2004
Recherches de science religieuse
Éditorial
Pierre Gibert
Comme il est de tradition, le premier numéro de l’année marquée par le colloque biennal des RSR, prépare à ce colloque par une série d’articles qui en situent le thème et en ouvrent déjà les débats. La réception des Écritures inspirées propose ainsi quatre articles qui voudraient à la fois préciser un certain nombre de données et mettre au jour un certain nombre de questions auxquelles les participants du colloque comme les lecteurs de la revue devraient apporter leur réflexion.
Tout en laissant à chacun le soin de prendre connaissance de ces articles comme de réfléchir au thème proprement dit, il n’est pas inutile ni par trop contraignant de rappeler ce qui a largement motivé le choix de la rédaction des RSR: l’avènement, au seuil de la modernité, d’une nouvelle approche des Écritures, approche marquée par les tensions et les apports du temps des Réformes au xvie siècle comme par les tensions et les apports de l’exégèse critique au xviie. S’inscrivant pourtant sur le fond d’une longue histoire de près de quinze siècles qui avaient vu s’élaborer et se développer des approches de l’Écriture en fonction d’abord exclusive de l’intelligence du mystère du Christ et de son Église, avec à la clé le dogme de l’Inspiration, l’avènement de la modernité interfererait inévitablement avec cette longue tradition.
Sans refaire l’histoire des crises qui marquèrent ces quatre derniers siècles en matière d’intelligence des Écritures, il paraissait nécessaire de proposer un temps de réflexion par rapport à ce triple héritage de réception christique et ecclésiale d’expression dogmatique et d’exégèse critique élargie aujourd’hui à d’autres méthodes de lectures, ainsi qu’en dresse une sorte de bilan le document de la Commission biblique pontificale de 1993.
Sans préjuger des travaux du colloque ni de la qualité des interventions, nous ne pouvons que souhaiter que les questions, à commencer par celle de l’Inspiration, loin d’être esquivées, soient franchement abordées et que des propositions soient faites qui tendraient à réduire certains écarts ou certaines apories que ne suffisent pas à réduire ni même à cacher certaines lectures contemporaines, lesquelles, plutôt que de répondre aux questions, tentent de les nier.
Naturellement, un prochain numéro des RSR devrait rendre compte du colloque et en publier éventuellement les contributions particulièrement significatives et donc positives.
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Les conditions éditoriales sont telles que pour la réalisation de ce numéro nous avons dû surseoir à la publication de certains articles et surtout de certains Bulletins critiques (de Patristique latine, de Théologie morale et la suite de l’Ancien Testament). Le deuxième numéro de l’année 2004 devrait permettre de rattraper les choses. Nous prions nos lecteurs comme les auteurs et collaborateurs de ces Bulletins d’accepter nos excuses.
Plusieurs dossiers sont en préparation. Sans trop préciser un calendrier qui dépend beaucoup de nos collaborateurs souvent surchargés, nous pouvons annoncer dès maintenant un dossier sur ce que peut être aujourd’hui un concile, un autre sur les possibilités d’une écriture théologique de l’histoire, un autre enfin, en suite de celui qui a déjà été donné, sur S. Paul (RSR 90/3 juill.-sept. 2002) : après le travail des spécialistes de l’exégèse, il nous a paru nécessaire de solliciter la réflexion de théologiens et de philosophes sur l’Apôtre des nations.
Nous ne négligerons pas au passage ces articles isolés qui apportent des éléments d’information ou de réflexion sur tous sujets entrant justement dans le cadre de la recherche en matière de science religieuse. Il est évidemment difficile d’en établir d’avance une sorte de programmation dans la mesure où ces apports dépendent soit de recherches personnelles soit du hasard plus ou moins grand des événements. Mais nous ne nous doutons pas de cette ligne éditoriale qui se nourrit de ces recherches et de questions en débat, témoignant de la vitalité du travail tant en matière de science religieuse, que de théologie, d’exégèse et de tout autres disciplines qui entrent dans le cadre du projet de la revue depuis ses origines.
Qu’il me soit permis, avec ce premier numéro de l’année 2004, de remercier nos abonnés et lecteurs qui témoignent d’une belle fidélité en des temps plutôt difficiles quant à l’édition scientifique et universitaire, religieuse et théologique. Nous comptons sur eux pour que la revue ne cesse de se développer en répondant à leurs attentes et à leurs exigences.