La question de Dieu au cœur de l’humain et la tâche théologique de son élaboration académique et publique
Denis Müller
Il n’est pas de théologie, en général, et de théologie chrétienne, singulièrement, sans une option existentielle, sans que soit mis en jeu le sens de l’expression « existence théologique », dans un sens large, distinct de l’usage technique et contextuel que cette manière de parler a pu signifier à l’époque de la théologie dialectique, sous l’impulsion centrale de Karl Barth. « Pourquoi je suis entré en théologie » pourrait conduire à une narration autobiographique. Toutefois, nous souhaitons donner ici à la question initiale du « pourquoi je suis entré en théologie » un sens davantage logique que chronologique. C’est le sens fort, objectif, du pourquoi, qui nous retient avant tout. Il s’agit en effet de comprendre à la fois « pour quelle raison je suis entré en théologie » et « dans quel but ». C’est dans les termes les plus simples et les plus directs que nous commencerons par répondre personnellement à cette double interrogation, avant d’en voir les implications dans le « métier » de théologien.
There is no theology in general and no Christian theology, in particular, without an existential option, without the meaning of the expression “theological existence” coming into play in a broad sense, distinct from the technical and contextual usage that this way of speaking may have meant in the period of dialectical theology under the guiding impulsion of Karl Barth. “Why did I go into theology” could lead to an autobiographical narrative. However, here the author would like to give this question a more logical than chronological meaning. It is the strong, objective sense of the question “what for” that demands our attention above all else. It is a question of understanding both “why did I go into theology” and “with what objective”. It will be in the most simple and direct terms that the author will begin by replying personally to this double question, before broaching its broader implications for the “work” of theologians.
• Question existentielle et méthode généalogique
• La question de Dieu
— Point de départ anthropologique
— Elaboration philosophique de la question de Dieu : la voie de l’anthropologie culturelle et de l’histoire de l’art
— La question de Dieu et la question de la religion
— La contre-épreuve du bouddhisme
— Transition : le problème de la distinction émique/étique au sein de l’Université
• Quel projet théologique possible dans ces conditions ?
— Une théologie normative en débat avec les autres types de normativité présents dans l’Académie
— De Dieu comme point de départ à la croyance humaine comme point d’arrivée : une vision normative inaboutie
— La forme vide du croire et le choc avec Dieu