2001
Reflets et perspectives de la vie économique
De quel côté du marché du travail prélever les impôts ?
Nouveaux éléments théoriques
Pierre M. Picard
[*]
Eric Toulemonde
[*]
Depuis la récession des années 1974-75, le chômage est devenu un problème
majeur dans de nombreux pays européens. L’importance des coûts salariaux a
souvent été considérée comme une cause significative de chômage, en particulier
pour les travailleurs peu qualifiés. Dès lors, il peut s’avérer intéressant de modifier
les structures de taxation dans la mesure où celles-ci peuvent affecter les salaires
(voir par exemple les recommandations de la Commission Européenne dans son
Livre Blanc sur la croissance, la compétitivité et l’emploi, 1994). Cependant, de
telles réformes apparaissent difficiles à mettre en œuvre politiquement car elles
risquent de réduire les recettes fiscales des gouvernements. On peut donc se
demander s’il est possible de réaliser une réforme fiscale qui accroisse le niveau
d’emploi sans affecter le budget du gouvernement.
Toutefois cette question est souvent mise de côté par un résultat important de
l’économie publique : dans un marché compétitif, à base taxable identique, l’effet
d’une taxe sera le même quel que soit le côté du marché qui est taxé (Dalton
1954). En particulier, remplacer une taxe payée par les employeurs par une taxe
d’un même montant payée par les travailleurs n’aura aucun effet sur l’emploi
(Symons et Robertson 1990). En effet, pour garder les recettes fiscales inchangées, le gouvernement doit compenser toute diminution du taux de taxation côté
employeurs par une augmentation du taux de taxation côté travailleurs. Pour une
base taxable inchangée, la diminution du taux de taxation côté employeurs induit
une baisse du coût salarial et donc aussi une hausse de la demande de travail. En
revanche, l’augmentation du taux de taxation côté travailleurs génère une baisse
du salaire net, ce qui réduit l’offre de travail. Si la base taxable reste inchangée, il
existe donc une demande excédentaire de travail. Dans un modèle de marché du
travail compétitif, cette demande excédentaire pousse les salaires (la base taxable) à la hausse jusqu’à ce que les salaires nets et les coûts salariaux retrouvent leurs
niveaux initiaux. Dès lors, l’emploi n’est pas affecté. Certains modèles simples de
marchés du travail non compétitifs partagent cette propriété.
Ce résultat reste étonnant pour de nombreux commentateurs de la vie économique. Leur intuition est qu’une restructuration des taux de taxation côté travailleurs
et côté employeurs aura un effet sur les salaires nets et les coûts salariaux. De
plus, de nombreuses études empiriques confirment cette intuition qui va à l’encontre de la théorie économique (Calmfors 1990; Lockwood et Manning, 1993;
Holm et al., 1994; Tyrväinen 1995). Ce n’est que récemment que quelques économistes se sont intéressés à ce paradoxe. Holm et al. (1995), Rasmussen (1998) et Goerke (2000) démontrent que les taxes côté travailleurs et côté employeurs
peuvent ne pas être équivalentes dans des modèles de salaires d’efficience et/ou
de négociations salariales. Nos contributions (Picard et Toulemonde, 1999,2000) étendent ces résultats dans un cadre plus simple et plus unifié.
Dans cet article, nous proposons une version vulgarisée des principaux résultats du problème d’équivalence des taxes côté travailleurs et côté employeurs.
Nous présentons d’abord le cadre d’analyse le plus général du problème d’équivalence. Nous exposons ensuite les cas d’équivalence, puis les cas de non-équi-valence.
Nous supposons que tous les travailleurs sont homogènes. Chaque travailleur
reçoit un salaire de base w (appelé en général « salaire brut ») et paie un impôt
proportionnel à ce salaire, sw. Son salaire net est donc égal à wn=(1-s)w. Par
ailleurs, l’employeur paie une taxe proportionnelle au salaire de base, tw. Le coût
salarial, wc= (1+t)w, détermine le niveau d’emploi dans les firmes. Au plus le coût
salarial est élevé, au moins les firmes embauchent de travailleurs.
Le processus de formation des salaires met en relation le salaire de base et les
différents taux de taxation. On peut en effet s’attendre à ce que la variation d’un
taux de taxation affecte le salaire de base. Ainsi, toutes autres choses étant égales
par ailleurs, une hausse du taux de taxation côté employeurs (le taux t) va augmenter le coût du travail. Si le salaire de base w est déterminé par des négociations entre une firme et un syndicat, cette hausse du coût salarial incitera
probablement ces derniers à s’accorder sur un salaire de base plus faible que si
les taux de taxation étaient restés inchangés. Un tel accord permettrait en effet de
réduire la hausse du coût du travail, limitant ainsi les pertes d’emplois. De la même
façon, des variations du taux de taxation côté travailleurs influenceront aussi le
niveau du salaire de base. De manière générale on peut définir le processus de
formation des salaires comme
Nous envisageons les réformes fiscales neutres au niveau du budget. L’équilibre budgétaire du gouvernement met en relation le salaire de base et les différents taux de taxation. Ainsi, à budget constant, une augmentation du taux de
taxation sur le travailleur, s, doit s’accompagner d’une diminution de la taxe sur la
firme, t. De même, une augmentation du salaire de base devrait inciter le gouvernement à réduire au moins un taux de taxation pour garder le budget inchangé. De
manière générale,
Dans cette section, nous nous demandons si une réforme des taux de taxation, s et t, peut augmenter l’emploi – c’est-à-dire diminuer le coût salarial – tout en
respectant l’équilibre budgétaire (2) et la formation endogène des salaires (1).
Dans ce cadre général, le gouvernement considère trois variables (w, s, t) pour
deux contraintes. Il lui reste un degré de liberté pour satisfaire l’objectif d’emploi.
Néanmoins, il faut vérifier si ce degré de liberté existe réellement et a effectivement
un impact sur l’objectif d’emploi dans le cadre de modèles de marchés du travail
plus spécifiques.
Dans de nombreux cas, le processus de formation des salaires et l’équilibre budgétaire du gouvernement ne mettent en relation que les salaires nets (1-s)w et les
coûts salariaux (1+t)w. En effet, le budget du gouvernement est constitué des
recettes fiscales, du coût des allocations de chômage et de dépenses publiques
exogènes. Par travailleur, le gouvernement prélève la différence entre le coût salarial et le salaire net. Les recettes fiscales sont égales à cette différence multipliée
par le nombre de travailleurs. Comme ce nombre est seulement fonction du coût
salarial, les recettes fiscales dépendent uniquement du coût salarial et du salaire
net.
D’autre part, le coût des allocations de chômage dépend uniquement du coût
salarial et du salaire net si l’allocation de chômage n’est pas soumise à taxation.
En effet, le nombre de chômeurs est déterminé par la différence entre l’offre et la
demande de travail. En supposant que l’offre de travail dépend uniquement du
salaire net, le nombre de chômeurs est fonction seulement du salaire net et du
coût salarial. Ainsi, lorsque l’allocation de chômage n’est pas soumise à taxation,
l’équilibre budgétaire (2) peut s’écrire comme:
avec
Par ailleurs, nous allons montrer que le processus de formation des salaires
peut souvent s’écrire sous une forme où seuls le salaire net et le coût salarial
interviennent. Dans ce cas, l’équation décrivant la formation des salaires (1) devient:
Les contraintes (1') et (2') sont deux équations à deux inconnues (le coût salarial (wc ) et le salaire net (wn )). Elles déterminent le salaire net et le coût salarial. Toute
réforme fiscale qui respecte le mode de formation des salaires et l’équilibre budgétaire maintiendra donc le coût salarial inchangé. En conséquence, aucune réforme
fiscale ne pourra simultanément accroître l’emploi, respecter le processus de formation des salaires et ne pas affecter le budget du gouvernement.
Les deux formes de taxation sont équivalentes. En effet, une diminution de
taxation côté employeurs compensée par une augmentation de taxation côté travailleurs influencera certes le niveau du salaire de base w, mais laissera le salaire
net et le coût salarial inchangés. Cela n’aura aucun effet sur l’emploi.
Dans quelles situations le processus de formation des salaires respecte-t-il la
condition (1')?
Marché du travail compétitif
Lorsque les salaires sont déterminés sur un marché du travail compétitif, l’offre de
travail est égale à la demande. Dans ce cadre classique de l’analyse économique,
l’offre croît avec le salaire net tandis que la demande décroît avec le coût salarial.
Le processus de formation des salaires ne dépend ainsi que de ces deux variables : la condition (1') est respectée. Comme attendu, les deux formes de taxation
sont donc équivalentes.
Salaire minimum
La littérature a fréquemment étudié l’influence du salaire minimum sur l’emploi
(Brown, 1999). L’effet de la taxation sur l’emploi dépend de la nature du salaire
minimum. Si ce dernier est défini en terme de salaire net, les deux formes de
taxation sont équivalentes. En effet, le processus de formation des salaires implique que le salaire net (w(1-s)) doit être égal à un certain niveau déterminé de façon
exogène (wmin ). Dès lors, le processus de formation des salaires peut s’écrire
F=w(1 s)-wmin=0. Les taux de taxation et le salaire de base entrent dans cette
fonction uniquement via le salaire net. La condition (1') est donc respectée. Pour
accroître l’emploi, le gouvernement doit réduire le coût salarial. Pour conserver
l’équilibre budgétaire, il doit toutefois augmenter la taxation côté travailleurs et
donc diminuer le salaire net, ce qui est impossible en présence d’un salaire minimum.
Nous nous permettons ici une digression en présentant le cas d’un salaire
minimum qui n’implique pas l’équivalence des taxations. En effet, si le salaire minimum est défini en terme de salaire de base, w, alors, le processus de formation
des salaires s’écrit F=w-wmin=0, ce qui ne respecte pas la condition (1'). Pour
accroître l’emploi, le gouvernement doit réduire le coût salarial et diminuer la taxation côté employeur. Pour conserver l’équilibre budgétaire, il peut maintenant augmenter la taxation côté travailleur et donc abaisser le salaire net, le salaire minimum n’imposant qu’un salaire de base constant. L’impact de la taxation sur l’emploi dépend ainsi de la nature du salaire minimum.
Négociations salariales
Les modèles classiques de négociations salariales présentent le conflit d’intérêt
existant entre firmes et syndicats (McDonald et Solow, 1981). Nous adoptons le
modèle dit « avec droit de gérer ». Dans ce modèle, les firmes et les syndicats
négocient les salaires; l’emploi est ensuite déterminé unilatéralement par les entreprises. L’objectif des firmes est le profit tandis que celui des syndicats intègre
habituellement le niveau d’emploi et l’écart entre le salaire net et l’allocation de
chômage. De manière générale, le profit et le niveau d’emploi ne dépendent que
du coût salarial. Si l’allocation de chômage n’est pas soumise à taxation, les objectifs des firmes et syndicats sont des fonctions du salaire net et du coût salarial
uniquement. Dans Picard et Toulemonde (1999), nous montrons que, dans la
mesure où les taxes sont linéaires, le résultat des négociations salariales reste une
fonction du salaire net et du coût salarial quand les objectifs des agents dépendent uniquement de ces éléments. En conséquence le processus de formation
des salaires respecte la condition (1'). Comme l’allocation de chômage n’est pas
soumise à taxation, l’équilibre budgétaire respecte la condition (2'). Les deux formes de taxation sont donc équivalentes.
Salaire d’efficience
Dans leurs plus simples versions, les modèles de salaire d’efficience (Solow, 1979) postulent que la productivité des travailleurs croît avec leur salaire net : lorsque les
travailleurs reçoivent une rémunération plus importante pour leur travail, ils ont
tendance à exercer un effort plus grand. Dans ces modèles, les firmes choisissent
à la fois le salaire de base et l’emploi. Pour ce faire, elles maximisent leurs profits
qui dépendent uniquement du salaire net et du coût salarial. Dans Picard et
Toulemonde (1999), nous montrons que, dans la mesure où les taxes sont linéaires, le résultat de la maximisation des profits reste une fonction du salaire net et du
coût salarial. Sous les mêmes conditions que pour les négociations salariales, le
processus de formation des salaires respecte les conditions (1') et (2'). Les deux
formes de taxation sont donc équivalentes.
La plupart des résultats ci-dessus confirment l’équivalence entre les taxes payées
par les travailleurs et par les employeurs. Ils se basent sur les faits que (i) les allocations de chômage ne sont pas taxées et (ii) les impôts sont linéaires.
Lorsque les allocations de chômage sont taxées, le processus de formation
des salaires et l’équilibre budgétaire du gouvernement ne s’expriment pas en termes de salaires nets et de coûts salariaux. Il n’y a en général pas équivalence entre
les deux formes de taxation (voir Picard et Toulemonde, 1999). Toutes autres choses étant égales par ailleurs, en taxant l’allocation de chômage, le gouvernement
diminue les dépenses de chômage et réduit les valeurs de réserve des travailleurs,
abaissant ainsi leurs prétentions salariales. Contrairement aux cas où les allocations ne sont pas taxées, les salaires nets diminuent, ce qui permet de réduire la
taxation côté employeur sans affecter le budget. Il en résultera plus d’emploi.
La pertinence de cette distinction est mise en évidence par Koskela et Schöb
(1999). Ces auteurs rapportent la possibilité de taxation des allocations de chômage dans différents pays européens (voir Tableau 1). De ce tableau, il ressort que
la plupart des pays européens ont recours à la taxation des revenus du chômage.
A priori, on peut donc s’attendre à ce que les deux formes de taxation ne soient
pas équivalentes dans ces pays.
Tableau 1
taxation des allocations de chômage en Europe.
Tableau 1 : taxation des allocations de chômage en Europe.
Pays Taxation des allocations
de chômage
Autriche Non
Belgique Oui
Danemark Oui
France Oui
Allemagne Non
Italie Oui
Luxembourg Oui
Pays-Bas Oui
Grande Bretagne Oui
Source: Koskela et Schöb (1999), p. 1730.
Koskela et Schöb (1999), p. 1730
Dans certains pays où les allocations de chômage sont imposables, des exemptions peuvent couvrir (partiellement) le montant des revenus imposables. Dans ce
cas, l’impact d’une réforme fiscale de la forme de la taxation risque d’être atténué.
Le tableau 1 doit être considéré avec réserve dans le cas de la Belgique. Le
montant des allocations de chômage entre dans la base imposable du contribuable et est donc en principe taxé. Cependant, l’impôt calculé sur cette base imposable est diminué par deux mécanismes : celui des exemptions familiales et celui
des réductions d’impôt pour chômeurs. Tandis que les exemptions dépendent de
la composition familiale, les réductions d’impôt diminuent rapidement lorsque la
base imposable augmente. En conséquence, ces deux mécanismes fiscaux atténuent l’effet de la taxation sur les revenus nets, en particulier pour les allocataires
ayant de très faibles revenus et/ou plusieurs personnes à charge.
D’autre part, lorsque les schémas d’imposition ne sont pas linéaires, une
modification des formes de taxation peut affecter positivement l’emploi. En effet,
de nombreux modèles de marchés du travail imparfaits se présentent sous la forme
d’un objectif P qui dépend uniquement des salaires nets wn et des coûts salariaux
wc. Nous avons déjà précisé que dans les théories des salaires d’efficience, cet
objectif se confond avec les profits des firmes qui dépendent seulement des salaires nets et des coûts salariaux. Dans le cas des négociations salariales, cet objectif est représenté par la combinaison des profits et de l’utilité des syndicats (produit
de Nash), éléments qui s’expriment en fonction des salaires nets et des coûts
salariaux. Dans Picard et Toulemonde (2000), nous montrons que cet objectif englobe également d’autres modes de formation des salaires, comme, par exemple,
les modèles de recherche de travail. Les firmes (dans les modèles de salaires
d’efficience) ou les négociateurs (dans les modèles de négociations salariales) cherchent le salaire de base (w ) qui maximise cet objectif, c’est-à-dire,
Cette maximisation donne l’équation décrivant le processus de formation des
salaires
où P1 et P2 sont les dérivées de P par rapport aux salaires nets et aux coûts
salariaux respectivement et où w’n et w’c sont les dérivées des salaires bruts et
coûts salariaux par rapport à w.
Lorsque la taxation est linéaire, les salaires nets et les coûts salariaux sont
égaux à
Dès lors,
Si on multiplie l’équation (1") par w, on s’aperçoit que l’équation décrivant le processus
de formation des salaires dépend uniquement des salaires nets et des coûts salariaux. En conformité avec la section précédente, on conclut que les deux formes
de taxation sont équivalentes lorsque la taxation est linéaire.
En revanche, lorsque la taxation n’est pas linéaire, l’équation (1") ne peut être
exprimée en fonction des salaires nets et des coûts salariaux uniquement. Dès
lors, il faut s’attendre à ce que les deux formes de taxation ne soient pas équivalentes. En effet, il reste toujours un paramètre de taxation qui permet d’accroître
l’emploi tout en permettant de maintenir le budget et de satisfaire le processus de
détermination des salaires. C’est ce que nous avons prouvé formellement dans
Picard et Toulemonde (2000). Dans la mesure où la plupart des pays européens
ont adopté un système progressif (non-linéaire) de taxation, on doit s’attendre à ce
que les deux formes de taxation ne soient pas équivalentes.
Dans cet article nous avons rapporté les raisons qui peuvent détruire l’équivalence
entre les taxations côté travailleurs et côté employeurs. La taxation des allocations
de chômage et la non-linéarité des systèmes de taxation sont deux facteurs expliquant qu’une réforme fiscale neutre au niveau du budget peut favoriser l’emploi.
Dans la mesure où la plupart des pays européens proposent des systèmes de
taxation non linéaires et où plusieurs pays taxent les revenus du chômage, une
réforme fiscale qui déplacerait la charge de la taxation vers l’un ou l’autre côté du
marché du travail est susceptible d’affecter le nombre d’emplois. Cependant, dans
l’état actuel des recherches sur les effets de la taxation sur le marché du travail, il
semble encore prématuré de proposer des recommandations solides en matière
de politique économique. En effet, la nature des réformes fiscales dépend du type
de distorsion sur le marché du travail et les effets redistributifs de telles réformes
doivent encore faire l’objet d’études plus approfondies. Pissarides (1998) montre
en effet qu’une réforme de la taxation (réforme de la progressivité dans son cas) en
faveur de l’emploi entraîne des pertes de revenus importantes pour les travailleurs
actifs.
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[*]
Pierre M. PICARD est ingénieur civil et docteur en sciences économiques de l’Université catholique
de Louvain. Il est lecturer à l’université de Manchester.
Eric TOULEMONDE est docteur en sciences économiques des Facultés de Namur. Il est chargé de
recherches du Fonds National de la Recherche Scientifique (FNRS), chercheur au Centre de Recherches sur l’Économie wallonne (CREW) et au Groupe de Recherche en Économie du Bien-Être
(GREBE) aux Facultés de Namur.