Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski : de la destinée tragique au triomphe de l’œuvre
Charles Gardou
De quelle chair est donc fait Dostoïevski, ce titan de la littérature ? On pense s’approcher d’un dieu, on rencontre un être toujours coupable, tiraillé en tous sens, éreinté par son corps à corps avec l’épilepsie et l’emphysème pulmonaire. Son visage porte la tragédie de sa destinée, au cours de laquelle il connaît toutes les facettes de la condition humaine, de l’humiliation à la consécration, du bagne à l’apothéose. Il écrit sous les coups de bâton de ses créanciers et les assauts de sa maladie ; dans le tumulte des casinos et celui de ses échecs amoureux. Seule la sublimation par l’art le sauve de l’anéantissement et de la folie.
• Il est hanté par le sentiment de responsabilité
• Il tire son goût de la vie de sa rencontre avec la mort
• Il écrit pour se mettre lui-même en jugement
• Il connaît la gloire, comme un éclair, dans sa tragédie