Ce numéro ou un abonnement.
Ajouter au panier Ajouter au panier - Regards croisés sur l'économie| Regards croisés sur l'économie 2012/1 (n° 11) | 15 € |
Versions papier et électronique : le numéro est expédié par poste.
Il est également accessible immédiatement en ligne.
| Abonnement 2 numéros à partir du n°2012/2 | 25 € |
| Abonnement 2 numéros à partir du n°2012/1 | 25 € |
| Abonnement 2 numéros à partir du n°2011/2 | 25 € |
Tous les numéros en ligne sont immédiatement accessibles.
ATTENTION : cette offre d'abonnement est exclusivement réservée
aux particuliers. Pour un abonnement institutionnel, veuillez
vous adresser à l'éditeur de la revue ou à votre agence d'abonnements.
Recevez des alertes automatiques relatives à cet article.
S'inscrire Alertes e-mail - Regards croisés sur l'économie Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezIntroduction
Au-delà de la gestion conjoncturelle de la crise, l’Europe a besoin de véritables réformes structurelles. C’est à l’analyse de ces réformes que se consacre la troisième partie de ce numéro.
2 Tout doit être fait, d’abord, pour améliorer le potentiel de croissance de l’économie européenne. Avec la stratégie dite de Lisbonne, l’Europe a placé l’économie de la connaissance au centre de son projet de croissance. Malheureusement, comme le souligne Élie Cohen [p. 128], malgré des objectifs ambitieux, la stratégie de Lisbonne s’est heurtée au manque de volonté des États membres ; son caractère non-contraignant l’a condamnée d’entrée de jeu à l’échec. L’Agenda Europe 2020, qui succède à la stratégie de Lisbonne, fera-t-il mieux ? Dans un contexte de consolidations budgétaires nationales imposées par la crise, l’Agenda 2020 n’est susceptible de réussir qu’à la condition qu’une véritable politique d’investissement communautaire voie le jour.
3 La crise et ses conséquences posent donc la question d’un « budget fédéral », doté de ressources propres, ainsi que la question de l’utilisation de ces ressources. Pour Eulalia Rubio [p. 139], la crise a rendu incontournable la réforme des ressources propres. La Commission européenne propose ainsi de mettre en place une « TVA européenne » ou une taxe sur les transactions financières. Ces prélèvements permettraient d’alléger considérablement le poids des contributions nationales dans le financement du budget communautaire, de 85 % à 40 %. Cette proposition est cependant loin de susciter l’enthousiasme de tous les États membres, la plupart continuant à considérer que lever l’impôt est une prérogative régalienne des États nationaux.
4 L’attachement des États à leur souveraineté fiscale complique singulièrement toutes les tentatives d’harmonisation fiscale au sein de l’UE. Il est pourtant urgent que les pays européens coopèrent davantage, quand on prend conscience, avec Jacques Le Cacheux [p. 150], des dégâts provoqués par la concurrence fiscale de plus en plus vive qui sévit au sein de l’UE. La concurrence fiscale risque de rendre sous-optimale la quantité de biens publics fournis par les gouvernements, et elle tend à rendre les systèmes fiscaux nationaux moins redistributifs. Il existe pourtant des façons concrètes de lutter contre ses formes les plus dommageables. Harmoniser l’assiette de l’impôt sur les sociétés, par exemple, permettrait de contrôler davantage les stratégies d’optimisation fiscale des entreprises. Malheureusement, ce projet et beaucoup d’autres se heurtent une fois de plus au refus de quelques États qui y voient une menace pour leur souveraineté nationale. Pour véritablement progresser sur le chemin de l’harmonisation fiscale, il faut revoir complètement le mode de prise de décision au sein de l’UE, car la règle de l’unanimité entérinée par le traité de Lisbonne conduit à l’impasse.
5 L’Europe a été loin dans l’intégration monétaire, mais si la monnaie unique survit à la crise, son statut futur n’est pas pour autant assuré. Le premier enjeu, analysé par Benjamin Carton [p. 160], est celui de la place de l’euro dans le système monétaire mondial. L’internationalisation prévisible de la monnaie chinoise, le yuan, pourrait bien remettre en cause la place acquise par l’euro. Ira-t-on alors vers une marginalisation de l’euro, ou bien vers un monde tripolaire, où l’euro fera jeu égal avec le dollar et le yuan ? La réponse à cette question dépend bien sûr de la façon dont l’Europe va surmonter la crise actuelle, mais elle dépend aussi de la doctrine de l’Europe au sujet de la place de sa monnaie dans le système monétaire. Malheureusement, de doctrine aujourd’hui il n’y a point.
6 Le second enjeu, analysé par Nicolas Veron [p. 172] et David Thesmar [p. 176], est celui de la régulation financière. Il n’y a pas de zone monétaire stable possible sans système financier intégré et bien régulé, et en particulier sans contrôle du risque bancaire systémique. Améliorer la stabilité financière de la zone euro passe à terme par un renforcement des exigences en termes de fonds propre des banques, et par un encadrement bien plus étroit du shadow banking qui a prospéré depuis quelques années.
POUR CITER CET ARTICLE
« Introduction », Regards croisés sur l'économie 1/2012 (n° 11), p. 125-127.
URL : www.cairn.info/revue-regards-croises-sur-l-economie-2012-1-page-125.htm.
DOI : 10.3917/rce.011.0125.




