Recherches de Science Religieuse
Centre Sèvres

I.S.B.N.
164 pages

p. 377 à 398
doi: en cours

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Saint Paul

Tome 90 2002/3

2002 Recherches de science religieuse Saint Paul

Paul et le judaïsme du second Temple

La sotériologie de Paul avant et après E. P. Sanders

Timo Eskola Université d’Helsinki, Finlande
L’exégèse paulinienne du XXe siècle ayant principalement été le fait des spécialistes de confession protestante, l’article suit les changements opérés et s’attarde sur deux figures qui ont notablement animé et marqué les recherches actuelles, E.P. Sanders et H. Räisänen. Avec sa théorie du nomisme d’alliance, Sanders a sans doute le plus Å“uvré pour montrer le primat de la christologie dans la sotériologie paulinienne. Si son idée de nomisme d’alliance était vraie, Paul n’aurait jamais pensé que le judaïsme était une religion légaliste. L’apôtre doit bien plutôt y avoir vu un nomisme d’alliance. L’idée de légalisme doit être d’origine plus tardive, et vient de la théologie biblique protestante. Pour Sanders, Paul est un adepte du nomisme d’alliance, qui construit sa sotériologie christologique sur une base juive, et n’a pas voulu critiquer la conduite de la foi juive, le nomisme ; il ne nie pas les croyances juives, mais sa christologie dicte sa sotériologie. Sans nier que Christ soit le centre de la sotériologie de l’apôtre, l’article essaie de voir si Sanders a bien mis en évidence la structure de base de la pensée de Paul et sa relation aux enseignements des écrits du judaïsme du second Temple. La discussion de la théorie de Sanders et de certains de ceux qui ont suivi ses idées, montre que l’idée qu’ils se font du judaïsme du second Temple est trop étroite, et cela a eu pour conséquence de leur faire mal interpréter la relation de Paul au judaïsme de son temps. Pauline exegesis of the past century was generally the work of protestant specialists. This article considers the changes brought about, concentrating on two individuals who had animated and influenced present day research, E.P. Sanders and H. Räisänen. Without doubt, Sanders, with his theory of covenant nomism, had worked the most to show the primacy of Christology in Pauline soteriology. If his idea of covenant nomism were true, Paul would never have thought that Judaism was a legalistic religion. Rather, the apostle must have seen a covenant nomism in it. The idea of legalism must have had a later origin, and comes from protestant biblical theology. For Sanders, Paul is an adept of covenant nomism, which constructed his christological soteriology on a Jewish basis, and he did not want to criticize the conduct of the Jewish faith, nomism. He did not deny Jewish beliefs, but his Christology dictated his soteriology. Without denying that Christ was the center of the apostle’s soteriology, the article tries to see if Sanders clarified the basic structure of Paul’s thought and its relation to the teachings of the writings of Judaism of the second Temple. The discussion of Sander’s theory, and of those who followed his ideas, shows that the idea they have of second Temple Judaism is too narrow, and this had the consequence of leading them to a bad interpretation of the relation of Paul to the Judaism of his time.
Ces deux dernières décennies, l’étude de la sotériologie paulinienne a été principalement celle de la nature du judaïsme de la période du second Temple. Pour comprendre pourquoi ce type d’approche a eu tant de succès, il faut se rappeler que plus tôt, au cours du XXe siècle, Paul a été décrit comme un helléniste et même un gnostique. L’intérêt porté à la culture et à la formation juive de Paul (à son background) est identiquement une réaction contre un paradigme dominant. Un survol des travaux scientifiques sur Paul montre cependant que l’étude de son background a des racines plus anciennes qu’on peut le penser [1].
L’intérêt renouvelé pour le judaïsme palestinien est principalement dû à E. P. Sanders, dont la monographie sur la sotériologie paulinienne donna naissance à un nouveau paradigme. Sanders présenta la théorie de ce qu’il appelle un nomisme d’alliance [2], et c’est sur cette base qu’il expliqua la sotériologie paulinienne. On retracera brièvement les développements qui menèrent à cette manière de voir nouvelle, et l’on présentera les avantages et les défauts de la théorie de Sanders ; on verra aussi comment il a fait école, comment, enfin, un dernier paradigme a vu le jour, en opposition au sien.
 
Paul le juif et sa sotériologie de la participation
 
 
Une des principales lignes d’interprétation de Paul a longtemps été celle de la théologie existentialiste. L’interprétation existentiale de Paul par Bultmann s’apparente à la tradition de l’école de l’histoire des religions. Il ne voit la sotériologie paulinienne que comme un type de discours religieux mystérico-gnostique : c’est tout ce qu’un survol historique de ses écrits permet d’y trouver. Voilà pourquoi Bultmann résout les questions de sotériologie par un recours à l’herméneutique [3].
D’autres interprètes ont pourtant insisté sur le background juif de Paul. Tel Deissmann, familier avec l’interprétation de l’école de l’histoire des religions, qui déplaça l’accent de l’hellénisme païen à l’hellénisme juif [4] : le centre de la théologie de l’apôtre se trouve selon lui dans l’idée de relation mystique avec le Christ, et l’élément hellénistique de la pensée paulinienne se manifeste dans sa manière de décrire la foi comme un « être en Christ », et Christ lui-même comme « Esprit » [5].
Les critiques d’A. Schweitzer à l’école de l’histoire des religions se firent plus fortes. Dans sa monographie, Die Mystik des Apostels Paulus, cet auteur applique son « eschatologie conséquente » à l’interprétation de la sotériologie de Paul. Selon lui, l’enseignement de l’apôtre n’est pas basé sur la mythologie hellénistique, mais sur la tradition juive. L’élément qui reste commun à Deissmann et Schweitzer, c’est l’« être en Christ », Schweitzer voyant dans la sotériologie de Paul un exemple de mysticisme eschatologique, de nature sacramentelle [6], où « être en Christ » désigne une unité mystique en sa mort et sa résurrection [7].
Ce type d’interprétation fut plus tard développé par W.D. Davies qui, dans son Paul and Rabbinic Judaism de 1948, traça un parallèle entre Paul et la théologie rabbinique [8]. Selon lui, le thème sotériologique paulinien le plus signifiant est « l’être en Christ », c’est-à-dire la participation, élément que Schweitzer avait déjà mis en valeur [9].
Ces exemples montrent que l’intérêt pour le background juif de Paul existait avant que Sanders ne développât ses propres théories. Mais c’est par rapport à la sotériologie de la participation qui l’a précédée que sa contribution prend tout son sens.
 
E. P. Sanders et le judaïsme rabbinique : le nomisme d’alliance
 
 
La comparaison entre la théologie juive et les lettres de Paul se fait plus méthodique et consistante avec le Paul and Palestinian Judaism de E. P. Sanders, car elle devient une comparaison entre modèles de religion (patterns of religion).
Derrière ce projet, il y a assurément une critique de l’image traditionnelle, déformée, que l’exégèse protestante allemande donnait du judaïsme [10]. De fait, beaucoup considéraient le judaïsme comme une religion légaliste, jusqu’à ce que Sanders l’eût caractérisé comme une religion d’alliance basée sur la grâce et la miséricorde de Dieu, l’obéissance à la Loi étant simplement une obéissance répondant à la grâce [11].
La théorie de Sanders est fondamentalement une thèse sur la nature de la sotériologie du judaïsme du second Temple, qui a profondément marqué la critique biblique, car elle en a changé l’orientation et a suscité une quantité incroyable de recherches : aucun exégète n’ose aujourd’hui publier une étude sans se situer par rapport à cette Å“uvre [12].
Sanders appliqua sa façon de voir le judaïsme à la théologie paulinienne, et l’étudia aussi comme un modèle de religion. À son avis, Paul ne voit pas le judaïsme comme fondamentalement légaliste, et la Loi n’a pas pu lui faire difficulté : sa sotériologie ne peut s’opposer au nomisme d’alliance, car il a lui-même adopté ce dernier [13].
Mais quelle idée Sanders se fait-il du nomisme d’alliance ? Analysant la structure sotériologique du judaïsme, en partant de la Mishnah et du Talmud, il essaie de voir ce que fut le judaïsme du Ier siècle et en arrive à la conclusion qu’il s’agit d’une théologie d’alliance. Pour les écrivains et maîtres juifs, ce ne sont pas les Å“uvres qui font obtenir le salut, car ce dernier ne vient que de Dieu seul. Le nomisme doit ainsi être compris à partir de cette structure [14].
De soi, le nomisme d’alliance est une théorie sociologique. Il est basé sur l’articulation de deux catégories, « entrer » et « demeurer », qui déterminent les conditions pour être admis (ou entrer, getting in) et demeurer (staying in) dans un groupe. Pour le dire avec les mots de Sanders, « en termes positifs, un modèle de religion décrit comment une religion est perçue en son fonctionnement par ses adhérents. ‘Perçue en son fonctionnement’ne veut pas dire qu’on regarde ce que ses adhérents font au jour le jour, mais comment y entrer et y demeurer sont perçus : la manière dont une religion est comprise pour admettre et garder ses adhérents, est la manière dont elle fonctionne… Un modèle de religion a ainsi largement à faire avec les éléments qu’une théologie systématique met sous la rubrique « sotériologie » [15].
Un examen critique du nomisme d’alliance est nécessaire pour avoir une idée claire des principales idées de Sanders. Comme on l’a déjà dit, nomisme d’alliance signifie pour lui qu’observer la Loi est une réponse à l’élection et à la miséricorde divines, et que, comme tel, il ne saurait constituer une condition pour « entrer » dans l’alliance, car il en fait partie.
Lorsqu’il parle de sotériologie, Sanders utilise des concepts sociologiques. En d’autres termes, le nomisme d’alliance est une clé sociologique pour comprendre la sotériologie juive [16]. Et voici comment il décrit ce qu’il entend par modèle ou structure du nomisme d’alliance : « (1) Dieu a choisi Israël et (2) lui a donné la Loi. La Loi implique (3) la promesse de Dieu pour maintenir l’élection et aussi (4) l’appel à obéir. (5) Dieu récompense l’obéissance et punit la transgression. (6) La Loi fournit les moyens d’absolution, qui consistent à (7) maintenir ou rétablir la relation d’alliance. (8) Quiconque est maintenu dans l’alliance par l’obéissance, l’absolution et la miséricorde divine, appartient au groupe qui sera sauvé » [17].
Ce type de définition est proche de l’idéal présenté dans les livres de Moïse. Il doit aussi reprendre, jusqu’à un certain point, les idées concernant la relation entre Dieu et son peuple qui étaient courantes à l’époque des rois. Il est également aisé de trouver les mots élection et alliance en presque tous les textes de la période du second Temple. Sanders peut ainsi fournir des arguments et des preuves formelles en faveur de sa théorie, le nomisme d’alliance. L’« admission » (getting in), constituée par l’élection d’alliance, semble bien précéder toute théologie concernant la Loi [18].
Au temps de la période du second Temple, la religion normative d’Israël, au moins celle centrée autour du temple de Jérusalem, est ainsi basée sur une sorte de théologie du nomisme d’alliance. Israël est l’élu de Dieu. Tous les enfants mâles sont circoncis huit jours après leur naissance. Par l’élection, ils sont membres du peuple de Dieu, et quand ils deviennent plus grands, on leur enseigne la Torah de Dieu. Tout ceci est connu et n’a pas besoin d’être mis en question. Lorsque cette sorte d’idéal a été identifiée avec le judaïsme rabbinique, la théorie a semblé valide et acceptable.
Quant à Paul, Sanders pense qu’il a connu le judaïsme comme nomisme d’alliance. Certes, en sa sotériologie, il a naturellement changé la base du salut, qui ne pouvait venir que par Jésus Christ, mais il n’a pas altéré l’idée de nomisme d’alliance [19]. Les conclusions des autres spécialistes ne rejoignent pas toujours celles de Sanders, et ils se demandent si l’enseignement de l’apôtre correspond au nomisme d’alliance mis en évidence par Sanders, ou s’il n’a pas donné du judaïsme une image fausse et déformée ?
 
Critiques de l’approche de Sanders
 
 
Même si la théorie de Sanders a été largement reçue, plusieurs points ont fait l’objet de commentaires critiques.
T. Laato, qui écrivit une thèse sur la théorie de Sanders, accepte son point de départ. Même si tous les traits du nomisme d’alliance ne peuvent être repérés en chaque texte juif [20], il considère que Sanders a donné une description valide du nomisme du second Temple et que seuls des points de détail doivent être modifiés [21]. Sa critique la plus négative concerne les prémisses anthropologiques du modèle de Sanders, qui lui semblent interdire un parallèle strict entre le nomisme d’alliance et la sotériologie paulinienne. De fait, la sotériologie juive est synergétique, dit Laato, et bien que la théologie juive soit bâtie sur l’alliance et la miséricorde divine, l’homme y est toujours vu comme étant capable d’effectuer son salut, d’atteindre la grâce d’alliance par un acte de volonté libre [22]. Quant à la sotériologie de Paul, elle est, toujours selon Laato, « monergétique », car le salut dépend seulement de l’Évangile : l’obéissance à la Loi vient seulement après que l’Évangile ait apporté la nouvelle vie par la foi, et c’est Dieu qui meut le vouloir et l’agir humains [23].
On trouvera une autre critique, antérieure à celle de Laato, dans le Israel’s Law and Church’s Faith de S. Westerholm, qui présente une analyse valable et détaillée des discussions entre spécialistes contemporains de Paul et de la théorie de Sanders sur le nomisme d’alliance. L’un de ses plus importants reproches est que, chez Paul aussi bien que dans la théologie juive, la Loi a une fonction salvifique, et Paul ne blâme pas les Juifs sur un point qu’il admet lui aussi. Car, l’un et l’autre, Paul et le judaïsme, promettent la vie à quiconque accomplit la Loi, cette dernière rendant juste quiconque l’accomplit. Westerholm note ensuite que, pour Paul, l’idée de justice par la Loi est un thème biblique [24]. Dans les livres de Moïse, il est dit qu’on doit choisir entre la vie et la mort, et que c’est en observant la Loi qu’on peut rester en vie. Et quand le salut fut plus tard interprété eschatologiquement, la même exhortation à l’obéissance à la Loi fut un des points dominants de la théologie. Bref, selon Westerholm, dans la Bible, la Loi a de toute évidence une fonction salvifique [25]. Cette critique est plus radicale que celle de Laato, car, en essayant de corriger l’idée que Sanders se fait de la théologie juive, idée qu’il juge unilatérale, Westerholm veut en réalité montrer que le nomisme d’alliance basé sur la grâce divine ne correspond pas à ce qu’est la théologie de la période du second Temple.
Signalons aussi Thielman, pour qui Paul est très conscient de la situation critique de l’homme dans la théologie juive, et veut lui apporter une solution. Selon cet auteur, la plus importante question de la théologie juive du temps de Paul est le problème de l’infidélité d’Israël, car cette dernière appelle la sanction divine, qui peut aller jusqu’à la destruction du peuple. À cette question, la foi au Christ fournit la réponse. Voilà pourquoi la théologie de Paul est profondément ancrée dans la théologie juive du second Temple [26].
 
Complément d’enquête sur le judaïsme du second Temple
 
 
Sanders présente-t-il correctement les idées des différents groupes juifs de la période du second Temple ? D’après la connaissance que nous avons des sources juives d’alors, la sotériologie d’Israël n’est pas toujours eschatologique. Pour certains groupes, le salut a plus à faire avec le présent (« afin que tu puisses vivre ») qu’avec l’avenir. Peut-être y a-t-il l’espoir d’un nouveau paradis sur terre, et l’on doit se rappeler que tous ne croyaient pas en la résurrection. Voilà pourquoi l’hypothèse d’un nomisme d’alliance n’est valide que si l’on idéalise le judaïsme. Lorsqu’on traite avec d’autres sources de la théologie juive, où l’aspect « admission » (ou entrée dans la religion) est remis en question, l’hypothèse de Sanders rencontre des difficultés. Il faut élargir l’horizon de la sotériologie juive plus qu’il ne l’a fait.
Dans son ensemble, la piété juive au temps du second Temple ne ressemble pas à l’idéal proposé par Sanders, car la théologie juive d’alors n’est pas uniforme, et il importe de tenir compte de toutes les composantes de la réalité complexe de l’Israël postexilique [27], non seulement les traditions littéraires — sapientielle (Siracide, Sagesse de Salomon et Baruch), apocalyptique (1 Énoch, les Testaments pseudépigraphes, les oracles sibyllins) —, la bibliothèque de Qumran [28], mais aussi les mouvements juifs de différentes tendances, dont certains vivent en opposition ouverte avec Temple [29]. Même la théologie juive qu’on dit normative ne forme pas un tout cohérent. Si la théologie deutéronomistique sadducéenne est une théologie d’alliance traditionnelle, la connaissance que nous avons du mouvement pharisien par ex., tel qu’en parle Flavius Josèphe, est différente. Dans son enseignement et sa théologie, ce mouvement a adopté bien des idées « sectaires ». Si donc le background vétérotestamentaire, la tradition exilique et post-exilique, invitent à voir le judaïsme du second Temple sous une seule dénomination, les idées des mouvements juifs sont néanmoins assez différentes les uns des autres dans le détail [30].
On ne doit pas s’étonner que la critique s’en soit prise à l’approche unilatérale de Sanders [31]. Car une autre tradition interprétative s’est imposée, là où la diversité du second Temple est soulignée [32], au point qu’on parle habituellement de « judaïsmes multiples », pour décrire correctement la nature de la théologie juive de ce temps-là [33].
Venons-en au rapport existant entre salut et obéissance. On sait qu’en plusieurs textes juifs le salut n’est pas inconditionnellement promis aux membres de l’alliance. On peut ainsi se demander pourquoi Sanders dit à ce propos : « Tous ceux qui sont maintenus dans l’alliance par l’obéissance… seront sauvés » (par la miséricorde divine, évidemment) [34], car il y va d’une juste compréhension de l’idée d’obéissance, et il semble bien que Sanders ait des problèmes avec cette idée : il n’a pu dire pourquoi le nomisme d’alliance n’était pas un légalisme. Car, si « légalisme » signifie que l’obéissance à la Loi sert à l’obtention du salut, alors le nomisme d’alliance est un nomisme légaliste. Le nomisme n’est pas supprimé, il a seulement un nouveau statut [35]. Mais on reste dans le synergisme : si nos actions — en particulier l’obéissance à la Loi (le staying in) — jouent un rôle pour l’obtention du salut, cela ne veut pas dire qu’on sort de la théologie d’alliance, car le légalisme (la nécessaire obéissance à la Loi) à lui seul ne fait pas obtenir le salut, s’il est vrai que dans une religion synergétique c’est Dieu qui opère en faveur des humains [36]. Il est ainsi possible de conclure que dans sa théorie du nomisme d’alliance, Sanders présente un nomisme synergétique. Voilà pourquoi sa théorie ne s’intéresse pas aux traits légalistes de la théologie juive [37], et l’exégèse se doit de vérifier dans le détail son interprétation des textes juifs de la période du second Temple.
On peut être d’accord sur les nombreux traits du judaïsme du second Temple relevés par Sanders, en particulier sur le fait que les différents groupes juifs s’en remettent à la souveraineté de Dieu. Ce qui doit être reconsidéré, c’est la structure de la sotériologie par laquelle lé judaïsme revit sa foi ancestrale, structure qui couvre pratiquement tous les textes que nous connaissons de la période : le nomisme n’est pas d’alliance, et la sotériologie eschatologique y est synergétique. L’ambivalence de la théorie de Sanders vient de ce qu’en dépit de son insistance sur la nécessité de l’obéissance, il conteste que la théologie juive puisse avoir des traits légalistes. On peut vraiment dire que le judaïsme qu’il décrit n’est pas un nomisme d’alliance pur et dur, mais un nomisme synergétique [38].
 
Sociologie et sotériologie
 
 
Eu égard à la méthode, le point de départ sociologique de Sanders peut aussi être critiqué. Il est intéressé par le fonctionnement d’une religion : « La manière dont une religion admet et conserve ses membres est la manière dont elle ‘fonctionne’ » [39]. Comme il évalue les concepts religieux par leur « fonctionnement » dans la dynamique d’un groupe, sa théorie doit être appelée fonctionnelle, et elle peut être comprise à partir des catégories de la sociologie.
Pour résoudre le problème implicite qui surgit entre l’eschatologie et toute approche sociologique, Sanders insiste sur l’aspect fonctionnel : « Un modèle de religion… doit présenter la pensée, la compréhension sous-jacente au comportement religieux, pas seulement le comportement religieux extérieur. Ainsi, de la pratique cultuelle on peut inférer que le culte d’une religion donnée est perçu par ses adhérents comme ayant une certaine fonction pour leur vie religieuse » [40]. Mais cette manière de raisonner reste problématique, car une méthode sociologique restreint nécessairement l’étude des textes : les thèmes de sotériologie sont tous analysés dans leur rapport avec V admission dans un groupe ou le fait d’y demeurer. Lorsqu’un texte parle de salut eschatologique, la méthode de Sanders devient inadéquate et ne peut reconnaître la véritable nature du texte [41]. On peut se demander pour quelles raisons le staying in (observer la Loi afin de rester dans le judaïsme) ne pourrait en même temps être un getting in (observer la Loi afin d’obtenir le salut) ? Bref, le problème essentiel que soulève le nomisme d’alliance est qu’il explique les questions relatives au salut final avec des catégories sociologiques [42].
S’il est vrai que pour la théologie du second Temple, le peuple de l’alliance lui-même devra passer devant le tribunal de Dieu, aucune vue idéale de l’alliance ne peut alors expliquer le salut en termes trop simples : dans la sotériologie juive, la plupart des auteurs ne se demandent pas qui est admis (getting in) ou qui n’est pas exclu (staying in) du peuple, mais qui tiendra lors du jugement final de Dieu [43].
Sanders a utilisé les catégories sociologiques pour expliquer le statut du nomisme. Mais, si l’alliance reste un concept eschatologique, l’observance de la Loi est alors vue comme une activité sociale, ce qui n’est pas très consistant avec la manière de penser du judaïsme du second Temple, pour lequel la Loi a un rôle eschatologique essentiel et n’est pas d’abord ou seulement un facteur social.
D’autres spécialistes ont appliqué la théorie de Sanders à leur manière. Ainsi, J. D. G. Dunn, qui, pour la théologie de Paul, va encore plus loin, puisqu’il pense que Paul a intentionnellement agencé son Évangile en s’opposant à la manière dont le judaïsme concevait le nomisme d’alliance et utilisait les Å“uvres de la Loi comme des « marques d’identité » [44]. Également, H. Räisänen, pour qui la théorie du nomisme d’alliance nous permet de montrer que Paul, animé par la polémique et les préjugés, a donné une image déformée du judaïsme [45]. Dans les paragraphes qui suivent, on présentera la diversité des interprétations de ce qu’il est convenu d’appeler l’école de Sanders.
 
La cohérence de Paul remise en question
 
 
Dans sa monographie, Paul and the Law, H. Räisänen voit avec Sanders dans le nomisme d’alliance une définition fondamentale de la sotériologie juive du second Temple [46]. Malgré tout, il ne suit pas Sanders dans son évaluation de la théologie de l’apôtre, car, à son avis, Paul n’a pas simplement exploité le nomisme d’alliance, il a aussi et surtout attaqué la théologie d’alliance, disant qu’elle était un pur légalisme, image qui est erronée, car le judaïsme n’a jamais présenté la Loi comme une voie de salut [47].
Pour Räisänen, Paul ne peut vraiment décider si la Loi reste valide ou si elle est abolie, et ses affirmations relatives à la possibilité d’obéir à la Loi sont également ambiguës. Son attitude envers la Loi est à la fois positive et négative [48] : il déclare impossible l’observance de la Loi en certains passages — quand il essaie de prouver que les juifs sont sous le pouvoir du péché —, alors qu’en d’autres, il ne pense pas qu’il soit impossible d’observer les préceptes, même pour les Gentils [49]. Au-delà des raisonnements, il importe de signaler le principe christologique qui guide la théologie de l’apôtre, car ce sont ses « préjugés » christologiques qui lui font donner souvent une image déformée du judaïsme et qui expliquent les jugements contrastés de sa théologie [50].
Cela mène à questionner le principe christologique qui, pour Räisänen, a des conséquences négatives. Quand la sotériologie est dominée par cette prémisse, la définition du nomisme doit aussi être modifiée en conséquence. Or, cela n’est possible qu’en faisant violence à la tradition juive [51], et cela mène à des contradictions : « Le point de départ de la pensée de Paul concernant la Torah est l’événement Christ, et non la Loi. Cette structure de pensée, Paul la partage avec les autres auteurs de l’Église primitive. Aucun autre, cependant, n’est arrivé à des conclusions aussi radicales et négatives que Paul concernant la Loi : elle incite l’homme à pécher et augmente les transgressions, elle doit être observée à cent pour cent ; à la différence des juifs, les chrétiens la portent à son accomplissement ; elle n’a pas été donnée directement par Dieu, mais par la médiation des anges. Tous ces énoncés négatifs sont problématiques, car d’autres, eux aussi formulés par Paul, les contredisent. Les plus radicales conclusions de Paul concernant la Loi sont ainsi étrangement ambiguës » [52].
Une telle interprétation a deux conséquences importantes. (1) Paul est séparé de la théologie juive, et son enseignement est le résultat de motivations plutôt psychologiques. Quand Räisänen dit que le concept paulinien de nomisme n’est pas consistant avec la théologie juive, il lui faut admettre que l’enseignement de l’apôtre sur la fonction de la Loi et la croyance dans le jugement divin doit aussi différer de celui du judaïsme. La théologie juive est ainsi totalement différente de la présentation qu’en fait Paul [53]. (2) Quant à la sotériologie de l’apôtre, elle est réduite à une scolastique sur la Loi, où les modalités du jugement divin — le jour de colère et la punition éternelle — n’ont aucune place ou signification [54]. Mais on néglige alors le péché et le jugement, qui sont des composantes importantes de sa théologie [55]. La description de la sotériologie paulinienne faite par Räisänen reste donc elle aussi unilatérale.
Un point de la théorie de Räisänen a suscité de multiples réactions, sa manière de voir la théologie paulinienne comme un effet de la psychologie de l’apôtre, comme un produit de « rationalisation annexe » [56], obtenu par une marche à reculons à partir de l’événement Christ. On a reproché à l’approche de Räisänen de n’être pas constructive, et à ses conclusions de réduire les énoncés pauliniens à des fragments de subjectivité dépourvus de sens [57]. Cette discussion ne peut être menée à bien sans une analyse de l’idée que Räisänen se fait de l’herméneutique.
La théorie de l’interprétation de Räisänen est basée sur la psychologie de la connaissance. Ses éléments de base sont empruntés à Peter Berger, et l’expression clef, comme Räisänen la nomme lui-même, en est « sociologie de la connaissance ». Une personne qui perçoit le monde essaie de le comprendre et de l’analyser selon l’univers symbolique que lui a enseigné la communauté dans laquelle il vit. Cet univers symbolique est une construction sociale — même si le contenu en est religieux — et est fait de symboles et d’idées avec lesquels la communauté interprète la vie en général et la théologie en particulier [58]. Räisänen considère la création de la théologie comme un processus où l’homme donne un sens à ses expériences personnelles à l’aide de symboles hérités de sa communauté. Car chacun vit dans une communauté ayant à sa disposition une gamme énorme de symboles. Voilà pourquoi, toujours selon Räisänen, l’interprétation d’un individu est toujours basée sur une dialectique entre tradition, expérience et interprétation [59].
Dans Beyond New Testament Theology, Räisänen tente de créer une méthode pour interpréter « l’histoire du christianisme primitif », méthode basée sur la dialectique dont il vient d’être question [60]. Pour lui, le christianisme primitif est fait d’idées théologiques différentes et souvent contradictoires. Mais cette diversité se trouve déjà dans la Bible, document fait d’expériences diverses formant une chaîne d’interprétations, chacune pratiquée en un contexte différent, ce qui exclut en principe la possibilité d’une théologie biblique unique et cohérente.
Cette diversité vaut aussi pour Paul, dont les énoncés ambivalents et inconsistants sont dus à des facteurs psychologiques [61]. Au chapitre intitulé « Les origines de l’idée que Paul se fait de la Loi » de Paul and the Law, Räisänen renvoie à la préhistoire psychologique de Paul et voit toute sa théologie à partir d’une perspective psychologique : « Il y a évidemment peu d’espoir de pouvoir pénétrer dans la vie psychique d’une personne ayant vécu il y a deux mille ans. Néanmoins, plusieurs lieux communs psychologiques sont probablement applicables » [62]. Bref, l’interprétation focalise sur l’expérience subjective de l’écrivain.
Quant à son contenu, cette interprétation psychologique consiste à dire qu’il y a eu conflit chez Paul, et conflit inconscient : « Tout le monde le sait, l’inconscient peut percer, en opposition à la croyance consciente à laquelle on s’accroche ». La sotériologie de l’apôtre ne peut être expliquée que par une « expérience spirituelle », vécue dans un nouveau mouvement chrétien charismatique, expérience de liberté qui s’est exprimée plus tard en une théologie radicale de la Loi, théologie produite par ce qui a été appelé plus haut une « rationalisation annexe » [63].
Il y a un lien évident de causalité entre l’interprétation que Räisänen donne de Paul et son herméneutique. Sa théorie cognitive l’amène à voir en Paul un penseur qui essaie d’expliquer théologiquement ses expériences personnelles : Paul est obligé d’entrer dans un processus de rationalisation, parce que la dialectique entre tradition et interprétation a été perturbée par le principe christologique.
Comme on va le voir, il faut prendre ce point de vue en considération pour toute discussion de l’approche de Räisänen. On l’a critiqué pour ne pas avoir fait un exposé constructif de la pensée de Paul, mais il trouve injustifiées les objections qu’on lui fait, son analyse psychologique étant la conséquence logique de ses principes herméneutiques [64].
 
Approche constructive vs. destructive
 
 
Pour Räisänen donc, la psychologie explique pourquoi l’on ne peut trouver de système théologique consistant dans les lettres pauliniennes. La critique a reproché à Räisänen de traquer tous les exemples d’inconsistance, sans jamais fournir une vue d’ensemble de la pensée de l’apôtre. Mais l’herméneutique de Räisänen explique pourquoi une synthèse est impossible : si la théologie consiste à interpréter une série d’expériences religieuses, la nécessité d’une synthèse ne s’impose plus, et ce manque de synthèse constructive est ce qui sépare Räisänen de Sanders : plus exactement, pour Räisänen, la théologie paulinienne n’a pas de « centre », un centre autour duquel pourraient se cristalliser ou s’organiser les différentes composantes, sotériologique, ecclésiologique, etc.
Parmi les études suscitées par les positions de Räisänen, signalons celle de T. E. van Spanje, Inconsistency in Paul ?, qui examine surtout la question de la consistance [65]. Selon cet auteur, Räisänen dépend totalement des idées de Wrede sur le christianisme primitif, et son intérêt pour l’expérience est lié à l’approche sociologique héritée des écrits de Berger [66]. Indépendamment de ces observations, il semble à Spanje que les déclarations de Räisänen sur l’inconsistance de Paul concernent la logique. À son avis, « inconsistant », chez Räisänen, « signifie non-logique » [67], aussi toute discussion avec les positions de l’auteur doit tenir compte de cette dimension. Au demeurant, selon Spanje, une interprétation correcte des écrits pauliniens ne peut exploiter la seule logique occidentale, elle doit aussi prendre en considération le contexte événementiel de l’écrit, autrement dit résoudre les problèmes théologiques par une approche contextuelle [68]. Pour Paul, cela signifie qu’il faut donner toute leur importance à la dimension pastorale et rhétorique.
S’il est vrai que l’approche de Räisänen est plutôt rationaliste et utilise une terminologie qui vient du positivisme [69], il est en revanche inexact de dire qu’il n’utilise que des critères de nature logique. Sa clef de lecture reste psychologique : il veut « pénétrer dans la vie psychique » de Paul [70].
 
Paul, réponse à une théologie de crise
 
 
Si nous avions à définir la théologie juive du second Temple en une phrase, nous dirions que c’est une théologie de crise. Son dilemme est le suivant : Israël aurait dû être le Peuple Élu de Dieu, mais il alla de crise en crise, siècle après siècle, et il semble y avoir contradiction entre les promesses divines et les tribulations qu’apporte le cours de l’histoire. Israël comme nation en est ébranlé en son existence même, et le judaïsme affronte une crise intérieure aiguë [71]. La crise fut si forte et continue qu’elle explique la production de presque tous les écrits théologiques de l’époque [72]. Israël se demanda si Dieu était encore juste, s’il voulait toujours venir au secours de son peuple et le guider, pourquoi, surtout, il permettait que ses oppresseurs fussent les plus forts [73]. On pouvait expliquer les souffrances du peuple par leur infidélité à l’alliance ou par l’infidélité même de Dieu ; la problématique revient de façon répétée dans la littérature sapientielle, et elle est sous-jacente à la proclamation de l’apocalyptique [74]. On peut ainsi dire que la théologie du judaïsme du second Temple est problématisée par la théodicée.
Déjà pour la théologie sapientielle, la souffrance de ceux qui sont fidèles et pieux, et veulent la justice, constituait un enjeu fondamental. Puisqu’Israël est constamment assujetti à des sans-Dieu — même juifs —, on en vient à se demander si l’alliance concerne tous les juifs, ou seulement un reste fidèle, auquel seul est promis le salut. La crise est encore plus soulignée dans l’apocalyptique et à Qumran : tous les membres de l’alliance ne seront pas sauvés, mais ceux-là seuls qui vivent dans l’obéissance (à la Loi) [75].
Paul a bien vu que la théologie juive de son temps est une théologie de crise. La réponse qu’il donne aux questions qu’elle se pose est cependant étonnante, eu égard à l’enseignement juif traditionnel. Car, dit-il, le jugement de Dieu frappe tous les hommes, qu’il a enfermés dans la désobéissance ; tous les hommes sont au pouvoir du péché et encourent la condamnation divine (Rm 3,9.23) — pour cette raison, la sotériologie n’a pas besoin du nomisme synergétique. Mais, d’autre part, la solution au problème ne peut être fournie en augmentant la responsabilité de l’homme, car c’est Dieu qui a enfermé tous les êtres humains dans la désobéissance, pour, ainsi, faire miséricorde à tous (Rm 11,32 ; Ga 3,22), en leur manifestant de manière inouïe sa justice miséricordieuse.
Eu égard à la situation critique de l’humanité, Paul partage les vues des théologiens juifs du second Temple [76], et il serait erroné de croire que Paul est le premier théologien à dire que le péché mène à la damnation, car c’est le message de tous les groupes eschatologiques de l’époque [77], qui invitent à avoir peur du péché, car le jugement divin frappera les pécheurs [78]. C’est précisément la question du péché qui mène les théologiens juifs à réfléchir sur le problème de la théodicée. L’originalité de Paul est qu’il radicalise l’aspect prédestination, très certainement à cause de sa christologie : c’est en méditant sur la mort en croix et la résurrection du Fils de Dieu, qu’il comprend comment la justice finale de Dieu s’est révélée, et qu’il peut donner réponse au problème de la théodicée. Sa sotériologie est basée sur l’idée de coercition, par laquelle Dieu manifeste sa totale fidélité : toute l’humanité a été emprisonnée dans la désobéissance, pour que le salut puisse advenir moyennant la justification par la foi. L’histoire du salut devient alors une histoire de la prédestination, acte coercitif par lequel Dieu enferme toute l’humanité dans la désobéissance, afin de la justifier par Christ : c’est sur Christ que s’appuie l’universalisme de la sotériologie paulinienne.
 
Épilogue
 
 
Avec sa théorie du nomisme d’alliance, Sanders a sans doute le plus Å“uvré pour montrer le primat de la christologie dans la sotériologie paulinienne. Si son idée de nomisme d’alliance était vraie, Paul n’aurait jamais pensé que le judaïsme était une religion légaliste. L’apôtre doit bien plutôt y avoir vu un nomisme d’alliance. L’idée de légalisme doit être d’origine plus tardive, et vient de la théologie biblique protestante. Pour Sanders, Paul est un adepte du nomisme d’alliance, qui bâtit sa sotériologie christologique sur une base juive. L’apôtre, ajoute Sanders, n’a pas voulu critiquer la conduite de la foi juive, le nomisme ; il ne nie pas les croyances juives, mais sa christologie dicte sa sotériologie ; de là vient le slogan de Sanders : « En bref, ce que Paul trouve erroné dans le judaïsme, c’est qu’il n’est pas le christianisme » [79].
Évidemment, personne ne niera que Christ soit le centre de la sotériologie de l’apôtre. Mais il importe de se demander quelle est la structure de base de sa pensée, et quelle est sa relation aux enseignements des écrits du judaïsme du second Temple. La discussion de la théorie de Sanders et de certains de ceux qui ont suivi ses idées, a montré que l’idée qu’ils se font du judaïsme du second Temple est trop étroite, et cela a eu pour conséquence de leur faire mal interpréter la relation de Paul au judaïsme de son temps. Les travaux récents sur le judaïsme de cette période favorisent des solutions autres pour répondre aux questions soulevées par la sotériologie paulinienne, qui n’est pas un pur produit de l’imagination de Paul, mais une interprétation de la sotériologie juive messianique dans les limites de la théologie juive du second Temple. â– 
 
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NOTES
 
[1]Les idées ici exposées s’appuient sur ma thèse, Theodicy and Predestination in Pauline Soteriology. Plusieurs auteurs ont cependant été ajoutés, et la discussion, mise à jour.
[2]En anglais, covenantal nomism, du mot grec nomos, « loi » — nomisme, désigne ici la fonction du système mosaïque dans le judaïsme.
[3]Bultmann, Theologie, 192 ; voir sa présentation de la christologie gnostique p. 298. Cette manière de voir la nature de la théologie était basée sur une épistémologie dualistique. Thiselton, Two Horizons, 210-211 ; Berger, Exegese und Philosophie, 130ss ; voir aussi mon analyse de l’ontologie de l’herméneutique bultmannienne dans EQ 68 (1996) 334-337.
[4]Deissmann, Paulus, 100, 101.
[5]Deissmann, Paulus, 107ff. On peut ainsi déjà repérer dans l’école de l’histoire des religions les origines d’une interprétation de la sotériologie de Paul comme participation.
[6]Schweitzer, Mystik, 13 ; 22 ; 252 ; 367. Il fait une nette distinction entre le mysticisme de Paul et la magie des primitifs (p. 1-3).
[7]Schweitzer, Mystik, 110, 122-124.
[8]Davies, Paul, 16.
[9]Davies, Paul, 99, 102.
[10]« Ainsi, l’idée que le chrétien se fait en général du judaïsme ou d’une de ses composantes, comme d’une religion légaliste, de la justice basée sur les Å“uvres, subsiste, malgré les critiques pointues — et même dévastatrices — faites par ceux qui connaissent les données beaucoup mieux que ceux qui défendent cette idée » Sanders, Paul, 59 ; cf. xiii.
[11]Sanders n’a pas déclaré être l’inventeur de cette interprétation. Il renvoie à l’article de Moore, « Christian Writers on Judaism », HTR 14 (1921) 197-254, selon lequel le judaïsme n’était pas une religion déterminée par le besoin constant d’obtenir le salut par l’observation de la Loi. Voir la recension que Tomson, Paul, 7s fait de l’histoire de l’exégèse sur cette question.
[12]Les évaluations et recensions sont nombreuses. Voir par ex. Caird, JTS 29 (1978) 538-543 ; Cooper, WTJ 44 (1982) 123-139 ; Garnet, Pauline Studies, 19-32 ; Gundry, Bib 66 (1985) 1-38 ; McNamara, JSNT 5 (1979) 67-73 ; Moo, SJT 40 (1987) 287-307 ; Murphy-O’Connor, RB 85 (1978) 122-126 ; Moule, Tradition, 43-52 ; Saldarini, JBL 98 (1979) 299-303.
[13]Voir Sanders, Law, 46-47, également la note 142.
[14]Sanders, Paul, 422ss.
[15]Sanders, Paul, 17.
[16]Cela soulève un problème méthodologique, déjà signalé par Saldarini, JBL 98 (1979) 302, et par Gundry, Bib 66 (1985) 2-3. Saldarini note que la sotériologie ne suffit pas pour déterminer un modèle de religion complet, et la comparaison de Sanders ne peut dès lors être holistique (voir p. 300).
[17]Sanders, Paul, 422.
[18]Voilà peut-être pourquoi plusieurs auteurs qui analysent la littérature du second Temple ont accepté la théorie du nomisme d’alliance. Voir Seifrid, Justification, 132-133 ; Winninge, Sinners and the Righteous, 2-3, 219.
[19]Sanders, Paul, 497, 514, 552.
[20]Laato, Paulus, 81-82. Selon cet auteur, les traits du nomisme d’alliance ne peuvent être trouvés dans le Siracide.
[21]Ainsi, le modèle judéo-palestinien de religion ne contient pas l’aspect d’éternité.
[22]Laato, Paulus, 210, également 194.
[23]Laato, Paulus, 210.
[24]Lorsqu’il argumente, l’apôtre ne renvoie pas aux idées de la « théologie pharisienne » ou des « enseignements des sages ». Voir Westerholm, Law, 145.
[25]Westerholm, Law, 149.
[26]Thielman, Law, 49, 53, 239. Pour Sanders, Paul ne part pas de la situation critique d’Israël ou de l’humanité, mais de la solution, à savoir le salut en Christ.
[27]On trouvera en Porton, Early Judaism, 73, la discussion concernant la diversité du judaïsme du second Temple et sa théologie.
[28]Cela explique la critique négative que Saldarini, JBL 98 (1979) 302, a fait de Sanders (en mentionnant spécialement 1En et les textes de Qumran).
[29]Collins, Apocalyptic, 359-360, pense que Sanders a négligé l’aspect de l’apocalyptique : « Puisqu’il [Sanders] commence avec la littérature rabbinique, chronologiquement plus tardive, il est difficile d’éviter de se demander s’il n’a étudié la littérature apocalyptique que pour y vérifier l’existence du nomisme d’alliance ».
[30]Voir l’analyse d’AVEMARIE, Tora und Leben, 34ss, 579-583, qui montre que le judaïsme rabbinique n’est pas simplement une religion définie par une théologie d’alliance cohérente, comme Sanders a voulu le montrer.
[31]Scott par ex., EQ 64 (1992) 197-212 (en particulier p. 211), pense qu’avec sa théorie unilatérale, Sanders ne fait pas justice à la diversité du judaïsme intertestamentaire. Voir Nickelsburg et Kraft, Early Judaism, 20 : « Sanders a bien raison de critiquer l’interprétation qui voyait dans le judaïsme ancien un légalisme… Néanmoins, comme toutes les approches harmonisantes, sa propre synthèse obscurcit la variété dynamique qui ressort des documents et des témoins qui sont encore en notre possession » (sur la théologie sapientielle, voir p. 21).
[32]Le désaccord concernant la diversité peut déjà se constater dans les premiers commentaires de la théorie de Sanders. Ainsi, par ex., Garnet, Pauline Studies, 20 ; Gundry, Bib 66 (1985) 3 ; MOO, SJT 40 (1987) 292 ; Murphy-O’Connor, RB 85 (1978) 123 ; Moule, Tradition, 48 ; Saldarini jbl 98 (1979) 300. Même Cooper, WTJ 44 (1982) 129, qui accepte les idées de base de Sanders, finit en notant que « certains éléments du judaïsme palestinien » forcent à repenser le schème. Voir également McNamara, JSNT 5 (1979) 72.
[33]En plus des auteurs cités dans les notes précédentes, voir la présentation générale faite en Overman-Green, ABD III (1992) 1038s.
[34]Sanders, Paul, 422.
[35]Sanders, Paul, 424, affirme que « l’idée d’obéissance est caractéristique de la littérature apocalyptique » (italiques de l’auteur), sans se demander comment cet aspect est compatible avec sa théorie.
[36]Ainsi, Cooper, WTJ 44 (1982) 124, 137, qui se dit « disposé à adopter la manière dont Sanders caractérise le judaïsme », et arrive finalement à des conclusions plutôt critiques : « Le judaïsme a déposé la demande d’obéissance à la Loi à la porte de chaque individu ». Et « dans le judaïsme le salut est l’effet combiné de la grâce divine, qui établit l’alliance, et de la réponse obéissante et repentante de l’homme ». Une telle définition tombe sans aucun doute dans la catégorie du synergisme. Voir également Gundry, Bib 66 (1985) 36. À propos de l’enseignement de Qumran, Garnet, Pauline Studies, 20, note : « Il n’y a pas de salut sans obéissance, même pour les membres de l’alliance ».
[37]Moule, Tradition, 48, a défini le problème de manière très pointue : « Je me demande si le nomisme d’alliance lui-même est si éloigné que cela d’un légalisme implicite ».
[38]En Paul, 427, Sanders maintient que c’est la relation entre grâce et Å“uvres qui est en question. Le judaïsme ne peut simplement être un légalisme casuistique : « La perspective que le judaïsme d’avant 70 a sur la grâce et les Å“uvres est correcte, sa manière de voir les commandements de Dieu n’est pas triviale, et il n’est pas spécialement marqué par l’hypocrisie… Le cadre fondamental constitué par le nomisme d’alliance étant maintenu, le don et l’exigence de Dieu peuvent y entretenir une relation saine, et les minuties de la Loi être observées sur la base des grands principes de la religion… »
[39]Sanders, Paul, 17.
[40]Sanders, Paul, 18.
[41]Mcnamara dit qu’en focalisant sur le modèle de religion, on risque de laisser de côté d’autres accents : « Dans un système religieux, il y a plus que le modèle global de religion », Mcnamara, JSNT 5 (1979) 72.
[42]Sanders lui-même dit en Paul, 424, que la sotériologie n’a pas d’importance.
[43]Cf. Garnet, Pauline Studies, 20-21.
[44]En anglais, identity markers. Dunn, Romans, lxv-lxxii ; du même auteur, Law, 195-196. Dunn insiste sur le fait qu’il ne remet pas en question ni ne rejette le nomisme d’alliance.
[45]Räisänen, Law, 179s, 187.
[46]Räisänen, Law, 179s. Ce livre a provoqué un énorme débat, qu’on peut suivre en lisant la longue préface de l’auteur à la seconde édition. Voir les vues d’ensemble en MOO, SJT 40 (1987) 287-307 ; Westerholm, Law, 93-101 ; Thielman, Law, 37-47 ; Schreiner, Law, 18-28.
[47]Räisänen, Law, 187. Sur cette manière de voir, les critiques se divisent en deux camps. Certains ont accepté l’explication de Räisänen, tels von Dobbeler, NT 26 (1984) 374-376 ; Wedderburn, SJT 38 (1985) 613ss ; Getty, CBQ 47 (1985) 561-563 ; Watson, Paul, 18, 179s ; et Sanders lui-même, Law, 15 note 26 ; 51 note 16. D’autres sont contre, tels Hübner, ThLZ 110 (1985) 894-896 ; Hays, JAAR 53 (1985) 513-515 ; Stuhlmacher, SEÅ 50 (1985) 102 ; Beker, NTS 34 (1988) 365ss ; Westerholm, Law, 99s, 215ss ; Weima, NT 32 (1990) 235 ; Schreiner, Law, 120 ; Fitzmyer, Romans, 131s.
[48]Voir Räisänen, Law, 82, 199-200.
[49]Räisänen, Law, 95-97, 106.
[50]Räisänen, Law, 150, 187.
[51]Räisänen, Law, 176-178 ; 187.
[52]Räisänen, Law, 201 (italiques de l’auteur) ; admis plus tard par Wedderburn, SJT 38 (1985) 622.
[53]Räjsänen compare les théologies paulinienne et juive, et il y trouve plus de discontinuité que de continuité. Cf. Spanje, Paul, 133.
[54]En étudiant Rm 1-5, Räisänen écrit, à propos de la relation entre Loi et péché, qu’il ne trouve aucune base dans la tradition juive pour appuyer l’idée de situation pécheresse universelle. En outre, le concept paulinien de jugement est pour Räisänen un exemple d’essai superficiel et déformant pour justifier l’idée d’une situation ou d’un état pécheur universel. Räisänen, Law, 97ss : « L’argument de Paul fait simplement partie d’une propagande visant à dénigrer » (p. 101).
[55]Räisänen, Law, 108 ; 150. Ceci a naturellement été noté par la recherche internationale, voir par ex. Westerholm, Law, 160 : « Même si Sanders et Räisänen admettent tous les deux que Paul montre en Rm 1-3 la situation pécheresse universelle, l’idée est considérée comme étant périphérique à la pensée de Paul » ; cf. Weima, NT 32 (1990) 235.
[56]Räisänen, Law, 201 : « Il est tentant de voir en tout ceci un mécanisme à l’Å“uvre, celui que la psychologie nomme rationalisation secondaire (secondary rationalization). Pour des raisons pratiques, Paul a rompu avec la Loi, et il veut maintenant proposer des « rationalisations » : c’est, contre toute apparence, lui qui soutient la Loi ; et si tel n’est pas le cas, la faute vient de la Loi elle-même… De tels arguments inadéquats trahissent une origine secondaire. L’argumentation de Paul procède à reculons, à partir du point de départ constitué par l’événement Christ ».
[57]Voir en particulier la discussion entre Räisänen, Hübner et Hays (voir ci-dessous). Räisänen présente ses réponses dans l’introduction à la deuxième édition de Law.
[58]Räisänen, Beyond, 129-130. Des 1972, Räisänen a publié un article où il explique les principes de sa théorie (en finnois, TAik [1972] 76-86), et où il identifie la chaîne des interprétations comme « théologie naturelle ».
[59]Räisänen, Beyond, 131.
[60]Räisänen, Beyond, 122s.
[61]Dans la préface à la deuxième édition de son Law, Räisänen affirme que son approche de Paul est celle d’une « prise en considération historico-psychologique de l’évolution de la pensée de Paul » (p. xiii-xiv). Dans sa Theology, il identifie cette approche avec la « perspective de l’histoire des religions », également mentionnée dans la nouvelle préface (p. xv).
[62]Räisänen, Law, 232.
[63]« Secondary rationalization », Räisänen, Law, 232-233.
[64]Une approche constructive a été exigée par quelques recenseurs ; voir par ex. Hays, JAAR 53 (1985) 514. Räisänen a répondu dans la nouvelle préface à sa monographie Law (2e éd.), en disant : « il y a un niveau où les énoncés de Paul cessent d’être des fragments dépourvus de sens… et entrent dans un modèle intelligible », p. xxi-xxii. Mais les critiques ne semblent pas comprendre que le niveau auquel Räisänen renvoie est psychologico-historique (p. xxii), car à ce niveau Räisänen peut montrer que seul un « combat inconscient » rend compte de fragments autrement « dépourvus de sens ».
[65]En plus de l’ouvrage de Spanje, P. Balla s’est demandé comment Räisänen voit la théologie du Nouveau Testament, mais sans focaliser sur Paul. Voir par ex. Balla, Challenges, 1ss., 32ss, 45ss.
[66]Spanje, Paul, 107, 114.
[67]Voir surtout Spanje, Paul, 156s.
[68]Spanje, Paul, 189, 214, 147, 249ss.
[69]Cf. des termes tels que « dissimilarité », « disharmonie », « divergence ». Spanje, Paul, 154.
[70]Cf. Seifrid, Justification, 69 : « La description de Räisänen se présente comme un retour aux portraits psychologiques de Paul, populaires au siècle dernier, où intuition et expérience s’opposaient aux éléments théologiques dans les motivations de Paul ».
[71]Sanders, qui reconnaît bien le « contexte de conflit » de cette période, refuse encore d’en tirer les conclusions pour la multiplicité de la théologie juive de ce temps-là. Il minimise l’importance de la crise et focalise le judaïsme « commun » qu’il présente monolithiquement. Voir Judaism, 35-36, 241ss. Il considère que le conflit a été principalement politique, et présente les zélotes comme un exemple de résistance aux Romains, p. 280ss.
[72]La menace et l’agonie furent continues : Alexandre le Grand et l’hellénisme, les attaques répétées des Diadoques, Antiochus, les guerres maccabéennes, Rome. Nickelsburg, par ex., dans son introduction à la littérature du second Temple, décrit la plupart des écrits comme une réaction à des crises ou tensions dans l’histoire d’Israël. Voir sa Literature, 52, 76, 86, 205.
[73]Les traits généraux du problème de théodicée sont présentés dans Crenshaw ABD VI (1992) 444-445. Le thème de la crise a été récemment examiné par Scott, EQ 64 (1992) 199-200. Hengel, de son côté, a montré que la théologie juive, dans sa controverse avec l’idéologie hellénistique, a généralement formulé le dilemme théologique en termes de théodicée, comme le montrent plusieurs textes qui vont de Ben Sira à l’apocalyptique essénienne ; Hengel, Judentum, 262, 357, 395, 457.
[74]Cf. Eskola, JSJ 28 (1997) 390ss.
[75]Selon Fitzmyer, Romans, 134, par ex., les écrits de Qumran prouvent que la façon dont Paul a perçu le judaïsme de son temps est correcte.
[76]Dans la tradition sapientielle, c’est le péché d’Israël qui a causé toutes les épreuves qu’il a affrontées. Thielman, Plight, 28ss, 46ss, propose un modèle qui va de la situation critique à la solution, pour résoudre le dilemme de Paul et du judaïsme palestinien, la situation étant simplement le péché, qui est aussi un thème important de l’eschatologie juive. Voir Martin. Law, 69ss.
[77]Dans son analyse des Psaumes de Salomon, Winninge note que dans les passages les plus radicaux, les apostats juifs sont considérés comme étant plus méchants que les pécheurs païens (PsSal 1,8 ; 2,11s ; 8,13 ; 17,15) ; Winninge, Sinners and the Righteous, 194.
[78]Cf. Mattern, Verständnis, 213 ; Gundry, Bib 66 (1985) 7-8.
[79]Sanders, Paul, 552.
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[1]
Les idées ici exposées s’appuient sur ma thèse, Theodicy an...
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[2]
En anglais, covenantal nomism, du mot grec nomos, « loi » —...
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[3]
Bultmann, Theologie, 192 ; voir sa présentation de la chris...
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[4]
Deissmann, Paulus, 100, 101. Suite de la note...
[5]
Deissmann, Paulus, 107ff. On peut ainsi déjà repérer dans l...
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[6]
Schweitzer, Mystik, 13 ; 22 ; 252 ; 367. Il fait une nette ...
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[7]
Schweitzer, Mystik, 110, 122-124. Suite de la note...
[8]
Davies, Paul, 16. Suite de la note...
[9]
Davies, Paul, 99, 102. Suite de la note...
[10]
« Ainsi, l’idée que le chrétien se fait en général du judaï...
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[11]
Sanders n’a pas déclaré être l’inventeur de cette interprét...
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Les évaluations et recensions sont nombreuses. Voir par ex....
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[13]
Voir Sanders, Law, 46-47, également la note 142. Suite de la note...
[14]
Sanders, Paul, 422ss. Suite de la note...
[15]
Sanders, Paul, 17. Suite de la note...
[16]
Cela soulève un problème méthodologique, déjà signalé par S...
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[17]
Sanders, Paul, 422. Suite de la note...
[18]
Voilà peut-être pourquoi plusieurs auteurs qui analysent la...
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Sanders, Paul, 497, 514, 552. Suite de la note...
[20]
Laato, Paulus, 81-82. Selon cet auteur, les traits du nomis...
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[21]
Ainsi, le modèle judéo-palestinien de religion ne contient ...
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Laato, Paulus, 210, également 194. Suite de la note...
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Laato, Paulus, 210. Suite de la note...
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Lorsqu’il argumente, l’apôtre ne renvoie pas aux idées de l...
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[25]
Westerholm, Law, 149. Suite de la note...
[26]
Thielman, Law, 49, 53, 239. Pour Sanders, Paul ne part pas ...
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[27]
On trouvera en Porton, Early Judaism, 73, la discussion con...
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[28]
Cela explique la critique négative que Saldarini, JBL 98 (1...
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[29]
Collins, Apocalyptic, 359-360, pense que Sanders a négligé ...
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[30]
Voir l’analyse d’AVEMARIE, Tora und Leben, 34ss, 579-583, q...
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[31]
Scott par ex., EQ 64 (1992) 197-212 (en particulier p. 211)...
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[32]
Le désaccord concernant la diversité peut déjà se constater...
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[33]
En plus des auteurs cités dans les notes précédentes, voir ...
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Sanders, Paul, 422. Suite de la note...
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Sanders, Paul, 424, affirme que « l’idée d’obéissance est c...
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Ainsi, Cooper, WTJ 44 (1982) 124, 137, qui se dit « disposé...
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Moule, Tradition, 48, a défini le problème de manière très ...
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En Paul, 427, Sanders maintient que c’est la relation entre...
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Sanders, Paul, 17. Suite de la note...
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Mcnamara dit qu’en focalisant sur le modèle de religion, on...
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Sanders lui-même dit en Paul, 424, que la sotériologie n’a ...
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Cf. Garnet, Pauline Studies, 20-21. Suite de la note...
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En anglais, identity markers. Dunn, Romans, lxv-lxxii ; du ...
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Räisänen, Law, 179s, 187. Suite de la note...
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Räisänen, Law, 187. Sur cette manière de voir, les critique...
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Voir Räisänen, Law, 82, 199-200. Suite de la note...
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Räisänen, Law, 95-97, 106. Suite de la note...
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Räisänen, Law, 150, 187. Suite de la note...
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Räisänen, Beyond, 131. Suite de la note...
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Räisänen, Beyond, 122s. Suite de la note...
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Dans la préface à la deuxième édition de son Law, Räisänen ...
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« Secondary rationalization », Räisänen, Law, 232-233. Suite de la note...
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Cf. Mattern, Verständnis, 213 ; Gundry, Bib 66 (1985) 7-8. Suite de la note...
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Sanders, Paul, 552. Suite de la note...