Accueil Discipline (Sciences de l’éducation) Revue Numéro Article

Reliance

2008/1 (n° 27)

  • Pages : 208
  • ISBN : 9782804158002
  • DOI : 10.3917/reli.027.0029
  • Éditeur : ERES


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Les représentations dominantes de la vulnérabilité, à l’orée du xxe siècle, ont conduit à construire, pour les enfants et les adolescents porteurs de déficiences ou marqués par les stigmates de la mésadaptation sociale de leur milieu, un système spécialisé d’éducation, à l’écart de l’école « ordinaire ». Largement indépendant de l’Instruction publique devenue Éducation nationale, il a connu un développement considérable dans la seconde moitié du xxe siècle et sa vitalité l’a amené à constituer une culture spécifique. De leur côté, les acteurs de l’école, en relevant face aux transformations sociales les défis de l’éducation du plus grand nombre, ont créé et fait vivre une culture originale et forte.

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Aujourd’hui, alors qu’il est devenu évident que le souci de protection dissimule des ségrégations inacceptables et que la participation singulière de chacun enrichit notre monde commun, l’inclusion scolaire des enfants et des adolescents en situation de handicap est une ambition démocratique essentielle. Pour qu’elle devienne une réalité, les modalités d’une rencontre entre les acteurs de l’éducation scolaire et ceux de l’éducation adaptée sont cruciales car elles conditionnent puissamment le procès d’inclusion.

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La question est alors posée de faire culture commune afin de dépasser les logiques de compilation et de hiérarchisation des savoirs qui ont, jusqu’à aujourd’hui, largement prévalu, et qui, en induisant la juxtaposition distributive des actions, ont participé de la construction d’une identité amputée pour les enfants et les adolescents en situation de handicap.

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Ce dossier propose, sur cette thématique, un ensemble de contributions multifocales. Ouvrant à des perspectives sociologiques, philosophiques ou psychodynamiques, croisant les approches d’universitaires, de praticiens-chercheurs et d’acteurs de terrain, il convie le lecteur à un cheminement pluriel.

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Il rencontrera l’histoire des dispositifs éducatifs et des cultures professionnelles qu’ils ont générés, les transformations récentes des contenus de formation des acteurs de l’éducation avec les espoirs qu’elles suscitent, les paradigmes émergents qui permettent de concevoir les établissements spécialisés comme facilitateurs d’école plutôt que comme modalités parallèles de scolarité.

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Il pourra alimenter ses réflexions concernant les effets dynamisants ou paralysants des représentations qui sous-tendent et traversent toutes les expériences d’intégration et le bouleversement nécessaire des postures déontologiques des enseignants questionnées à travers le principe d’équité et la notion de compensation. Au travers de l’expérience italienne d’inclusion, aujourd’hui trentenaire, il mesurera à quel point elle est un processus dynamique mais fragile, réclamant sans cesse recherche et expérimentation.

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Il trouvera enfin, dans les analyses que proposent les acteurs de terrain, praticiens réflexifs et engagés de la collaboration, des repères précieux pour concevoir des pensées « métisses » et faire émerger des « arts de faire » inclusifs.

Pour citer cet article

Gardou Charles, Jeanne Yves, « Faire culture commune », Reliance 1/ 2008 (n° 27), p. 29-30
URL : www.cairn.info/revue-reliance-2008-1-page-29.htm.
DOI : 10.3917/reli.027.0029

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