2002
Réseaux
Trois generations de presse illustree au xixe siecle
Une recherche en patternité
Jean-Pierre Bacot
Les trois premières générations de magazines illustrés français furent
successivement marquées par la naissance du Magasin Pittoresque (1833) de
L’Illustration (1843) et du Journal Illustré (1864). Ces titres constituèrent,
avec leurs concurrents, une déclinaison de modèles anglais. Cet article
s’efforce de retracer les conditions d’apparition de ces patterns et celles de
leur diffusion européenne. Il tente également de montrer ce que fut la lente
extension du lectorat de la presse illustrée. Ce n’est en effet qu’avec la
naissance de l’hebdomadaire Le Journal Illustré, lié au quotidien Le Petit
Journal, que la gravure d’actualité fut offerte à un public populaire, en un
moment oublié de l’histoire de la presse qui marqua parallèlement la fin d’un
espace imaginaire européen construit par les générations précédente pour un
lectorat bourgeois.
The first three generations of French illustrated magazines were successively
marked by the birth of Magasin Pittoresque (1833), Illustration (1843) and
Journal Illustré (1864) – three titles which, along with their rivals, were a
variation on the British model. This article investigates the conditions of the
appearance of these "patterns" and of their diffusion in Europe. It also aims
to show the gradual expansion of readership of the illustrated press. It was
only with the birth of the weekly Le Journal Illustré, linked to the daily
Le Petit Journal, that news plates were offered to a working-class public.
This was a forgotten time in the history of the press which also marked the
end of a set of shared European representations built up by previous
generations for a bourgeois readership.
Dans la tradition française d’histoire de la presse, la plupart des
tentatives de comparaison portant sur les divers types nationaux
tournent autour d’une opposition devenue traditionnelle entre un
modèle français et un autre, anglo-saxon, soutenant deux postures réputées
opposées du journaliste dans sa vision et sa gestion des rapports entre le fait
et l’opinion. Les Français auraient ainsi tendance à mélanger les genres, les
Britanniques et leurs imitateurs à bien les séparer. La mise en valeur d’une
dialectique entre la recherche de la vérité et l’engagement accompagne
souvent le rappel de cette opposition de style
[1].
Outre qu’elle ne dit souvent presque rien de la réalité de ce que fut la presse
dans d’autres pays, l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne, pour ne citer que les
plus peuplés de nos voisins, puisque le référent, le contre-modèle des
historiens français est ancré en Angleterre et aux Etats-Unis
[2], cette histoire
trop française de la presse fait la part belle aux journalistes et aux patrons de
presse en tant qu’acteurs sociaux, situés à cheval entre le monde politique et
le monde économique, leur influence sur l’opinion se trouvant souvent
discutée autour de la notion politique de « quatrième pouvoir ». Le rôle
culturel, éducatif, de la presse dans la transmission de connaissances
partagées à caractère encyclopédique, le plus souvent hors actualité, est
rarement pris en compte, autant que les proximités qui ont pu exister entre
diverses pratiques médiatiques étrangères.
L’étude de la presse magazine illustrée et de ses différentes générations
construites au XIX
e siècle nous a conduit à mettre en évidence plusieurs
dimensions spécifiques à ce type de média qui nous semblent impliquer un
nécessaire déplacement par rapport à ce point de vue historique classique
d’un double style de presse écrite. Il nous semble légitime de mettre en avant
ces spécificités, dans la mesure où cette réalité concerne des tirages et donc
l’influence que l’on peut en inférer, qui sont largement égaux, voire
supérieurs à ceux des journaux non illustrés, au moins jusqu’au milieu des
années 1860. Nous aborderons rapidement dans le cadre de cet article trois
de ces dimensions
[3].
Première caractéristique de ce décalage, l’identification d’une origine
contrôlée, le fait que ce soit d’Angleterre, de Londres, que soient parties les
trois générations successives de presse illustrée que nous avons pu repérer,
d’où cette notion de
pattern qui nous a semblé s’imposer et qui cadre toute
tentative d’histoire de la presse illustrée française. Ces trois générations
d’hebdomadaires recouvriront dans ce secteur particulier de l’édition de
presse la grande majorité de l’offre, se situant parfois aux frontières du livre
illustré, notamment à l’occasion de la parution des numéros spéciaux
[4], avant
que d’être dépassées en France à la fin du siècle, sans pour autant toutes
disparaître
[5], par les suppléments illustrés des deux quotidiens nationaux les
plus populaires,
Le Petit Parisien et
le Petit Journal
[6], en une quatrième
génération que nous n’étudierons pas ici.
A chaque génération correspond un modèle, l’émergence de leur première
expression étant respectivement datée de 1832,1842 et 1861, années qui
sont marquées respectivement par l’apparition à Londres du
Penny
Magazine, de l’
Illustrated London News et du
Penny Illustrated Paper. Ces
trois nouveautés eurent rapidement, et ceci constitue le deuxième élément de
décalage de cet univers spécifique de la presse illustrée, une diffusion
internationale, un rayonnement européen pour la première génération,
mondial pour la deuxième
[7] et sans doute à nouveau européen pour la
troisième, bien que la recherche soit ici à poursuivre, non sans difficulté,
dans la mesure où cette troisième génération, pourtant la plus récente, est la
moins conservée, aussi bien par les collectionneurs que par les bibliothèques.
Avec l’origine anglaise et la diffusion internationale immédiate, un troisième
élément reste à envisager pour pointer la singularité de la presse illustrée, le
fait que les principaux acteurs de la diffusion de ces magazines n’aient été
que fort peu journalistes, même s’il commençaient à le devenir. Ces
rédacteurs, dessinateurs, graveurs, relevaient en effet avant tout d’une
logique de
publicité, au sens alors en vigueur d’une action de
publicistes, de
metteurs en espace public, dirait-on aujourd’hui, autant que de
« popularisateurs » et se posaient donc tout autant la question de la diffusion
de la connaissance, dite utile, et en second lieu de la distraction, que celle de
l’information, de ce que l’on appellera plus tard l’actualité
[8]. Le basculement
vers une option où dominera le reportage ne s’effectuera jamais
complètement, mais s’amorcera nettement en 1848.
Dans un autre article, nous avons étudié la manière dont la presse illustrée, y
compris et surtout celle des suppléments hebdomadaires de quotidiens
français avait contribué dans son lectorat de plus en plus populaire à la
construction des nationalismes et des alliances géopolitiques
[9]. Nous
voudrions tenter de montrer ici comment les premiers hebdomadaires ont pu
auparavant, avant que la montée des nationalismes ne dégrade ce processus,
diffuser très largement
[10] leur contenu dans une couche de plus en plus
importante de la petite bourgeoisie. Ils ont offert à leurs lecteurs un
croisement de connaissance et d’information qui ajoute à la question
récurrente de l’objectivité de cette information celle de l’utilité de la
connaissance et qui construisait un imaginaire à la fois sereinement national
et universaliste.
Nous reprendrons, pour les trois générations successives, les questions de
l’origine anglaise des magazines, de leur développement européen et de la
nature de la démarche éditoriale, journalistique et/ou éducationnelle de leurs
promoteurs.
Useful knowledge, because knowledge is power
Dans le bouillonnement politique et intellectuel qui vit à la fin des années
1820 et au début des années 1830 l’Angleterre friser la guerre civile, puis
commencer à se décrisper avec le
Reform Act de juin 1832
[11], le pouvoir de la
connaissance associé à la notion de liberté de la presse fut d’abord le signe
de ralliement du courant de gauche radicale et une gravure reprenant les
deux expressions, les deux slogans : « Knowledge is power » et « Liberty of
the press » apparut en 1830 en têtière, à droite du titre de l’hebdomadaire qui
porta le plus fortement ce courant de pensée : le
Poor Man Guardian,
a
weekly Paper for the People. Si l’on ne peut attribuer directement à cette
activité éditoriale le fait que l’intensité des mouvements sociaux en
Angleterre échappa alors à la violence qui marqua d’autres pays d’Europe
parce qu’elle pu être exprimée et imprimée, il n’en est pas moins tentant de
rapprocher les deux phénomènes.
Cependant, c’est dans une famille de pensée plus libérale, partageant une même
volonté de diffusion de la connaissance, conçue comme « utile », mais dans une
logique descendante plutôt que montante, que naquit la presse illustrée. Les
deux courants étaient en opposition féroce quant à la manière d’étendre la
connaissance, soit à partir d’une alternative sociale radicale, soit par extension
de celle qui existait
[12]. Débat classique entre révolutionnaires et réformistes que
les seconds remportèrent, en Grande-Bretagne, à l’aube de l’ère victorienne, en
lançant dans le cadre de la
Society for the Diffusion of Useful Knowledge et, en
son sein, la
Library du même nom, un hebdomadaire, le
Penny Magazine, alors
que les courants traditionalistes de droite peinaient à allumer un contre-feu.
C’est donc par une option réformiste, mais aussi une solide volonté à la fois
encyclopédiste et utilitariste que l’illustration de presse par la gravure fit son
apparition à Londres, ce qui constitua une première dans l’édition de presse
illustrée, si l’on met en toute rigueur à part les magazines de caricature, à
dominante politique, dont la naissance est légèrement antérieure, une
catégorie que nous n’étudions pas ici, qui fut beaucoup moins pérenne,
essentiellement pour des raisons de rapports tendus avec la censure et connut
souvent de faibles tirages
[13].
L’existence de cette vaste entreprise d’édition périodique illustrée a permis,
d’entrée de jeu, de multiplier le nombre des destinataires des gravures
précédemment vendues par correspondance ou colportage, mais aussi de les
relier à des textes dans un ensemble qui fait sens – texte, titre et légende de
la gravure, gravure elle-même –, sens global qui ne peut être dissocié, un
ensemble dont l’efficacité fut immédiate et qui dura, en Angleterre, une
quinzaine d’années et davantage en France
[14].
Il ne fallut guère attendre pour que le modèle fût imité dans de nombreuses
capitales européennes, et ce avec un impact certain. Selon Gebhardt
[15] qui
donne des chiffres que nous avons pu vérifier, le
Pfennig Magazine, à
Leipzig, tirait en 1834 à quelque 60 000 exemplaires, le
Magasin Pittoresque
français, autour de 120 000 et le
Penny Magazine lui-même à environ
200 000. Aucun quotidien ni périodique n’atteignait alors pareille diffusion,
ni aucun livre
[16].
Illustration 1.
Première génération. Przyjaciel Ludu (L’ami du peuple), paru à Lezno à
l’ouest de la Pologne, limite occidentale de l’influence des premiers magazines illustrés
La bataille de Waterloo. Format réel 18 x 25
Tableau 1.
Quelques-uns des premiers magazines illustrés
de « connaissance utile » en Europe
[17] (1832-1840)
Tableau 1. Quelques-uns des premiers magazines illustrés
de « connaissance utile » en Europe17 (1832-1840)
Londres The Penny Magazine 1832
Paris Le Magasin Pittoresque 1833
Leipzig Das Pfennig Magazine 1833
Prague Das wohlfeile Panorama des Universums 1834
Lezno (Pologne) Przyjaciel Ludu 1834
Gênes Il Magazzino pittorico universale 1834
Stockholm Lördags Magazinet 1834
Copenhague Dansk Penning Magazine 1834
Amsterdam Nederlandsch Magazijn 1834
Madrid Semanario Pintoresco (mensuel) 1836
Pour déterminer les influences qu’ont pu subir les philanthropes libéraux anglais
comme Lord Brougham, Jeremy Brentham ou Charles Knight, promoteurs du
Penny Magazine, deux directions de recherche sont à poursuivre, la première
étant de loin la mieux étudiée
[18] : la démarche, comme le corpus de
l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. La seconde influence soulève moins
d’intérêt en France : les Lumières écossaises et leur traduction en termes de
presse à Edimbourg avec le
Chambers Journal (1832), ancêtre des magazines de
connaissances utiles, mais encore non illustré. C’est d’Angleterre, depuis
Londres, en pleine période chartiste, que s’est cristallisée à partir de ces deux
influences essentielles une démarche à la fois intellectuelle et commerciale au
sein de la
Society for the Diffusion of Useful Knowledge créée en 1826, dont
l’action prioritaire était l’extension de l’éducation du peuple par l’entremise de
livres et, nouveauté radicale, d’un magazine illustré
[19]. Parmi d’autres éléments
sociotechniques, trois facteurs principaux ont permis cette cristallisation :
d’une part, l’intégration des deux problématiques de presse et d’éducation
autour d’une société qui fut à la fois de pensée, d’action et de marché ;
d’autre part, le développement du chemin de fer outre-Manche, qui assura
une forte distribution dans l’ensemble du Royaume-Uni, enfin une stratégie
de diffusion qui garantissait un large public et le financement des frais
supplémentaires liés à la gravure.
Illustration 2.
Première génération. Un concurrent du Penny Magazine, lancé par les
Anglicans sous la formule « That the soul be without knowledge it is not good »
L’Hôtel de Ville de Paris. Format réel 17 x 27
En France, le terrain de réception de magazines équivalents avait été préparé
à la fois par l’évolution sociale, marquée dans le domaine éducationnel par
les lois Guizot
[20] et, dans le domaine éditorial, par une première pratique du
magazine bon marché, mais non illustré, avec les tentatives pionnières de
Girardin (
Le Voleur et
le Magazine des Connaissances Utiles). Mais il n’y
avait pas à un degré de structuration comparable, pas d’équivalent français
de la
Society londonienne et le chemin de fer était en retard. C’est sans aucun
doute le saint-simonien Edouard Charton qui intégra le mieux la manière
anglaise à partir de laquelle il allait activement participer au lancement en
France, au cours des années, de plusieurs périodiques illustrés. Le
Magasin
Pittoresque, dont il fut le créateur et longtemps l’animateur, fut le premier
d’entre eux et domina sa catégorie dès son apparition en 1833.
En moins de cinq ans, toute l’Europe occidentale, septentrion compris et
l’Europe centrale, furent touchées par ce phénomène des connaissances
utiles illustrées par voie de presse, à partir d’éditeurs installés sauf exception
dans les capitales et qui pouvaient irriguer un bassin linguistique suffisant.
Les illustrations de ces
Magazzino Pintoresco de Turin ou
Przysaciel Ludu
de Lezno, à l’ouest de la Pologne, témoignent directement de l’influence du
travail réalisé par les dessinateurs et graveurs de la fin du XVIII
e siècle pour
les planches de l’Encyclopédie. Pour la plupart de petit format, dans la
mesure où l’image pleine page (environ 18 x 24 cm) est alors encore rare,
ces gravures sur bois qui relancent une profession alors en recul, ne relèvent
pas d’une volonté artistique, quelle que soit leur beauté, accentuée
aujourd’hui par le charme de l’ancien. Elles complètent et rationalisent le
propos écrit, lui donnent réalité, aident à la classification, c’est-à-dire à une
pensée plus rationnelle qu’analogique. A ce titre, l’imaginaire du lecteur
nous semble être sollicité davantage par le texte écrit, dans l’espace littéraire,
qu’être construit par l’image. Nous ne partageons donc pas l’avis traditionnel
selon lequel la vulgarisation qu’impliquerait la présence de ce type de
gravure entraînerait un appel au rêve, alors que le texte assoirait la
dénotation
[21], en tout cas dans cette première génération de « connaissances
utiles ».
Illustration 3.
Deuxième génération. Première gravure d’actualité : l’incendie de la ville de
Hambourg, à la Une du premier numéro de l’Illustrated London News (14 mai 1842)
Format réel 27 x 40
En appliquant ici le modèle de la séparation du fait et de l’opinion, on peut
même assurément, à fréquenter les collections de ces magazines, placer la
gravure davantage du côté du fait, dans la lignée des dessins de
l’Encyclopédie, et le discours davantage du côté d’un commentaire d’où
l’opinion est loin d’être absente. Certes, l’image fait appel pour partie à la
pensée analogique, mais elle est ici très illustrative et donc aussi
rationalisante, fixatrice de l’imaginaire. Plus tard, dans les années finales du
siècle, on pourra considérer que les gravures de une du Supplément Illustré
du Petit Journal, par exemple, constitueront de véritables fictions, mais l’on
est loin d’en être là dans ces premières années des magazines illustrés. Il
serait au reste passionnant pour creuser cette question de confronter les
divers textes parus autour des quelques gravures qui, dans les années 1830,
parurent simultanément dans plusieurs magazines européens.
A cette première génération de presse illustrée, qui ne va pas s’éteindre pour
autant, va succéder une deuxième qui se caractérisera notamment par la prise
en compte de l’actualité.
L’illustration et l’actualité : une deuxième génération
L’étude au demeurant précieuse dans son unicité et dans la rareté des travaux
consacrés à la presse illustré réalisée par Marchandiau
[22] sur l’histoire de
L’Illustration, hebdomadaire de référence de sa génération, ne met que très
faiblement en perspective européenne la naissance et le développement de ce
titre né à Paris en 1843. Nous avons pourtant pu constater
[23] qu’au-delà
même de la question de la reproduction/déclinaison du modèle, du
pattern de
l’
Illustrated London News, les échanges étaient fréquents entre
hebdomadaires de Londres, Paris ou Leipzig, sans qu’il y ait eu pour autant
naissance d’une agence européenne de gravures. Au surplus, l’hebdomadaire
anglais était de loin le plus vendu de ses équivalents européens et tenta
même d’asseoir son hégémonie par le lancement d’un éphémère
Illustrated
London News en français dont nul ne parle
[24].
Illustration 4.
Troisième génération. Publicité extraite de l’Annuaire de la presse de 1892
Format réel du Journal illustré : 28 x 43
L’
Illustrated London News fut non seulement le premier hebdomadaire
illustré d’un nouveau type, doublant le format des magazines des années
1830, coûteux
[25] (6 pence), luxueux, à arriver sur le marché anglophone, mais
il se montra également le moins timide dans la prise en compte de ce que
l’on commençait à appeler l’actualité au sein de l’univers préexistant et
dominant dans la presse illustrée de 1832 à 1843, celle de la « connaissance
utile ». Bien évidemment, le contexte politique des libertés publiques, alors
plus avancé en Angleterre qu’en France ou dans d’autres pays, explique
largement cette attitude proto-journalistique que
L’Illustration ou l’
Illustrirte
Zeitung de Leipzig conservèrent longtemps, avant que de devenir eux aussi à
la fois des outils de reportage et d’histoire immédiate
[26].
En effet, l’étude que nous avons pu mener sur les choix éditoriaux de
L’Illustration lors des événements parisiens de février et juin 1848, double
tentative de révolution au rayonnement européen, nous a permis de montrer
que la préoccupation de celui qui en fut le principal acteur, le rédacteur en chef
Paulin, n’était point tant journalistique qu’historienne du présent
[27]. Une telle
position était originale et marquée par la force du moment, ce qui nous a
amené à la qualifier de promotion de la « connaissance historique utile ». Cette
posture était du reste l’une des plus tenables vis-à-vis des pouvoirs changeants
et parfois peu favorables au titre. Elle se reproduira en 1870-1871 pour la mise
en gravure de la guerre franco-prussienne et de la Commune.
Pendant près d’un siècle, cet hebdomadaire et certains concurrents moins solides
comme
Le Monde Illustré,
La Presse Illustrée ou
L’Univers Illustré en France
ainsi que d’autres titres en d’Europe et, désormais, en Amérique du nord et du
sud contribuèrent non seulement à construire des imaginaires nationaux, puis
nationalistes, mais ils poursuivirent inlassablement leur tâche de connaissance
utile, mêlés à une logique de distraction de bon ton héritée des magazines de la
génération précédente. Les somptueux
Christmas Numbers de l’
Illustrated
London News, prototypes des nombreux suppléments qui sortiront par exemple
en France jusqu’aux années 1940 sous l’égide de
L’Illustration et, en moindre
nombre, du
Monde Illustré, en témoignent à l’envi
[28].
Les divers produits de ce que nous avons posé comme formant une
deuxième génération dans l’histoire des magazines illustrés sont restés, par
leur prix, d’avantage encore que par leur contenu, inaccessibles aux couches
peu fortunées de la population. La mise à deux sous d’une déclinaison
populaire va changer la donne, en 1864, et apparaître à quelques mois près
en même temps que le Petit Journal. Ce sera pour nous la troisième
génération.
Des gravures et de l’actualité pour deux sous : une troisième génération
Si le rapport de la presse illustrée au pouvoir fut différent de celui
qu’entretenaient gouvernement et presse écrite quotidienne, c’est aussi que les
autorités se méfiaient de l’image. Mais les mentalités évoluant, le second
Empire se libéralisant, l’éducation progressant, la presse illustrée deviendra
accessible au peuple dans un moment de moindre pression, de plus grande
liberté de la presse et de diversification thématique des magazines, même si les
publications généralistes domineront encore le marché pour de longues années.
Parmi elles, il n’y a que très peu de trace dans les histoires de la presse du
Journal Illustré qui, à peine né en 1864, fut intégré dans le groupe de presse
du quotidien populaire qui venait de naître l’année précédente, le
Petit
Journal et il s’en trouve encore moins pour sortir de l’oubli le
Penny
Illustrated Paper qui apparut à Londres fin 1861, quelques mois avant lui et
en constitua le modèle. Alors que le moins cher des hebdomadaires illustrés
concurrents de
L’Illustration existant alors,
L’Univers Illustré, était vendu
20 centimes,
Le Journal Illustré attaqua le marché français à 10 centimes,
deux sous, deux fois le prix des moins chers des quotidiens, alors que
L’Illustration dont il ne différait pourtant à l’époque, on le sait trop peu, que
faiblement, était vendu 75 centimes au numéro
[29].
Nous n’avons pas encore eu le loisir d’enquêter sur l’existence ou non dans la
zone d’influence européenne des deux générations précédentes d’équivalents à
ces deux journaux illustrés de format légèrement supérieur à celui de la
deuxième génération (19 x 36 cm, contre 18 x 34), largement pourvus en
gravures de qualité et pourtant vendus très bon marché, dont le modèle naquit
une fois de plus à Londres et fut immédiatement repris à Paris. Qu’il nous soit
permis de pointer ici une sérieuse carence dans la recherche, puisqu’il s’agit à
notre sens d’un authentique vecteur de culture populaire, complètement laissé
de côté par les historiens qui ont pourtant souvent insisté, et à juste titre, sur la
rupture que constituait en 1863 la naissance du quotidien à un sou. Le titre
disparut lorsque le supplément hebdomadaire illustré du Petit Journal, créé fin
1890, prit son envol à l’extrême fin du siècle.
Il existe en tout état de cause des merveilles iconographiques insoupçonnées
dans ce
Journal Illustré dont le tirage fut très important (plus de 100 000
exemplaires au lancement), la même diffusion que celle de la première
génération, alors que la deuxième, la plus prestigieuse et la mieux conservée,
mettra très longtemps à atteindre ce qui constitue alors des sommets, rendus
possibles par les progrès de l’imprimerie, des transports et de l’éducation. Il est
d’autant plus étonnant de voir ce patrimoine gravé de ces périodiques
aujourd’hui largement négligé, alors qu’il s’agit parfois de gravures de doubles,
voire de quadruples pages. Par son luxe qui contraste avec le faible prix de la
publication (un penny outre Manche, deux sous, dix centimes en France
[30] ), ce
périodique met en valeur la poussée d’une volonté de distraction restée
auparavant discrète qui s’ajoute au maintien d’une démarche d’éducation et
d’information et qui place indéniablement cet hebdomadaire illustré dans une
catégorie populaire. Le peuple n’aura donc accédé à la gravure que trente ans
après que la petite bourgeoisie aura pu profiter des connaissances utilement
dispensées par la première génération des
Magazines/Magasins.
Ces trois générations de presse illustrée coexisteront longtemps, puisque le
Magasin Pittoresque s’éteindra avec le siècle et que L’Illustration durera
jusqu’en 1944. L’Angleterre restera en pointe. On relève des exemples de
cette constante au gré des recherches en constatant par exemple qu’une revue
mensuelle très illustrée qui parut entre décembre 1916 et décembre 1918
sous le titre La guerre illustrée, vendue 20 centimes pour 36 pages,
comprenait des gravures en provenance… de l’Illustrated London News.
Jusqu’en novembre 1917, les légendes furent rédigées en portugais, en
italien, en espagnol et en français, puis uniquement en français. On y
glorifiait les exploits de la Navy. L’heure n’était plus à la collaboration,
malgré l’alliance qui avait suivi la nouvelle mouture de l’Entente Cordiale,
l’espace européen des gravures était bien mort.
Premiers éléments de conclusion
Les spécialistes des
Victorian Studies anglaises (1837-1901) et ceux des études
américaines pour la période qui suit 1853 et la naissance à New York du
Frank
Leslie’s Illustrated News et du
Harper’s Weekly sont moins avares de recherches
sur la
pictorial ou
illustrated press que les dix-neuviémistes d’autres pays
européens
[31]. Cela peut probablement s’expliquer pour la cause essentielle de la
naissance à Londres, et donc sous le signe de l’anglophonie, trente années
durant, de ces trois modèles successifs de presse illustrée, modèles que les autres
pays, dont la France, ne firent qu’adapter, très légèrement.
L’exception du Tour du Monde, lancé par Charton en 1860 montre pourtant
qu’une idée originale, assise sur le passé saint-simonien du créateur, de faire
découvrir le monde à de nombreux lecteurs dans une logique bienveillante
d’exploration a pu partir de Paris. Mais celui qui avait lancé le Magasin
Pittoresque et cofondé L’Illustration s’entoura des meilleurs dessinateurs
dont Gustave Doré et envoya en expédition ou recueillit les notes de
personnages aussi prestigieux que Victor Duruy ou Elisée Reclus. Ce n’est
pas forcer le trait, mais être fidèle à ce que fut l’action de ce grand médiateur
que de souligner à quel point il fut le plus anglais des publicistes français du
deuxième tiers du XIXe siècle. Le plus universaliste aussi.
La presse illustrée sera donc née en terre anglicane, au moment même où le
catholicisme latin prônait la propagande par l’image. La seule tentative menée
à notre connaissance contre la laïcisation de la connaissance utile illustrée
diffusée par voie de presse aura été elle-même anglaise avec l’éphémère
Saturday Magazine
[32] londonien qui suivit de peu le
Penny Magazine. Les
philanthropes issus du chartisme, de plus en plus journalistes au fil des années,
mais sans jamais cesser d’être à la fois enseignants et commerçants, auront
réussi ce qu’aucun courant de pensée français, allemand, italien, espagnol
n’aura pu mettre en œuvre, sinon, parfois, en les imitant et, hommage devant
être rendu en cette affaire au poids de la technique ferroviaire, en prenant en
route les wagons du train utilitariste anglais.
En France, c’est la primauté du nationalisme véhiculé par une grande partie de
la presse, presse illustrée comprise, ainsi que la prégnance des guerres civiles
et extérieures qui a longtemps poussé l’histoire de France, tous courants
confondus, jusqu’aux profondeurs des « lieux de mémoire », à négliger les
dimensions européennes horizontales qui ont pu naître au XIXe siècle, dans la
continuité de l’encyclopédisme du XVIIIe siècle. Peut-être les tentatives
d’histoire européenne qui ne manqueront pas de se manifester dans les
prochaines années reprendront-elles l’idée de rechercher des lieux de mémoire
européens ou a minima multinationaux. On peut en tout cas le souhaiter.
Il y eut en effet à travers les magazines illustrés nombre d’éléments de
constitution d’un imaginaire culturel européen, voire universel, certes pour
partie inconscient, encore que les promoteurs des deux premiers types de presse
illustrée aient pris grand soin de prévenir leurs lecteurs que l’équivalent de ce
qu’il lisaient existait dans d’autres pays. Politique, mais surtout économique et
culturel, ce style anglais dont la prégnance fit qu’il fut largement repris, devint
un outil de gestion d’un imaginaire collectif ouest-européen, au moyen d’une
connaissance utile et commune. Il aura imprimé sur cette partie de l’Europe,
tranquillement, sa marque, sa pédagogie et ce, pour ce qui en fut vu et lu de
France, dans un discours qui se situait aussi loin de l’anglomanie que de la
détestation fréquente en ce XIXe siècle de la « perfide Albion ».
Le retard français à traiter de cette partie de l’histoire de la presse tient peut-être
également à un autre aspect du gallo-centrisme, le fait que la modernité,
marquée par des ruptures, soit vue essentiellement au prisme de la Révolution
française et de la spécificité qu’elle a engendrée, laquelle, révérence gardée
envers ses qualités et ses commentateurs, n’accoucha point que nous le sachions
du moindre modèle de presse,
a fortiori illustrée. Quelque française que fût
l’Encyclopédie, quelque français que fût Girardin qui lança ses premiers
magazines avant les Anglais, l’extension de cette Encyclopédie nous revint par
voie de presse, par l’Angleterre. La « connaissance utile » était alors
essentiellement culturelle, dans un cocktail qui s’avéra très efficace de volonté
philanthropique, de prudence politique et d’intérêt commercial ; elle n’était pas
liée à l’écume des jours. Cela se vérifie si l’on constate qu’au moment où la
révolution de juillet, la conquête de l’Algérie, le choléra marquaient, entre autres
événements, une bonne partie de l’agenda
[33] des journaux français, la presse
illustrée faisait son apparition comme outil de formation permanente.
·
AURENCHE M.-L. (2001), « L’invention du nouvellisme illustré : du Magasin
Pittoresque à L’Illustration », Colloque international « Presse et littérature au
XIXe siècle », 5-7 décembre, Université Paul Valéry, Montpellier, Actes à paraître.
·
BACOT J.P. (2001a), « Les années 1830, le dernier âge avant les gravures », Actes
du Colloque histoire, Paris III, Paris VII, 10 mars 2001.
·
BACOT J.P. (2001b), « Le rôle des magazines illustrés dans la construction du
nationalisme au XIXe siècle et au début du XXe siècle », Réseaux, n° 107.
·
BACOT J.P. (2001c), « L’illustration, 1848 et le printemps des peuples en
gravures », Actes du Colloque international « Presse et Littérature au XIXe siècle »,
Montpellier, 4-6 décembre 2001, à paraître.
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CHALABY J. (1996), « A Comparison of the Development of French and Anglo-American Journalism, 1830s-1930s », The European Institute, London Scholl of
Economics and Political Science.
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CUCHEVAL-CLARIGNY (1857), Une histoire de la presse en Angleterre et aux
Etats-Unis, Amyot, Paris.
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DARNTON R. (1982), L’aventure de l’Encyclopédie.1775-1800, Préface d’E. Le
Roy Ladurie, Le Seuil, Points Histoire, Paris.
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FEYEL (2001), « Naissance, constitution progressive et épanouissement d’un genre
de presse aux limites floues : le magazine », Réseaux, n° 105.
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GEBHART H. (1986), « Die Pfennig Magazine und ihre Bilder. Zur Geschichte und
Funktion eines illustrierten Massenmediums in der ersten Hälfte der 19.
Jahrhundert », in Rolf Wilhelm Brednich et Andreas Hartmann (sous la direction de)
Populäre Bildmedien, Vorträge des 2. Symposiums für Ethnologische
Bildforschung, Reinhasen bei Gottingen, Beitrage zur Volkskunde und
Niedersachsen.
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HARRISON S. (1974), Poor Men’s Guardians. A Survey of the Struggles for a
Democratic Newspaper Press, 1763-1973, Lawrence and Wishart, London.
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MARCHANDIAU J.-N. (1987), L’illustration, 1843-1944, vie et mort d’un journal,
Bibliothèque historique Privat, Toulouse.
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ROSANVALLON P. (1983), Le Moment Guizot, Gallimard, Paris.
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TUDESQ, A.-J. (1965), L’élection présidentielle de Louis-Napoléon Bonaparte, 10
décembre 1848, Armand Colin, Collection Kiosques, les faits, la presse, l’opinion,
Paris.
[1]
Sur les causes culturelles, politiques, économiques et linguistiques du décalage entre les
deux conceptions et de l’hégémonie progressive du modèle anglo-américain, voir
CHALABY, 1996.
[2]
Voir CUCHEVAL-CARIGNY, 1857. Cet ancien rédacteur en chef du
Constitutionnel,
même s’il ne s’est guère intéressé aux magazines, est sans doute le premier qui ait établi en
langue française un paysage des presses française, anglaise et américaine.
[3]
Je remercie Erik Neveu pour sa relecture de ce texte et ses pertinentes suggestions. Je lui
dois le sous-titre de cet article, librement inspiré de l’anglais
pattern.
[4]
On peut mentionner principalement les numéros de guerre (1848,1870), ceux qui furent
dédiés aux expositions internationales de Paris ou de Londres et la longue série que proposa
L’Illustration, particulièrement fournie dans les années 1920-1930, l’ensemble constituant un
précieux patrimoine de « connaissances utiles » illustrées.
[5]
L’Illustration reprendra même la première place avec la guerre de 1914-1919, l’étude de la
presse européenne de cette époque, y compris
L’Illustration, permettant en effet de se
souvenir que la Grande Guerre n’a pas fini avec l’armistice du 11 novembre 1918, mais à
l’extinction du front oriental.
[6]
Les deux autres quotidiens populaires français,
Le Matin et
Le Journal eurent aussi des
suppléments illustrés, mais qui furent à la fois moins spectaculaires et moins pérennes. Il y eut
aussi de nombreuses expériences analogues dans des grandes villes, notamment à Lyon, avec
le
Progrès Illustré (1890-1905) qui fut le plus solide. On peut également citer au titre de la
presse illustrée et sans prétendre à l’exhaustivité, les magazines de caricature (voir note n° 12)
et, avec une diffusion beaucoup plus forte, les magazines de lecture qui proposaient des
romans en feuilleton plus ou moins richement ornés de gravures, dont l’
Ouvrier fut le
prototype.
[7]
Diffusion mondiale, mais non universelle, dans la mesure où seuls furent concernés les
pays occidentaux développés et dotés d’un bassin suffisant de population pour constituer un
lectorat.
[8]
Voir AURENCHE, 2001.
[9]
Voir BACOT, 2001b.
[10]
A propos du
Pfennig Magazine de Leipzig, Hartwig Gebhart parle même de « média de
masse ». Voir GEBHARDT, 1986.
[11]
Voir HARRISON, 1974, notamment chapitre V.
[13]
Ces périodiques sont d’origine française, ce qui explique sans doute qu’ils aient bénéficié
d’études en France. Citons, après l’invention de la lithographie par l’Allemand Senefelder en
1796, les pionniers que furent
La Silhouette, Paris 1829,
La Caricature, Paris 1830,
Le Charivari, Paris 1832,
Punch, Londres, 1841,
Fliegende Blätter, Münich, 1844.
[14]
La
Society for the Diffusion of Useful Knowledge cessa en effet son activité en 1846,
tandis que le
Magasin Pittoresque vécut jusqu’à la fin du XIX
e siècle.
[16]
André-Jean Tudesq cite
Le Mémorial de Napoléon, édité par Bourdin entre 1840 et 1850
comme « l’un des plus gros succès de librairie du XIX
e siècle », pour un total de 40 000
exemplaires. Voir TUDESQ, 1965.
[17]
Nous avons dénombré plus de 35 occurrences. Nous nous limitons ici aux cinq premières
années et à une citation par pays. On notera que le premier équivalent américain n’apparaîtra
qu’en 1845 à Howland, Pennsylvannie,
The american Penny Magazine.
[18]
Voir DARNTON, 1986.
[19]
La S
ociety légua ses archives à l’ancêtre de l’UCL de Londres. Le catalogue en a été
publié par PERCIVAL, 1978.
[20]
Voir ROSANVALLON, 1985.
[21]
L’historien Gilles Feyel, par exemple, écrit qu’« il faut attendre les années 1830 pour voir
les magazines et les magasins se tourner vers un public beaucoup plus large et adopter
l’illustration pour parler à l’imagination du lecteur autant qu’à sa raison. Voir FEYEL, 2001,
p. 33.
[22]
MARCHANDIAU, 1987.
[23]
GEBHARDT, 1986 ; BACOT, 2001c.
[24]
Je suis reconnaissant à Michèle Martin de m’avoir permis de découvrir à la Bibliothèque
de Québec cet hebdomadaire qui n’était pas pour autant destiné au lectorat canadien-français.
[25]
Soit six fois plus que le bas de gamme du
Penny Magazine. En France, l’écart est double
(de 5 centimes à 75 centimes, prix de vente de
L’Illustration).
[26]
On trouvera le tableau des divers magazines apparus dans le monde après 1842 sur ce
modèle dans BACOT, 2001b.
[27]
Voir BACOT, 2001c.
[29]
Une tentative de lancer un magazine illustré à un penny avait déjà été lancée, mais le
Penny Illustrated News, édité à Londres, ne vécut que dix-huit mois, entre le 27 octobre 1849
et le 5 avril 1851.
[30]
Le prix du
Journal Illustré augmentera à 10, puis 15 centimes, demeurant cependant
largement au plus bas de l’échelle de prix des magazine illustrés.
[31]
L’Université de Rochester propose en ligne le contenu d’une douzaine de numéros du
Penny Magazine, dont le premier, daté du 31 mars 1832. [
[http :www. history-rochester. edu/ pennymag]. On se reportera à notre article in
Réseaux, n° 107 pour une
bibliographie de ces recherches britanniques et américaines.
[32]
Organe de la
Society for Promoting Christian Knowledge. Voir illustration 2.
[33]
Voir BACOT, 2001a.