Intégration, handicap et inadaptation : perspectives psychodynamiques
Jean-Sébastien Morvan
La question de l’intégration scolaire et sociale des enfants et adolescents en difficulté d’apprentissage ou de relation appelle un repérage et une analyse psychodynamique qui prennent en compte les mobilisations et les investissements qui se trouvent provoqués et convoqués dans ces situations. Les représentations-affects qui sous-tendent puis traversent les expériences d’intégration prennent ancrage dans la confrontation première au handicap et à l’inadaptation. Cet ensemble originaire, qui entremêle éléments de la réalité et mouvements imaginaires, peut, dans le déroulement même de l’intégration, se constituer en organisateurs dynamisants des interventions, mais aussi se traduire en attitudes freinantes et paralysantes. Chaque partenaire – enfant, famille, professionnel, institution, groupe social – y est partie prenante, intra- et inter- subjectivement. Le processus d’intégration, dans ses facilitations comme dans ses blocages, s’éclaire et se comprend mieux à partir de la prise de conscience de ces effets en retour, le plus souvent, déplacés et masqués dans la réalité quotidienne. Ce qui peut alors faire sens est que le handicap et l’inadaptation se révèlent davantage affaire de similitude que de différence. Il en résulte une meilleure reconnaissance de la place et du rôle qui reviennent à chacun dans sa position de sujet en devenir, à la recherche d’un compromis de vie narcissiquement « acceptable ». La remise en perspective de soi, dans la relation à l’autre et dans le rapport aux objets culturels communs, entre dès lors dans le champ des possibles
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