Recherches économiques de Louvain 2002/3
Recherches économiques de Louvain
2002/3 (Vol. 68)
120 pages
Editeur
I.S.B.N. 2804139050
DOI 10.3917/rel.683.0335
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Recherches économiques de Louvain 2002/3 (Vol. 68) 45 €

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Vous consultezLes politiques de transferts sont-elles favorables à la croissance des économies 

Auteurs Yves Croissant du même auteur

[1] [1] Adresse : CERESUR, Université de la Réunion, Faculté...
suite
CERESUR (Université de La Réunion)

lippe Jean-Pierre du même auteur

[1]CERESUR (Université de La Réunion)

De nombreuses politiques de développement s'appuient sur l'envoi de transferts financiers non sousmis à une contrainte de remboursement. Ces derniers sont destinés le plus souvent à soutenir les composantes de la demande ou à faciliter l'accumulation des facteurs favorables à la croissance des économies bénéficiaires. Ces objectifs sont ainsi clairement présents au sein de la politique régionale mise en place par exemple par l'Union européenne. Pour cette dernière, ces sommes délivrées aux régions les plus démunies de l'Union ne doivent pas être considérées comme de simples transferts de revenus mais, au contraire, comme des investissements permettant aux économies en difficulté de renforcer leur structure économique.

2 Plusieurs faits nous amènent, néanmoins, à nous interroger sur l'impact de ces transferts sans contrepartie. Cette interrogation est, tout d'abord, legitimée par le montant non négligeable de ces transferts et le fait que leur impact semble dépendre du pays receveur.

3 Cette impression est, ensuite, appuyée par plusieurs travaux empiriques récents. Tel est le cas de l'analyse de Yano et Nugent (1999) qui soulignent l'effet ambigu des transferts. En effet, ces auteurs estiment pour chaque pays d'un échantillon de 44 économies aidées, l'impact des aides reçues par le pays et de plusieurs autres variables de contrôle[2] [2] Parmi ces variables de contrôle on peut distinguer : les...
suite
sur le taux de croissance de son PIB. Ce faisant, Yano et Nugent (1999) constatent que les aides ou transferts reçus par les pays ont un effet négatif sur la croissance du PIB de 20 de ces pays et un impact positif sur la croissance du PIB des 24 autres économies. Ce résultat, cohérent avec celui de Mosley, Hudson et Horrel (1987), souligne ainsi le caractère non uniforme de l'effet des aides sur la croissance des économies bénéficiaires. De même, Burnside et Dollar (2000) confirment cette impression. En effet, cet impact peut varier selon les pays et en fonction de plusieurs paramètres caractérisant ces économies (tels que la politique économique suivie par ces dernières). Une telle inquiétude sur l'effet des transferts est également présente au niveau européen si l'on observe la diversité des dynamiques de croissance des économies régionales recevant ces aides (cf. CCE (1997))[3] [3] Un tel scepticisme sur l'effet à long terme des transferts...
suite
. De nombreux travaux (cf. Alogoskoufis (1995), Boltho, Carlin et Scaramozzino (1996)) et Martin (1997)) considèrent, en outre, que ces politiques entrainent des distorsions pouvant altérer la répartition géographique des activités, la croissance et finalement le processus de convergence régionale en Europe.

4 Ce scepticisme, au sujet de l'impact des transferts sans contrepartie sur la dynamique des économies, n'est pas nouveau. Il fait échos à l'ambiguïté présente au sein de la littérature théorique et au fameux paradoxe des transferts[4] [4] En fait la littérature moderne sur le paradoxe des transferts...
suite
. A priori, un transfert financier, en étant source d'un effet revenu et en n'imposant aucune contrainte de remboursement, ne pourrait être que favorable à l'économie bénéficiaire. Cette intuition optimiste a toutefois été mise à mal par la théorie. En effet, depuis le débat entre Ohlin (1929) et Keynes (1929) au sujet des conséquences des réparations de guerre allemandes, les transferts financiers sont suspectés d'avoir des impacts défavorables sur les termes de l'échange, sur le revenu réel et sur le bien être de l'économie bénéficiaire. Ce résultat a notamment été mis en évidence dans des modèles d'économies ouvertes empruntant les cadres statiques de la théorie des transferts, des modèles d'économie dépendante ou des approches en termes de syndrôme néerlandais[5] [5] cf. notamment : Eaton (1990) et Turnovsky et Sen (1995)...
suite
. Ce faisant, les afflux de capitaux peuvent être à l'origine d'une croissance appauvrissante en détériorant les termes de l'échange de l'économie recevant les capitaux (cf. Bhagwati (1958)). Un tel résultat peut également apparaître à la suite des nombreuses distorsions engendrées par l'arrivée des transferts. Ces derniers, en étant à l'origine de distorsions au niveau des prix relatifs internes de l'économie bénéficiaire, peuvent générer un effet à la Rybczynski ou se combiner à d'autres distorsions pré-existantes dans l'économie (telles que les imperfections de marchés, les protections tarifaires...) (cf. Brecher et Bhagwati (1982)). Ces effets défavorables des transferts sans contrepartie peuvent, en outre, susciter des comportements de recherche de rentes de la part des agents qui sont alors incités à allouer leurs talents vers des activités lucratives au niveau individuel mais peu productives pour l'économie (cf. Krueger (1974) et Bhagwati (1982)). Enfin, la théorie des transferts a également contribué non seulement à une meilleure compréhension des mécanismes de la crise financière qu'ont connue les pays endettés mais aussi des problèmes d'endettement.

5 Toutefois, parmi ces contributions, rares sont celles qui ont essayé de prendre en considération les impacts des transferts non soumis à remboursement sur la dynamique de long terme des économies[6] [6] Certes, des modèles, utilisant des approches intertemporelles,...
suite
. De plus, ces différents travaux se sont toujours insérés dans un cadre d'économie ouverte opposant un secteur des biens échangeables à un secteur des biens non transigés. Enfin, au sein de cette littérature, aucun mécanisme, s'appuyant sur une modification du comportement des agents liée à la modification de leur niveau de vie, n'a été envisagé. Or, l'arrivée de transferts sans contrepartie n'est pas sans conséquence sur le niveau de richesse des agents et par conséquent sur leur comportement d'épargne et leurs habitudes de consommation.

6 Ces limites liées à cette réflexion sur l'impact des transferts motivent l'objet de notre modèle : étudier les conséquences d'une politique de transferts sans contrepartie sur le comportement d'accumulation des agents et sur la dynamique de long terme d'une économie aidée. Dans cette optique, ce papier emprunte une voie différente des approches traditionnelles précédemment citées puisqu'il utilise un cadre d'économie fermée et fait donc abstraction des problèmes de termes de l'échange et des interactions entre secteurs échangeables et non échangeables.

7 Plus précisément le modèle sur lequel va s'appuyer notre réflexion est un modèle de croissance endogène, dont le moteur est comme chez Lucas (1988) l'accumulation de capital humain, et où sont rendus endogènes le choix du niveau d'éducation et celui du niveau d'habitude de consommation des agents. Par ailleurs, ce modèle est un modèle à à générations imbriquées. Cet instrument[7] [7] Voir Blanchard et Fischer (1989) et Michel (1993) pour une...
suite
possède plusieurs avantages pour notre problématique. En effet, le modèle à générations imbriquées offre un cadre intéressant pour analyser le comportement d'épargne des agents au cours de leur cycle de vie. En outre, le modèle à générations imbriquées est l'outil adapté pour l'étude du rôle des externalités inter-générationnelles. Dans cette perspective, une approche intéressante est celle de de Lacroix (2000) puisque ces dernières prennent deux formes. En effet, les enfants héritent à la fois du stock de capital humain de leurs parents, mais également de leurs habitudes de consommation. Toutefois, le modèle présenté ci-dessous se différencie du cadre de de Lacroix (2000) sur les deux points suivants : d'une part, un transfert sans contrepartie, dont le taux est exogène, vient enrichir les agents à l'âge adulte[8] [8] Ainsi, à l'inverse du cadre de de Lacroix (2000), les agents...
suite
 ; d'autre part, l'investissement en capital humain étant une activité qui demande du temps, le loisir est utilisé comme argument de la fonction d'utilité, ce qui conduit l'agent jeune à arbitrer entre le temps de loisir et le temps consacré à l'investissement en capital humain[9] [9] Cf. Les modèles de Glomm et Ravikumar (1992) et de Buiter...
suite
.

8 L'organisation de ce papier est la suivante. La première section présente le modèle et le comportement des agents. La seconde étudie l'équilibre général statique de l'économie ainsi que la dynamique du modèle. La troisième section détaille la calibrage du modèle. La quatrième section présente les résultats des simulations étudiant l'impact des transferts sur la croissance de l'économie. Enfin, la quatrième conclut ce travail.

Présentation du modèle

9 Le modèle se fonde sur une structure à générations imbriquées où les agents vivent trois périodes. La première est consacrée à l'éducation. Pendant cette première phase de leur vie, les agents peuvent également consommer du loisir. La seconde période est entièrement consacrée au travail salarié, à la consommation et à l'épargne et la troisième est une période de retraite durant laquelle l'agent consomme son épargne accumulée. Avant de décrire le comportement des agents, le processus d'accumulation de capital humain est analysé.

Le processus d'accumulation de capital humain

10 Le capital humain est devenu un des facteurs clés employé par de nombreux modèles étudiant les mécanismes de la croissance (cf. Uzawa (1965) et Lucas (1988)). Plusieurs types de processus d'accumulation ont été proposés. Celui utilisé dans cet article s'inspire de la fonction employée par Azariadis et Drazen (1990) et d'Autume et Michel (1994), où le coût de l'investissement dans l'éducation peut être assimilé à une dépense de biens. Mais, contrairement à ces auteurs, il est supposé que l'agent peut allouer une partie de son temps à la consommation de loisir.

11 Ainsi, supposons que lt-1 et zt-1 sont les quantités de temps que l'agent, né en t-1 alloue respectivement au loisir et à l'éducation en période t-1. Après avoir normalisé le temps total disponible à 1, nous avons :


12 Le processus d'accumulation de capital humain, permettant à l'agent de disposer à l'âge adulte d'un stock, ht, est donné par la technologie suivante :


13 où,
ht-1, est le nombre d'unités de capital humain que l'individu hérite de ses parents. Comme chez Azariadis et Drazen (1990) et Buiter et Kletzer (1991), on suppose que le niveau de capital humain des parents exerce une externalité positive sur l'éducation des jeunes.
qt, est le nombre d'unités d'éducation acquis par l'agent jeune. qt peut être en réalité considéré comme la résultante d'une interaction entre deux composantes :
et, qui mesure l'investissement monétaire de l'individu en éducation. Il s'agit d'un nombre d'unités de bien achetées à la période t-1, et qui permettront au consommateur d'accroître son stock de capital humain à la période t.
et zt-1, le temps que l'agent alloue à l'éducation. Autrement dit, qt peut être défini comme suit :


14 Le fait que la production de capital humain (cf. (2)) est réalisée à rendements constants est la source de la croissance endogène. En outre, s'agissant d'un modèle de croissance endogène, le taux de croissance des différentes variables et en particulier celui de la dépense d'éducation sont constants à l'état stationnaire. En revanche, le temps consacré à l'éducation doit être nécessairement constant en niveau. La technologie de production de capital humain retenue doit prendre en considération ce fait.

15 Une fonction simple permettant d'arriver à ce résultat est la fonction à facteurs complémentaires suivante :


16 La forme de la fonction φ permet alors d'écrire :


qui est bien constant en niveau à l'état stationnaire.

17 L'équation (3) permet de réécrire la fonction de production de capital humain comme suit :


18 En supposant que l'individu adulte vende de manière inélastique, à la période t, ht unités de travail efficace au salaire wt et qu'il rembourse la dette contractée durant sa jeunesse pour financer son éducation, le revenu net, Rt, de l'agent est :


19 rt est le taux d'intérêt réel.

20 Du fait de la décroissance de la productivité marginale de et dans le processus de production du capital humain, il existe un niveau d'investissement T qui maximise le revenu de l'agent :


21 Ainsi,


peut être également vu comme le niveau potentiel de dépenses en éducation que peut réaliser l'agent. Toutefois, du fait de la préférence de l'agent pour le loisir, le niveau effectif de dépense, et, ne sera seulement qu'une part, εt de l'effort potentiel


. Ainsi,


22 Cette part εt peut être également vue comme un indicateur de l'intensité d'effort en éducation.

23 Finalement, l'équation (7) nous permet de réécrire le revenu de l'agent et sa dérivée par rapport à εt comme suit :


24


représentent respectivement la dépense réelle et potentielle en éducation par unité de capital humain hérité.

25 En notant


un indice de prix des facteurs et en utilisant (6), on obtient les expressions suivantes :


26 Le temps de loisir peut enfin s'écrire sous la forme :


Les ménages

27 Les agents vivent trois périodes. À chaque période un bien est produit. Ce dernier peut être soit dépensé en éducation, soit consommé, soit stocké pour les générations futures sous forme de capital physique.

28 L'individu jeune, né à la date t-1, a le choix entre consommer du loisir et accumuler du capital humain selon la technologie décrite ci-dessus.

29 En outre, les jeunes héritent de leurs parents d'un certain nombre d'aspirations que l'on suppose basées sur le niveau de vie atteint par les adultes de la génération précédente. Cette hypothèse, posée par de Lacroix (1996a), permet de décrire le fait que les enfants s'habituent à vivre à un certain niveau de vie lorsqu'ils vivent chez leurs parents et qu'ils espèrent atteindre au moins ce niveau de vie[10] [10] Cette idée rejoint celle de Becker (1992) qui avait noté...
suite
. En d'autres termes, les générations deviennent de plus en plus exigeantes au fur et à mesure que se développe l'économie. Toutefois, la relation entre le niveau de satisfaction des agents et le niveau de développement n'est pas triviale. Comme de Lacroix (2000) le souligne, cette idée est cohérente avec les analyses empiriques d'Easterlin (1995) et avec la vision de Lucas (1988) :

30 « Le fait qu'un indien ait accès à un niveau de confort deux fois plus important que celui auquel avait accés son grand-père ne signifie pas pour autant que son niveau de satisfaction ait été accru d'autant car les normes de niveau vie se sont également élevées. »

31 Le leg d'aspirations est supposé être proportionnel à un niveau de consommation de référence :


32 où,


est le niveau de consommation qui représente le seuil de niveau de vie exigé par l'agent adulte et hérité de la génération précédente ;
γ-]0,1[ mesure l'intensité de cet héritage. Comme chez de Lacroix (1996a), on suppose que le taux de dépréciation des aspirations (autrement dit l'« oubli ») est suffisamment élevé pour que celui-ci ne puisse influencer les agents une fois qu'ils sont devenus âgés[11] [11] Pour de Lacroix (1996a) et de Lacroix (2000) cette hypothèse...
suite
.
at=ct-1, i-e le niveau de vie est représenté par le niveau de consommation des adultes de la génération précédente.

33 Par ailleurs, le revenu net de l'agent est accru par un transfert. On suppose, en effet, que l'économie étudiée est en cours de développement et qu'elle bénéficie d'un programme d'aides qui lui permet de recevoir des transferts en provenance d'économies plus riches (cf. par exemple le cas de la politique régionale européenne). Comme on l'a observé ci-dessus, notre propos n'est pas de discuter de la forme des transferts mais uniquement des conséquences de leur arrivée sur la dynamique de l'économie. C'est pourquoi, on adopte l'hypothèse d'un transfert forfaitaire, dont le montant par tête, gt, vient accroître le revenu de l'individu adulte.

34 Au total, la contrainte budgétaire de l'adulte à la date t s'écrit :


35 La génération « âgée » dépense à la date t+1 tout son revenu provenant de l'épargne réalisée à la période précédente pour consommer


tel que :


36


est le taux d'intérêt réel.

37 En consolidant les contraintes budgétaires de chaque génération, on obtient la contrainte budgétaire intertemporelle suivante :


38 Les agents sont, par ailleurs, caractérisés par une fonction d'utilité intertemporelle ayant la forme d'une fonction d'utilité à seuil de type ``Stone-Geary" :


.

39 En utilisant les équations (10) et (11), cette fonction d'utilité peut se réécrire :


40 Étant donné ces hypothèses, l'agent adulte fait donc face au problème d'optimisation suivant :


41 La résolution de ce problème conduit aux fonctions de demande suivantes :



42 En outre, le niveau de loisir optimal doit vérifier la relation suivante :


43 On remarque que le taux d'intérêt de la période t+1 n'influence pas l'épargne à la période t. Ceci est dû à la forme spécifique de la fonction d'utilité (cf. Michel (1993) et de Lacroix (1996a)) mais également à l'hypothèse faite sur l'absence de niveau de vie seuil pour la génération « âgée ». L'équation (17) nous montre également que les aspirations de l'agent exercent un impact négatif sur son épargne.

Les firmes

44 La production est réalisée selon une technologie Cobb-Douglas à rendements d'échelle constants :


nt, kt et yt représentent les quantités respectives de travail, de capital et de produit.

45 Le capital physique est totalement déprécié après une période. Étant donnée l'hypothèse de rendements d'échelle constants, l'offre de l'entreprise est indéterminée et seules les fonctions de demandes conditionnelles de facteurs de la firme peuvent être calculées. Pour cela, on résoud le programme de minimisation du coût suivant :


46 La résolution du programme conduit aux fonctions de demandes conditionnelles suivantes :


47 La maximisation du profit en concurrence pure et parfaite et avec des rendements constants implique une distribution totale du produit entre les deux facteurs :


48 En outre, en utilisant les équations (21), (22) et (23), on obtient l'indice de prix des facteurs :


Équilibre général et dynamique de l'économie

49 Cette section permet d'écrire les relations d'équilibre sur les marchés. Ces dernières permettront de déduire les expressions des prix des facteurs et, par conséquent, de nouvelles expressions du revenu et de l'épargne, utiles pour l'étude de la dynamique de l'économie.

Équilibre général statique de l'économie

50 Sur les marchés financiers, la condition d'équilibre implique que l'épargne de la génération précédente doit financer l'accumulation de capital physique et l'éducation des jeunes, soit :


51 L'équilibre sur le marché du travail entraîne par ailleurs,


52 De plus, l'équilibre sur le marché des biens et services conduit à l'équation suivante :


53 Enfin, les contraintes budgétaires des agents sont respectivement pour :

54


55

56 En sommant les relations d'équilibre avec les contraintes budgétaires on obtient alors,


57 La réécriture de cette dernière équation permet finalement de vérifier la loi de Walras :


La dynamique de l'économie

58 La dynamique de l'économie est gouvernée par deux équations.
la première correspond à l'équilibre épargne-investissement, elle est déduite des équations (17) et (25).


59
la seconde résulte du fait que les habitudes de consommation d'une génération sont liées à la consommation effective de la génération précédente. Elle est obtenue en utilisant l'équation (16) et l'égalité


60


61

62 Ces relations, ainsi que l'équation (18), peuvent être exprimées, dans un premier temps, en fonction du niveau de production yt. En effet, on remarque que les équations (22) et (26) impliquent :


ce qui conduit, grâce aux équations (6) et (4), à l'expression de l'équation définissant le niveau de la production :


63 À partir des équations (24), (8) et (9), on obtient :


64 Soit finalement :


65 Au total, l'utilisation des notations suivantes :


qui représentent respectivement, l'investissement en capital humain, le niveau de production et le niveau des habitudes de consommation normalisés par le stock de capital humain.


qui représente l'intensité de l'effort en termes de dépenses en éducation, défini comme le rapport entre l'investissement effectif et celui qui maximise le revenu salarial.


On suppose, ici, que le transfert versé à l'économie est proportionnel à la production réalisée.

66 Ainsi, que les equations (31), (32) et (33) permettent de reformuler la dynamique de l'économie comme suit. À la date initiale, l'économie est supposée être caractérisée par une dépense en éducation par unité de capital humain effective, e0, et par un niveau d'aspirations par unité de capital humain effective, a0. La dynamique de l'économie est alors caractérisée par une séquence


, vérifiant à chaque date t≥ 0 le système d'équations suivant :


67


et εt sont les solutions de l'équation statique (18) que l'on peut réécrire de la manière suivante :


68 À partir de ce système d'équations, nous pouvons mettre en évidence trois types d'effets des transferts sur la croissance :

69 Un effet de richesse favorable à la croissance : les transferts permettent en effet d'augmenter le revenu des agents et par conséquent leur capacité d'épargne. Cela a pour effet de réduire le taux d'intérêt et donc d'augmenter le niveau de dépense potentiel en éducation de leur descendant ainsi que l'investissement en capital humain. Cet effet a lieu directement via l'impact de g sur


70 Un effet d'habitude : en accroissant les ressources de l'agent, les transferts augmentent également son niveau de consommation et, en conséquence, le niveau d'aspiration de la génération suivante, du fait de l'externalité inter-générationnelle en termes d'habitudes. Or, le niveau d'aspiration influence négativement les dépenses d'éducation (cf. l'impact de


) de la future génération. Contrairement au précédent impact, ce second effet négatif est indirect puisque les transferts agissent d'abord sur le niveau d'aspiration (cf. l'équation (35)).

71 Un effet désincitatif affectant les dépenses d'éducation : l'accroissement de sa richesse par le transfert conduit l'agent à augmenter également sa consommation de loisir et, donc, à diminuer la quantité de temps qu'il alloue à l'éducation. Ceci a pour conséquence d'entraîner une baisse des dépenses de l'agent en éducation étant donné la complémentarité entre le temps passé à s'instruire et les dépenses en éducation. Il en résulte finalement une diminution du ratio d'effort, εt. L'ampleur de cet effet désincitatif dépendra de l'importance de la préférence de l'agent pour le loisir.

72 L'observation de ces trois types d'effets souligne l'ambiguïté de l'impact final des transferts sur la croissance. Ce dernier dépend effectivement de la capacité de l'effet bénéfique de richesse à dominer les effets négatifs de richesse liés aux aspirations et à la désincitation à l'effort en éducation. Il est donc nécessaire de prolonger cette analyse en essayant de comparer l'ampleur des différents effets qui ont été décrits ci-dessus. Cependant, la complexité du système formé par les équations (34), (35) et (36) ne permet pas d'opérer une caractérisation, par une voie analytique, de la réponse de l'économie aux transferts. C'est pourquoi, afin d'atteindre cet objectif, il est procédé à une analyse numérique qui requiert au préalable d'étalonner le modèle.

Le calibrage du modèle

73 Afin d'étalonner le modèle, des valeurs réalistes doivent être déterminées pour une situation de référence sans transfert, pour α, la part des profit dans le produit, 1+r, le taux d'intérêt, ρ, le taux de croissance de la production,


, la part de l'épargne dans le produit et


, la part des dépenses d'éducation dans le produit.

74 Ces cinq valeurs ou cinq moments reposent en fait sur le choix de sept paramètres :


. Les valeurs habituellement rencontrées dans la littérature conduisent, pour une économie à l'état stationnaire, à un taux d'intérêt annuel de 6 % et à un taux de croissance de la production de 2 %. Ce faisant, en supposant que la durée d'une génération est de 25 ans, on obtient un taux de croissance par génération de ρ=1.64 et un taux d'intérêt de 1+r=4.29. Par ailleurs, la part des profits dans le produit retenue habituellement est : α=0.25. Enfin, on retient en général un taux d'épargne environ égal à 15 %.

75 Afin de calibrer le modèle, celui-ci doit être réécrit en fonction de ces moments, à l'état stationnaire. À cet effet, nous introduirons une nouvelle notation :


représente la part de z dans le produit de l'économie.

76 Avec cette nouvelle notation, l'équilibre du marché financier (25) s'écrit :


77 On constate que les cinq moments ne sont pas indépendants. En effet, ~ e est ici déterminé par la part des profits dans le produit, le taux d'intérêt et le taux d'épargne.

78 La valeur de y à l'état stationnaire s'écrit, en utilisant les équations (23), (24) et (26) :


79 De plus, on a :


80 Le revenu des consommateurs, donné par l'équation (5) peut se réécrire :


81 De plus, l'équation de consommation (16) permet d'obtenir l'habitude de consommation à l'état stationnaire :


82 On obtient alors, avec l'équation (17) le taux d'épargne de l'économie :


83 Par ailleurs les équations (18) et (33) entraînent :


ou encore, en utilisant la relation (40) :


84 Enfin, d'après les équations (4) et (31), le taux de croissance de l'économie est :


85 La procédure de calibrage peut être alors résumée de la manière suivante :
– On fixe les valeurs des paramètres suivants : ρ=1.64, 1+r=4.29, α=0.25 et


.
Les équations (37), (38), (39) et (40) permettent de déterminer respectivement les valeurs



L'équation (42) définit une relation entre γ et θl que l'on peut écrire :



De même, l'équation (43) définit une relation entre β et θl :


où X est un paramètre d'échelle mesurant le partage du temps entre loisir et éducation. La valeur retenue est alors telle que, à l'état stationnaire de référence, l'agent partage également son temps entre ces deux activités.
Enfin, l'équation (44) permet de déterminer φ.

86 Le calibrage, tel qu'il a été défini, est donc caractérisé par deux degrés de liberté, correspondant au choix de deux combinaisons (θ,γ) et (θl,β) compatibles avec un état stationnaire jugé réaliste en ce qui concerne les valeurs prises par le taux d'intérêt, le taux de croissance, la part des profits et la part de l'épargne. On peut également noter qu'avec la procédure de calibrage utilisée, X, e et a sont indépendants des combinaisons choisies.

87 En fait, le choix d'une combinaison (θ,γ) s'avère important pour caractériser la dynamique de l'économie. de Lacroix (1996a) a montré, en effet, que pour des valeurs suffisamment élevées de γ, qui mesure l'intensité des habitudes de consommations, l'état stationnaire pouvait être caractérisé par des oscillations. Afin d'illustrer ce propos, deux combinaisons ont été retenues : la première (θ=0.74,γ=0.11) correspond à de faibles habitudes de consommation ; la seconde (θ=0.60,γ=0.83) suppose de fortes habitudes de consommation.

88 De même, le choix d'une combinaison (θl,β) est important pour analyser l'effet du versement d'un transfert forfaitaire à l'économie. En effet, nous nous attendons à ce que, en cas de forte préférence pour le loisir, le transfert ait un effet désincitatif fort sur l'investissement en capital humain. Nous avons retenu une valeur de θl=0.10 et nous ferons varier ultérieurement ce paramètre afin d'analyser l'influence de la préférence pour le loisir sur la dynamique d'une économie recevant des transferts.

89


90

Analyse numérique de l'impact des transferts

91 L'analyse numérique du modèle, qui est maintenant conduite, consiste à obtenir un vecteur ( et, att) pour chaque période.

92 Dans ce but, on choisit des valeurs initiales de e0 et a0, puis on résoud à chaque période le système composé par les deux équations dynamiques (34), (35) et par l'équation statique (36) qui permet de déterminer ε.

93 Néanmoins, afin de mieux apprécier l'impact des transferts, il convient dans un premier temps de présenter un cadre de référence sans transfert puis dans un second temps d'étudier les effets engendrés par l'arrivée des transferts.

94


95

Un cadre de référence : une économie sans transfert

96 L'économie considérée, formant le cadre de référence, est supposée ne pas recevoir de transferts. Le diagramme des phases de cette économie a été analysé en détail par de Lacroix (1996b) et de Lacroix (2000). Il est représenté ici pour les deux combinaisons (θ,γ) retenues : (0.74,0.11) et (0.60,0.83). Dans les deux cas, les deux courbes (34) et (35) ont deux points d'intersection. Toutefois, celui correspondant à la valeur la plus faible de e est instable tandis que celui associé à la valeur la plus élevée est stable.

97 Dans le premier cas, (θ=0.74 et γ=0.11), l'effet d'habitude est faible et la convergence vers l'état stationnaire est directe (cf. figure (1)). En revanche, dans le second cas, (θ=0.60 et γ=0.83), la trajectoire est oscillante du fait de l'importance de l'effet d'habitude (cf. figure (2)).

98


99

100 Dans la suite de cette analyse, la valeur θ=0.60 sera prise comme cas de référence. Dès lors, la dynamique de l'économie sans transfert, peut être caractérisée en fonction de γ de la manière suivante :
– Pour γ<0.242438, la convergence vers l'état stationnaire est directe.
Pour 0.242438<γ<1.05239, l'économie converge vers l'état stationnaire en oscillant.
Pour 1.05239<γ<1.055739, l'économie converge vers l'état stationnaire sans oscillations.
Pour γ=1.055739, il apparaît une ``Saddle-node" bifurcation[12] [12] Voir par exemple Azariadis (1993), pp. 92-95. ...
suite
. Plus précisément, les deux états stationnaires fusionnent et disparaissent au-delà de cette valeur.

101 Finalement, la valeur de γ (γ=0.83), proposée dans la procédure de calibrage réalisée ci-dessus lorsque θ=0.60, ne remet pas en cause la convergence de l'économie vers son état stationnaire. En outre, cette convergence s'opère avec des oscillations.

102 Ces précisions étant apportées, il est maintenant possible d'évaluer l'impact des transferts.

L'impact des transferts

103 L'impact des transferts sur la dynamique de l'économie peut d'abord être appréhendé en observant l'évolution du taux de croissance de long terme de cette économie en fonction du taux de transferts qui lui est associé. La figure (3) illustre cette influence. Plus précisément, cette figure présente l'évolution du taux de croissance de long terme correspondant à différentes valeurs de θl, l'élasticité associée au loisir.

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106 Ainsi, lorsque le loisir n'est pas un argument de la fonction d'utilité (θl=0), le taux de croissance de long terme est une fonction monotone et croissante du taux de transfert. En revanche, dès que l'on introduit le loisir dans la fonction d'utilité (θl>0), l'impact monotone et positif du transfert sur le taux de croissance de long terme n'est plus vérifié. En fait, au delà d'un certain taux de transfert, dont la valeur dépend du degré de préférence de l'agent pour le loisir, le transfert a un effet négatif sur le taux de croissance de long terme. Ce faisant, lorsqu'on associe au paramètre θl, la valeur (θl=0.10) déterminée lors du calibrage pour le cadre de référence, le taux de transfert correspondant aux taux de croissance maximum est d'environ 30 %. Ces résultats appuient l'idée que les effets favorables (de revenu ou de richesse) des transferts sur la croissance d'une économie peuvent être compensés par des effets défavorables (d'habitude...). Il existerait donc un niveau optimal de transferts.

107 Mais le transfert n'influence pas seulement l'état stationnaire de l'économie. Il peut également modifier les caractéristiques de sa dynamique de transition. Ce phénomène peut être mis en évidence par la figure (4). Celle-ci représente plusieurs dynamiques des dépenses d'éducation correspondant à plusieurs taux de transferts.

108 On constate, d'après cette figure (4) que l'une des implications des transferts est de réduire, voire d'annuler, les oscillations présentes dans la dynamique de transition de l'économie. Ce résultat est en fait cohérent avec celui avancé par certains auteurs[13] [13] Cf. Fatas (1998). ...
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, pour lesquels les transferts peuvent jouer un rôle de stabilisateur (en limitant notamment la sévérité des récessions) au sein par exemple d'une économie fédérale. En offrant cette protection, les transferts semblent donc favorables aux économies en difficulté.

109 Ce résultat tient au fait que la valeur maximale du paramètre d'habitude γ compatible avec la stabilité de l'équilibre, s'élève avec la présence de transferts. La figure (5), représentant l'évolution de la valeur seuil en fonction du taux de transferts, illustre ce mécanisme. En d'autres termes, la présence de transferts diminue la capacité des effets d'habitude à générer de l'instabilité dans la dynamique de croissance de l'économie.

Conclusion

110 L'objectif de cet article était d'étudier les effets d'une politique de transferts sur la croissance d'une économie. En effet de nombreuses politiques de développement, internationales, nationales ou régionales s'appuient sur l'envoi d'aides publiques ne faisant pas l'objet de remboursement. Si ces aides visent à soutenir la demande ou à renforcer les structures de l'offre, plusieurs interrogations persistent néanmoins sur l'impact de ces aides sur la croissance des économies aidées.

111 Afin d'atteindre cet objectif, ce papier à emprunté une voie différente de celle utilisée traditionnellement dans la littérature étudiant les effets paradoxaux des transferts via un cadre d'économie ouverte, des interactions entre secteurs des biens échangeables et non échangeables et des problèmes de termes de l'échange. Au contraire, pour analyser les effets ambigus des transferts, le modèle présenté dans cet article s'est appuyé sur un cadre d'économie fermée monosectorielle mue par un moteur de croissance endogène. Plus précisément, l'influence des transferts a été appréhendée par l'intermédiaire de trois effets :
un effet de richesse bénéfique à la croissance,
un effet d'habitude défavorable à la croissance via l'augmentation du niveau de vie des agents et de leurs exigences,
un effet désincitatif en termes de dépenses en éducation, défavorable à la croissance et lié à la préférence des agents jeunes pour le loisir.

112 Les résultats des simulations montrent que les transferts peuvent être favorables à la dynamique de l'économie en lui permettant d'accélérer sa croissance et de réduire les risques de fluctuations. Toutefois, cette efficacité n'est pas inconditionnelle. Les transferts induisent en effet chez les agents des comportements, en matière d'aspirations ou d'effort en termes d'accumulation, qui peuvent se révéler préjudiciables à la croissance de l'économie. Dès lors, cette dernière peut souffrir d'un taux de transferts trop élevé.

113 Par ailleurs, l'efficacité de la politique de transferts dépend de la manière avec laquelle ces derniers sont supposés évolués. En effet, supposons que l'objectif d'une telle politique est d'accélérer le rattrapage d'une économie vers la moyenne d'un ensemble plus développé. Dans ce cas, toute politique de transferts qui poseraient ces derniers comme une fonction décroissante de l'écart entre les niveaux de développement pourrait s'avérer décevante étant donné que pour des économies mues par une dynamique de croissance endogène, seul un rattrapage en taux de croissance peut être espérée.

114 Quoi qu'il en soit, les résultats issus de cet article restent cohérents avec ceux obtenus par d'autres auteurs (cf. Lane et Tornell (1998), Baland et François (2000) et Burnside et Dollar (2000)) qui montrent que l'arrivée des aides étrangères n'est pas toujours synonyme de décollage et de croissance pour le pays bénéficiaire. Les expériences de nombreux pays en développement ou de plusieurs régions européennes peuvent également conforter cette analyse.

115 À ce propos, un prolongement important de ce travail pourrait être réalisé, sur un plan théorique, par l'approfondissement des causes justifiant le rôle pervers des transferts. Outre les effets d'habitudes, d'autres origines pourraient être ainsi recherchées dans les comportements d'appropriation et de recherche de rente. Enfin, en s'inspirant du cadre de Burnside et Dollar (2000), une analyse empirique des conséquences de l'interaction entre l'effet des habitudes et l'arrivée des transferts sur la croissance pourrait être entreprise.

Bibliographie

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Notes

[ 1] Adresse : CERESUR, Université de la Réunion, Faculté de Droit et de Sciences Économiques, 15, Avenue René Cassin, BP 7151, 97715 Saint-Denis Messageries Cedex 9. E-Mail Address : pjp@univ-reunion.fr.
Nous remercions les deux rapporteurs anonymes pour les conseils qu'ils nous ont procurés. Naturellement, les erreurs qui demeurent sont nôtres.Retour

[ 2] Parmi ces variables de contrôle on peut distinguer : les termes de l'échange, le taux de change, le taux d'inflation et un ensemble de variables dummy représentant des évênements naturels ou politiques.Retour

[ 3] Un tel scepticisme sur l'effet à long terme des transferts a pu ainsi être décelée pour les régions italiennes du Mezzogiorno où les transferts sont suspectés de maintenir un modèle de dépendance régionale et de favoriser des comportements de chercheur de rente (cf. Boltho, Carlin et Scaramozzino (1996)).Retour

[ 4] En fait la littérature moderne sur le paradoxe des transferts prend ses origines dans les travaux de Samuelson (1952) qui démontra que ce paradoxe avait peu de chance d'apparaître. Mais cette vision fut ensuite remise en cause par Gale (1974), Chilchilnisky (1980), Bhagwati, Brecher et Tatsuo (1983), Diaz-Alejandro (1984), Jones (1985) et Schwarz (1986). Ainsi, outre le premier fardeau lié à l'obligation de remboursement, les transferts peuvent générer un second fardeau lié à la détérioration des termes de l'échange.Retour

[ 5] cf. notamment : Eaton (1990) et Turnovsky et Sen (1995) pour des revues de la littérature sur la problématique des transferts.Retour

[ 6] Certes, des modèles, utilisant des approches intertemporelles, ont étudié l'impact des mouvements internationaux de capitaux sur la croissance des économies (cf. Berthélemy (1986)). Mais les mouvements de capitaux, envisagés par ces modèles, sont soumis à des contraintes de remboursement et diffèrent donc des transferts sans contrepartie analysés dans cet article.Retour

[ 7] Voir Blanchard et Fischer (1989) et Michel (1993) pour une présentation de ces modèles.Retour

[ 8] Ainsi, à l'inverse du cadre de de Lacroix (2000), les agents n'ont pas à financer des taxes prélevées pour les dépenses d'éducation mais, ils reçoivent des transferts.Retour

[ 9] Cf. Les modèles de Glomm et Ravikumar (1992) et de Buiter et Kletzer (1991) pour une prise en compte de cet arbitrage de l'agent jeune entre le loisir et l'éducation.Retour

[ 10] Cette idée rejoint celle de Becker (1992) qui avait noté que « les habitudes acquises durant l'enfance continuaient généralement à influencer le comportement même lorsque l'environnement économique change radicalement ».Retour

[ 11] Pour de Lacroix (1996a) et de Lacroix (2000) cette hypothèse peut être également justifiée par des études empiriques (cf. Clark, Oswald et Warr (1994)) qui montrent que l'importance des exigences tend à se réduire à partir de l'âge de 30 ans.Retour

[ 12] Voir par exemple Azariadis (1993), pp.92-95.Retour

[ 13] Cf. Fatas (1998).Retour

PLAN DE L'ARTICLE


POUR CITER CET ARTICLE

Yves Croissant et Philippe Jean-Pierre « Les politiques de transferts sont-elles favorables à la croissance des économies  », Recherches économiques de Louvain 3/2002 (Vol. 68), p. 335-358.
URL :
www.cairn.info/revue-recherches-economiques-de-louvain-2002-3-page-335.htm.
DOI : 10.3917/rel.683.0335.