2007
Recherches de science religieuse
Éditorial
Pierre Gibert
Cette année 2007 verra, comme à l’accoutumée, la présentation de plusieurs dossiers dont le premier, dans le présent numéro, marque l’importance de la théologie morale. Certes, il n’y aurait pas lieu de le signaler si les questions de morale précisément (et d’éthique) ne revêtaient depuis quelques années certains caractères d’urgence dus à des phénomènes nouveaux, à des questions nouvelles devant lesquels les références traditionnelles marquent leurs insuffisances. Les choses sont incontestables en matière de biologie, mais ne sont pas pour autant négligeables en d’autres matières, de justice ou de droit, pour nous en tenir seulement à celles-ci.
Dans l’ordre des phénomènes sociaux plus ou moins liés à la mondialisation et à son corrélat, le déplacement de populations et le mélange des cultures sinon des niveaux de vie toujours plus ou moins compartimentés, posent une question déjà approchée dans le dernier numéro des RSR : la nature de l’ interreligieux et de ses implications, sur quoi nous reviendrons dans un second dossier en 2008. Pour le présent dossier, c’est la question, corrélative, de ce qu’on désigne sous le terme de « communautarisme » qui est traitée : dans quelle mesure y a-t-il risque de divisions sociales dans des compartimentages étouffants, ou au contraire possibilité d’assumer un mieux être et par conséquent un mieux vivre avec la dimension sociale que cela implique? La référence religieuse est-elle ou non garantie d’orthopraxie sociale dans sa proposition morale, ou facteur de divisions, d’isolement et d’ignorances réciproques avec tout ce que cela peut impliquer? Renvoyons au Liminaire de ce dossier pour la présentation d’un ensemble d’études qui tentent de répondre à ces questions dans leur urgence même.
Le deuxième numéro de l’année devrait rappeler à l’une des vocations des RSR, celle de son ouverture aux recherches précisément, en publiant des études importantes qui n’entrent pas nécessairement ou immédiatement dans un dossier. Or, nous nous priverions d’articles importants si une place n’était régulièrement faite à ces recherches particulières. Ainsi, avec ce deuxième numéro de l’année 2007, nous voudrions que tous les quatre ou cinq numéros place soit faite à des articles autonomes et souvent précieux.
Le troisième numéro sera consacré au « théologien dans son rapport à l’Écriture », en prolongement d’un colloque organisé par le Centre Pensée Chrétienne de l’Université de Metz, les 4 et 5 juin 2004. Trois participants de ce colloque ont répondu à notre sollicitation pour prolonger la réflexion sur le théologien envisagé comme commentateur à la fois autorisé et privilégié de l’Écriture. Ce sont donc trois théologiens et un exégète qui tenteront de répondre à cette question qui est sans doute plus d’actualité ou de nécessité qu’il peut d’abord y paraître.
Enfin, le dernier numéro de l’année fera écho au colloque biennal des RSR qui s’est tenu en juin 2006 sur les formules dogmatiques. Après le traditionnel dossier préparatoire à tout colloque des RSR (janvier-mars 2004, 92/1), il ne s’agit pas de produire un numéro d’actes. Mais telle ou telle intervention, tel ou tel débat ont apporté d’intéressantes réflexions qui méritaient une plus large audience. Que ce soit ou non à partir de l’une ou l’autre conférence, il a été demandé aux auteurs de reprendre leur réflexion en l’élargissant, et donc sans nécessairement s’en tenir au seul propos tenu lors du colloque. Étant donné l’enjeu du thème et la réflexion qui demande à être poursuivie, la proposition de ce dossier entre ainsi dans un cadre nouveau.
Sans trop nous engager, disons dès maintenant un mot de l’année 2008 qui verra un autre colloque biennal des RSR . Le thème en est déjà choisi : « Quelle christologie est-elle possible après l’Å“uvre de John P. Meier, Un certain juif Jésus. Les Données de l’histoire (Les éditions du Cerf, Paris, 2005) ». Il s’agira donc d’un colloque à thème christologique sur la base des travaux, réflexions et propositions d’un exégète qui, à la suite de deux siècles de travaux critiques sur les évangiles et l’histoire de Jésus, a voulu aller au bout d’une exigence à laquelle il n’est aujourd’hui plus question de se dérober. Comment le théologien et l’exégète peuvent-ils et doivent-ils prendre en compte les résultats d’un travail qu’on ne peut plus faire mine d’ignorer comme il en fut trop souvent le cas dans un passé récent? Naturellement, le premier numéro de 2008 consacrera un dossier préparatoire à ce colloque.
Disons un mot pour terminer du « projet anglais » dont nous faisions part à la fin de l’année 2005. Bien qu’un premier volume soit prêt à entrer dans une collection chez un éditeur international, sa mise en Å“uvre s’est avérée plus complexe que prévu, entraînant des conséquences éditoriales qu’il faut savoir apprécier. Nous espérons cependant que d’ici la fin de l’année 2007 la réalisation verra le jour, un deuxième volume étant déjà en préparation. Ce premier volume, en reprise d’articles des RSR consécutifs à l’article fameux du P. Rousselot, « Les yeux de la foi », publié dès la première année de la revue, en 1910, a donc pour thème les implications de l’acte de foi. Le deuxième volume devrait consacrer la vocation première de la revue en s’intéressant au problème de la multiplicité religieuse.
Enfin, nos lecteurs ont pu découvrir dans le précédent numéro l’annonce de l’édition d’un deuxième volume de tables recouvrant l’ensemble des numéros des années 1961-2000.
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