De l’art de rendre la politique populaire...
Ou « qui a peur de l’infotainment ? »
Kees Brants
De nombreux auteurs européens et américains prétendent que la
commercialisation compétitive des programmes de radio-télévision est la
cause d’un déclin très net de l’information politique et, ce qui est pire, d’une
crise au sein de la communication politique, crise d’autant plus marquée que
les médias de l’information télévisuelle ne font plus confiance à l’info pure,
lui préférant désormais l’info-divertissement. Ces perceptions alarmistes
sont ici mises à l’épreuve de deux manières. D’une part, par un survol des
travaux de science politique sur la couverture du politique dans nombre de
pays d’Europe, d’autre part, à partir d’une recherche inédite sur l’évolution
de la couverture télévisuelle des campagnes électorales aux Pays-Bas. Les
conclusions de ces deux approches invitent à nuancer très sensiblement les
discours les plus dénonciateurs sur l’existence d’un laminage des débats
politiques par l’infotainment.
Many authors in Europe and the USA claim that commercialization and
competition in broadcasting lead to a downgrading of political information
and, even worse, to a crisis in political communication highlighted by the
increasing reliance of television news media on entertainment formats. The
justification for this “infotainment scare” is put to the test by an overview of
research on politics in television news in a number of (Northern) European
countries, a first-hand research project on the campaign communications in
the 1994 elections in the Netherlands, and a discussion of the implicit and
explicit assumptions on which the scare is based.
• LE MONDE EFFRAYANT DE LA TELEVISION COMMERCIALE,
ET PIRE ENCORE
— Des nouvelles distrayantes dans un paysage multiréseau
• DU HAUT EN BAS DE L’ECHELLE D’INFOTAINMENT
— Une approche interprétative
• ACCEPTER LA VULGARISATION DE LA POLITIQUE
— Une domination de l’entertainment ?
— L’infotainment comme échappatoire
— L’infotainment comme séduction
• RÉFÉRENCES