Les institutions financières internationales vues du Sud
Juan Antonio MORALES
L’article examine l’assistance fournie par le Fonds Monétaire International
(FMI) et la Banque Mondiale aux pays à bas revenu du point de vue des bénéficiaires.
Il reconnaît le rôle central du FMI dans la résolution des crises et de la Banque mondiale
dans l’acheminement de ressources aux pays pauvres privés de l’accès au marché
des capitaux privés. Une attention particulière est attachée aux questions de
conditionnalité des prêts et à l’appropriation par les récipiendaires. L’article critique la
nature d’intrusion de la conditionnalité structurelle, en particulier quand les réformes
ont conduit à une ouverture financière et des privatisations prématurées. Il est aussi
soutenu que la conditionnalité traditionnelle du FMI, basée sur l’approche monétaire
de la balance des paiements, devrait être repensée dans un environnement de larges
mouvements de capitaux. De même, la dimension d’austérité budgétaire qui apparaît
dans la plupart des programmes du FMI demande une vision plus large et une mise en
œuvre plus fine. L’appropriation est entravée par des facteurs culturels et politiques
dans les pays bénéficiaires, auxquels les institutions financières internationales (IFI) prê-
tent peu attention. Si la discussion porte plus sur les pays les moins avancés, les
problèmes de surveillance sont également abordés, étant donné les larges fluctuations
des mouvements de capitaux qui affectent les pays émergents. La simplification en
cours de la conditionnalité et l’appropriation croissante des programmes par les pays à
bas revenu sont des pas dans la bonne direction mais il en faut davantage. Pour un
pays à revenu intermédiaire, le rôle du FMI dans la résolution des crises est souligné.Mots-clés :
conditionnalité, appropriation, bas revenu, mouvements de capital.
The paper discusses the assistance of the International Monetary Fund
(IMF)) and the World Bank (WB) to low-income countries as viewed by the recipients.
The paper recognizes the critical role of the IMF as crisis manager and of the WB as a
mean to channel resources from rich countries to low income countries that do not
have access to private capital markets. Particular attention is paid to the issues of the
conditionality attached to their loans and to ownership by the assisted countries. The
paper is however critical of the intrusiveness of structural conditionality, particularly
when the reforms have led to premature privatisations and financial opening. It is also
argued that the traditional conditionality of the IMF based on the monetary approach to
the balance of payments needs an overhaul in a world of large capital movements.
Similarly, the fiscal austerity component that appears in most IMF programs needs a
broader vision and a more careful application. Ownership is found limited by cultural
and political factors in the countries assisted, to which, it is argued, little attention is
paid by the IFIs. While the discussion bears more on the poorest countries, references
are also made, given the wild swings in capital movements that affect the countries of
emergent economies, to the problems of surveillance. The current streamlining of
conditionality and more ownership of the programs by the low income countries are
steps in the right direction, but they need to be more daring. For the middle income
country the role of IMF as crisis manager is underlined.Keywords :
conditionality, ownership, low income, capital movements.
• 1. INTRODUCTION
• 2. L’ENGAGEMENT DES IFI DANS LES PVD
• 3. LA CONDITIONNALITÉ ET SES VARIANTES
• 4. L’AUSTÉRITÉ FISCALE, PILIER DES
PROGRAMMES DU FMI
• 5. L’APPROPRIATION LOCALE, OU LA PRISE EN
CHARGE PAR LES PAYS DES PROGRAMMES DU
FMI ET DE LA BM
• 6. LES OMISSIONS DE LA SURVEILLANCE
• 7. CONCLUSIONS
• RÉFÉRENCES