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Regards croisés sur l'économie

2008/2 (n° 4)

  • Pages : 238
  • ISBN : 9782707156273
  • DOI : 10.3917/rce.004.0051
  • Éditeur : La Découverte


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Le revenu des ménages se compose des revenus du travail, des revenus du patrimoine et des revenus sociaux. Les salaires représentent 66 % des revenus des ménages déclarés au fisc en 2004. Si l’on y ajoute les revenus des indépendants, on observe que les revenus d’activités forment 72 % des revenus des ménages. Les pensions et retraites représentent 23 % des revenus totaux des ménages et les revenus du patrimoine 3 %. En 2005, les revenus disponibles des ménages se répartissaient ainsi au sein de la population française :

Les revenus disponibles des ménages

Revenu maximum par mois

10 % ont moins de

956 €

30 % ont moins de

1 465 €

50 % ont moins de

2 050 €

70 % ont moins de

2 764 €

90% ont moins de

4 129 €

Revenus des ménages après impôts, prestations sociales comprises. Ne comprennent pas environ 80 % des revenus du patrimoine.

Source : Insee. Année des données : 2004, enquête revenus fiscaux. Tableau disponible sur le site de l’observatoire des inégalités : www.inegalites.fr
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Il faut distinguer la répartition primaire des revenus (revenus bruts) de la répartition secondaire des revenus qui se constate après impôts et transferts (revenus disponibles).

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L’action publique modifie la répartition des revenus et permet une réduction significative des inégalités de revenus. La redistribution opérée par le seul impôt sur le revenu correspond à un transfert net d’environ 3 % de l’ensemble des revenus des ménages des 20 % les plus riches vers le reste de la population. Ce chiffre est de 4 % en Allemagne.

Redistribution opérée par l’imposition des revenus, la taxe d’habitation et les transferts sans contrepartie (revenus 2003)

Note : impôts sur le revenu (= IR + CSG) + TH sur habitation principale

Les transferts pris en compte sont : prestations familiales, allocations logement et minima sociaux

Source : INSEE, cité dans [Landais, 2007a].

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La part relative des différents types de revenus dans le revenu total d’un ménage varie fortement en fonction du revenu total. Ainsi, les revenus des ménages les plus pauvres proviennent majoritairement des transferts sociaux. La part des revenus du capital (revenus fonciers, revenus des capitaux mobiliers et plus-values) croît fortement quand on s’élève dans la distribution des revenus. Au niveau du dernier décile des foyers, les revenus du capital représentent 9 % de l’ensemble des revenus, contre moins de 3 % pour le reste des foyers.

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La distribution des revenus du patrimoine est plus inégalitaire que celle des revenus du travail, et ce pour deux raisons principales : le stock de patrimoine est réparti de façon inégalitaire (en 2004, les 10 % des foyers les plus riches possèdent 46 % du stock de patrimoine) et la fiscalité taxant les revenus du patrimoine est moins redistributive que celle taxant les revenus du travail. La loi TEPA votée à l’été 2007 prévoit ainsi une taxation des dividendes au taux forfaitaire de 18 % et une taxation des plus values au taux libératoire de 16 %. Point de barème redistributif ici !

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Les inégalités ont fortement reculé au cours du xxe siècle. La fiscalité a joué un rôle important dans cette évolution, notamment via la mise en place d’un impôt progressif sur les successions (en 1901) et sur le revenu (en 1914).

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Landais [2007b] montre néanmoins que sur la période 1998-2005, on a assisté à une hausse des inégalités, notamment du fait d’une forte augmentation des revenus des plus aisés alors que les revenus moyens déclarés ont, eux, stagné. Entre 1998 et 2005, le revenu médian n’a augmenté en euros constants que de 0,6 % en moyenne annuelle. En revanche, « les 0,01 % des foyers les plus riches ont vu leur revenu réel croître de 42,6 % sur la période, contre 4,6 % pour les 90 % les moins riches ». « La forte croissance des revenus du patrimoine est en partie responsable de ces évolutions, les hauts revenus étant plus que les autres foyers composés de ce type de revenus. Néanmoins, et c’est un fait nouveau, la très rapide augmentation des inégalités de salaires a également fortement participé à cette augmentation des inégalités de revenus. De ce point de vue, la France rompt avec 25 ans de grande stabilité de la hiérarchie des salaires. » Selon Landais, les données disponibles indiquent que cette tendance se poursuit.


Bibliographie

  • Piketty T. (2002), L’économie des inégalités, La Découverte, Paris.
  • Landais C. (2007a), « Boite noire ? Panier percé ? Comment fonctionne vraiment la grande machine à redistribuer ? », Regards croisés sur l’économie, n°1, Paris.
  • Landais C. (2007b), « Les hauts revenus en France (1998-2006) : une explosion des inégalités ? », mimeo, École d’économie de Paris.
  • Insee (2006), « Les revenus et les patrimoines des ménages », Insee-Références.

Pour citer cet article

Navarro Marion, « La distribution des revenus et des patrimoines en France », Regards croisés sur l'économie 2/ 2008 (n° 4), p. 51-53
URL : www.cairn.info/revue-regards-croises-sur-l-economie-2008-2-page-51.htm.
DOI : 10.3917/rce.004.0051

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