à un niveau politique ou juridique. Il s'agit alors de regarder du côté des pratiques mémorielles ­ comme nous le suggère la démarche de Javad. Comment la mémoire intime et familiale acquiert-elle une dimension politique ? Face aux pratiques d'invisibilisation (gestion du deuil, confiscation funéraire, etc.), les rites et les lieux funéraires sont travaillés par l'enjeu d'une commémoration dont il s'agit de saisir la porté et les limites, politiques. Ce mouvement se noue d'abord autour de la référence au « martyre » autour de laquelle s'organise l'Islam révolutionnaire. Face aux exécutions de masse, de 1981 à 1988, la réalité des victimes est revisitée à travers la notion de martyre. L'idée du martyre est présente dans la pensée politique de Chariati, et participe à configurer l'action politique des Moujahidines, qu'il s'agisse de l'engagement révolutionnaire ou, plus tard, de la résistance. Principal ressort du discours public et de la communication pour l'engagement populaire dans la guerre contre l'Irak, elle est davantage encore une pierre de touche de l'islam chiite à l'aune de l'idéologie révolutionnaire du Parti républicain islamique. Autour de ce « culte du martyre », relayé par un art mural prolifique, s'organise la mobilisation nationale, puis la mémoire officielle du conflit. Entre 1981 et 1988, les jeunes bassidjis révolutionnaires ont nettoyé par centaines de milliers les champs de mines de l'armée, dans une utopie mortifère et salvatrice qui les érigeait en nouveaux « martyrs » de l'Islam. Dans le contexte d'une guerre qui laisse la société iranienne exsangue de 600 000 à un million d'hommes, la sépulture chiite, l'anonymat, la célébration du martyr et de la nation sont fondus dans des offices religieux publiques et médiatisés pour les combattants victimes. Comme l'illustrent la production et le souvenir des martyrs, et le rapport qu'ils instituent à la mort et au corps, à la colère et à la vengeance, la République islamique s'appuie sur une idéologie « martyropathe », née d'un effondrement de l'utopie révolutionnaire, qui s'impose comme la clé de voûte de l'action politique et de la raison d'État. Or, tandis qu'elle enserre l'espace public dans un réseau de passions orchestré par un dispositif rhétorique et institutionnel, elle verrouille toute possibilité de saisir le souvenir et l'émotion collective hors de cette grille logique étroite. C'est dans cette canalisation politique et totalitaire de l'émotion et du deuil que va s'inscrire, de manière subvertie et discrète, une mémoire émotive du massacre de 1988.
• « Khavaran : un nom qui signifie “ne pas oublier” »Les procès orchestrant le massacre de 1988 témoignent de cet Islam politique particulier réintroduit par Khomeini, qui repose notamment sur le réinvestissement politique des mythes fondateurs et de la tradition historique du chiisme. Les condamnés le sont pour « hypocrisie » ou pour « apostasie » ; c'est donc en « damnés », et en vue d'assurer cette damnation, que leur passage de ce monde à l'autre sera organisé. On enterre les victimes avec leurs habits et même leurs chaussures (le rituel exige un linceul blanc) dans des fosses communes très peu profondes, à fleur de terre (l'islam exige une profondeur minimum de 1,5 mètre). Le deuil s'organise dans la société chiite autour de plusieurs étapes de commémoration collectives et de rassemblements funéraires : le troisième jour, le septième jour, le quarantième jour, qui marque la fin officielle des funérailles. En 1988, le quarantième jour était passé lorsque les familles furent informées de la mort de leurs proches. La majorité des exécutions eurent lieu à Téhéran et la gestion des corps semble s'être organisée dans l'obsession des règles du najes (la séparation des musulmans et des non-musulmans, du pur et de l'impur) : des fosses sont apparues, non pas dans le cimetière musulman de Behesht-e-Zara (où même des opposants politiques marxistes exécutés par l'ancien régime furent exhumés et déplacés), mais dans un carré situé dans le cimetière de Khavaran perdu sur une route à 16 km au sud-est de Téhéran, qui est un lieu d'inhumation ba'haie. Le lieu a été renommé Kaferestan (la terre des Kafer, des incroyants) ou encore Lanatabad (le lieu des damnés) ; les familles s'y réfèrent comme Golzar-e Khavaran (le champ de fleurs de Khavaran) car elles y ont planté des fleurs, et qu'une fois par an, à la date anniversaire du massacre, la terre du terrain vague est recouverte de bouquets. Le lieu est même parfois désigné comme golestan (le champ de fleurs), par analogie phonique et retournement du mot gourestan (le cimetière). La guerre des noms en fait en tous cas le lieu d'une mémoire laborieuse, tendue.
• Un enjeu actuel


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