Recherches de Science Religieuse
Centre Sèvres

I.S.B.N.
164 pages

p. 87 à 112
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Tome 89 2001/1

La « doctrine » kierkegaardienne de l’amour

Philippe Chevallier
Partant d’une critique d’Adorno sur la conception kierkegaardienne de l’amour d’après Les œuvres de l’amour (1847), reflet d’un « idéalisme bourgeois, indifférent aux réalités concrètes », cet article s’interroge sur la « doctrine » du maître danois. En fait, il y a là bien d’autres voix que celle d’une subjectivité solitaire. Il y a celle d’une virulente critique de la société du temps qui a perdu toute notion de gratuité, où l’individu est abandonné à la masse et où la relation n’est plus qu’information. Si Kierkegaard se fait juge implacable des mouvements révolutionnaires qui agitent alors le Danemark, ce n’est pas seulement en témoin plus ou moins aigri de son époque, mais c’est au nom d’une lucidité à laquelle Adorno ne déniait nullement la pertinence d’une positive modernité. Beginning with Adorno’s critic on the Kierkegaardian idea of love, based on Les œuvres de l’amour (1847), the reflection of a « bourgeois idealism, indifferent to concrete realities », this article investigates the « doctrine » of the Danish master. Indeed, there are other voices here than that of a solitary subjectivity. There is the voice of a virulent critic of the society of that time, which lost all notions of gratuity, where the individual was abandoned to the masses, and where relation was no more than information. If Kierkegaard was an unrelenting judge of the revolutionary movements that agitated Denmark at that time, it was not only as a more or less sour witness of his epoch, but was in the name of a lucidity of which Adorno saw the pertinence of a positive modernity.
• Argument : le secret de l’amour et sa manifestation
• La simplicité de l’amour à l’épreuve de la contradiction : idéalité ou réalité ?
— L’amour sans objet
— La réalité retrouvée
• Christ est l’explication
— La tension pensée dans l’immanence : la décision
— La tension pensée par rapport à la transcendance : le redoublement
• Le redoublement comme changement de pronom
• Epilogue : encore une fois Adorno


© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis